‹ Manuel de vivisectionsChapitre 21 sur 90 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les généralités que nous avons données dans la première partie sont indispensables ; ^ce n'est qu'en bien les connaissant que Ton pourra entreprendre les vivisections sur les différents appareils. Suivant Tordre adopté communénrjent dans les cours, le premier appareil qui va nous occuper est l'appareil digestif, et nous considérerons, dans la suite, les préceptes généraux qui ont fait l'objet de la première partie, comme parfaiteniient connus.

Pour recueillir de la salive, la simple expuition ne suffit pas, car de cette façon on a un liquide complexe, venant de bien des points différents. Ce qu'il faut, afin d'étudier d'une manière méthodique les propriétés diverses de ce liquide, c'est de pratiquer des fistides et d'introduire des canules dans les canaux excréteurs des principales glandes salivaires. C'est pourquoi nous allons décrire successivement les procédés pour recueillir de la

salive parotidienne, de la salive sous-maxillaire et de la •salive sublinguale.

A. SALIVE PAROTIDIENNE

Les animaux employés de préférence pour cette opération sont : le chien, le lapin, le cheval, quelquefois le mouton, très rarement le chat.

Chie7i. — La glande parotide du chien n'est pas très développée, elle est située au-dessous de Toreille, en arrière du bord postérieur du maxillaire inférieur, sa position est indiquée, sur la figure 34, par une zone plus noire, entourée d'une ligne pointillée. De sa partie antérieure part le conduit excréteur qui est le canal de Sténon. C'est ce canal qu'il faut découvrir et inciser pour recueillir la salive. Le trajet du conduit de Sténon est rectiligne, c'est-à-dire que, de son point de sortie de la glande, il se dirige directement en avant en croisant transversalement les fibres du masséter, contre lequel il est immédiatement appliqué, et vient déboucher dans la cavité buccale au niveau de la deuxième molaire. Pour découvrir le canal parotidien, il faut prendre un point de repère exact et faire attention que ce conduit se trouve sur un plan plus profond que les vaisseaux et les nerfs qui le croisent. Le point de repère pour pratiquer la fistule du canal de Sténon, est la dépression que l'on rencontre à l'extrémité antérieure de l'arcade zygomatique, dont on suit le bord inférieur depuis son extrémité postérieure. Cette dépression est au niveau du point où le conduit pénètre dans la bouche, et correspond à la deuxième molaire supérieure, entre la saillie que forme

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l'alvéole de cette dent et l'insertioii de l'arcade zygomatique.

Fistule temporaire. — L'animal étant fixé solidement sur la table bu dans la gouttière, on lesoumetàuaanes* thésique quelconque, puis, on rase la région sur laquelle on va opérer et exactement au niveau de la dépression que l'on a cherchée comme point de repère, on fait une incision perpendiculaire à ta direction générale du con-

FiG. 31. — Canal parotidicn du chien,

duit et dirigée obliquement de l'angle interne de l'œil vers la partie médiane du maxillaire inférieur (Gg. 34). On incise la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, et l'on tombe sur du tissu fibreux formant pour ainsi dire gaine aux vfûsseaux, aux nerfs et au conduit salivaire. On dissèque avec sein les vaisseaux et nerfs faciaux, qui passent sur un plan superficiel, on les isole, et avec un petit crochet mousse on les écarte ; le cotiduit apparaît au-dessous, ressemblait beaucoup à une bride aponévrotique, semblable à celles qui sont à la surface du masséter; aussi,.

Taut-il aller avec précaution, pour ne pas le laisser passer inaperçu. Dès qu'on a isolé le ca- O Q nat, on fait avec de Uns ciseaui

une petite incision en V à ses parois, qui sont très épaisses, comparativement à celles des conduits des autres glandes satlvaires, et l'on introduit dans son intérieur un petit tube d'argent muni d'un petit mandrin (fig. 35) qui sert à le nettoyer et qui rend son introduction plus facile en offrant une extrémité mousse. Ces sondes salivaires sont de divers calibres suivant la glande dont on veut recueillir la sécrétion et aussi suivant la grosseur de l'animal. Comme le montre la figure 35, elles portent à leurs extrémités des rainures, pratiquées de façon à pouvoir fixer solidement le conduit sur le tube au moyen d'un lien, et de façon à maintenir sur l'extrémité libre un petit réservoir destiné h rece> KHidai |A, B. Q loni cueUllr le liquide (fig. 36] . La tiraDVdlT^'>!!iimii^{ch'itn~ fistule étant pratiquée, si l'on ïÏ!™»'"!" 'p«i'" m™"V ^fi"t '^ conserver quelque temps, S;*^'^'îrc« ™r;i »' est bon de placer quelques •="■'"■ points de suture sur les lèvres

de ta plaie pour favoriser la cicatrisation.

