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SES ANOMALIES. — RECHERCHE DU SPERME

Après la revue que nous venons de faire, il est facile de comprendre la composition du sperme éjaculé, et l’origine de ses éléments. L’élément caractéristique est le spermatozoïde ; en seconde ligne viennent différents éléments: cellules épithéliales pavimenteuses, provenant de la muqueuse uréthrale; cellules cylindriques, avec ou sans cils vibrátiles; leucocytes; globules rouges du sang ; granulations graisseuses ; cristaux de phosphate de magnésieou d’oxalate de chaux; sympexions, etc.

qui proviennent tous des divers liquides qui se joignent au produit du testicule.

Fig. 90. — Sperme de l’homme. (Liégeois), a, a, spermatozoïdes normaux; a' , spermatozoïdes à petites têtes que l’on trouve chez certains sujets ; b, cellule épithéliale pavimenteuse; c, leucocyte; fines granulations de l’humeur prostatique éparses; d, cristaux de phosphate de magnésie.

Ces éléments ne sont pas distribués en proportions égales dans tous les spermes :

Le sperme d’un coït pratiqué après une longue abstinence est remarquable par la grande abondance des

sympexions : ces éléments , se réunissant en petites masses, donnent au produit de l’éjaculation un aspect grumeleux caractéristique. Nous avons déjà dit que, dans ces circonstances, les globules rouges du sang n’étaient pas rares dans le liquide des vésicules séminales, et par suite dans le produit de l’éjaculation.

Ces globules rouges sont aussi très-abondants dans le sperme des vieillards ; lorsqu’ils y sont en très-grand nombre , les spermatozoïdes deviendraient de plus en plus rares, d’après A. Dieu. « Il semblerait donc, dit cet auteur, que la génération des spermatozoïdes chez le vieillard ait une certaine relation de cause à effet avec les petites hémorrhagies. Toutefois il ne faut pas oublier qu’il m’est arrivé dans certains cas de ne pas trouver des spermatozoïdes dans du sperme limpide, incolore et dépourvu de sang et de pigment. » L’examen microscopique sera donc toujours le seul critérium capable de prononcer sur la valeur du produit de l’éjaculation.

Ce produit, tout en présentant parfaitement l’aspect d’un produit normal, peut ne pas contenir de spermatozoïdes : le fait a été signalé par Gosselin pour les cryptorchides. Il en est de même, d'après les travaux de Godart. Dans certains cas d’oblitération des voies spermatiques, à la suite d’orchite double, l’examen du sperme, surtout dans ce dernier cas, est d’autant plus intéressant que l’oblitération peut n’être que temporaire, et que, le testicule ne s’atrophiant pas , les spermatozoïdes peuvent reparaître au bout d’un certain temps dans le produit de l’éjaculation.

Résumant les travaux de Gosselin, Godart, Curling, et les complétant par des observations personnelles, Liégeois conclut de la manière suivante : « Il en résulte

que, chez les sujets qui ont été atteints d’épididymites doubles, la persistance de l’induration n’implique pas d'une façon certaine l’oblitération des conduits épididymaires, pas plus que la disparition de l’induration n’implique d'une façon certaine le rétablissement des voies spermatiques. Dans l’un et dans l’autre cas, le microscope doit intervenir pour décider la question !. »

L’absence des spermatozoïdes a été constatée dans certains cas, alors que les voies génitales étaient parfaitement saines, alors que l’état général du sujet semblait excellent, c’est ce qui résulte de plusieurs observations faites par Hirtz. D’un autre côté, les maladies chroniques les plus graves, celles qui entraînent le marasme le plus complet, ne déterminent point la disparition des spermatozoïdes dans le sperme. D’après Godart, l’absence des spermatozoïdes coïnciderait toujours cependant avec l’existence d’un testicule tuberculeux; elle précéderait même de un ou deux ans la tuberculisation testiculaire, et ce caractère pourrait aider à distinguer le testicule tuberculeux de l’orchite chronique.

L’examen microscopique peut être encore très-utile pour rassurer des personnes qui se croient atteintes de spermatorrhée. Ces personnes, souvent rendues hypochondriaques par abstinence sexuelle , s’aperçoivent qu’après certains efiorts, et notamment après ceux de la défécation, leur méat urinaire laisse échapper un liquide épais et filant. L’examen microscopique, en dénotant l’absence de spermatozoïdes, suffira pour prouver que ce liquide provient de la prostate et des glandes de Cooper; de plus, les caractères de la mucosine montreront qu’il provient surtout de ces dernières glandes.

