‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 97 sur 189 · ANGINE CATARRHALE · texte numérisé non relu

ANGINE CATARRHALE

nancie (amygdalite) avec laquelle ou la confond souvent. Elle se montre sous plusieurs formes. La membrane peut être très enflammée, sans beaucoup de gonflement. Ici Belladonna déploie cette puissance étonnante qui lui a donné une telle réputation dans les afi'ections de la gorge et que Ton est en train de redécouvrir dans la vieille école de Médecine. Vous avez probablement déjà été témoin de sa valeur ; mais vous pouvez affermir votre foi en consultant les autorités réunies par le D"^ Imbert- Gourbeyre dans le quatorzième volume du British Jour» nal of Homœopathy, Vous j verrez, de plus, qu'elle a quelquefois besoin de Taide de TAconit, lorsqu'il y a beaucoup d'excitation de la circulation générale et élévation de la température.

La présence d'ulcérations n'est pas une contre-indication à ce traitement par Belladonna, avec ou sans Aconit, si celles-ci sont avec une base enflammée et très douloureuse. Ce n'est que lorsque l'inflammaMon est d'un degré inférieur, avec tendance à l'ulcération générale, que Mercurius est préférable. Pour un cas dans lequel je vois des indications de son emploi, j'en trouve vingt dans lesquels Belladonna est le vrai simile, et je ne m'en rappelle pas un seul qui parût appeler l'alternance routinière des deux.

Il existe encore une autre forme de mal de gorge aigu. Lorsque vous examinez la gorge, vous trouvez un œdème général du tissu cellulaire sous-muqueux recouvrant les amygdales, la luette, le voile du palais, et même la partie postérieure du palais osseux. Cela ressemble presque à l'effet d'une abeille qui se serait précipitée dans la gorge du patient et l'aurait piqué là. Je répète ce que j'ai déjà dit à propos à'A'pis en vous disant que vous trouverez dans ce cas ce médicament précieux.

Des formes moins communes de mal de gorge sont la rhumatismale, la pultacée, et la nerveuse. La première, caractérisée par beaucoup de douleur et de la raideur dans les muscles extérieurs, demande Aconit^ et rarement d'autre médicament. La seconde, dans laquelle des taches

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blanchâtres (prises souvent pour diphthéritiques) se forment sur la membrane muqueuse, peuvent requérir Belladonnaou Apis, suivant le caractère de Tinûammation sous-jacente. Je n'ai jamais eu à donner Mercurius pour elle, mais j'ai quelquefois prescrit /^^yifo^acca avec avantage. Pour la troisième, dans laquelle la douleur (en général d'un caractère intense) est hors de proportion avec l'inâammation présente, je ne saurais trop dire de bien du Lachesis.

Je pense que le mal de gorge gangreneux ou malin coïncide souvent avec la scarlatine, et je dois vous renvoyer âmes remarques sur cette maladie pour des suggestions quant aux médicaments qui lui conviennent.

ESaUINANCIB.

Par ce terme populaire, que j'emploie ici de préférence à ceux d'amygdalite ou de Cynanchetonsillaris des nosologies, j'entends l'inflammation du parenchyme des amygdales menaçant d'aller jusqu'à la suppuration. Aconit et Belladonna peuvent être encore employés ici, le premier lorsqu'il y a beaucoup de fièvre sthénique, la deuxième lorsque la membrane muqueuse de la gorge est entreprise, et qu'il y a céphalalgie et feu à la face. Mercurius joue ici un rôle plus important. Et j'ai cité des témoignages de Hartmann (pas Hahnemann, comme on l'imprime par erreur), Ringer et Imbert-Gourbeyre quant à ses mérites ; on devrait le donner en doses répétées d'une trituration basse de Mercurius solubilis ou dulcis. On peut souvent prévenirparce médicament la tendance à la formation du pus. Mais un médicament encore plus efficace dans ce but est Baryta carbonica à la 6° où à la 12*» atténuation. Si vous pouvez commencer assez de bonne heure le traitement de l'esquinancie par ce médicament, il est rare que l'on ait de la suppuration. Si cependant elle paraissait inévitable, on devrait y substituer Hepar sulfuris.

