‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 37 sur 189 · ANÉMIE · texte numérisé non relu

ANÉMIE

n'a d'effet que sur répuisement qui est la conséquence de rhémorrhagie. Ici encore nous revenons avec plaisir à notre fer éprouvé, pour aider Talimentation généreuse que nous prescrivons pour faire du sang aussi promptement que possible. La nourriture directe par le métal du sang appauvri est une hypothèse assez plausible.

Mais la forme la plus commune de l'anémie est peutêtre celle qui se présente à nous accompagnant une mauvaise menstruation. Un regard jeté sur une jeune femme qui entre dans le cabinet de consultations nous fait voir le groupe tout entier de ses symptômes. Les règles absentes, ou retardées, peu abondantes et pâles ; de fréquentes palpitations, de Tessoufflement au moindre exercice, de la débilité, de l'anorexie et de rabattement constituent l'histoire de la patiente ; à tout cela, notre examen ajoute le murmure anémique au cou, la peau cireuse et bouffie, et les membranes muqueuses exsangues et décolorées. Quel rapport y a-t-il, maintenant, entre Tanémie et le désordre de la menstruation ? Il est commun d'entendre dire aigourd'hui que ces malades n'ont pas de règles parce que les ovaires ne trouvent pas de sang où puiser. Mais très souvent, l'histoire du cas est celle-ci : une jeune femme en pleine santé prend un refroidissement pendant ses règles, et l'écoulement est supprimé. Lorsque l'époque suivante arrive, elle ne voit rien. Coïncidemment la santé générale baisse, et les symptômes de l'anémie se développent (1). Si alors, sous rinûuence de médicaments dynamiques (parmi lesquels la PulsaHlle est le principal) les règles sont rétablies, pari passu l'anémie cesse.

(1) Comparez avec le cas suivant raconté par Trousseau : « Cette jeune fille est âgée de 17 ans; elle a été réglée comme il faut jusqu'en ces derniers temps, lorsqu'ayant pris un bain froid le dernier jour de son époque, ses règles se supprimèrent immédiatement, et peu après elle ressentit une douleur aiguë dans la région de i^ovaire gaucbe. Au bout de peu de jours, elle eut des palpitations de cœur, perdit facilement haleine, et se plaignit d'avoir des digestions pénibles et des douleurs vagues ; elle était devenue chlorotique. j> (Cliniqt4C médicale^ 5« édition^ Paris, 1877.)

Je ne poursuivrai pas les recherches pathologiques que suggèrent de semblables faits. Leur portée sur le traitement est assez évidente ; tandis que vous ne pouvez que faire beaucoup de bien en conseillant votre régime chalybé comme il est dit plus haut, l'homœopathie vous met à même de frapper à la racine du mal par pes médicaments spécifiques pour la menstruation défectueuse. Ces derniers seront étudiés en temps et lieu. Permettez-moi pour le moment de vous définir ce qui me paraît être le vrai plan de traitement de cas semblables par un exemple m'appartenant. Je F ai publié dans le British Journal of Homœopathr/y vol XXIV, p. 328.

a Emily G..., âgée de 16 aus, me consulta au dispensaire le 15 janvier 1866. Dans le courant de février de Tannée précédente, elle avait pris froid pendant ses règles et l'écoulement avait cessé prématurément. Elle n'avait rien vu depuis lors, et était devenue de plus en plus faible. Elle était très pâle, et se plaignait d'essoufflement, de palpitations, de céphalalgie, etc., en un mot, elle était tout à fait anémique. Je lui ordonnai de prendre deux grains de Ferrum reductum de la Pharmacopée anglaise une fois par jour à im de ses repas.

oc 22 janvier. Pas de changement. Continuer Ferrum,

a Le 29. Se sent beaucoup mieux. Continuer.

«c 5 février. Beaucoup mieux et plus forte; les couleurs sont revenues, mais pas de règles.

« Je donnai Pulsatilla 12, 6 et 3 successivement ; chaque dilution pendant deux jours, une goutte trois fois par jour.

a Le 11. Les règles ont reparu le 8 (c'est-à-dire pendant qu'elle prenait la 6« dilution), et elles étaient de couleur et de quantité convenables. Elle se sent tout à fait bien. »

Vous pourrez peut-être dire que les règles seraient revenues d'elles-mêmes en leur temps lorsque le sang aurait récupéré sa richesse normale sous l'influence de la médication chalybée ; il peut en être ainsi, mais lisez un cas très -analogue qui se trouve dans les Clinical lectures du professeur Hughes Bennett (p. 890, 3« éd.). Il est dit avoir été renvoyé « guéri, » mais après deux mois de traitement par le fer, les toniques, une alimentation réparatrice, le repos, les règles n'étaient pas revenues.

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