CHORÉE
CHORÉB.
Au point de vue thérapeutique, je pense que nous pouvons envisager trois variétés de chorée. La première est celle qui est déterminée par une cause excitante définie, soit mentale, soit matérielle, comme une frayeur ou la présence de vers. Il existe sans doute ici quelque instabilité fondamentale des centres nerveux; mais lorsque la cause peut être enlevée ou neutralisée, Taffection cesse. Dans la seconde, la chorée paraît être Fexpression, de la part du système nerveux, d'une diathèse générale, ou d'un état constitutionnel, comme la chlorose, le rhumatisme ou le tubercule. La troisième forme, en raison de notre ignorance , doit être considérée comme idiopathique.
1. Il ne paraît faire aucun doute que la chorée, comme l'épilepsie, peut naître d'une impression morale subite et profonde, comme une frayeur. Trousseau relate deux exemples très remarquables dans l'espèce. Dans ces cas nous pourrions attendre quelques bons efi^ets de lignatia, comme dans l'épilepsie de même cause, et la pathogénésie favorise pleinement cet espoir. Jahr recommande Çausticum lorsque Tlgnatiaest indiquée, mais est insuffisant. Comme l'épilepsie, encore, la chorée peut être un symptôme de la présence des vers dans le canal intestinal. J'ai fait allusion, lors de ma leçon sur le Cina, à un beau cas dans lequel une chorée grave guérit après l'expulsion des ascarides provoquée par son administration. Ce sera, en général, le remède approprié lorsque les vers seront soupçonnés d'être la cause des symptômes. Un autre médicament qui peut à bon droit être nommé ici, est Spigelïa, dont la relation avec le rhumatisme renforce les indications de son emploi dans la chorée.
2. Le fer est ajuste titre un médicament favori dans la vieille école pour la chorée, et la coexistence fréquente de le chlorose et de l'anémie avec cette maladie explique son efficacité. Dans des cas semblables, l'homœopathie n'a rien de meilleur à conseiller, et vous ferez mieux de
donner le Ferrum reductum comme si vous aviez affaire à un simple cas d'anémie. D'autre part, Trousseau ajant établi qu'il n'est pas rare que la chorée soit une expression de la diathèse tuberculeuse, cela m'amène à appeler votre attention sur la place de VIode dans son traitement. Quelque chose de très semblable aux contorsions de la chorée apparaît parmi les phénomènes de Tiodisme ; et, d'après ce que j'ai observé de l'action de ce précieux médicament sur le système nerveux en général, j'attendrais de lui de bons résultats dans des cas de cette espèce. Jousset le préconise dans les formes les plus graves de la maladie, etil aen sa faveur l'expérience de la vieille école.
Mais la relation diathésique, de beaucoup la plus importante de la chorée, est celle qu'elle a avec le rhumatisme. Je ne veux pas dire que ce soit au moyen des végétations cardiaques causant l'embolie , mais immédiatement. Partout où vous pourrez découvrir cette relation, je vous conseille de Qom^iQV ^nv V Actœa racemosa dans son traitement. Les cas relatés dans la seconde édition des New^Remedies du D*" Haie et ceux communiqués par le D'^ Gibbs au seizième volume du Monthly Homœo'pathic Review, vous encourageront dans cette voie, et ils vous conduiront aussi, je pense, à ne pas aller beaucoup audessus de la teinture mère comme étant la dose la plus convenable.
3. Dans le traitement de la chorée idiopathique, nous sommes en grande partie dans le même état que nos confrères de la vieille école ; nous avons tant de remèdes que nous nous demandons si aucun d'eux guérit réellement, ou si la maladie ne se guérit pas d'elle-même. Nous employons aussi V Arsenic et le Zmc si en faveur près d'eux, et nous y ajoutons le Cuprum. Nous avons aussi le groupe des nervins végétaux, Belladonna^ Hyoscyamus et Stra-monium^ et encore Agaricus.
C'est le dernier qui compte peut-être dans notre école le plus grand nombre de cures, et la pathogénésie qu'en a récemment faite le professeur Zlatarowich montre sa parfaite homœopathicité à cette maladie.
