SURDITÉ
Nous voici arrivés dans la région de l'oreille interne. Je me propose de prendre une connaissance exacte de cette affection, quant à ce qui regarde son traitement médical.
Il est évident que la dureté de l'ouïe peut être une circonstance concomitante de plusieurs des lésions auriculaires déjà citées ; et dans ce cas on peut s'attendre à la voir s'en aller avec leur guérison. Mais d'autre part, elle se présente souvent à nous sans être associée à une inflammation, un écoulement, une douleur, ou l'obstruction soit du conduit externe, soit de la trompe d'Eustache. Nous devons ici nous enquérir de la cause déterminante qui peut être venue du dehors ou de l'intérieur.
1. Parmi les causes déterminantes externes de surdité les deux plus évidentes sont la commotion et le froid. Quand la première cause a été enjeu, le médicament sur lequel il y a le plus à compter est la Quinine, La surdité, causée de l'aveu de tous par de fortes doses de ce médicament, me paraît produite par une action sur le nerf auditif ayant beaucoup de ressemblance avec celle de la commotion; et c'est probablement à une semblable affection que fait allusion le D' Brown-Séquard lorsqu'il remarque avec naïveté qu'il est curieux que quelques formeg
296 MALADIES DB L*ORBILLB.
de surdité soient curables par la quinine, qui la détermine si souvent. M. Dalby pense que dans quelques-uns de ces cas (spécialement lorsque la commotion est causée par un coup) il peut y avoir un certain épanchement de sang dans Tintérieur du labyrinthe ; dans ce cas, vous songerez à Arnica. Lorsque la cause déterminante a été Texposition au froid, nous avons là une congestion; et Aconit dans les cas tout récents, Belladonna dans ceux datant de plus longtemps, peuvent rendre de grands services. Le D'^ GouUon cite quelques cas comme exemples du pouvoir de ce dernier médicament.
2. Quand aucune origine semblable ne peut être certifiée, la première recherche à faire est si la surdité a suivi quelque maladie (telle qu'une fièvre continue, dont elle est un accompagnement bien connu), ou peut être attribuée à un épuisement moral ou physique. Dans ces circonstances, et lorsque Tabsence de lésions substantielles vous porte à regarder la surdité comme « nerveuse » (1), vous obtiendrez souvent d'excellents résultats de Phosphori acidum, auquel Anacardium et Ambra peuvent être d'utiles associés. Le D' Jousset parle en bons termes des venins de serpents, Lachesis, Naja et Elaps. Lorsque c'est le fait d'écouter plutôt que celui d'entendre qui est en défaut, lorsque le bruit est assez perceptible, mais que le patient ne peut distinguer les sons du langage, on peut diagnostiquer un état paralytique de l'appareil musculaire, et donner avec avantage le Causticum.
3. En l'absence de ces indications, nous devons rechercher la diathèse du malade. S'il est scrofuleux, il se peut qu'il soit porteur de cette hypertrophie de la membrane muqueuse du tympan décrite par Toynbee, faisant le tambour de l'oreille résister au passage des ondes sonores. Ici Calcarea peut être donné avec tout espoir de succès. Il paraîtrait que cet état peut être aussi déter-
(1) La surdité qui suit la méningite cérébro-spinale est dite le résultat de la suppuration dans Tintérieur du labyrinthe. Le D* Searle a réussi à en arrêter un cas à son début ; silicea fut son principal médicament.
TINTBBIENT d'ORBILLES. 297
miné par la suppression d'une éruption du cuir chevelu, comme dans un cas publié par le D' C. Dunham (2), dans lequel une guérison complète fut obtenue par Mezereum, en qualité de remède le plus homœopathique à Téruption elle-même. Si le malade est rhumatisant ou goutteux, ou sujet à l'arthrite rhumathoïde, il faut poser un pronostic plus grave.
Il peut y avoir ici, dit le D^ Toynbee, soit rigidité de la membrane du tympan, soit ankylose des osselets, spécialement de la base des étriers sur la fenêtre ovale. Il considère la première comme « la cause de la surdité dans l'âge avancé. » Si quelque bien pouvait être produit dans de semblables circonstances, ce serait par Sulfur ou Kali iodatum. En dernier lieu, il existe une surdité syphilitique, qui peut survenir dans le courant de la seconde période de la maladie acquise, ou sur des sujets sous son influence héréditaire. Dans un cas elle cédera avec les symptômes qu'elle accompagne ; dans l'autre elle est rebelle aux plus puissants antisyphililiques de la pratique ordinaire, et de notre côté nous n'avons à offrir aucune expérience.