PHAaTNOITB CHRONIQUE. 309

Pour les amygdales hypertrophiées d'une manière chronique, le traitement différera quelque peu suivant que cette hypertrophie sera primitive, ou qu'elle sera le résultat d'attaques répétées d'inflammation. Dans ce dernier cas Baryta sera encore utile (on a employé le Car- ' bonate, le Muriate et spécialement l'Iodure) ; et le Mercurius todatus est préconisé par le D' Cooper, dans une note précieuse sur cette affection (1). Lorsqu'on a affaire à une simple hypertrophie, la scrofule est presque toujours en cause, et il est nécessaire d'avoir recours aux médicaments antistrumeux dans le traitement. Parmi eux Calcarea est le plus important ici, et sous la forme de Phosphate (comme le recommande le D' Cooper) ou d'Iodure (préconisé par le D*" Vehsemeyer) il a accompli de grandes choses. Le D*" Jousset relate un cas guéri par l'Iode lui-même (3® trituration).

On doit cependant reconnaître que le traitement de l'hypertrophie chronique des amygdales est extrêmement ennuyeux ; et la question de l'adoption des moyens chirurgicaux dans les cas où leur présence est nuisible doit recevoir une considération incontestée.

FHARTNOmfi CHROKXatnS.

Je désigne par ce nom l'angine folliculaire ou granuleuse des parleurs de profession, le « Clergyman's sore throat » de la nomenclature populaire. La pratique Homœopathique a eu en général recours aux préparations de Mer curius -pouiV le traitement de cette affection. Le Cinnabre l'a guérie ; mais depuis que le D*" W. Cook, en Amérique, et le D^ Black, en Angleterre, ont publié les résultats obtenus par eux avec l'Iodure, le Mercure a été principalement administré sous cette forme, ainsi que vous pouvez le voir d'aprèô une discussion sur le sujet à

(1) MontMy Homœopathie Revieto de 1867.

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la British Homœopathic Society, soulevée par le D^ Edward Blake (I). Les triturations les plus basses paraissent les plus favorables. Vous verrez que l'Antimonium tartaricum et le Kali bichromicum sont aussi préconisés. Tandis qu'avec ces médicaments veux exercez une action altérante sur la membrane muqueuse malade de la gorge, vous pouvez faire beaucoup à Taide de médicaments intercurrents pour soulager les symptômes subjectifs qui exis- • tent presque toujours. Lâchesis est le principal parmi ces derniers, ainsi que je Tai dit en Tétudiant. Un autre est Capsïcum^ qui est très utile locsque la gorge est rouge et chaude, et qu'il existe beaucoup de toux sèche.

Lorsqu'une angine chronique est évidemment l'expression d'un état général malsain (goutteux, hémorrhoïdaire ou herpétique), SulfW est son meilleur remède ; et Belladonna peut être donnée intercurremment avec avantage, ainsi que le recommande le D*" Jousset. Il y a encore d'autres médicaments qui à l'occasion trouvent leur place dans le traitement des états 'morbides chroniques de la membrane muqueuse de la gorge, parmi lesquels je puis citer Acidum oxalicum, Œsculus, Alumina, Arum et Ignatia. Leurs indications sont mentionnées dans ma Pharmacodynamique, Alumiila est spécialement utile dans le « Catarrhe sec raréfiant » décrit par Wendt (2). Le D' Dyce Brown, dans un article sur la « Pharyngite foUiculeuse » (3), donne des indications et des recommandations à propos d'Œsculus, Hepar sulfuriS) Lâchesis et Kali bichromicum ; et dans le même numéro du Journal, M. Clifton relate une série de cas récents survenus à la distance de quelques jours les uns après- les autres, dans lesquels le premier de ces médicaments fut le remède spécifique.

MALADISS DS L'ŒSOPHAOB.

Il n'y a que peu de mots à dire sur les affections de V Œsophage.

(1) British Journal of Homœopathy, XXXII, p. 287.

(2) Ziemssen's Cyclopsedia^ vol. VII.

(3) Monthly Homœopathic Revieto de l'aimée 1877.

(£S0PHAQIT£1. 311

L'inflammation de ce conduit est très rare, à l'exception des cas où Ton a ingéré des substances corrosives.

Il y en a un dans les New Remédies de D' Haie, à l'article Gelseminum. Phosphorus fut ici le remède curatif, après Téchec d'Arsenicum. Dans la contracture spasmodique de l'œsophage (appelée très à propos « QEsophagisme » par Jousset), Ignatia serait évidemment le meilleur médicament. Mais j'ai plus d'une fois obtenu des résultats si excellents de l'emploi de Naja que je suis porté à le regarder comme le principal remède de cette affection.

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