VERTIGE
symptômô substantif. Mais à chaque instant on rencontre des cas qui ne tombent pas dans ces catégories, et requièrent d'autres médicaments. Vous consulterez alors la matière médicale, et vous pouvez vous épargner de longues recherches en recourant au traité étendu de Kafka sur le sujet, lequel est traduit dans le trente et unième volume du British Journal of Homœopathy, Quant à nos autres autorités, Bahr étudie simplement le vertige des gens âgés, et le traite suivant que le cerveau paraît hyperhémié ou anémié : dans le premier cas par Belladonna, Arnica, Nux vomicaetLachesis ; dans le second avec Siiicea, Baryta carbonica, Graphites, Lycopodium, Ambra et Acide fluorique. Jahr donne une bonnejquantité d'indications symptomatiques, et il dit que Phospkorus « déploie de grandes puissances curatives dans tous les cas imaginables de vertiges, plus spécialement dans celui que Ton décrit comme nerveux. » Jousset décrit un vertige essentiel dont le mal de mer est le type. Il considère Tabacum^ à la sixième dilution, comme presque infaillible, mais tient en réserve Siiicea et Nux vomica. J'ai aussi rencontré cette forme de vertige, mais je l'ai toujours traitée avec CocculuSy et avec de beaux succès. Le D'' Guernsey parle d'un étourdissement au moindre exercice moral ou physique comme étant sous le contrôle d'Argentum nitricum .
Il est probable que l'on peut classer le vertige comme la céphalalgie, et le diviser en nerveux, congestif et « nauséeux, » étant bien compris que le dernier est d'origine cérébrale et non gastro-hépatique. Alors nous aurons comme principaux médicaments, pour la première forme, Phosphorus, Ambra, Argentum nitricum ; pour la seconde, lodium. Arnica, Nux vomica, Sulfur; pour la troisième, Tabacum et Coccuius.
DÉRANOSMSKTS DU SOMMEIIL.
Le sommeil est une partie trop importante de la vie du cerveau pour n'être pas sujet à certains désordres, et Hughes. — Thérap. homœop.
pour ne pas nécessiter quelques moyens réparateurs lorsque ces désordres sont considérables ou persistants. La forme la plus commune dans laquelle nous rencontrons ces troubles est celle de l'insomnie. Lorsque celle-ci fait partie d'un dérangement de l'organisme en général, le traitement médicinal et hygiénique, convenant ici, favorisera presque toujours le sommeil, et, il est vrai, l'amélioration sous ce rapport est un des meilleurs signes, aussi bien dans les maladies aiguës que dans les maladies chroniques, que les médicaments choisis conviennent au malade. Mais il n'est pas rare que l'insomnie se présente à nous comme le principal élément d'un état d'éréthisme nerveux, et demande à être pris en principale considération dans notre choix des médicaments. Vous en trouverez généralement les remèdes dans le groupe constitué par V Aconit j VActœaracemosa, le China, le Coffea et F/odium. Parmi eux, d'après ma propre expérience, Coffea a été de beaucoup le plus employé. Il est indiqué lorsque le malade ne peut pas trouver le sommeil par le fait de la seule activité cérébrale, les pensées se présentant à lui en foule et se cramponnant après lui, en dépit de tous ses efforts pour leur échapper. J'ai trouvé les sixième et dixième dilutions meilleures que celles plus basses (1).
L'usage habituel du café comme breuvage, s'il n'est pas fait avec excès, n'est pas une contre- indication de son administration comme médicament. Dans les cas, cependant, où l'insomnie est attribuable à son usage immodéré, spécialement lorsqu'il est pris par des étudiants pour se maintenir éveillés, il faut le discontinuer, et donner Nux vomica ou Chamomilla comme antidotes. China est bon lorsque l'éréthisme est plutôt émotionnel, et quand le sujet est affaibli par quelque perte de l'économie. C'est en-
(1) Quelquefois, cependant, la fève sous sa forme ordinaire est efficace ; c'est ainsi que nous voyons un écrivain de la vieille école dire : a Quoique l'effet du café soit en général de produire l'insomnie, il y a des cas dans lesquels son action est directement l'inverse. » (Hammond* Sleep and its dérangements, 1869)»
DÊRANGfîMBNTS DU SOMMEIL. 207
ore le médic^ent convenable lorsque la cause déterminante de l'insomnie a été l'usage abusif du thé.
L'insomnie de l'Iode est accompagnée de palpitations, celle d'Aconit est en général une excitation circulatoire, celle d'Actsea racemosa coïncide avec l'agitation corporelle (éréthisme moteur). Vous penserez aussi à Nux vomica lorsque le malade se réveille après deux ou trois heures du matin, reste éveillé quelques heures, et alors dort pesamment lorsqu'il devrait se lever, et à Pulsatilla lorsqu'il ne peut trouver le sommeil pendant la première partie de la nuit.
De plus, le sommeil peut ne pas être absent, mais morbide ; il peut être troublé par des rêves, rendu hideux par le cauchemar, ou entièrement altéré par l'état pathologique connu sous le nom de somnambulisme. Les rêves, lorsqu'ils présentent une fréquence inaccoutumée, une vivacité ou un caractère persistants, ne sont pas une indication de faible importance, et méritent plus d'attention qu'on ne leur en accorde d'ordinaire. Hahnemann a recommandé d'en tenir compte dans l'examen des malades, et rapporte souvent dans ses pathogénésies leur production par les médicaments, avec les particularités qu'ils revêtent. Vous consulterez donc nécessairement vos répertoires lorsque vous voudrez avoir des informations quant à eux. Je vous dirai seulement qa' Hyoscyamus est très utile dans les cas où les rêves sont simplement trop fréquents et vivaces. Pour le cauchemar et le somnambulisme, on emploie beaucoup le Bromure de potassium dans la vieille école, et, comme j'ai démontré d'après les expériences de Laborde qu'il est tout à fait homœopathique, nous ne pouvons mieux faire que de l'employer.
Finalement, le sommeil peut être excessif, et ces états soporeux peuvent exister sans autre symptôme d'affection cérébrale ou générale. Vous penserez naturellement ici à Opiufn, et celui-ci réveillera souvent votre malade. Mais un autre bon médicament pour eux est Nuœ moschata, La face a une tendance à être rouge pour le premier médicament, pâle pour le second. '
J'ai à peine besoin de dire que les soin^généraux des malades enclins aux troubles du sommeil sont de la dernière, souvent de la première importance. Pour beaucoup de conseils utiles à ce sujet, je puis vous renvoyer au traité du D"" Hammond sur Sleep and its dérangements^ et à un mémoire du D'Ker, dans le dix-huitième volume du Monthly Homœopathic Review.
A propos des blessures de la tête, je n'ai à vous parler ici que de la
COMMOTION CÉRÉBRALS.
Ce que vous avez de mieux à faire ici est de donner VAriiica lorsque les symptômes sont ceux du choc. Mais aussitôt que la réaction a lieu, vos efforts doivent tendre principalement à la modérer par des doses répétées dMconit. Si elle était déjà établie lorsque vous voyez votre malade, et qu'il soit menacé d'inflammation, vous la combattrez avec Belladonna,