Il me reste à parler du
TINTSMBKT JfOlŒnmilS.
Cette affection aussi, comme la surdité, peut être déterminée par des lésions substantielles de l'organe de l'ouïe, spécialement celles qui produisent une pression anormale sur la fenêtre ovale, et par suite sur le labyrinthe. Ici, elle ne nécessite pas de traitement spécial. Mai«5,i< elle a lieu sans aucun doute d'autres fois, » dit M. ï^ftlby, « sans aucune cause apparente, soit que celle-ci se manifeste pendant la vie, soit qu'on la trouve à l'autopsie. Dans de semblables cas, » continue-t-il, « nous devons nous contenter quant à présent d'admettre notre ignorance de la cause, en nous consolant par cette ré-
(1) Yoy. AmeiHcan Hom* Beview, vol. II.
298 BIAXADIES DE l'oREILLB.
flexion, que confesser son ignorance est un premier pas fait vers le savoir. » L'homœopathie avec sa méthode qui, négligeant le toile causam, se contente d'opérer sur les indications du similia similihusy devrait nous mettre à même de faire plus ici. Il faut avouer, cependant, qu'aucune contribution spéciale au traitement du Tinnitus, en lui-même, n'a été faite jusqu'ici. Le Sulfure de carbone est la seule substance qu'il m'ait été possible dé citer dans ma Pharmacodynamique comme ayant déterminé et guéri cette affection. Une étude des nombreux médicaments réputés avoir produit des bruits dans les oreilles, et la référence de chacun d'eux à sa propre catégorie symptomatique ûu pathologique serait un travail de beaucoup de valeur.
Une forme spéciale de tinnitus, dans laquelle il est associé non seulement à la surdité mais encore au vertige, est connue sous le nom du premier observateur qui la signala a maladie de Menière . » Les succès obtenus dans son traitement l'ont été sur des indications homœopathiques, quoique ce ne soit pas toujours par ceux qui reconnaissent le principe. En France la quinine a été donnée avec succès (1) ; et en Angleterre, le D"^ Gowers a obtenu de bons résultats du salicylate de soude, que l'on a observé déterminer des bruits d'oreilles, de la surdité etdesétourdissements, lorsqu'on le donne à hautes doses dans le rhumatisme aigu (2). Le D' M'Clatchey, dans notre camp, a mis à profit ces derniers faits, et a donné le salicylate à la dose de deux grains toutes les trois heures, dans un cas analogue qui avait résisté aux médicaments ordinaires. Il obtint un soulagement presque immédiat; et dans l'espace d'une semaine, pres'que tout l'appareil de symptômes gênants avait disparu, laissant l'ouïe normale (3).
(1) Voyez VArt médical, XIII, 287.
(2) British médical Journal^ avril 21, 1877.
(3) Hahn, Monthly, XIII, 87.
LETTRE XXIIL
La bouche et la gorge.
Ce titre contient beaucoup de choses. Mais il nous permet d'embrasser dans nos pensées tout le canal alimentaire, de la bouche à l'anus, en y comprenant les glandes associées à ses fonctions. Nous commençons aujourd'hui par les affections de la bouche et de son contenu.
Parlons d'abord de la bouche elle-même. La plupart des formes de la stomatite sont des maladies des enfants, et seront étudiées à leur chapitre particulier. Mais il en existe une variété qui se montre tout aussi fréquemment chez l'adulte, et peut paraître sous forme épidémique. C'est le « mal de bouche putride, » stomatite ulcéreuse ou
STOMATITB ITTiCÉRErCJSS: On STOMACACS.
C'est cette sorte d'inflammation de la bouche que détermine le Mercure ; et, en conséquence, lorsqu'elle se présente comme affection idiopathique, Mercurius est le médicament principal des homœojTathes. Ce métal luimême en est-il la cause déterminante (stomatite mercurielle) , Niiri acidum ou (mieux encore) Kali chloriçum doit être administré. Cette dernière drogue est actuellement regardée dans la vieille école comme spécifique dans la stomacace, qu'elle soit d'origine mercurielle ou non. Mais ceux qui la préconisent font rarement allusion à son pouvoir de causer l'inflammation et l'ulcération de
300 HALADIES PBS ORGANES DIGESTIFS.
la bouche qu'il guérit, et que j'ai relaté sur l'excellente autorité de M. Hutchinson (1).
