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MUCUS ET ÉPITHÉLIUM

Ce que nous avons déjà dit du mucus en général (p. 161) et du mucus de lurine normale (p. 264) nous permettra de ne pas insister sur les dépôts muqueux de l’urine pathologique ; ils n’ont , en effet , de caractéristique que leur abondance. Quant aux diverses formes d’épithélium que l’on rencontre mêlés aux sédiments urinaires, il sera bon, pour s’en faire une idée, d’étudier l’urine recueillie sur le cadavre dans les bassinets ou la vessie. Robin insiste sur les nom» breusesvariétés que présentent, dans ces cas, lescellules épithéliales des canalicules urinifères. Les unes sont isolées, gonflées, granuleuses, à noyaux volumineux; d’autres constituent des fragments de gaines épithéliales plus ou moins longues, formées de cellules pavimenteuses, petites, très-régulières : parfois on ne trouve plus que des masses amorphes, à peine segmentées en cellules, rappelant la disposition des cylindres, que nous étudierons dans un instant. Quelques cellules ayant perdu leurs granulations sont devenues sphériques; d’autres renferment des gouttelettes assez pâles, à bords nets, n’ayant pas la réfringence des gouttelettes graisseuses; parfois, enfin, les cellules renferment des granulations d’hématosine.

Dans les urines de la néphrite albumineuse chronique, on rencontre quelquefois des particules de parenchyme rénal sous forme de fragments de tubes urinifères; mais, le plus souvent, on n’y trouve que des gaines épithéliales plus ou moins complètes formées par

m ÉTUDE MICROSC. DES PRODUITS DES MUQUKUSES.

une agglomération de cellules polyédriques très-régulièremçnt disposées les unes à côté des autres, renfermant ou non des granulations amorphes. Le noyau de ces cellules devient très - apparent lorsqu’on traite la préparation par une goutte d’acide acétique. La présence de ces gaines épithéliales se constate nonseulement dans les cas de néphrite,

r ig» o*. — upmiciium L

rénal et gaines des mais encore dans toutes les pyrexies

tubes urinifères. — (surtout la scarlatine).

Cross. 550. T( i i ,

Il sera, le plus souvent, assez aise

de distinguer les épithéliums qui proviennent des tubes

du rein de ceux qui viennent de la vessie, ou des voies

génitales de la femme (leucorrhée, voy. p. 528).

Quant aux spermatozoïdes , que nous étudierons en nous occupant des produits des organes génitaux de l’homme (voy. p. 505), leur recherche dans l’urine est plus importante. Quelquefois mêlés à des flocons de mucus ou bien à ces filaments muqueux formés dans la portion membraneuse du canal de l’urèthre, d’autres fois libres dans l’urine et pouvant former au fond du vase un dépôt assez épais, les spermatozoïdes se retrouvent, assez souvent, dans l’urine de personnes en parfaite santé. Leur présence n’est donc, en aucun cas, l’indice d’un état pathologique, à moins qu’on ne ne les trouve en grande abondance, ou bien que leur présence ait été constatée pendant plusieurs jours consécutifs. Il est non moins important de rechercher et de trouver dans l’urine une grande quantité de noyaux sphériques mesurant environ 5 (¿, pâles, légèrement granuleux, sans nucléoles. Mêlés souvent à des cristaux d’oxalate de chaux, ces noyaux sphériques, déjà signa-

MUQUEUSE UR1NAÏRE.

lés par Cîi. Robin dans le sperme des cryptorchides, se rencontrent assez fréquemment dans les cas de spermatorrhée déjà ancienne traitée par des cautérisations successives. L’abondance de ces noyaux est telle, dans certains cas de ce genre, que l’attention se trouve distraite et que c’est à peine si l’on reconnaît, de temps en temps, quelques spermatozoïdes. Us existent cependant; mais souvent, au lieu de présenter l’apparence normale que nous décrirons dans un prochain chapitre, ils semblent plus petits, et leur queue est souvent brisée ou enroulée autour de la tête. Il ne faut pas confondre ces noyaux sphériques avec les granulations d’aspect graisseux, à centre brillant et à contour foncé qui proviennent de l’épithélium des glandes prostatiques et donnent au liquide de la prostate un aspect blanc crémeux.

