EXAMEN MICROSCOPIQUE DES CALCULS URINAIRES
Bien que l’analyse chimique parvienne à déterminer, avec exactitude et précision, la nature d’un calcul1, il est souvent plus rapide, plus facile, et en même temps aussi exact, de se borner à un examen microscopique ou surtout micro-chimique. Nous indiquerons donc rapidement, d’après les recherches de Robin, quels sont les caractères micro-chimiques des divers calculs, renvoyant, pour plus de détails, au Traité des humeurs (p* 766).
Étant donné un fragment de calcul retrouvé dans l’urine ou bien extrait à l’aide d’un appareil* de lilliotritie, on commencera, après l’avoir broyé, par Je traiter, pendant 15 à 20 minutes, par de Veau bouillante; on filtre à chaud, et l’on examine les portions dissoutes. L’eau bouillante ne dissout que V acide urique et les urates. Pour arriver rapidement au diagno stic, on prendra une goutte de la solution, on la laissera s’évaporer sur le porte-objet du micioscope, et, au bout d’un instant, on apercevra soit des cristaux d’acide urique, soit les cristaux d’urates. Si Ton a sous les yeux de V acide urique pur, une goutte d’acide chlorhydrique ou une goutte d’acide acétique ne les feront point disparaître; au contraire, une goutte d'ammoniaque les dissoudra rapidement; par évapoialion, il se formera un amas de poussière amorphe ou do cristaux
* Voy. Ollivier et Bergeron : Article Calculs du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. VI. 1867.
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presque sphériques ; en ajoutant ensuite une goutte d’acide acétique, on verra ces derniers cristaux disparaître, puis être successivement remplacés par les cris-
máis ne suffira point à distinguer , comme l’analyse micro- Fig» 82. — Cristaux d’acide scopique précédente, l’acide uri- unque* “ Gross* 200 d* que des urates. En prenant un fragment du calcul et en le soumettant à l’action de l’acide azotique qu’on évapore graduellement puis en ajoutant une goutte d’ammoniaque avant que tout soit évaporé, on voit se produire une belle couleur écarlate (murexide).
L'urate d'ammoniaque , qui apparaîtra dans le liquide refroidi sous forme de flocons blanchâtres, se présentera tantôt sous l’aspect d’amas amorphes colorés en jaune paille, tantôt sous forme de longues aiguilles enchevêtrées, noirâtres, donnant à la cristallisation l’aspect du fruit de datura stramonium (voy. fig.83), Ces cristaux disparaîtront par l’acide acétique et seront remplacés par des cristaux d’acide urique; traités par l’ammoniaque, ces derniers reproduiront les formes primitives.
L'urate de chaux sera, le plus souvent, amorphe et tombera vite au fond du vase. Si l’eau se refroidit trèslentement, ces cristaux seront en forme de « prismes taillés en biseaux, demi-transparents, réunis ensemble
taux primitifs d’acide urique : ceux-ci sont blancs ou
jaunâtres, losangiques, à facettes très-distinctes ou en forme de prismes rhomboédriques (voy.
fig. 75 et 82). Une réaction chi-
mique importante à noter et fa-
cile à reproduire instantanément confirmera le diagnostic posé,
de manière à former des groupes sphériques, d’où sortent les bouts des prismes; ou bien ils sont en forme d’éventail; ou encore ils figurent deux éventails attachés l’un à l’autre par leurs centres d’irradiation. » (Robin.)