XJIiCÉRSS DE liA BOUCHE.
Lorsqu'ils sont récents, ils sont promptement guéris par quelques doses de Mercurius, suivies si cela est nécessaire de Nitri acidum ; mais ici encore vous vous rappellerez Kali chloricum comme alternative possible. Lorsqu'ils sont chroniques et récidivants, je les ai trouvés très rebelles.
Les lèvres présentent peu d'objet au traitement médicinal, puisque l'herpès labialis et l'hypertrophie de la lèvre supérieure ne sont que des affections symptomatiques. Je puis citer que la présence de la première affection dans la fièvre intermittente est supposée (cœteris paribus) indiquer Natrum muriaticum, et que la dernière dans la scrofule indique Sepia. Le cancer des lèvres, qui est toujours de la variété épithéliale, a (ainsi que je l'ai dit en parlant de la maladie en général) été guéri par Asenicum.
La langue peut être le siège d'inflammation aiguë, d'ulcération, de syphilis on de cancer.
OrJjOSSrtEs.
Cette rapide et formidable affection est complètement sous le contrôle des médicaments homœopathiques, sans qu'il soit besoin des incisions ou des sangsues considérées comme indispensables dans la vieille école. Un cas du B' Guinness, dans le cinquième volume du British Journal of Homœopathy, est un exemple de ce que j'avance. Les médicaments employés furent Belladonna 3® alterné avec Mercurius 5®. La description de l'état du malade, vingt-quatre heures après le frisson intial, est comme il suit : Toute la langue était énormément tuméfiée î elle remplissait presque la cavité buccale, en sorte
(l)Hugh6s, Action des m,édio(mients ou Pharmacodynamiqt^e^ à^ 'article Kali chloricum*
lULCÉRBS DE LA LANGUE. 301
qu'il était tout à fait impossible d'apercevoir la gorge ; mais on sentait à l'extérieur les amygdales enflées et elles étaient douloureuses au toucher; la face était très rouge et gonflée, il y avait de la céphalalgie, et le pouls. était à 100, plein. La surface de la langue était recouverte d'un enduit blanc, mais la pointe, les bords et la face inférieure étaient rouge sombre, brillants, tendus et luisants. La peau était brûlante, et la nuit avait été des plus agitées. L'action d'avaler et de parler était impossible à cause de la douleur qu'elle occasionnait. Il y eut de l'amélioration presque immédiatement; et au bout de quarante-huit heures il restait à peine trace de la maladie. L'homœopathicité du Mercure est ici indubitable ; mais dans une affection aussi franchement inflammatoire; il réclamera en général le renfort de Belladonna ou d'Aconit.
11 existe un œdème aigu de la langue qui est plutôt de la nature de l'urticaire qu'inflammatoire. Jl est dû à l'ingestion de quelque article malsain de nourriture ; et si le moment est passé pour un vomitif, il pourrait être traité avantageusement par Apis.
Il faut dire encore que si la glossite est l'effet d'une brûlure ou d'une échaudure, Cantharis sera le remède le plus convenable.
Ils nécessitent le même traitement que celui des ulcères de la bouche, avec lesquels ils sont pathologiquement identiques (1). Je [pense, cependant, que l'acide Muriatique est ici préférable à l'acide Nitrique. Une forme d'ulcération très tenace est celle qui paraît à la pointe de la langue, et qui revient souvent après sa guérison. Si l'application des caustiques est jamais nécessaire, c'est dans ces petits maux ennuyeux et douloureux.
(1) Les ulcérations de la langue résultant de Faction du Mercure sont d'ordinaire associées à « des ulcérations semblables des gencives. 3> (Âitkin«)
302 liALApnSS DBS OROANES DIGESTIFS.
Elle apparaît souvent sous la forme d'une ulcération, et dans ce cas il est rare qu'il soit nécessaire d'employer autre chose que Mercurius ou Nitri Acidum^ ou les deux ensemble, déjà recommandés pour les ulcérations simples. Le Bichromate (ou Chromate) ou même l'Hydriodate de potasse doivent être présents à l'esprit dans les cas graves et rebelles. Une autre forme de syphilis de la langue est une sorte d'inflammation chronique avec Assures profondes et hypertrophie des papilles. La description que donne M. Langston Parker de l'état de lalangue produit chez quelques personnes par l'emploi longtemps continué de l'Iodure de Potassium est tellement semblable à cela, que vous vous sentirez parfaitement homœopathe en le prescrivant. C'est aussi la manifestation locale de la syphilis dans laquelle le D*" Laurie trouva Fluoris acidum si bienfaisant, point d'expérience dont j'ai fait mon proflt avec un avantage marqué.