CYLINDRES URINIFÈRES

Ceux-ci se présentent, à l’examen microscopique, sous deux aspects bien différents. Les premiers, granuleux, très-visibles , renferment ou non des cellules épithéliales, des globules de sang ou de pus, etc. ; les autres, transparents, hyalins , presque incolores, sont très-difficiles à apercevoir dans l’urine non colorée. Pour étudier la composition de ces produits , il importe de laisser reposer l’urine dans un verre à pied assez étroit , puis de décanter avec précaution ou d’aspirer lentement à l’aide d’une seringue la portion qui surnage ; si l’on est pressé, il sera préférable de filtrer l’urine sur un linge de fine batiste ; le dépôt qui restera sur le filtre renfermera le plus grand

Fig. 85. — Cylindres granuleux trouvés dans l’urine albumineuse.

nombre des cylindres contenus dans l’urine. Ce dépôt, qu’il soit recueilli au fond d’un vase conique ou obtenu en raclant l’étoffe qui a servi de fdtre, devra être coloré soit à l’aide d’une solution d’iode dans Uiodure de potassium (Neubauer et Vogel),soit avec une goutte de fuchsine (voy. Introd,,p. 19).

Les cylindres hyalins apparaîtront dès lors et seront aisés à distinguer en raison de leur coloration. Pour être sûr de les trouver, lorsqu’ils existent, il sera bon de n’observer qu’une très-petite goutte de liquide. Dès l’instant que la préparation n’est pas tout entière comprise sous le couvreobjet, les cylindres hyalins peuvent passer inaperçus. Enfin il sera toujours utile d’examiner d’abord la préparation avec un faible grossissement, sauf à étudier ensuite, à l’aide d’un grossissement plus considérable, les éléments dont un premier examen aura fait reconnaître la présence.

Les cylindres granuleux (fig. 85) sont « cylindriques, quelquefois resserrés en certains points, larges de 20 à 30 y., rarement 40 y.. Leurs extrémités sont ordinairement irrégulières, déchirées; plus rarement l’une d’elles est arrondie, renflée ou non » (Robin). Ces cylindres peuvent entraîner quelques cellules épithéliales provenant de la paroi des tubes urinifères, rappelant par leur disposition celles qui constituent les gaines épithéliales : souvent ces cellules, pâles, granuleuses, infiltrées de graisse, sont disséminées au milieu de la masse granuleuse du cylindre. D’autres fois, ce sont des globules de

MUQUEUSE URINAIRE

graisse (néphrite chronique, empoisonnement par le piiosphore, etc.), qui, sphériques, jaunâtres, réfractant fortement la lumière, remplissent les cylindres granuleux et leur donnent un aspect caractéristique. Beaucoup plus rarement les cylindres granuleux contiennent des cristaux d’urates, des globules sanguins ou des leucocytes.

Les cylindres hyalins (fig. 86), dont l’abondance suflit parfois à caractériser la néphrite albumineuse, sont trèspâles, transparents, longs de 500 y. à 1 millimètre environ, larges de 10 à 50 y.. Ils se terminent par une cassure très-nette et présentent souvent à leur surface des pertes de substance ou des fêlures dirigées transversalement. Ces cylindres hyalins sont quelquefois granulo-graisseux ; d’autres Fig. 86. —Cylindres hyalins profois ils entraînent quel- venant d une unne albumi- 1 lieuse*

ques débris d’épithélium,

des cristaux d’urates, d’oxalates ou de phosphates* enfin quelques globules de sang ou de pus. D’après L» Beale , « la présence de cristaux d’acide urique et de globules sanguins pourra faire supposer que très-probablement le cas sera aigu et de peu de durée; L’absence de ces dépôts et la présence d’un grand nombre de tubes granuleux et parfaitement transparents* mêlés à un grand nombre de cellules huileuses rendraient , presque certaine l’hypothèse d’une aifection chronique. » Suivant Cornil 1 , « les cylindres sont

