CONDITIONS DE RÉACTION
Les réactions organiques sedistinguent de celles de la chimie minérale par leur complexité fréquente. Il est en effet assez rare de rencontrer une réaction qui puisse être représentée par une équation unique, si compliquée qu'elle soit. Cela tient d'une part à la complication des molécules organiques, et d'autre part à leur fragilité.
Toutefois, cette complexité n'est qu'apparente, et si Ton examine de plus près la nature des produits d'une réaction, on constate, dans la plupart des cas, que le processus qui leur donne naissance peut être symbolisé par un nombre plus ou moins grand d'équations très simples; celles-ci consisteront, par exemple, dans la réunion ou la transformation des moléctilcs mises en jeu, ces phénomènes pouvant être accompagnés de fixation ou d'élimination d'eau, d'oxygène, d'acide carbonique, de chlorure de sodium, etc. Presque toutes ces réactions simples peuvent être prévues par des considérations théoriques.
Or, le problème que Ton se pose généralement est limité à la production maxima d'un seul des composés qui peuvent prendre naissance dans la réaction dont il s*agit. 11 faut donc chercher à restreindre autant que possible les phénomènes concomitants et déterminer, théoriquement d'abord, en s'appuyant sur des analogies ou des faits connus, expérinfiehtalement ensuite, en ciïectuant des essais méthodiques, les conditions qui influent sur la production des divers composés.
L'étude théorique d'une réaction nécessite tout d*abord un travail bibliographique très complet qui sera facilité par remploi des dictionnaires classiques tels que le dictionnaire de Wûrtz et celui de Beilstein. On recherchera ensuite, dans les mémoires originaux, quelles sont les méthodes déjà étudiées qui ont permis de préparer les corps présentant le plus d*analogte avec celui que Ton veut obtenir.
L'étude expérimentale consistera ensuite à appliquer Tune de ces méthodes au cas que l'on envisage, et à déterminer aussi exactement que possible la nature et les quantités respectives des divers produits formés. Cette recherche constitue un problème d'analyse immédiate dont l'élude ne rentre pas dans le cadre de cet ouvrage. Il restera alors à faire varier les conditions de l'opération jusqu'à ce qu'on ait obtenu un rendement satisfaisant.
La résolution de ce problème nécessite, comme nous le disions il y a un instant, une série d'essais elTcctués niélhodiquement, mais elle n'est pas uniquement empirique, car on peut Otre guidé dans cette recherche par certaines considérations gé ni' raies que nous allons exposer rapidement.
11 est en eiïet un certain nombre de facteurs qui influent d'une fa<;on gén(^rale sur la marche d'une réaction. Ce sont en première ligne, la masse des corps mis en présence, la température, la pression et le contact. Ces trois derniers facteurs sont: d'ailleurs dépendants les uns des autres, car Tapplication do la chaleur ou de la pression a presque toujours pour objet d'améliorer le contact des corps réagissants. Nous allons dire quelques mots de ces diverses conditions, et nous décrirons à ce propos les principaux dispositifs qui permettent de les réaliser.