CANCER DB TUL IjANaiTB.
Celui-ci, étant aussi invariablement épithélial, devrait être quelque peu du ressort de la médecine. J'ai cité, en parlant du Kali cyanatum, un cas publié par le D' Petroz, dans lequel ce médicament, à la dose d'un centième de grain, paraît avoir guéri; et le D' Cooper pense avoir arrêté la maladie dans sa période initiale avec Muriatîs acidum (1). Il parle presque avec trop de confiance : « Les ulcères carcinomateux demandent pardessus tout autre médicament, Arsenicum et Silicea; ces deux médicaments guérissent ces sortes d'ulcérations avec assez de rapidité, pourvu qu'ils n'aient pas gagné trop loin. »
Il me reste à parler des souffrances causées par les dents. Réservant les souffrances de la dentition pour le
(1) United States médical <m4 S^rç^c<U Journal, IX, 268.
ODONTALGIE. 303
chapitre des maladies des enfants, je parlerai ici des maux de dents de causes variées, et de Tépulie ou fluxion des gencives.
.Elle paraît sous quatre formes principales, et nous pouvons classer sous ces quatre titres la plupart des médicaments d'un avantage réel dans son traitement.
Premièrement, il y a la douleur qui accompagne la carie des dents. S'il y a quelque exposition à Tair de la pulpe dentaire « Tocclusion w par quelque moyen que ce soit est nécessairement essentielle. Mais avec ou sans cette opération, vous mériterez en général (du moins d'après ma propre expérience) les remerciements de votre patient si vous lui donnez Kreosote^ 12® dilution, à prendre fréquemment jusqu'à ce qu'il soit soulagé, puis à continuerdeuxfoispar jour comme prophylactique. Jahr parle en des termes aussi élogieux de Chamomilla 30®, par une seule dose de laquelle (dit-il) il a enlevé Todontalgie de nombre de personnes, la dent tombant ensuite sans retour de la douleur.
Secondement, il y a la douleur brûlante et battante de l'inflammation de la pulpe dentaire. Ici, je pense, vous trouverez Belladonna spécifique, et celle-ci m'a rendu aussi service le mieux aux dilutions les plus élevées.
Troisièmement, il y a une odontalgie « rhumatismale » apparemment située dans le périoste des maxillaires, mais produite par le froid, et sans tendance à Tépulie. C'est ce que l'on appelle communément « névralgie faciale. » Pulsatilla est le remède le plus souvent efficace dans ce cas; mais Bryonia, Mercurius ou Chamomilla peuvent être nécessaires, et pour ma parc j'ai quelque préférence pour Rhododendron.
Enfin, l'odontalgie peut être névralgique. Pour apporter un soulagement immédiat, essayez Chamomilla lorsque les nerfs du malade semblent incapables d'endurer la douleur, Coffea lorsqu'il y a soulagement momentané par l'application du froid. Aconit (pas à up degré trop bas)
lorsqu'il n'existe aucune de ces indications spéciales. Mais recourez au traitement antinévralgique, comme il est traité dans la section sur cette affection, pour une guérison permanente.
Jahr a donné un excellent répertoire de Todontalgie, vous ferez bien de le consulter pour des indications symptômatiques plus minutieuses.
Sous le nom familier de a Gumboil »,
OU inflammation des gencives, j'entends une inflammation du périoste alvéolaire et voisin, ayant une tendance à s'abcéder rapidement,
Elle est en général, sinon toujours, causée par l'irritation d'une dent tellement gâtée qu'elle est hors d'état d'être restaurée; là, le remède doit être l'extraction. Mais lorsque l'inflammation ne fait que se déclarer, et est entreprise de bonne heure, je pense pouvoir vous promettre que vous la couperez court par des doses répétées de la première dilution d'Aconit et de Belladonna. Dans les circonstances ou, de plus, pour une cause quelconque on ne se soucie pas de l'extraction, P^o^p^onw paraît produire un effet marqué en abattant l'irritation, et en prévenant le retour des 'abcès.
