OBLATION DU CERVEAU
Chez la grenouille, l'ablation de l'encéphale se fait de même, et lorsque Ton ne doit en enlever qu'une portion, il faut préalablement séparer cette portion du reste de l'organe, par une incision pratiquée au moyen d'un petit scalpel bien tranchant, [cela afin d'éviter les tiraillements.
L'instrument tranchant n'est pas le seul moyen dont on se soit servi pour détruire le cerveau, on a aussi préconisé les* procédés suivants :
Le crâne étant ouvert sur la portion du cerveau que l'on veut détruire, on y porte un cautère rougi à blanc. En pratiquant avec un cautère olivaire des cautérisations successives, on peut arriver à la destruction complète du cerveau, chez les oiseaux, par exemple, sans perte de sang (Krishaber),
On peut aussi employer la cautérisation électrolytique (Beaunis).
Goltz a fait connaître un procédé qui consiste à enlever, à l'aide d'un courant d'eau d'une pression suffisante, la substance grise qui constitue l'écorce des hémisphères cérébraux. A cet effet, l'on applique sur le crâne de l'animal, et à une certaine distance l'une de l'autre,
ration indiquées, il y a déjà longtemps, par Flourens, si Ton veut se mettre dans de bonnes conditions de réussite. Ces règles les voici :
On ne doit jamais opérer des animaux qui soient restés trop longtemps sans prendre de la nourriture, ou qui aient encore l'estomac plein de celle qu'ils viennent de prendre ; dans les deux cas, ils meurent presque toujours et très promptement.
Quand les animaux sont trop pleins et quMU menacent de périr durant l'opération même, on leur ouvre le jabot, on en extrait les aliments, on les voit aussitôt reprendre des forces et résister quelquefois à l'expérience.
Une autre remarque, c'est que l'ablation des hémisphères cérébraux coïncidant avec une trop forte réplétion, est toujours plus funeste qu!une pareille réplétion coïncidant avec l'ablation du cervelet.
aOO SYSTÈME NERVEUX CENTRAL.
deux couronnes de trépan. Par une des ouvertures, on introduit dans la substance grise, et obliquement, une petite canule par laquelle arrive Teau sous forte pression. En recommençant Texpérience plusieurs fois sur différents points, on peut arriver à décortiquer ainsi un hémisphère cérébral et môme presque tout le cerveau^ l'animal conservant la vie.
Par les procédés suivants, on peut arriver à détruire des portions de l'encéphale sans ouvrir largement le crftne.
Injections caustiques interstitielles. — Beaunis, le premier, a employé ce procédé, qui consiste, la peau étant incisée, à faire au cr&ne, avec un perforateur, un trou très fin. On introduit par ce trou une petite canule à trocart qui pénètre plus ou moins profondément dans la substance cérébrale; on retire le trocart, et on visse sur la canule restée en place le corps d'une seringue à injections sous-cutanées, chargée du liquide qu'on veut injecter. On tourne doucement le piston, de façon à faire pénétrer un nombre déterminé de gouttes, et on retire ensuite la canule. Les lésions cérébrales ainsi produites, ajoute M. Beaunis, peuvent être localisées avec une précision remarquable (1).
M. Hayem a employé un procédé qui présente assez d'analogie avec celui de M. Beaunis. Il consiste à inciser longitudinalement la peau du front de l'animal. Chez les chiens, le cr&ne est ouvert à l'aide d'une très petite couronne de trépan ; chez les cochons d'Inde, on fait une
(1) Voy. Beaunis, Noie sur Vapplication des injections interstitielles d Pétude des fonctions des centres nerveux {Goiette médicale de PariSt
INJECTIONS INTERSTITIELLES. 201
petite ouverture en grattant avec la pointe d'une forte branche de ciseaux. L'ouverture doit être suffisante pour livrer passage à un trocart à hydrocèle, que l'on plonge dans l'un des hémisphères. L'on se sert alors de la canule pour faire pénétrer, à l'aide d'un stylet ou du dard du trocart, une petite quantité de substance, destinée à détruire ou exciter une partie de l'organe.
M. Laborde a cherché h, détruire certaines zones, en pratiquant des hémorrhagies cérébrales de la façon suivante : On perfore lecr&ne (chien) au moyen d'un petit vilebrequin, et on introduit jusqu'à la profondeur voulue, par l'ouverture, une canule que l'on met en communication avec la crurale d'un second chien.
Dans la deuxième édition de ses Nouveaux éléments de physiologie humaine j M. Beaunis indique un procédé par aspiration. « Ce procédé, dit-il, qui n'a pas encore regu de publication, consiste à détruire par aspiration une région localisée de la substance cérébrale. Le procédé est le môme que celui des injections interstitielles; seulement, la seringue s'emploie comme seringue aspiratrice; le vide ainsi produit par la traction brusque du piston, détermine, sous l'influence de la pression atmosphérique, une rupture des capillaires, suivie habituellement d'une hémorrhagie plus ou moins localisée ; on obtient ainsi une lésion identique aux lésions de Tapoplexie. Dans un certain nombre de cas, l'hémorrhagie est peu intense ou presque nulle, et la lésion se borne h une désorganisation partielle de la substance nerveuse. Au bout de quelque temps, on observe quelquefois des abcès localisés. Au lieu d'une seringue, on peut employer un récipient (ballon), dans lequel ou a
fait préalablement le vide, et qu'on réunit à la canule introduite dans le cerveau. Gomme mon procédé des injections interstitielles, le procédé des aspirations interstitielles peut s'appliquer à tous les organes ; ainsi, je l'ai employé plusieurs fois utilement pour le foie. >
J'ajouterai, en terminant, que l'on peut encore amener la destruction de l'encéphale, en interrompant la circulation par la ligature des vaisseaux, ou en injectant dans les artères des poudres obstruantes, qui produisent alors des embolies expérimentales.
Bien entendu, dans tous ces divers procédés, l'opération étant terminée, lorsque Ton a été obligé d'inciser la peau, il faut rapprocher les lambeaux et les suturer soigneusement.
Je vais maintenant indiquer les différents manuels opératoires, par lesquels on peut arriver sur certaines portions de l'encéphale; mais les détails dans lesquels je viens d'entrer à propos de l'ablation partielle ou totale du cerveau, m'éviteront de revenir sur bien des points, car la plupart des procédés que je viens de décrire, peuvent aussi bien servir à détruire une portion superficielle qu'une portion profonde.