FiG. 35. — Sondes avec itilet cenlral (mandrin) pour les flsluUs sali-

SAUVE PAROTIDEENHE. 63

Il arrive souvent que le conduit parotidiea n'est pas très facilement visible et, pour peu que l'on n'ait pas l'habitude de cette opération, les branches nerveuses de la région peuvent donner le change. Aussi dans mes cours et mes conférences, ai-je l'habitude, depuis le début, d'indiquer le point de repère suivant, que j'ai vu réellement utile entre des mains inexpérimentées.

■.0 csnule et petit lae

Le premier temps de l'opération est toujours le même. La peau et le tissu cellulaire étant incisés dans le même point et dans la même direction^ on tombe sur la zone . vasculo-nerveuse. Les vaisseaux et les nerfs de la région forment deux faisceaux. L'un (fig. 37, V) est plus développé, il se dirige de bas en haut et d'arrière en avant, longeant le bord antérieur du masséter ; il est formé par l'artère et la veine faciales et un petit rameau nerveux ; l'autre est formé par une grosse branche du facial (fig. 37, N) et une petite artère, et se dirige en partie en sens contraire, c'estJi-dire d'arrière en avant mais de

hauten bas, pour venir se rencontreravec le premier enD (âg. 37) à la dépression située au niveau de la deuxième molaire. Ces deux faisceaux vasculo-nerveux forment donc un angle aigu à ouverture postérieure et à sommet dirigé en avant. Il suffit d'avoir découvert le sommet de cet angle et de disséquer soigneusement dans son voisi-

- Rupport du canal parolidien chei le chien avec les ntrts X raciaux. — La ligne pointillée iniJi<iue l'incision que l'on doit pratiquer pour découvrir le canal parotidien dans la pointe de l'angle Tormé par les nerfd et les vi '

C, mul de Siéiton foroint U biiiecIrlFede l'tngic.

nage les nerfs et les vaisseaux, pour tomber sûrement sur le canal de Sténoii (fig. 37, C) qui forme, ainsi que l'indique la figure, ia bissectrice de cet angle. Le canal une fois découvert l'on agit comme nous l'avons indiqué précédemment.

La position du canal de Sténon étantbien connue, onpeut encore, comme le montre la figure SA, pratiquer

SALIVE PAnOTIDIENNE. 6G

uneincision perpendiculaire à la direction de ce conduit, plus en arrière du point précédemment indiqué et plus au voisinage de la glande parotide; on évite ainsi de recueillir, avec la salive, le liquide sécrété par de petites glandes, quidébouchent dans le conduit de Sténon (fîg. 38, a', a"); mais comme on peut éviter cet inconvénient en enfonçant profondémentla canule, et comme on pourrait ne pas trouver très facilement le canal qui n'a pas dans

cette position de point de repère flse, nous préférons de beaucoup pratiquer l'opération dans le point premièrement indiqué.

Fistule permanente. — Les fistules du canal de Sténon pratiquées comme il vient d'être dit ne sont que temporaires, aussi le procédé suivant a été indiqué par Schiff pour avoir une 0stule salivaire permanente de la parotide. Les téguments sont incisés d'après les donnée* précédentes; une fois sur le canal de Sténon, on l'isole Sur une grande partie de son parcours, on l'attire à

rextérieur et, aussi loin que possible de la glande, on le sectionne. On ferme alors la plaie par des points de suture et on laisse librement pendre au dehors le bout isolé du conduit, et afin d'en empêcher la rétraction, on le traverse au niveau de la plaie, et perpendiculairement à cette dernière, par un fil métallique qui forme point d'arrêt. Une fois la plaie cicatrisée, le bout libre du conduit se mortifie et tombe, en se sectionnant au niveau de la peau avec laquelle la partie restante a contracté des adhérences. Oa a ainsi une fistule permanente sans canule, qui peut pendant plusieurs semaines fournir de la salive. Seulement afin d'éviter que le conduit nese ferme, il est nécessaire, tous les jours ou tous les deux jours, d'introduire dans le conduit un petit stylet boutonné.

Chez le lapin^ la disposition anatomique des parties est à peu près la même que chez le chien ; le canal de Sténon se dirige directement en avant, de sou point d'origine à la partie médiane du bord antérieur de la glande parotide, vers le bord antérieur du masséter, dont il croise transversalement les fibres.

