‹ Manuel de vivisectionsChapitre 18 sur 90 · INJECTIONS HYPODERMIQUES · texte numérisé non relu

INJECTIONS HYPODERMIQUES

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canules.

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lUnle. — 15 et 10, peliu» tanulce iDinccs.

iS GËNERAUTtS.

que l'on écarte des parties profondes (âg. 27). La seringue étant tenue de la main droite comme une plume à écrire, on enfonce obliquement dans le tissu cellulaire la canule, qui s'y meut facilement comme dans une cavité et que l'on pousse plus ou moins profondément (fig. 27, A, d). On lâche alors la peau, et la main gauche saisit le corps

de la seringue, de façon à laisser à la main droite (ouïe sa liberté pour agir sur le piston. L'injection se répand dans le tissu cellulaire, et l'on retire la canule en lui faisant parcourir en sens inverse !e même trajet que pour l'enfoncer, en ayant soin d'appliquer pendant un moment le doigt sur la piqûre faite par l'instrument. Les effets de la substance injectée ainsi ne tardent pas à se manifester, car l'absorption par cette voie est assez rapide.

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Injections intra'veineuses. — Lorsque l'on veut faire pénétrer directement la substance dans le torrent circulatoire, on pratique des injections intra-veineuses, qui ont l'avantage de permettre à !» substance d'agir presque instantanément. Aussi a-t-on tiré un grand profit de ce

et paisajce d'un double Dl.

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le m I (Cl.

Bernard).

procédé, pour l'étude physiologique de bien des corps et pour anesthésier les animaui avec des substances telles que le chloral ou le croton-chloral, comme je l'ai déjà indiqué. Ces injections peuvent se pratiquer dans toutes lés veines des animaux, mais l'on préfère généralement la veine jugulaire externe ou la veine crurale. ' Le manuel opératoire étant toujours le même, nous allons le décrire d'une façon générale, renvoyant pour les détails de mise à nu, particuliers à chaque veine, aui

LiTow. — Vivisections. i

opérations que Ton pratique sur Tappareil de la circulation. Nous éviterons ainsi des redites inutiles.

Pour pratiquer une injection intra-veineuse, il faut d'abord bien assujettir l'animal dans. une position convenable, puis, après avoir rasé les poils qui couvrent la région où l'on va opérer, on incise la peau et les parties sousjacentes avec précaution , en se servant de la sonde cannelée à mesure que Ton s'enfonce dans les tissus, afin de ne pas léser les vaisseaux. Une fois arrivé sur la veine, on l'isole avec soin dansune certaine étendue au moyen d'uninstru ment mousse, et Ton passe au-dessous d'elle un double fil, soit au moyen d'une aiguille recourbée, aiguille de Deschamps, soit au moyen d'unepince courbe (fig. 28, p. ). De ces deux fils, l'un est destiné à lier la portion périphérique, pour empêcher l'arrivée du sang, l'autre est pour fixer le vaisseau sur la canule (fig. 29, 4,3).

Mais suivant la région sur laquelle on opère, si c'est près du cœur, par exemple sur les jugulaires, il faut avoir soin, avant d'ouvrir la veine, de placer sur la partie centrale une petite pince hémostatique, pour éviter l'introduction de l'air.

La portion sur laquelle on va pratiquer l'injection, étant ainsi limitée par une ligature et une pince, l'on pratique, au moyen de petits ciseaux, une incision en V de la périphérie vers le centre, en ayant soin de soulever la veine sur un instrument mousse quelconque ou sur l'indicateur gauche (fig. 29, 2). Cette première incision faite, on introduit dans la lumière du vaisseau l'extrémité d'une des pointes des ciseaux, extrémité mousse à dessein, pour ne pas érailler la paroi interne, et l'on pratique une seconde incision parallèle à l'axe du vaisseau, divisant le

INJECTIONS INTRA-VEINËUSES 51

' en deux portions (fig. 29, 2'). On a ainsi une ouver-

ture permettant, avec beaucoup de facilité, l'introduction

de la canule servant à pratiquer l'injection et sur laquelle^ au moyen du second fil, on fixe la paroi vasculaire. La pince hémostatique étant enlevée, on fait pénétrer Tinjection avec les précautions que nous indiquerons bientôt. On peut rendre le manuel opératoire encore plus

FiG. 30. — Injection intra-veineuse avec une seringue à petite canule

acérée (a) (Cl. Bernard).

simple, en pratiquant Tinjection au moyen d'une seringue armée d'une canule acérée, comme celle que nous avons indiquée pour les injections sous-cutanées (fig. 30). Il suffit alors de mettre la veine à nu comme précédemment, puis de la comprimer en deux points différents avec le médius et l'index gauches, limitant ainsi une portion qui, gonflée par le sang, fait saillie et permet à la canule ae,érée.de pénétrer facilement par ponc^tion. :Une fois

rinjection finie, il n'y a qu'à retirer la canule, et la nature des parois veineuses s'oppose généralement à l'écoulement du sang; pourtant, par mesure de précaution, il n'est pas mauvais de placer une ligature pour empêcher le sang d'affluer de la périphérie.

Lorsque l'on pratique des .injections intra-veineuses, surtout lorsque la quantité de liquide à injecter est assez copieuse, certaines précautions sgnt nécessaires pour ne pas s'exposer à perdre inutilement les animaux.