Les glandes salivaires sont en connexion si intime avec la bouche que leurs états morbides doivent être étudiés à cette place.
L'inflammation de la glande parotide peut survenir concurremment avec le typhus, la scarlatine ou d'autres affections aiguës. J'ai décrit son traitement en parlant des "deux maladties citées. Mais elle est mieux connue comme le trait principal et primitif de la curieuse affection contagieuse et épidémique connue sous le nom d'
Il est possible que les patients atteints de cf^tte maladie se rétablissent aussi rapidement sans médicament
GRBNOUILLBTTB. 305
qu'avec un médicament. Néanmoins, je pense qu'ils souffrent moins si on les tient sous Tinfluence de Merçurius, avec Aconit s'ils ont de la âèvre. Dans la métastase sur les testicules ou les seins, Pulsatilla est décisif.
SAIjIVATIOK.
Lorsqu'elle survient comme faisant partie de raffeotion buccale mercurielle, actuellement (heureusement) rare, elle demande des antidotes du métal tels que lodium et Nttrt acidum plutôt que le Chlorate de Potasse. Dans la salivation idiop athique ces médicaments, et Mercurius lui-même, sont indiqués d'une manière évidente, et sont connus pour guérir. Hartmann et Jahr parlent avec faveur de Dulcamara dans les cas où cette affection paraît avoir été causée par le froid ; et Jousset donne des indications pour Pulsatilla. Euphorbium et Sulfur. Les alcaloïdes Pilocarpine et Muscarine ont été trouvés des siala^ogues si puissants qu'ils devraient être utiles dans quelques formes de ptyalisme (1). Peut-être, agissant sur les nerfs régulateurs de la sécrétion, peuvent-ils nous être utiles lorsque Taffection est sympathique , comme dans la grossesse. Le D^^ Jousset dit avoir eu déjà plusieurs succès avec la première de ces drogues.
GXUECNOUIULEBTTB.
Elle doit être mentionnée ici, quoiqu'il soit douteux que les formes de cette affection qui ont été curables par les médicaments soient en rapport avec le canal de Wharton. Une tumeur ayant tous les caractères de la grenouillette peut prendre son origine dans la dilatation d'un follicule ou d'une bourse muqueuse. Mais quoi qu'il en soit, Jahr et Kafka citent des succès obtenus avec Mercurius, et le dernier rapporte des résultats semblables
(1) Ne pas oublier actuellement le Jaborandi.
(Note du traducteur.)
306 MALAX»IBS DES ORGANES DIGESTIFS.
avec Cafcarea; tandis que le D' Gibbs Blake relate un cas guéri par Thuya^ et en cite quatre autres (1).
ANanrS DS liOXTIS.
C'est rinflammation, menaçant d'abcès et de gangrène du tissu cellulaire environnant les glandes salivaires, qui fut décrite pour la première fois par le médecin dont elle porte le nom. Bâhr la décrit comme « parotite maligne. » La seule expérience homœopathique de cette affection dont la relation me soit connue est celle de Schweickert qui trouva les médicaments ordinaires inutiles dans son premier cas, mais guérit les trois suivants avec TAnthracine, préparation faite avec le pus de la pustule maligne. J'ai été témoin d'un cas accompagnant une angine syphilitique; il se guérit très-bien avec Bryonia et Hepar sul-. furis.
La division suivante du canal alimentaire est la gorge. Celle-ci est, il est vrai^ une entité plutôt pathologijiue qu'anatomique ou physiologique comprenant, comme elle fait, des parties si différentes les unes des autres, et si confondues avec leurs voisines comme le voile du palais, la luette, les amygdales, et le larynx. La gorge, comprise de cette manière, peut être intéressée dans l'érysipèle et la variole, et présente des phénomènes spéciaux sous l'influence de la scarlatine et de la syphilis ; elle est encore souvent envahie parles aphfches. Le traitement de ces affections a été ou sera étudié à leurs chapitres respectifs.
Ici, je traiterai de l'angine catarrhale; de Tesquinancie et de l'hypertrophie des amygdales ; et de la pharyngite chronique.
ANaiITS CATARRHAUB.
La membrane n^uqueuse de la gorge est fréquemment enflammée par les causes habituelles du catarrhe. C'est une affection tout à fait distincte de la véritable esqui-
(1) Monthly Hom. Review., XIII, 583.