‹ Manuel de vivisectionsChapitre 15 sur 90 · CONTENTION PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

CONTENTION PHYSIOLOGIQUE

chlorhydrate, par exemple. La solution dont on se sert est de 1 gramme de chlorhydrate de morphine pour 20 centimètres cubes d'eau distillée. On injecte de 1 à 5 centimètres cubes de cette solution, suivant la taille et l'Age de l'animal, dans le tissu cellulaire sous-cutané de préférence. On peut aussi, comme le faisait Magendie, faire l'injection dans la plèvre ou bien encore dans le poumon. Ce n'est pas le cas de faire les injections intra- veineuses, car Ton a alors une période d'excitation et im effet moins persistant.

Mais, nous le répétons, surtout maintenant que Ton dispose de substances moins chères et bien préférables, c'est un moyen peu employé, car d'abord les animaux et les chiens surtout s'habituent très facilement à la morphine, ensuite, la morphine arrête les sécrétions, et l'animal reste encore très excitable, ce qui gène dans les opérations.

2^ ÉiheTy chloroforme. — Ce sont deux substances très fréquemment employées, mais le chloroforme est plus actif que l'éther, aussi ne faut-il pas employer indifféremment ces substances. L'éther est préférable pour les petits et jeunes animaux, tels que : oiseaux, lapins, rats, souris, etc., le chloroforme convient pour les chiens , chats, chevaux, etc.

Ces agents anesthésiqueîr'peuvent s'employer de différentes manières. Ou bien l'on fait respirer à l'animal de l'air chargé de vapeurs de chloroforme ou d'éther, ou bien l'on injecte sous la peau une solution de chloroforme ou d'éther ; ou bien encore, pour les animaux aquatiques, il suffit de les plonger dans de l'eau contenant du chloroforme ou de l'éther en dissolution.

3S gédëralitEs.

Pour les inhalations on se sert d'un bocal ou d'un récipient quelconque, au fond duquel on place une éponge imbibée de l'anesthésique, et le museau étant placé à l'orifice du bocal, l'animal respire l'air chargé de vapeurs. Mais ce procédé n'est pas toujours applicable. Pour certains animaux, tels que le chat par eneraple, il faut procéder différemment. Aussitôt l'animal saisi, ainsi que nous l'avons dît page 17, il faut le jeter dans l'appareil représenté figure 23, qui n'est autre qu'un grand bo-

cal fermé par un couvercle auquel est attachée une éponge imbibée de chloroforme ou mieux d'éther. On peut se servir de ce même appareil pour le lapin et les autres petits animaux, comme les oiseaux, mais il faut agir avec précaution dans ce cas, car ils sont très vite pris.

Pour anesthésier le chien, plus spécialement, on se sert d'une muselière en forme de cône tronqué (fig. 2t, 25)

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dont l'extrémité est formée par une petite botte grillée a, mobile, dans laquelle se place l'éponge imbibée de chloroforme. On comprend qu'il est alors très facile de commencer et d'arrêter l'anesthésie, en plaçant ou en enlevant cette boite grillée. Une précaution à observer est de ne pas donner tout à coup au début une dose trop brusque de chloroforme, car les animaux, jeunes surtout, et les chiennes, par eiemple, sont quelquefois très

FiG. îi. — Muselière pour l'aneathéiie du chien : n' l, la museliire est appliquée à J'animai; n' 2, son extrémilé est vue en coupe.

re (a) mobile at qui p,

promptement tués. Il faut alors pratiquer Immédiatement la respiration artificielle ou la galvanisation du pneumogastrique, ou bien encore injecter violemment de l'eau dans les narines de l'animal, pour tAcher de le faire revenir.

Il faut savoir que les différents animaux employés présentent une sensibilité variée au chloroforme.

M GENERA LITËS.

Le chien, sous l'influence des inhalations de chloroforme, est généralement anesthésié au bout de huit à quinze minutes.