Il Saut que le liquide que l'on injecte soit bien filtré et ait une température voisine de celle du sang de l'animal; il faut avoir soin d'injecter le liquide avec beaucoup de lenteur pour ne pas surprendre le cœur; dans ce but, lorsque l'on a le choix, il vaut mieux faire l'injection dans une veine éloignée du cœur, et à ce point de vue la crurale est préférable à la jugulaire, surtout qu elle met à l'abri des accidents dus à l'introduction de l'air dans le torrent circulatoire.

A propos delà contention physiologique nous avons dit

que lorsqu'on immobilisait les animaux au moyen du curarejilfallaitpratiquerlarespiration artificielle. Comme c'est une opération que l'on est appelé à pratiquer assez souvent, sa description doit suivre celle des injections intra-veineuses. Dans bien des expériences en effet On doit y avoir recours.

La respiration artificielle a pour but d'introduire de l'air dans les poumons, en imitant autant que possible le jeu de la respiration normale*

On peut se servir d'une sonde laryngienne que Ton introduit alors par la bouche, mais généralement les canules dont on se sert s'introduisent dans la trachée, que Ton met à nu au cou et que Ton incise au-dessous du larynx, sur la ligne médiane. (Pour le procédé opératoire, voir chapitre iv, 2' partie, Trachéotomie.)

Pour les petits animaux on peut se servir avantageusement de l'appareil suivant, dont la description a été donnée par M. Ranvier (1) : « Une poire de caoutchouc, d'une contenance de 120 centimètres cubes, est en -communication avec un tube de même substance qui s'adapte sur une des branches d'un petit tube en cuivre à trois voies. Des deux autres branches de ce dernier tube, l'une contient une soupape s'ouvrant de dehors en dedans, et l'autre une soupape dont le dégagement se fait de dedans en dehors. Sur cette dernière est ajusté un tube decaout»chouc terminé par la canule qui doit être introduite dans la trachée de l'animal. Cette canule en verre présente au voismage de son extrémité une gorge pour y maintenir la ligature qui y fixe la trachée, et, sur son côté, en deçà de la gorge, une petite ouverture.

« Pour faire fonctionner ce petit appareil, il suffit d'aplatir avec la main la poire de caoutchouc, et l'air est projeté dans le poumon de l'animal. Lorsqu'on la laisse revenir sur elle-même, les parois thoraciques, par leur élasticité, expulsent l'air qui a été projeté dans le poumon, et qui se dégage par la petite ouverture ménagée sur le côté de la canule. »

Cet appareil est très bon lorsque l'on doit pratiquer la

(1) Ranvier, Traité technique (Thistologief p. 463.

respiration artificielle pendant peu de temps sur un petit animal ; mais lorsque Ton doit opérer sur un animal plus gros et pendant longtemps, on a recours à un autre appareil, se composant généralement d'un soufflet et d'une canule trachéale.

Les modèles de canules proposées pour la respiration artificielle sont nombreux; celui qui, à notre avi?, remplit le mieux les conditions désirables est le modèle suivant, dû à M. François-Franck et représenté par la figure 31 :

« On introduit dans la boutonnière trachéale la partie de la canule taillée en biseau, en poussant cette partie

Fi6. 31. — Canule trachéale restant fixée sans ligature.

du côté des bronches. Quand elle est complètement introduite, il suffit d'attirer en haut Tangle supérieur de l'incision trachéale pour faire pénétrer dans la trachée, du côté du larynx, l'extrémité supérieure arrondie de la canule.

» L'appareil reste ainsi en place et son pavillon fait saillie en dehors de la trachée. Cette première partie de la canule est représentée dans l'ouvrage de M. Cyon {JMéthodik. — Atlas, Taf. II, fig. U).

> Pour éviter la multiplicité des appareils, et pour pouvoir utiliser cette canule aussi bien sur un animal respirant spontanément que sur un animal auquel on pratique la respiration artificielle, j'ai fait coiffer le tube saillant

de la canule trachéale d'un pavillon coudé qui reste fixé par simple frottement et peut être orienté à volonté dans un sens ou dans l'autre. Au niveau du coude de ce pavillon est articulée une soupape S qui permet à l'air insufflé de pénétrer sans difficulté dans la trachée, et qui retombe ensuite par son propre poids, dans certaines canules, par l'action d'un faible ressort de rappel, dans certaines autres. Le courant d'air, poussé vers la trachée, soulève la soupape qui prend alors la position S', en décrivant l'arc de cercle indiqué sur la figure par la ligne pointillée. L'expiration se fait ensuite largement par l'orifice S' redevenu béant, quand la soupape est retombée. * (François-Franck.)

Cette canule est en communication avec un soufflet au moyen d'un tube de caoutchouc, qui s'adapte à la portion libre du pavillon coudé.

A défaut de canule trachéale à soupape, il suffit de pratiquer au moyen de ciseaux une petite incision en V sur le tube de caoutchouc, qui réunit le soufflet à la trachée, incision qui remplit l'office de soupape et sert à l'expiration.

Le soufflet dont on se sert pour envoyer de l'air dans les poumons est un soufflet ordinaire, ou bien encore, si l'on veut éviter les soupapes pour l'expiration, on fait usage d'un soufflet muni d'un petit appareil spécial qui est une soupape (soupape de Marcet) (S', fig. 32) qui s'ouvre de dedans en dehors et qui, grâce à un prolongement intérieur, est disposée de façon à s'ouvrir lorsque les deux parois du soufflet se rapprochent, et à donner ainsi issue à l'air, qui est expulsé par TefiTet de l'élasticité pulmonaire.

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