CONTENTION PHYSIOLOGIQUE
L'anesthésie est produite presque immédiatement, mais au début de l'anesthésie par le chloral, l'animal passe souvent par une période d'excitation que Ton peut éviter en se servant du croton-chloral, qui ne produit pas cet effet-là, en amenant une résolution et une anesthésie aussi complètes. Comme avec le chloral^ les vivisections les plus délicates et les plus difficiles, surtout sur la tête, par exemple, peuvent se faire sans que l'animal manifeste aucune sensation, sans qu'il y ait aucun mou* vement réflexe venant troubler l'opérateur.
Curare. — Cette substance si bien étudiée par Cl. Bernard sert à immobiliser les animaux grâce à son action sur les nerfs moteurs. Seulement par le fait de cette propriété, pour ne pas voir l'animal s'asphyxier, il faut pratiquer la respiration artificielle comme nous l'indiquerons dans le chapitre suivant, lorsque la dose de substance administrée est un peu élevée. On peut ne pas aller jusqu'à la paralysie des muscles inspirateurs et expirateurs, en donnant 2 milligrammes de bon curare par kilogramme de l'animal.
On emploie généralement une solution titrée renfermant 1 centigramme de curare pour 1 centimètre cube d'eau, avec laquelle on pratique des injections souscutanées, le seul mode d'administration de cette substance ; car de cette façon elle est absorbée assez vite pour ne pas être éliminée au fur et à mesure par les reins, ce qui arrive lorsqu'elle est portée dans le tube digestif. Seulement il y a un point sur lequel nous devons appeler l'attention, c'est que la dose signalée plus haut s'applique aux bons curares. Or, comme c'est un produit peu connu dans sa composition, chaque fois que l'on en-
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tamera un nouvel échantillon de curare, il faudra, pour savoir à quoi s'en tenir, l'essayer à Tavance, car non seulement le commerce a de T intérêt à frauder ce produit rare, mais les peuplades de l'Amérique du Sud chez lesquelles on se le procure, ne sont que trop portées à y introduire toutes sortes de substances (4).
Compression du cerveau. — On peut encore user d'un moyen physiologique qui présente un avantage en ce qu'il n^introduit aucune substance étrangère dans l'organisme, c'est la compression du cerveau. Pour cela on applique sur la voûte du crâne de l'animal en expérience, en évitant le sinus longitudinal, une couronne de trépan, en respectant les méninges. Par cette ouverture on introduit une éponge, un bouchon en caoutchouc ou un corps élastique quelconque, que Ton maintient avec un bandage, en faisant une compression suffisante, et l'animal tombe dans un état comateux complet, seulement il faut qu'il soit à jeun pour éviter les vomissements qui arriveraient inévitablement.
1. Pour rétude complète du curare, son historique, ses effets physiologiques, voy. Cl. Bernard, Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses. Paris, 1857. — Vulpian. Leçons sur Vaction physiologique des substances toxiques et médicamenteuses. Paris, 1881.