L'urate de soude qui, le plus souvent aussi, n’exisle qu’à l’état de poussière, amorphe ou se dépose, dans l’urine, sous forme de masses étoilées (voy. fig. 74)
Fig. 83. — Crate d’ammoniaque et phosphate ammoniacomagnésien.
sera reconnu par le procédé suivant : « On prend quelques fragments du calcul et on les brûle sur une spatule de platine ; il reste un résidu blanc qui fond à une chaleur élevée ; on y ajoute une goutte d’eau qui dissout le résidu composé de carbonate de soude. Cette dissolution ramène au bleu le papier rouge de tournesol; on verse cette goutte sur un verre porteobjet, on y ajoute une goutte de chlorure de platine, puis on l’évapore avec beaucoup de précaution sur une lampe à alcool. Avant que le liquide soit entièrement évaporé, on le ramène sous le microscope, où l’on constate la formation de prismes larges, d’une longueur variable, très-transparents, et qui possèdent à un haut
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degré le pouvoir de polariser la lumière. Ces prismes se sont formés par une double décomposition qui a eu lieu entre le sel de platine et la soude; c’est le réactif le plus délicat qui soit connu pour déterminer l’existence de la soude. » (Robin.)
L 'uvate de potasse donnera avec le même réactif des octaèdres qui ne polarisent point la lumière et qui sont peu solubles dans l’eau, tandis que les prismes donnés par la soude y sont très-solubles.
L 'uvate de magnésie cristallise sous forme de prismes réunis le plus souvent pour former des amas sphéroïdaux. Pour les analyser, on les calcine sur une spatule de platine ; il reste un résidu blanc de carbonate de magnésie qu’on dissout, sur le porte-objet, avec une goutte d’acide chlorhydrique ; en ajoutant à la solution une goutte de phosphate de soude et d’ammoniaque, on voit apparaître les cristaux de phosphate ammoniacomagnésien (voy. fig. 83).
Quant aux cristaux de biurate hydraté de magnésie (Bigelow) , ils sont prismatiques, à quatre faces, à angles réguliers; ils sont insolubles dans l’eau, insolubles dans l’acide chlorhydrique et l’acide acétique. Traités par l’acide chlorhydrique concentré, ils perdent leur forme et se réduisent en fragments noirs et irréguliers.
Les débris de calculs insolubles dans l’eau bouillante seront dissous par de l’acide chlorhydrique concentré ; puis on ajoutera lentement de l’ammoniaque jusqu’à ce que la liqueur soit neutre. Immédiatement les cristaux se précipitent. Or on peut, dans ces circonstances, avoir affaire à de Yoxalate de chaux , à du phosphate de chaux ou à du phosphate ammoniaco-magnésien.
Les cristaux d 'oxalate de chaux sont précipités sous
forme d’une poussière noire, au milieu de laquelle on reconnaît quelques octaèdres réguliers (voy. fîg. 78) ; tous ces cristaux sont insolubles dans l’acide acétique, solubles dans l’acide chlorhydrique concentré. On peut encore calciner ce précipité sur une lame de platine , puis ajouter au résidu (carbonate de chaux) une goutte d’acide acétique; on observe dès lors, sous le microscope, un dégagement gazeux assez abondant; en ajoutant une goutte d’oxalate d’ammoniaque, on voit se former, de nouveau, les cristaux d’oxalate de chaux.
Le phosphate de chaux apparaît sous forme d’une poussière claire, jaunâtre; on le reconnaît en traitant cette poussière par une goutte d’oxalate d’ammoniaque. On voit dès lors la masse amorphe se transformer en cristaux d’oxalate de chaux; en ajoutant un sel de magnésie et de l’ammoniaque, il se forme dans le champ du microscope des cristaux de phosphate ammoniacomagnésien.
Les amas de phosphate de chaux sont solubles dans l’acide acétique.
Le phosphate ammoniaco-magnésien se présente sous formé arborescente (fig. 77); rarement ses cristaux s’observent sous la forme que nous avons signalée comme caractérisant le phosphate ammoniaco-magnésien précipité lentement (fig. 85). Ces cristaux sont décomposés par l’addition d’un fragment de potasse. Ils sont solubles dans l’acide acétique. On peut les faire apparaître après calcination. Le résidu est dissous par une goutte d’acide chlorhydrique, puis , sous le microscope, traité par une goutte d’ammoniaque; les cristaux se reforment immédiatement.
Les autres calculs formés de cystine , etc., sont trèsrares.
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