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II. — PATHOLOGIE

A. — Sérosités. — Le liquide, qui remplit la cavité des plèvres dans les cas de pleurésies , peut être extrait par la thoracocentèse et être analysé au point de vue chimique aussi bien qu’à l’aide du microscope. L’analyse chimique a été faite à plusieurs reprises; dans ces derniers temps, l’auteur d’un traité de chimie biologique, M. Méhu1, a publié un grand nombre d’observations intéressantes. L’examen microscopique donne des résultats moins précis.

Dans les pleurésies franchement inflammatoires, à évolution rapide, à épanchement très-riche en matière fibrinogène, le liquide extrait par la ponction se prend très-rapidement en un caillot homogène, transparent. Examiné au microscope, ce caillot se montre formé par un amas de fibrine coagulée, sous forme de filaments librillaires très-fins. Les mailles de ce coagulum fibrineux englobent des cellules épithéliales pavimenteuses* transparentes, parfois infiltrées de fines granulations protéiques, creusées de nombreuses vacuoles, des leucocytes granuleux, hypertrophiés* multi-nucléaires, quelques rares granulations graisseuses, enfin , dans quelques cas, un petit nombre de globules sanguins (fig. 10).

Le liquide des pleurésies latentes se coagule beaucoup

4 Archives générales de médecine , 1872.

plus lentement; quelquefois même on n’obtient jamais un vrai caillot, mais bien une masse gélatiniforme, transparente, renfermant moins de fibrine que dans le cas précédent, mais contenant les mêmes éléments anatomiques. Le plus souvent toutefois les globules de pus sont moins hypertrophiés, moins granuleux, plus abondants; les cellules épithéliales sont parfois gon- Rées, presque sphériques, infiltrées de molécules graisseuses. Ce liquide peut renfermer des flocons pseudomembraneux, gélatiniformes, constitués par de rares filaments de fibrine, retenant des globules de pus, des granulations graisseuses, souvent des globules de sang. Ceux-ci ont presque toujours perdu leur forme discoïde, ils sont plus ou moins gonflés, presque sphériques, pâles, quelquefois muriformes ou crénelés en forme de roues de moulin.

Le liquide des pleurésies purulentes est très-riche en leucocytes qui présentent toutes les variétés d’aspect, de dimensions et de structure; les uns ne contiennent pas de noyau, d’autres en ont deux ou trois, presque tous sont infiltrés de graisse. Les fausses membranes que l’on extrait en pratiquant l’opération de l’empyème présentent parfois un commencement d’organisation ; elles sont riches en matières grasses, quelquefois on y trouve des cristaux de margarine ou d’acides gras.

L’examen microscopique du liquide extrait par la ponction du thorax peut être très-important dans le cas où une erreur de diagnostic aurait fait pratiquer la ponction alors qu’on avait affaire à un kyste hydatique 1 du foie ou du poumon. Dans ce dernier cas, la présence

1 Voy. Trousseau, Clinique médicale, 2* édit., l.I, p. 007.

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de crochets d’échinococques dans le liquide extrait rectifierait le diagnostic.

DisonsJ enfin qu’il est excessivement rare de trouver dans la sérosité pleurale les infusoires, vibrions ou spores de champignons divers, que l’on rencontre si fréquemment dans les liquides de l’économie. Les vibrions ne se rencontrent que dans le liquide purulent qui s’écoule des fistules thoraciques à la suite de l’opération de l’empyème.

Les vibrioniens (vibrions, bactéries, bactéridies) se rencontrent, au contraire, assez fréquemment dans la sérosité péricardique que l’on observe sur le cadavre. Nous ignorons si ce liquide, obtenu par la ponction du péricarde, a jamais été étudié au microscope.

