‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 36 sur 189 · LA PLÉTHORE · texte numérisé non relu

LA PLÉTHORE

est un état morbide qui peut être défini en très peu de mots. J*estime qu'on le rencontre très rarement aujourd'hui, et lorsqu'il existe, qu'il résulte de la transgression de lois évidemment physiologiques. Son traitement doit en conséquence être purement hygiénique et diététique, et on ne peut y assigner d'une manière plausible aucune place aux médicaments dynamiques. Si, cependant, il se présentait à vous un de ces cas dans lesquels le patient fait en réalité « du sang trop vite; » si, en dépit d'un régime modéré et d'un exercice actif, les symptômes de la pléthore persistaient encore, on peut donner certains médicaments. Vous proposeriez donc naturellement d'administrer des doses minimes de quelque préparation ferrugineuse. Mais si le D*" Drysdale a raison (1) de penser que les expérimentations de Lœffler démontrent que le fer exerce tout d'abord une action déprimante sur la sanguification, nous le perdons comme remède homœopathique do la pléthore, et il m'est difficile d'en suggérer aucun autre. Mon ami le D^ Hutchinson pense que l'état de santé pseudo-florissant qui résulte chez les paysans styriens et les chevaux viennois de l'habitude d'ingérer de l'arsenic est une pléthore de cette espèce, et en déduit dans ce cas rhomœopathicité de Tarsenic. J'eusse pensé, cependant, que l'arsenic produisait cette pléthore plutôt en s'opposant aux métamorphoses destructives qu'en augmentant la sanguiôcation.

(1) Voy. Brit, Jowm, of Hom,, XXVII, 258.

HUOHES. — Thérap. homœop. ^

146 ALADIES GÉNÉRALES.

Eal860,M.Lamare-Piquot (1) annonça que de petites doses d'Arsenic diminuaient le chiffre des globules rouges dans le sang, et qu'il avait trouvé en lui le remède efficace dans des cas où ils étaient en excès, et où les patients souffraient de congestions cérébrales.

ANÉMIB.

L'anémie présente un champ d'étude plus large. Il est vrai que dans une des formes sous lesquelles elle se montre, elle correspond précisément à la pléthore quant à sa cause et à son traitement, j'entends cette forme qui résulte du manque d'air, de lumière et de nourriture convenable, et d'autres causes débilitantes. Le seul traitement rationnel et constamment heureux des cas de cette sorte doit consister dans l'éloignement de la cause nuisisible, ou le rétablissement de la sanantia appauvrie. Mais même lorsque l'on a satisfait à ces indications, et encore plus lorsqu'on ne peut les remplir que partiellement, les médicaments agissant homœopathiquement sur le processus formateur du sang se montrent utiles. J'ai déjà avancé que le Fer était ce médicament, et l'expérience du D' Bayes et d'autres quant à sa valeur dans l'anémie, à la seconde ou à la troisième atténuation décimale, de l'acétate ou de l'iodure (2} confirment les déductions tirées de la pathogénésie. Reste pendante la question de savoir s'il devrait aussi être employé comme agent diététique, et nous avons Desoin que des expériences comparatives déterminent si les malades se rétablissent aussi vite sans lui. Vous devez au moins commencer par essayer s'il en est ainsi. Argentum et Zincum sont aussi vraiment homœopathiques à l'anémie.

Il existe une autre forme simple et intelligible de la maladie, celle qui résulte de pertes de sang excessives ou de longue durée. J'ai à peine besoin devons rappeler la valeur de China dans ces cas (3). Mais ce médicament

(1) Lamare-Picquot, Recherches nouvelles sur Vapoplexie céré" 6raie.: Paris, 1860.

(2) Applied Hemoeopatky^ p. 91.

(3) Voy. AnnaU, III, 228.

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