I.A MYÉLITE
est remarquable aussi paj? son absence des travaux thérapeutiques homœopathiques. Bâhr, qui note le fait, l'attribue à la rareté de sa guérison ; car ce n'est pas une maladie rare. Il relate lui-même un cas aigu qui guérit par Mercurius (troisième trituration décimale), et je pense que nous pouvons recourir avec confiance à ce médicament, précédé ou accompagné de Belladonna, dans les cas récents de cette maladie. Dans les cas plus chroniques, les deux médicaments que je conseillerais de consulter sont V Acide oxalique et YA^'senic, En décrivant, dans mes leçons, les phénomènes d'empoisonnement par le premier de ces médicaments, j'ai dit que Je pensais qu'on ne peut douter de leur rapport avec une inflammation des membranes et de la substance de la moelle ; une myélite intéressant les méninges dans une certaine étendue correspondrait mieux à ces phénomènes. J'ai aussi décrit, d'après les matériaux du D' Imbert- Gourbeyre, la paralysie arsenicale, et démontré qu'elle siégeait dans la moelle. Avant l'époque où il écrivait on n'avait trouvé que de la congestion posi mortem; mais Velpeau a depuis annoncé qu'il a réussi à développer une myélite aiguë à l'aide de l'arsenic sur un chien, et trois cas non douteux de cette aflTection chez l'homme ont été attribués à son influence. L'absence de symptômes méningitiques distingue la myélite arsenicale de celle de l'acide oxalique. Le D^ Ravel, aux remarques duquel (1) j'ai emprunté ces derniers faits à propos de l'Arsenic, mentionne aussi une myélite « plombique et une phosphorique ; » mais je pense qu'elles appartiennent plutôt à d'autres affections de la moelle qu'à la simple inflammation dont j'ai parlé jusqu'ici.
Par « myélite, » j'ai compris (comme je l'ai dit) Tin-
(1) Ravol, Art médirai, XLIII, 48.
flammation simple de toute l'épaisseur de la moelle, mais des recherches récentes, spécialement celles de l'Ecole française, ont conduit à la reconnaissance de l'inflammation, suivie d'induration et d'atrophie, de certaines parties ou éléments de l'axe cranio-spinal comme étant la base pathologique d'un certain nombre d'affections jusque-là séparées. Vous ne pouvez trouver les résultats de ces recherches mieux résumées que dans un mémoire du D^ Jousset « sur l'inflammation chronique de la . moelle épinière et du cerveau, » lequel est traduit dans le trente-troisième volume du Brttish Journal of Homœo'pa' thy. Les maladies qu'il groupe ici autour de cette lésion commune dans ses différents sièges sont l'ataxie locomotrice, la sclérose cérébro-spinale multiple [sclérose en plaques)^ la paralysie générale des aliénés, la paralysie spinale des adultes et des enfants, la paralysie labioglosso-laryngée et l'atrophie musculaire progressive. A celles-là le D^ Hammond, dans son chapitre sur « les inflammations de la moelle épinière, » ajoute le tétanos, la paralysie spinale pseudo-hypertrophique et la sclérose latérale. Parmi ces affections, j'ai parlé de la paralysie générale des aliénés parmi les affections mentales, et je réserve la paralysie infantile pour le chapitre des maladies de l'enfance.
Je dois classer le tétanos à côté de Thydrophobie comme étant une maladie spinale perse. J'étudierai donc ici la paralysie spinale des adultes (paraplégie vraie ou essentielle de Jousset), la paralysie labio-glosso-laryngée, la sclérose latérale, la sclérose spinale multiple, l'ataxie locomotrice et l'atrophie musculaire progressive.
r.A PARALYSIS SPINALS
paraît être une inflammation du faisceau antérieur de la substance grise de la moelle. Commençant par des douleurs dans le dos, lesquelles s'irradient vers les membres, elle se montre rapidement sous forme d'une paralysie, laquelle est suivie d'atrophie. Les lésions de sensibilité