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Le caractère des mouvements convulsifs de ce médicament mentionné par M. Clifton (1), de cesser pendant le sommeil, est un trait presque invariable de la chorée. Tandis qu'avec ce médicament et Cuprum nous pouvons combattre les cas ordinaires, Belladonna, Hyoscyamus et Stramonium conviendront mieux chez les enfants nerveux et délicats ; Zincum, chez ceux où les centres nerveux et la nutrition générale sont très déprimés ; et Arsenicum dans ces formes plus graves de la maladie dans lesquelles la vie elle-même est menacée. Comme la pathologie de tels cas semble être un état d'hyperémie à la base du cerveau, Veratrum viride^ si recommandé par le D** Cooper (2), pourrait être un accessoire utile.
Une autre classe de médicaments jouissant de quelque renom dans la chorée est celle des araignées venimeuses. La connexion des épidémies convulsives du moyen âge avec la piqûre de la Tarentule est encore à démontrer. Et la pathogénésie du D*" Nunez n'a pas beaucoup ajouté à nos connaissances réelles sur ce sujet. Sa préparation de Taraignée, cependant, a gagné une bonne somme de réputation parmi les homœopathes espagnols et français dans le traitement de la chorée; le D"^ Jousset assure qu'elle lui a procuré plus de succès que tout autre médicament. Pendant que je me reporte aux auteurs, je puis dire que Bâhr et Jilhr s'accordent à placer Stramonium et Cuprum en tête des médicaments antichoréiques.
Le premier emploie le Stramonium dans les cas graves jusqu'à ce que la violence des accès soit réduite, et alors, ou dans la o Chorea minor, » depuis le début il donne Cuprum.
Sous le nom
TRBMBr.S!MS!ÏTT
on pourrait comprendre plusieurs affections distinctes. Le tremblement est un symptôme marqué de la sclérose
(1) Monthy Hom, Review^ XII, 40.
(2) Voy. British Journal of Homœo'pathy, XXXIV, 279; XXIX,
en plaques des pathologistes français, soit qu'elle réside dans le cerveau seul, soit dans le cerveau et la moelle épinière ensemble. 11 y a des attaques de tremblement convulsif qui accompagnent Tépilepsie, et en diffèrent principalement en ce qu'il n'y a pas .perte de connaissance. Mais en dehors et au-dessus d'eux, il y a un tremblement essentiel qui peut envahir le corps entier, *soit qu'il commence par la tête et se répande graduellement de là, soit qu'il entreprenne primitivement les mains et qu'il s'associe à la paralysie. Dans la première variété (souvent appelée tremblement sénile, quoiqu'aucunement particulier aux vieillards), je crois Agaricus très utile. J'ai une fois rapidement guéri un cas ancien chez un homme âgé avec des doses de quelques gouttes de la teinture mère du médicament ; il avait pour caractère particulier que les secousses des bras cessaient lorsqu'il employait ceux-ci à son travail de cordonnier. L'autre espèce de tremblement essentiel est la « paralysis agitans, » quoique son équivalent Anglais « (schaking palsy) » soit probablement analogue. Pour cette affection, Mercurius devrait être utile, car il lui est homœpathique d'une manière frappante ; mais le D^ Jousset dit avoir employé l'un et l'autre de ces médicaments sans bénéfice. De Tautre école, nous avons des rapports en faveur ^Hyoscyamus du D^ Oulmont, et ce médicament est assez homœopathique. Le D"^ Hammond dit avoir obtenu d'excellents résultats de galvanisme et de bromure de zinc,
l'hystérie:
est la suivante parmi nos névroses à étudier. Ici, outre l.e traitement mental et moral de toute importance, nous pouvons faire beaucoup à l'aide des médicaments, dépassant de la sorte d'un pas la vieille école, laquelle, au dire de son plus récent interprète, ne connaît o pas un seul médicament qui exerce la moindre action spécifique sur la maladie » (1). Nous possédons ce médicament dans
(1) Voy. D' Russell Reynolds, System of Medidne, II, 327.