CHAPITRE IV
Les vivisections pratiquées pour étudier directement la respiration ne sont pas nombreuses. Car, que Ton étudie cette fonction au point de vue mécanique ou au point de vue chimique, la plupart du temps, Ton peut procéder sans la moindre opération, il suffit de savoir se servir des instruments employés à cet effet. Je ne décrirai ici que le manuel opératoire nécessaire pour pratiquer la trachéotomie et pour arriver sur la face inférieure du diaphragme. La respiration artificielle a été décrite plus haut (p. 53), et les expériences sur les nerfs qui ont de l'influence sur la respiration seront exposées, comme pour toutes les autres fonctions, dans le chapitre spécial relatif au système nerveux; j'éviterai ainsi de nombreuses répétitions.
Irachéotomie . — La vivisection que Ton pratique le plus souvent sur l'appareil respiratoire est l'ouverture de la trachée. Cette opération se fait soit pour introduire une canule destinée à entretenir la respiration artificielle, comme nous l'avons indiqué à propos des opérations d'un usage général, soit pour faire respirer des mélanges
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gazeux, ou enregistrer la diSérence de pression intrapulmonaire, comme Ta pratiqué M. P. Bert dans ses recherches sur la respiration. La trachée occupe la même position chez tous les animaux communément employés, elle est à la partie médiane et antérieure du cou, et peut parfaitement se sentir à travers la peau. Pour la découvrir voici le procédé que l'on doit suivre. L'animal est fixé solidement sur le dos, la tète maintenue dans l'extension, de façon à tendre la région cervicale. Au moyen de ciseaux courbes, on coupe aussi ras que possible les poils de la région et on a soin de laver ensuite avec une éponge mouillée, de façon à bien enlever tous les poils coupés. On incise alors la peau sur la ligne médiane, au niveau du raphé cervical, à partir de Textrémité inférieure du cartilage thyroïde. Cette incision doit avoir en moyenne 5r à 6 centimètres pour les chiens ordinaires et 3 à 4 pour les lapins, elle doit comprendre la peau, le peaussier et le tissu cellulaire; on tombe alors sur les muscles sterno-hyoïdien et sterno-thyroïdien, qui sont audevant de la trachée et que Ton sépare en suivant l'interstice cellulaire qui les réunit à la partie médiane. Ces muscles étant écartés des deux côtés, on tombe sur la trachée facile à distinguer à sa couleur et aux anneaux cartilagineux qui la constituent. En pratiquant ce premier temps de l'opération, il faut avoir soin d'éviter soigneusement les veines, qui donneraient une hémorrhagie très gênante. Aussi, au lieu de se servir du bistouri, peut-on employer avec avantage le thermo-cautère Paquelin, qui peut souvent rendre service en vivisection, lorsque l'on a à faire une opération dans une région où le sang peut gêner. La trachée étant découverte, on l'isole au moyen