1 Dûs Différentes espèces de néphrites . Paris, 1839.

plus pâles, plus mous, plus faciles à attaquer par les réactifs dans les albuminuries passagères que dans les formes chroniques de la maladie de Bright. Ceux-ci sont plus denses, moins faciles à écraser ; ils fixent aussi bien mieux les matières colorantes, telles que la solution iodée et le carmin. Des cylindres très-réfringents, généralement larges, à bords ombrés, à reflets jaunâtres, ne s’observent guère que dans les formes les plus invétérées de la néphrite albumineuse. » Ajoutons que si l’abondance, la forme et les réactions de ces cylindres hyalins onl une grande importance clinique, il importe de ne point les confondre avec les cylindres pâles, granuleux, à bords diffus, que l’on rencontre souvent dans les urines normales et qui paraissent formés par des conglomérats de mucus. Ces amas de mucus que nous avons déjà étudiés (p. 265), ont été décrits par Cornil sous le nom de cylindres muqueux. Les cylindres fibrineux , signalés par plusieurs micrographes, n’en diffèrent que fort peu (p. 171).

Les débris épithéliaux, le mucus ou les cylindres urinifères s’observent dans l’urine sous forme de dépôts nuageux, nageant au milieu du liquide ; quelquefois ils sont assez abondants pour s’accumuler au fond du vase et y former un résidu blanchâtre, opalescent, analogue à' ceux qui sont ordinairement composés de pus, ou de sédiments minéraux. L’albumine coagulée, qui constitue parfois, surtout après addition d’acide azotique, la plus grande partie de ces sédiments, se reconnaît à son apparence lamelleuse, chagrinée ; elle n’est pas modifiée par l’acide acétique.

Outre les résidus épithéliaux que nous venons de signaler, l’urine renferme parfois des débris provenant de la vessie ou des voies urinaires atteintes de dégéné-

MUQUEUSE URINAIRE

rescence cancéreuse . C’est ainsi que L. Beale a pu reconnaître au milieu d’une masse gélatiniforme expulsée avec l’urine des anses capillaires entourées de cellules dites cancéreuses. Il faut signaler cependant l’analogie de formes qui existe entre les cellules épithéliales de la muqueuse vésicale et les cellules cancéreuses proprement dites. Isolés, ces éléments n’ont donc aucune valeur au point de vue du diagnostic. La présence d’une substance fondamentale unissante, d’anses capillaires, les traces manifestes de la prolifération deces éléments cellulaires, leur volume, etc., devront être pris en sérieuse considération.

Pus. — Le pus que l’on rencontre assez fréquemment dans les dépôts urinaires se reconnaît, à l’examen microscopique, en traitant la préparation par quelques gouttes d’acide acétique. Dans l’urine, d’ailleurs, les globules de pus sont généralement gonflés de liquide et laissent apparaître un ou plusieurs noyaux ; parfois ils présentent les déformations amœboïdes que nous avons déjà signalées. 11 serait important de pouvoir toujours déclarer quelle est la région de l’appareil uro-génital qui a donné naissance aux globules purulents que l’on rencontre dafis l’urine. Malheureusement, il est rare que l’examen microscopique puisse éclairer complètement le diagnostic et permette de distinguer le pus d*une blennorrhagie de celui d’un abcès de l’urèthre, par exemple. La présence de cellules épithéliales provenant de la vessie, remplies de noyaux et renfermant parfois des globules de pus, l’existence de cristaux de phosphate de chaux en quantité abondante pourra faire supposer que l’on a affaire à une cystite. La présence de cylindres urinifères mêlés à une quantité considérable de pus indiquera l’existence d’une

inflammation des tubes du rein ; souvent, on pourra reconnaître, par l’abondance des épithéliums provenant du vagin ou de l’utérus , que le pus retrouvé dans l’urine a été formé dans les voies génitales. Dans tous ces cas, par conséquent, l’examen microscopique précise le diagnostic, mais il doit lui-même être contrôlé par l’ensemble des symptômes étudiés au lit du malade 4.

