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blesser la dure-mère, même la masse cérébrale. Amesure que la couronne de trépan pénètre, les sinus veineui ouverts donnent quelquefois du sang en abondance ; aussi faut-il de temps en temps arrêter l'opération, et insinuer dans la paroi latérale du sillon osseux un peu de cire à modeler, afin d'obstruer les canaux veineux. L'opération est ensuite reprise doucement, et plus on avance, moins il faut appuyer. Lorsque l'on sent que la résistance osseuse diminue et cesse» et que la rondelle d'os devient mobile, on arrête les mouvements du trépan, que l'on retire, et la rondelle osseuse est enlevée au
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moyen d'une forte pince ou mieux d'un élévateur. II vaut mieux terminer ropération de cette manière plutôt qu'avec le trépan, on risque moins ainsi de blesser la dure-mère et le cerveau. Une fois la portion osseuse enlevée, il y a généralement écoulement sanguin par le diploé ; on bouche les orifices veineux avec de la cire à modeler, et au moyen de petits morceaux d'amadou on étanche la plaie avec précaution.
Si l'ouverture circulaire ainsi pratiquée est suffisante pour l'expérience projetée, on s'arrête là ; mais souvent cette ouverture n'est qu'une porte d'entrée, dont on se sert pour pouvoir découvrir plus facilement une grande étendue de l'encéphale. C'est au moyen de cisailles fortes et h lames aussi plates que possible, comme celles représentées figure 5, page 8, que l'on agrandit l'ouverture faite avec le trépan ou la tréphine qui agit de même. Dans cette opération, il faut aller avec beaucoup de ménagements, de façon à éviter la blessure des organes encéphaliques. A cet effet, il vaut mieux enlever les fragments osseux par petites portions, en faisant pénétrer par l'ouverture circulaire une des branches des cisailles que l'on introduit doucement entre la dure-mère et l'os ; on coupe ainsi peu à peu les parois osseuses, jusqu'à ce que l'on ait obtenu la grandeur suffisante.
Tout le temps de l'opération on a soin d'arrêter l'écoulement sanguin au moyen de la cire à modeler, comme je l'ai dit plus haut, et l'on étanche le sang répandu dans la plaie à la surface de la dure-mère qui forme le fond de l'ouverture, au moyen de petits tampons d'amadou .
Cette partie de l'opération terminée, le cerveau n'est pas encore découvert ; il faut pour y arriver inciser ses
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enveloppes et même en exciser une portion. Cette deuxième opération nécessite encore des précautions et voici comment on doit procéder. La dure-mère est le plus souvent soulevée par le liquide céphalo-rachidien ; il est alors facile, au moyen de petits ciseaux fins, d'y pratiquer une ouverture qui permet de la saisir avec de petites pinces à griffes. Introduisant alors' dans l'orifice obtenu de petits ciseaux courbes, il est facile de couper cette membrane que la pince tient soulevée, sans risquer de blesser le cerveau. On peut se contenter d'inciser seulement la dure-mère, mais il faut quelquefois l'enlever sur toute la portion du cerveau, découverte par l'ouverture osseuse.
On procède alors comme je viens de le dire, seulement on coupe la membrane circulairement au niveau de 'orifice osseux. En faisant cette section, il faut t&cher d'éviter l'hémorrhagie fournie par quelques gros troncs veineux qui se trouvent vers la région médiane. Dans ce but, voici comment procèdent MM. F. Franck et Pitres (1): € Nous coupons la dure-mère en commençant par la partie antérieure, en suivant le rebord inférieur de l'os et en remontant vers la partie supérieure. On a ainsi un lambeau encore adhérent à la partie supérieure, et dont le pédicule contient les troncs veineux à éviter. On rabat ce lambeau vers la ligne médiane, et, préservant le cerveau par une rondelle d'amadou mouillée dans le liquide sous-arachnoïdien, on touche la face profonde de la dure-mère, le long des veines, avec une pointe de thermo-cautère.
1. Travaux du laboratoire de Marey, 1878-1879, t. IV, p. 415.
9 Cette précaution suffit en général pour permettre d'enlever complètement le lambeau de dure-mère. Si cependant, ajoutent ces expérimentateurs, la veine donne du sang, le mieux est d'insinuer de petits-cônes d'amadou au niveau du point qui saigne et de les y maintenir quelque temps. » Ils terminent en disant que jamais ils n'étanchent le liquide sous-arachnoïdien ou le sang avec des éponges, ils se servent toujours de petits tampons d'amadou.
Le cerveau est ainsi mis à découvert et l'on peut expérimenter.
Ce manuel opératoire est le même pour tous les animaux, tels que singe, chat, etc., dont les parois crâniennes offrent une certaine épaisseur et partout une certaine résistance.
