‹ Manuel de thérapeutique selon la méthode de HahnemannChapitre 99 sur 189 · GASTRITE · texte numérisé non relu

GASTRITE

mune. Il est d'habitude le résultat de rintroduction de substances nuisibles dans l'estomac, mais il survient quelquefois sous des influences climatériques et même épidémiques.

Le récit d'un certain nombre de cas ayant apparemment pris naissance de ces dernières causes est publié par le D^ Yeldham dans le seizième volume du British Journal of Homœopathy^

Lorsque la gastrite est causée par le froid, je pense, avec Jahr et Hempel, que l'Aconit lui est parfaitement approprié, au moins comme remède initial. Mais lorsque son action est épuisée, et dans toutes les autres formes de la maladie, il est un médicament, et un seul, sur lequel je vous conseillé de compter. La présence de symptômes évidents d'inflammation gastrique devrait toujours faire penser à Arsenicum.'ï^e le donnez pas à une trop basse puissance ; la sixième et la douzième dilution vous rendront, je pense, plus de services. Je n'ai pas besoin de faire ressortir son homœopathicité à l'état morbide présent. Avec l'aide d'un régime convenable, et peut-être de compresses froides à Tépigastre, vous n'aurez pas besoin d'un autre traitement.

Le cas suivant montrera son action et la puissance de l'Aconit sur llaffection locale. Il a été fourni par le D' James Laurie au dixième volume du British Journal of Homœopathy.

« L'autre cas fut celui d*un homme entre trente et quarante ans^ d'une constitution pâle et maladive, et dont le corps était trèsamaigri. Il dit*qu*il avait souffert pendant nombre d*années de douleurs intenses d'estomac, avait consulté un nombre considérable de médecins, et avait pris une grande variété de médicaments avec peu ou point de soulagement. Il venait de revenir de la campagne où son dernier médecin l'avait envoyé pour changer d'air, mais obligé de rentrer chez lui k cause des douleurs violentes qu'il ressentait dans Testomac. Son pouls était à 105, plein et bondissant. La langue sèche, avec une large ligne rouge dans le centre ; la peau chaude, de la constipation, et les urines rares. Je donnai Aconitum l'« dilution, dix gouttes dans un verre d'eau froide, à prendre une cuillerée à bouche toutes les heures et demie; et je recommandai de faire HUOHBS. — Thérap. Homœop. ' 48

314 MALADIES DSS OEaANBS DIGESTIFS.

prendre une dose d^hnile de ricin pour vider les intestins. Â mon retour le soir, le malade n'était pas soulagé ; ponls à 115 ; fièfvre beaucoup plus forte et douleur très intense. J'ordonnai de prendre TAconit toutes les demi-heures. Le matin suivant, je le tronvai ayant passé une nuit très agitée. Il avait eu des selles abondantes. Cependant le pouls était alors tombé à 90 et la fièvre avait presque entièrement disparu, quoique la douleur au creux de Testomac continuât & être aussi intense que jamais. Il ne pouvait, disait-il, mieux la comparer qu*a un foyer incandescent intérieurement. Je me rappelai que c'était là un des principaux symptômes d^Arsenicufnf et j*en mis dix gouttes de la 6« dilution dans un plein verre d'eau, à prendre une cuillerée â café toutes les six heures. La première cuillerée apporta un soulagement immédiat ; le malade s'endormit profondément pendant quatre heures ; la seconde dose fut suivie d'un effet analogue, et le jour suivant, le malade éiait tont & fait bien, et n'avait plus besoin d'être visité. A ma connaissance, il n'eut plus de récidive de Taffection qui l'avait fait sou£frir si longtemps. >

Je sais que nos livres donnent des indications sur beaucoap d'antres médicaments dans cette affection, tels que Nax Yomica, Brjonia, Pnlsatilla et Ipecacuanha. Les pathogénésies suggèrent aussi l'emploi possible de Mercurius GorrosivnSy Kali Bichromicam et Tartams Emeticus dans son traitement ; il est juste que je les cite ici ; mais je répète que vous n'aurez que rarement, si ce n'est jamais, besoin d'autre médicament qu'Arsenicum.

11 en est presque de même de la gastrite chronique, au moins dans cette forme dans laquelle la langue est propre, rouge et luisante (1). Seulement ici, lorsque votre malade ne ressent pas promptement Teffet des hautes dilutions que j'ai nommées, vous ferez bien de descendre à la troisième (ou même la seconde) décimale. Dans ce cas, Mercurvus corrosïvus est un autre médica*ment important ; il est préconisé par le J)^ Pemberton Dudlej (à ces mêmes atténuations) quand la sensibilité et la distension de l'épigastre dominent. Kali bichronucum vient en ligne (comme je Pai décrit ailleurs) lorsque se forme sur la surface de la membrane muqueuse rougie (ainsi qu'on le voit sur la langue) un enduit jaunâtre.

(1) Voy. deux excellents cas dans le 1" (p. 71) et le 4« vol. du "^-^^tish Joum, of Hom,

Page 1