Sang. — La présence du sang, lorsqu’il existe en quantité très-abondante, donne à l’urine une coloration rouge caractéristique. Le dépôt est lui-même rouge vif dans l’urine alcaline ; il peut être brunâtre et communiquer cette couleur à l’urine si celle-ci est de réaction acide. « Si la couleur de l’urine est d’un brun roussâtre, cela peut indiquer que le sang vient du rein ; si elle est rougeâtre, il est plus probable que le sang pro-

4 Lionel Deale, dans l’excellent ouvrage que nous avons déjà cité, donne un moyen pratique de distinguer les dépôts purulents de ceux qui sont formés de phosphates et d’urates. Cet essai chimique devra être tenté en même temps que l’examen microscopique. Il nous a toujours donné des résultats très-satisfaisants, et c’est pourquoi nous l’indiquons comme moyen de contrôle : on verse le liquide clair qui surnage et l’on prend une légère quantité du dépôt pour le mettre dans un tube à réaction. Si on ajoute alors une quantité de solution de potasse égale à la moitié du volume du dépôt, on observera une de ces trois choses : Io Aucun changement ne se produit et alors le dépôt consiste entièrement en phosphate ; 2° le mélange devient transparent et très-filant ou visqueux, de sorte qu’il ne se laisse plus répandre en gouttes. Dans ce cas, nous pouvons certifier que le dépôt est composé de pus; 5° la solution de potasse peut rendre le mélange transparent, mais non visqueux, ce qui indique que Vurate de soude et d'ammoniaque entrent pour une forte proportion dans la composition du dépôt.

Si la liqueur de potasse rend le mélange gélatiniforme sans le rendre transparent, il est probable qu’il existe du pus et des phosphates.

MUQUEUSE URINAIRE

vient de la vessie, de la prostate et de l’urèthre, à moins cependant que l’urine ne soit alcaline, auquel cas le sang peut provenir des reins » (L. Beale). Les globules sanguins sont, le plus souvent, déchiquetés, déformés, analogues à ceux que nous avons déjà étudiés et décrits (p. 38) ; quelquefois ils sont, au contraire, gonflés par l’absorption et presque sphériques (surtout dans l’urine acide).

Certaines spores peuvent ressembler assez exactement aux globules sanguins pour que des observateurs habiles aient pu se méprendre sur leur nature. En laissant quelque temps séjourner ces éléments dans le dépôt, on voit, par la germination qui s’y manifeste, que l’on a affaire à des cryptogames. Il sera plus rapide et plus précis d’examiner le liquide à l’aide du microspectroscope (voy. p. 41).

Nous avons déjà vu que les cristaux d’urates pouvaient aussi parfois être confondus avec des globules sanguins (voy. p. 267).

Dans certains cas d’hématurie, surtout à la suite d’une cystite cantharidienne, on trouve dans l’urine des lambeaux pseudo-membraneux qu’il serait aisé de confondre avec des fragments de muqueuse, et qui ne sont autre chose que des conglomérats de fibrine. L’étude de ces fausses membranes et la réaction caractéristique à l’aide de l’acide acétique éviteront les méprises. Robin cite encore « des cas d’urine fibrineuse dans lesquels, rendue claire, elle se prend en une masse gélatineuse tremblotante, incolore ou jaunâtre, dont on peut séparer la fibrine à l’aide d’une baguette de verre. . . Cette fibrine est blanche, élastique, striée au microscope; cet instrument montre qu’elle englobe les hématies retenues en série ou en petits amas qui , par

202 ÉTUDE MlCROSC. bES PRODUITS DES MUQUEUSES.

place seulement, sont assez abondantes pour colorer en rose ou en rouge le caillot. » Les cylindres dit cylindres fibrineux , composés d’une matière finement granuleuse sont composés de mucus (p. 171).