* Liégeois, Traite de physiologie , t. I, p. 18.

La véritable spermatorrhée est caractérisée par la présence des spermatozoïdes dans le liquide qui s’écoule de l’urèthre à la fin de la défécation, pendant l’exercice de l’équitation , pendant la nuit sans érection, ou enfin qui se trouve mêlé à l’urine. Encore faut-il savoir qu’après une très-longue abstinence de coït, il s’écoule toujours, par trop plein des vésicules séminales, un peu du liquide spermatique quelles contiennent, liquide qui est entraîné lors de la miction.

Aussi ne faut-il point attacher une trop grande importance à la présence , constatée une seule fois , de spermatozoïdes dans l’urine. L’abondance de ces éléments , leur diminution de volume , leur vivacité moindre dans l’urine alcaline , sont des indices d’une plus grande importance. D’après Lallemand, les spermatozoïdes seraient d’un tiers ou un quart moins volumineux qu’à l’état normal dans les spermatorrhée» anciennes ; cependant, il faut se rappeler que des spermatozoïdes de diverses dimensions existent dans le sperme à l’état normal ; il est donc plus important de rappeler que l’absence des spermatozoïdes, chez les spermatorrhéiques , coïncide presque toujours avec l’abondance des noyaux pâles, sphériques, que nous avons déjà signalés en étudiant l’urine (voy. p. 284).

Pour rechercher les spermatozoïdes dans l’urine, il suffit de la laisser reposer pendant six à douze heures, puis, à l’aide d’une pipette, de recueillir les dernières gouttes du dépôt qui s’est formé au fond du vase. Ce procédé a permis à Donné de retrouver des spermatozoïdes , alors qu'une seule goutte de sperme avait été mélangée à un demi-litre d’urine.

Le sperme normal éjaculé présente d’ordinaire, peu de temps après son émission, dès qu’il est refroidi,

de nouveaux éléments figurés qui sont jusqu’à un certain point caractéristiques : ce sont des cristaux de phosphate de magnésie, sous la forme de prismes obliques à base rhomboïdale soit isolés, soit réunis en plaques ou en étoiles. « La présence de ces cristaux, dit Ch. Robin, est à signaler, parce qu’il n’y a pas de mucus ni d’autre humeur pendant la dessiccation desquels on voit se produire de ces cristaux comme dans le sperme. » Toutefois , dans l’examen des taches de sperme, la présence des spermatozoïdes pourra seule permettre d’affirmer leur nature.

La manière de faire, avec les taches, la préparation qui doit être examinée au microscope, est des plus simples1. On coupe dans le linge taché une bandelette large de 1 centimètre environ, que Tort fait plonger dans un verre de montre rempli d’eau; on s’arrange de manière que la bandelette plonge dans l’eau jusqu’au voisinage de la tache, celle-ci ne trempant pas dans le liquide. Bientôt la tache, imbibée par l’eau qui monte par capillarité, se gonfle et reprend l’aspect qu’elle avait à l’état frais. Dès lors on la racle à l’aide d’un scalpel, puis on porte la matière ainsi enlevée sur le porte-objet du microscope. La préparation renferme des filaments de lin, de chanvre, de coton, de laine ou de soie provenant de l’étoffe ; des poussières diverses, des cellules épithéliales provenant de l’urèthre ou du vagin ; des leucocytes sphériques, granuleux, parfois des sympexions, souvent des cristaux de phosphates de magnésie, enfin des spermatozoïdes. Ceux-ci sont intacts ou brisés, mais presque toujours aisément reconnaissables. Pour mieux les voir, il peut être avantageux (Roussin) de les colorer par l’addition d’une petite quantité de teinture d’iode iodurée. Lorsque l’on ne trouve que des^têtes, séparées de leur filament caudal, il peut être avantageux (Pincus) pour les mieux distinguer de laisser dessécher entre deux plaques de verre l’eau en expérience.

1 Voy. Briand et Chaude, Manuel de médecine légale, p. 74 o.

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