Le procédé opératoire pour mettre à nu ce conduit, est lemême que chez le chien ; seulement, comme à cause de son petit calibre il est presque impossible d'y introduire une canule, on agit de la façon suivante pour se procurer la salive parotidienne du lapin. L'animal étant immobilisé, on débarrasse de ses poils la joue sur laquelle on se propose d'opérer, puis, on fait une incision verticale qui divise la peau, le tissu cellulaire souscutané, les vaisseaux et les nerfs jusqu'au muscle masséter. On a ainsi une plaie qui saigne pendant un certain temps. L'écoulement sanguin étant arrêté, lorsque Tani-

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mal exécute des mouvements de mastication, on voit sourdre du canal de Sténon, sectionné pendant l'opération, la salive gui coule goutte à goutte. La salive ainsi obtenue est en très petite quantité, et la fistule ne tarde pas à s*obstruer.

Pour avoir sur le lapin une fistule intermittente, versant le liquide sécrété tantôt dans la bouche, tantôt au dehors, on a proposé le procédé suivant : On perfore de part en part toute la joue au niveau du canal parotidien, et dans la plaie on introduit un petit tube d'argent à double rebord et ouvert à ses deux bouts. Un de ses orifices communique avec l'extérieur, l'autre, avec l'intérieur de la bouche. Au milieu de ce tube, se trouve une ouverture latérale que l'on place vis-à-vis le bout parotidien du conduit sectionné. La salive s'écoule ainsi dans ce tube et se porte en partie dans la bouche, en partie au dehors. Il n'y a qu'à boucher l'orifice interne ou l'orifice externe, suivant que l'on veut que la totalité de la salive s'écoule au dehors ou en dedans. On arrive à cela très facilement, au moyen d'un petit bouchon qui glisse dans l'intérieur du tube et que l'on promène, au moyen d'une petite tige qui le traverse, de façon à boucher tantôt l'orifice interne, tantôt l'orifice externe.

Chez le cheval^ la glande parotide est très volumineuse ; elle s'étend de la base de l'oreille externe jusqu'au niveau du larynx, dans l'espace compris entre Tapophyse transverse de l'atlas et le bord postérieur du maxillaire inférieur. Le canal excréteur se détache du bord antérieur de la glande, près de l'extrémité inférieure, oîi viennent converger les brancnes qui lui donnent naissance dans les différents lobules, et au lieu de suivre un trajet direct

comme chez le chien, il décrit une courbe à concavité supérieure (fig. 39). Dans son parcours, il est d'abord appliquésur le tendon terminal dusterno-maiillaire, puis il contourne le muscle digastrique à sa partie postérieure, entredans l'auge, rampe sur le masséter interne au-dessous de la veine faciale jusqu'à la scissure maxillaire,

dans laquelle il s'engage avec les vaisseaux faciaux; il remonte alors eu arrière des vaisseaux , le long du bord antérieur du masséter dans une direction oblique en avant, jusqu'au niveau des molaires inférieures; il croise en ce point les deux vaisseaux au-dessous desquels il passe, et vient traverser la joue pour déboucher dans la cavité buccale, sur un gros tubercule, au niveau de la troisième molaire supérieure.

Le point d'élection pour pratiquer la fistule paroti-

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dienne chez le cbeval est à l'endroit où le conduit, sur le bord antérieur du masâéter, change de direction pour se porter vers la bouche. On fait au niveau du tiers inférieur du bord antérieur du masséter une iticision qui croise perpendiculairement la direction des vaisseaux et du canal (fig. 39). Apiès la section de la peau, du tissu

Pig. 40. — AppareiJ pour recueillir les fluides salivajrcs chez le cheval.

(I, b, c, d, ipparail pour l'oblsnlion ds la laliv* paralidioniis. — e, f, ipparull pour JB iiliie maiillaire. Un appareil iciubUbia à ce dsrnitr l'appliqua ii la lubliDgualadu lHeu((G. Colin).

cellulaire et du peaussier, on tombe immédiatement sur

le canal et ses vaisseaux satellites; pendant qu'on isole ce conduit, il faut agir avec beaucoup de précaution, de façon à ne pas iéser les vaisseaux faciaux ni les petits ramaux nerveux de la région. L'introduction et la fixation de la canule (Gg. 40) se font sans difficulté, de la même façon que pour le chien. (Voy. plus haut.)

Chez là plupart des herbivores^ de même que chez le porc^ le trajet du canal de Sténon étant le même que chez le cheval, le procédé opératoire est identique.

Chez le mouton ^i la chèvre^ le canal de Sténon passe directement sur le masséter qu'il croise et vient traverser le muscle buccinateur, pour s'ouvrir dans la bouche au niveau de la seconde molaire supérieure. Dans son parcours, il est pour ainsi dire sous-cutané, aussi est-il facile de le découvrir par une incision pratiquée sur le masséter.

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