Graisse. — La graisse peut exister dans l’urine, en proportions souvent assez considérables pour communiquer au liquide une teinte opalescente, parfois analogue à celle du lait. Nous renvoyons à l’étude, si consciencieuse, que L. Beale1 a faite des urines chyleuses , tous ceux qui voudraient étudier avec soin cette modification singulière de l’urine. Bornons-nous à indi^ quer les apparences diverses que présentent, dans l’urine, les molécules adipeuses. Le plus souvent, dans les urines chyleuses, la graisse existe sous forme de granulations infiniment petites, animées du mouvement brownien et caractérisées par leur solubilité dans l’éther. L’urine de couleur laiteuse, ou rendue opaque par un dépôt de graisse, redevient à peu près complètement transparente quand on vient à la traiter par l’éther ou le chloroforme. Souvent, dans ces circonstances, le dépôt urinaire contient une quantité assez notable de globules sanguins, plus ou moins altérés : parfois aussi le liquide urinaire prend une teinte rosée due à la dissolution de la matière colorante du sang. Tous ces caractères font aisément distinguer les urines chyleuses des urines purulentes. D’autres fois, des globules de graisse , caractérisés par leur forme , leur couleur, leur volume variable, leur pouvoir réfringent, seront aisément reconnus dans l’urine. Si l’on ne trouve, en même temps que ces globules libres, quelques cellules ou des tubes urinaires infiltrés

1 De l'Urine el des dépôts urinaires, )>. 315.

MUQUEUSE URINAIRE. 29 ï

de molécules adipeuses, il faudra avoir soin de rechercher si la’ graisse n’a pas été artificiellement mélangée à l’urine. Les sondes enduites de corps gras servent souvent à porter, jusque dans la vessie, et, par conséquent, dans l’urine, des globules huileux dont il sera toujours indispensable de bien connaître la provenance. Parfois aussi il arrive que, accidentellement mêlés à l’urine, du lait, de l’huile, etc., pourraient faire croire à une altération des voies urinaires.

Outre les globules graisseux, la cholestérine , cristallisant en aiguilles ou bien en plaques rhomboïdales, s’observe quelquefois dans certains dépôts urinaires.

Enfin la graisse, sous forme de granulations ou de globules graisseux, mélangée à des principes cristallins et à des vibrions, sert à former la pellicule désignée sous le nom de kyestéine . (Voy. p. 275.)

Parasites. — Les champignons et les infusoires que l’on rencontre dans l’urine peuvent y être introduits assez longtemps après la miction ou bien y être rencontrés au moment même où l’urine est émise (Ordofiez). Les vibrions et les bactéries forment parfois, à la surface de l’urine, mélangés à des cristaux de phosphate et à une certaine quantité de matières grasses, cette pellicule, dont nous nous sommes déjà occupés à plusieurs reprises , et que nous avons décrite sous le nom de kyestéine. D’autres fois, mélangés à des flocons de mucus, à des filaments de leptoUirix , à des spores de pénicillium , enfin à des globules de pus, les vibrions et les bactéries forment, au milieu du liquide urinaire, un dépôt nuageux, dont l’examen microscopique seul pourra déceler la nature.

Des monades, et en particulier un infusoire décrit

sous le nom de Bodo urinarius (Hassal) ont été trouvés dans l’urine albumineuse.