Le chat et le lapin surtout sont beaucoup plus sensibles que le chien ; aussi ne fau^il pas les laisser longtemps dans le bocal où on les place pour les anesthésier. Dès que l'on voit l'animal tomber, il faut le retirer, et l'anesthésie est généralement suffisante pour persister un

Fis. âS. — Autre) formes de muselières pour l'anesthésie du chien. 3, pirllei ludlullliian aïK boite (3) comina dam la Ggure SI.

moment. Au besoin on conUnue de temps en temps à faire respirer un peu de chloroforme à l'animal.

Le rat est encore plus sensible que le lapin à l'action du chloroforme. On emploie pour l'anesthésier le même moyen.

Les oiseaux enfin, sont d'une sensibilité exceptionnelle, et l'anestbésie arrive si vite, qu'il fautagiravec beaucoup de précaution pour ne pas dépasser le point ettuerl'am-

CONTENTION PHYSIOLOGIQUE. il

mal. Mais aussi cette anesthésie se dissipe vite et il faut recommencer. C'est du reste ce qui arrive presque toujours; plus un animal est sensible au chloroforme, plus il est prompt à se réveiller.

Pour le lapin, un moyen employé avantageusement, car Tanesthésie dure plusieurs heures et l'animal revient bien après, c'est d'injecter sous la peau du dos 4 à 5 centimètres cubes d'éther.

Nous avons parlé séparément de la morphine et du chloroforme comme moyens anesthésiques, mais ces deux agents combinés donnent de très bons résultats. On a ainsi des animaux chez lesquels Tanesthésie dure longtemps et qui sont très aptes à subir les opérations les plus délicates. On commence par administrer la morphine et, après cela, on fait respirer à l'animal, à petite dose et d'une façon réitérée, des vapeurs de chloroforme qui, donné de cette manière, prolonge le sommeil de l'animal pendant longtemps.

Chloral et croton-chloral. — Voilà deux substances précieuses en vivisection et qui certainement comme anesthésiques sont appelées à remplacer le chloroforme et l'éther.

Ces deux substances peuvent s'employer, soit par la voie stomacale, soit en injections sous-cutanées, soit en injections intra-veineuses. La dose varie suivant l'animal et suivant la méthode. Quelques cçntigrammes de substance suffisent en injections sous-cutanées pour les grenouilles, les cobayes et même les lapins ; il faut arriver à 1 ou 2 grammes pour les chiens. Par la voie stomacale, la moins employée à cause de sa lenteur, il faut des doses assez fortes : 3 à 4 grammes.

De tous les procédés le meilleur est sans contredit celui qu'a indiqué M. Oré, de Bordeaux, pour l'administration du chloral, c'est la voie intra-veineuse, soit pour le chloral, soit pour le croton-cliloral,commeje Tai employée avec avantage dans un précédent travail (1). Voici du reste comment s'exprimait M. Vulpian : « Je ne connais pas de procédé plus précieux' pour la physiologie expérimentale; grâce à ces injections, un animal peut rester engourdi deux ou trois heures, anesthésié à un point tel que Ton peut se livrer à l'expérimentation la plus délicate et la plus laborieuse, telle que l'arrachement du ganglion cervical supérieur et du ganglion thoracique. Il a sur le chloroforme et l'éther une supériorité réelle, car avec l'un ou l'autre de ces agents on ne peut obtenir qu'une anesthésié de courte durée ; et si Ton fait une opération longue , on est obligé de renouveler deux ou trois fois au moins les inhalations.

• Autre avantage de cette méthode, c'est de pouvoir donner à volonté à l'animal le degré de sensibilité qu'on dés're; il n'y a pour cela qu'à faire varier la dose injectée (2). >

Pour faire ces injections intra-veineuses, par le procédé que nous indiquerons bientôt, je me sers pour le chloral d'une solution au dixième dans de l'eau distillée ; pour le croton-chloral le titre de la solution est le même, seulement au l\eu d'eau c'est la glycérine qui doit servir de véhicule. La dose que j'emploie est généralement de 10 centimètres cubes de solution, c'est-à-dire i gramme de chloral par 8 kilogrammes d'animal.

(1) Livon, Du croton-chloral ou chloral crotonique. Paris, 1877.

(2) Vulpian, Progrès médical^ 1874, p. 198.

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