GASTRITE
lodtum doit être aussi consulté ; et il fut curatif dans un cas survenu chez un enfant, et qui était accompagné (ce qui est rare) de boulimie (1).
On ne peut donner dé meilleurs médicaments que ceux-ci tant que l'inflammation n'est qu'endogastrique. Mais il y a des cas de quelque durée dans lesquels survient Tépaississement des tissus sous-muqueux, de sorte que le pylore se rétrécit, d'où résulte la dilatation de l'estomac. Le D' Jousset a démontré dernièrement que nous possédons dans Nuœ vomica un remède héroïque contre cet état, lequel (eu égard à l'induration pylorique) est quelquefois pris pour un squirrhe (2). S'il était insuffisant, je conseillerais l'essai de Phosphorus^ dont noijs connaissons le pouvoir de déterminer une « gastrite indurée chronique avec épaissi ssement. »
Il y a une autre affection chronique de Ig. membrane muqueuse gastrique dans laquelle le dernier médicament peut rendre des services. C'est une dégénérescence des glandes peptiques, laquelle, à cause des hémorrhagies qui l'accompagnent et de la cachexie profonde qu'elle amène, peut souvent être prise pour une maladie de nature maligne. Je soupçonne qu'il y avait un état de cette nature dans le cas relaté par le D^ BoUe comme étant un cancer de l'estomac, et que vous trouverez dans le douzième volume du British Journal of Homœopatky,
Le pouvoir curatif de Phosphorus dans cette maladie (très sérieuse en tous cas) est manifeste. En dernier, il y a ce catarrhe chronique gastrique par excellence, dans lequel la langue est très chargée, et où beaucoup de mucus épais (pas glaireux comme avec Nux vomica) est formé. Malheureusement cet état est souvent symptomatique d'une maladie organique, et défie tout traitement. Le médicament qui promet le plus dans son traitement est, je 'crois, Hydrastis (3).
Je vais actuellement parler de l'ulcère de l'estomac.
(J.) Voy. Annàls, I, 293.
(2) Voy. VArt médical, XIT, 241.
(3) Voy. un cas dans Annàls, IV, 511.
316 liALADIES DES ORGANEg DIGESTIFS.
ITLCÉSRm DB L'BSTOMAO,
par lequel j'entends Tulcère rond, perforant de Cruveilhier, non d'origine inflammatoire.
La façon presque certaine dont cet ulcère guérit sous l'influence du repos, d'un régime non irritant et de compresses chaudes ou froides sur l'épigastre, rend son traitement médicinal d'une importance comparativement minime. Néanmoins, les cas relatés dans notre littérature démontrent que l'Arsenic, le Kali |bichromicum, l'Argentum nitricum et le sulfate d'Atropine peuvent nous apporter une aide efficace (1), et ces médicaments, ou d'autres encore agissant sur l'estomac, devraient être administrés conjointement au traitement général suivant les symptômes présents. Les pathogénésies donnent raison au conseil du D^Pope, de donner Arsenicum comme étant le plus approprié lorsque l'ulcère est à l'orifice pylorique, et Kali bichromicum lorsqu'au contraire il siège à l'extrémité cardiaque de Testomac.
Une question plus importante est celle de savoir si nous pouvons faire quelque chose pour empêcher la tendance de cette ulcération à reparaître. Si cela est, je pense que ce doit être avec l' Uranium nitricum. Les expériences que le D' Edward Blake a faites avec cette substance ont montré qu'elle avait le pouvoir d'ulcérer, chez les animaux, la membrane muqueuse du pylore, et il n'y a pas de raison pour qu'elle ne combattît pas la tendance vers le même processus morbide chez l'homme. Le D"' Drysdale a démontré son utilité dans le traitement de l'ulcère existant (2) ; et il serait encore plus précieux s'il était prouvé qu'il peut arrêter la formation de nouveaux. Lorsque la tendance à l'ulcère de l'estomac paraît liée (et elle l'est souvent) à un état chlorotique, Argentum nitricum devient son remède le plus approprié.
(1) Voy. Brit. Joum. of Hom„ IV, 374; XV, 238; XXIV, 657; AnnaU^ V, 411 ; Monthly Hom. Review, XIX, 680.
(2) British Jouirai of Homœopathy, XXNII, 307.