Les divers cryptogames que l’on rencontre le plus fréquemment dans l’urine ne peuvent guère être distingués les uns des autres , lorsqu’ils ne se sont point suffisamment développés pour que le thallus ait donné naissance à de nouvelles spores. D’après de Seynes 1 , les cellules végétales que l’on trouve dans l’urine des diabétiques peuvent se rencontrer dans les urines qui ne renferment pas de sucre. Ces mycodermes ne diffèrent point, du reste, de ceux qui sont décrits sous le nom de mycoderma vini. Au contraire, van Tieghem 2 décrit, comme espèce spéciale, des spores globuleuses, non granulées, sans noyaux, disposées en chapelet ; ces spores appartiendraient à une torulacée qui présiderait à la fermentation alcaline de l’urine. D’après Neubauer, « les champignons ovales et transparents qui se forment dans la fermentation de l’urine diabétique sont beaucoup plus gros que ceux qui sont décrits par van Tieghem ; d’après leur forme et leur développement, ils ressemblent aux cellules de la levûre ordinaire. » Le pénicillium glaucum s’observe aussi fréquemment dans l’urine; enfin, on y a signalé la présence de la sarcine. Les tubes transparents qui caractérisent ce végétal ont paru toujours plus petits que ceux qui ont été rencontrés dans les vomissements. (Voy. p. 208 )

Il est bon toutefois d’apporter la plus grande attention dans toutes les observations de ce genre et de ne pas confondre avec des produits appartenant à l’urine

1 Journal de V anatomie , 18G9, p. 57.

- Thèse de la Faculté des sciences de Paris, 186 i.

MUQUEUSE URINAIRE

ceux qui auraient pu y être introduits accidentellement. Hâtons-nous d’ajouter que la sarcine ayant été reconnue non-seulement dans l’urine, mais encore dans la cavité même de la vessie, doit être citée comme l’une des productions végétales qui appartiennent au liquide urinaire.

Entozoaires. — Divers parasites provenant de kystes hydatiques, par exemple, ont pu être évacués avec l’urine. Si l’on trouve les crochets qui caractérisent les têtes d’échinocoques, le diagnostic pourra être affirmé. Parfois d’autres parasites ont pu passer dans les voies urinaires et être retrouvés dans l’urine. L. Beale cite le Diplosoma crenata (A. Farre), le Dactylius aculeatus, le Strongylus cjicjax , le Distoma hematobium. Il faudra toujours rechercher dans l’urine , non-seulement le parasite lui-même, mais encore les œufs, qui, nous l’avons déjà vu (p. 524) en rapportant les nombreuses et intéressantes recherches de Davaine, ont souvent des caractères distinctifs très-tranchés. Certaines hématuries vermineuses pourront ainsi être reconnues f.

Plus fréquents encore sont les cas où l’on a mélangé à l’urine des produits de provenance diverse pouvant ou non renfermer des entozoaires. Il sera toujours aisé de déjouer les supercheries ou les erreurs de ce genre en étudiant les helminthes que les malades doivent avoir rendus en urinant; il sera aussi aisé de ne pas confondre avec les vers intestinaux des caillots de fibrine ou de sang, souvent trouvés dans l’urine après une abondante hématurie.

Enfin des débris de poils (kystes pileux du bassin),

1 Voy. Le Roy de Méricourt, Archives de médecine navale, 1870.

des fragments de forme diverse provenant du fœtus dans les cas de grossesse extra -utérine, etc., etc,, seront reconnus par un examen macroscopique ou microscopique, au sujet duquel il est inutile d’insister plus longuement.

Un grand nombre de médicaments sont éliminés avec les urines. Pour les reconnaître, il faut avoir recours à l’analyse chimique combinée ou non avec l’électrolyse f.

1 Neubauer et Vogel, de V Urine , p. 158. — Fresenius , Traité d'analyse quantitative , 4* édition, p. 570. — Merget, Revue des cours scientifiques , décembre 1871. — Byasson, Journal de physiologie, 1872.

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