Mais lorsque l'on a affaire à des animaux dont les parois crâniennes sont plus minces, comme les lapins, les cobayes, etc., il faut complètement rejeter le trépan et la tréphine. De forts ciseaux ou de forts scalpels suffisent la plupart du temps. La première ouverture peut se faire en usant l'os sur un point au moyen d'une rugine ou d'un instrument quelconque ; de cette façon on évite de blesser le cerveau, et par cet orifice on introduit une des branches des ciseaux ou la pointe du scalpel destinés à sectionner l'os.
Pour les anijnaux plus petits, chez les oiseaux par exemple, le procédé que l'on suit est un peu différent et plus expéditif.
L'on choisit de préférence de jeunes animaux vigoureux, et, après les avoir légèrement anesthésiés, l'on pratique sur la ligne médiane du crâne une incision
longitudinale qui doit aller jusqu'à l'os. Les deux lèvres de la plaie étant écartées, le crâne apparaît complètement dénudé. Il suffit alors de pratiquer une petite ouverture à la paroi osseuse, et avec des ciseaux l'on sectionne complètement la calotte crânienne que l'on enlève. On peut encore la faire sauter d'un seul coup de scalpel, les parois osseuses chez ces jeunes animaux n'ofirant pas une grande résistance. Un grand avantage c'est que ces os saignent peu, car leurs cellules sont rempliesd'air au lieu de sang.
On pratique souvent l'ouverture du crâne chez la ^rcnouille^ ici il faut agir méthodiquement pour ne pas blesser l'encéphale qui présente de petites dimensions. Voici comment on doit procéder :
L'animal étant maintenu sur le ventre, on fait une incision longitudinale sur la partie médiane du crâne, en partant en arrière des narines et arrivant perpendiculairement sur une deuxième incision, que Ton pratique transversalement et qui va d'un côté à l'autre en arrière des membranes tympaniques ; Ton a ainsi une grande incision en T (fig. 94, a, ô, Cj d). On écarte les lèvres de la plaie et avec de petites pinces à os ou de forts ciseaux, on sectionne les fronto-pariétaux à l'endroit où ils recouvrent l'ethmoïde. On peut alors facilement saisir et enlever chaque os, sans risquer de léser le cerveau. Gela fait, on introduit au-dessous de chaque pariétal une des lames d'une paire de ciseaux que l'on manœuvre avec précaution, et Ton sectionne toute la partie osseuse qui recouvre le cerveau ; les fragments sont enlevés avec des pinces. Il y a généralement peu d'écoulement sanguin, le peu qu'il y a s'arrête assez vite.
FiG. 94. — Face dorsale d'une grenouille montrant la direction et la position des incisions nécessaires dans diverses opérations.
a, bt c, d, incision en T pour ouvrir le crftne. — e, f, g, h, incision pour mettre la moello à nu. — i, j^ incision pour découvrir les nerfs lombaires. — j, k, iacision pour arriver sur le sciatique. •— o, l, incision pour découvrir le tendon d'Achille. — m, n, p, points où doit passer le lien pour priver l'arrière-train de circulation en ménageant les nerfs lombaires découverts. — La ligne poinlillée indique la limite inférieure des vertèbres.
Ablation partielle ou totale du cerveau. — L'opération de Touverture du crâne, telle que je viens de la décrire, est généralement pratiquée dans le but d'enlever le cerveau en totalité ou en partie, ou bien dans le but de le détruire par un procédé quelconque. Je vais indiquer maintenant quels sont les moyens les plus employés.
Le crâne ouvert, comme il a été dit pour les mammifères, on enlève généralement la pulpe cérébrale en se servant d'un simple scalpel ou d'un scalpel à lame longue et mince. Lorsque l'ablation doit être limitée à un petit espace, on emploie très avantageusement une petite curette qui permet d'enlever la pulpe cérébrale, sans pratiquer une bien grande ouverture aux parois osseuses.
Chez les oiseaux, on procède de la même façon ; on emploie généralement le manche du scalpel pour pratiquer l'ablation des hémisphères cérébraux. Une petite curette est très bonne pour cette opération, mais il faut que ses bords soient tranchants, de façon à ne pas produire des tiraillements sur les diverses parties de l'encéphale que l'on veut respecter. Lorsque Ion ne veut enlever que les hémisphères cérébraux, il est bon, préalablement, de pratiquer une incision transversale audevant des lobes optiques, au moyen d'un petit scalpel à pointe mousse, avant d'enlever le cerveau en masse (1).
(1) Cette opération réussit assez bien chez le pigeon. C'est ainsi que bien des personnes ont vu dans mon laboratoire deux pigeons que j'avais opérés et que j*ai conservés l'un onze mois, Tautre dix mois. Les deux sont morts accidentellement; ce qui me fait dire que j'aurais pu les conserver encore plus longtemps. Les autopsies m*ont démontré que les hémisphères cérébraux étaient bien enlevés et qu'il n'y avait eu aucune régénérescence.
Seulement, en faisant cette vivisection, il faut suivre les'règles de Topé-