ÉPILEPSIE
SOUS la forme d'une affection chronique, comme dans le cas de Cuprum et de Plumbum. D'où il suit que les convulsions de Belladonna, ainsi que nous le savons, il est vrai, par expérience, correspondent plutôt à Téclampsie, qui a été très à propos désignée sous le nom d'épilepsie aiguë. » Nous verrons, quand nous en serons à l'étude des convulsions puerpérales et infantiles, quelle place importante tient Belladonna dans leur traitement. Elle est indiquée dans l'épilepsie plus le malade est jeune et plus son tempérament nerveux est vif. Elle agit (nous pouvons le supposer) en modifiant l'irritabilité et l'hyperémie de la moelle allongée. Nous pouvons donc entièrement suivre l'exemple du D' Echeverria, et en attendre du bien dans le « vertige épileptique, » le 'petit mal des auteurs français ; on peut l'essayer aussi sous forme d'Atropine avant de l'abandonner.
Le nûémoire du D*" Baertl a prouvé que, d'après les cas qu'il y décrit, le Calcarea n'a pas été moins souvent utile, et d'une façon plus permanente. Il est nécessairement indiqué spécialement lorsque l'état constitutionnel est de ceux qui réclament ce grand modificateur. Mais il paraît avoir souvent agi d'une manière satisfaisante lorsqu'il n'existait pas de symptômes de cette nature, et convenir en particulier pour renforcer et rendre durable l'action de la Belladone.
Cuprum, qui eut à une époque quelque réputation dans la vieille école comme anti-épileptique, tient un rang élevé dans la nôtre. Bâhr, Jousset et Bayes, s'accordent à lui donner la première place parmi nos médicaments pour cette maladie, et le D"* Baertl cite nombre de cures de cas chroniques. Le D"" Bayes le pense indiqué en proportion de la violence des convulsions. Ces deux derniers médicaments ont- mieux réussi aux plus hautes dilutions et à doses répétées rarement ; et le D"^ Bahr pense que cette pratique est la meilleure en général dans l'épilepsie.
On peut dire quelques mots de certains autres médicaments qui peuvent rendre des services dans des cas exceptionnels.
Argentum nitrieum possède une réputation traditionnelle bien connue. Le D"^ Gray, de New- York, dit qu'il est souvent curatif, sans qu'il soit nécessaire d'arriver à déterminer la cyanose dans les cas survenant après des causes morales, comme des prédications laïques passionnées. L'Arsenic a, sans aucun doute, causé l'épilepsie ; mais nous ne savons rien quant à son pouvoir de la guérir : il serait peut-être indiqué si les accès se reproduisaient périodiquement. Cicuta compte quelques guérisons à son actif, ainsi que Cocculus, comme je l'ai dit dans ma pharmacodynamique. On dit qu'Opium a guéri des cas dans lesquels les attaques ne survenaient que pendant le sommeil. Plumbum nous est fortement recommandé par Bâhr, mais plutôt eu égard à son homœopathicité que d'après l'expérience clinique. Silicea est préconisée dans l'épilepsie lorsque l'état constitutionnel et les symptômes concomittants que présente le malade sont de nature à indiquer ce médicament; elle est indiquée aussi, comme rOpium, lorsque les convulsions surviennent pendant le sommeil. Ce dernier caractère est l'indication duD^ Hammond pour la Strychnine, dont j'ai rappelé dans mes leçons l'emploi heureux qu'en a fait le D"* Tyrrell. Zizia aurea (1) paraît agir comme un poison très analogue à Œnanthe et à Cicuta. Il a guéri, dans les mains du D*" Marcy, deux cas véritables d'épilepsie de longue date. Il a donné la troisième dilution décimale.
J'ai à peine besoin de dire que dans l'épilepsie comme dans tonte autre maladie, toutes les fois que la maxime toile causant est praticable, on doit y obéir implicitement. Que la cause soit un parasite intestinal, une dépression du crâne ou une production syphilitique, on doit l'enlever par des moyens appropriés.
La névrose dont j'ai actuellement à vous entretenir est la « danse de saint Guy» bien connue.
(1) Voy. Haie, "New Remédies^ 2« édit.