Quant à la sérosité péritonéale , elle renferme beaucoup plus d’éléments anatomiques que le liquide de la plèvre. Aussi, dans les cas de péritonite, le liquide, d’ordinaire jaune serin, transparent, est-il parfois louche, opaque, sans qu'il y ait pour cela abondance de leucocytes. En examinant ce liquide au microscope, on y trouve un grand nombre de cellules épithéliales pâles, minces, à noyau très-distinct et très-volumineux; les unes gonflées par le liquide ambiant présentant un ou plusieurs noyaux ovalaires; les autres irrégulières, froissées, pliées sur elles-mêmes; toutes en voie de dégénération granulo-graisseuse, presque toutes creusées de vacuoles, ce qui arrive aux épithéliums plongés dans un liquide dont ils ne peuvent s’échapper. Outre ces cellules épithéliales, le liquide de la péritonite renferme toujours un nombre de leucocytes assez considérable, parfois des globules sanguins assez abondants pour lui

donner une coloration brunâtre, souvent un grand nombre de gouttelettes graisseuses (Lorain). Ce liquide se prend rapidement, par dédoublement de la matière fibrinogène, en un caillot cohérent, gélatiniforme, constitué par des filaments de fibrine blanche, très-tenace.

La sérosité de F hydrocèle est caractérisée par la grande abondance de la cholestérine et des matières grasses qu’elle contient. On y rencontre aussi des lamelles épithéliales, des granulations pigmentaires, des leucocytes, des matières grasses, et souvent les éléments qui proviennent de la décomposition du sang (poussières brunâtres ou noirâtres formées d’hématosine, cristaux d’hématoïdine, globules ratatinés et déformés). Ces éléments sont quelquefois en nombre assez considérable pour donner au liquide l’aspect du bouillon épais ou même une coloration brun chocolat.

Le liquide de l’hydrocèle peut contenir des matières grasses finement émulsionnées, en quantité assez abondante pour donner au liquide un aspect lactescent (hydrocèle spermatique).

B; — Kystes. Dans les kystes synoviaux , ou dans le liquide extrait parla ponction dans les cas d'hydarlhrose* on trouve, oulre la fibrine, des cellules épithéliales pâles* irrégulières, finement granulées, quelquefois creusées de vacuoles, un grand nombre de leucocytes granuleux, des gouttelettes graisseuses de volume plus ou moins considérable, enfin, dans certains cas, des végétations libro-cartilagineuses détachées du pourtour des cartilages articulaires et devenues libres (Robin). Dans les kystes anciens, ces éléments sont retenus par une gelée translucide , opaline , visqueuse , très-tenace ,

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ressemblant au mucus, mais différant de la mucosine.

En effet, au lieu de devenir striée, fibrillaire, sous l’influence de l’acide acétique, elle se gonfle, devient molle, transparente, légèrement jaunâtre. L’acide azotique la ramollit, mais ne la coagule pas. Ce n’est donc ni du mucus, ni de l’albumine (Robin).

Les kystes des bourses séreuses (hygroma) renferment un liquide séreux, citrin , contenant quelques rares cellules pavimenteuses et parfois des grains riziformes k contours irréguliers, sans structure histologique bien nette, provenant d’une accumulation de lîbrine (Velpeau) ou d’un bourgeonnement de la paroi du kyste (Virchow).

Le liquide qui remplit les kystes de V ovaire peut être séreux ou visqueux l. Un liquide séreux, parfois plus ou moins teinté par le sang, très-pauvre en matière fibrinogène, renfermant un assez grand nombre de débris épithéliaux pavimenteux, s’extrait par la ponction des kystes simples (hydropisie enkystée de l’ovaire) résultant de fhydropisie d’une ou de plusieurs vésicules de Graaf. Parfois ces kystes sont multiloculaires. Leur contenu séreux ou séro-purulent peut être grisâtre, opalin; d’autres fois, il est coloré par de nombreux globules sanguins. Examiné au microscope, il présente de grandes cellules arrondies , pâles, à un ou plusieurs noyaux, parfois granulo-graisseuses, des granulations moléculaires, des leucocytes, enfin un grand nombre de concrétions sphériques ou ovoïdes, à contour net, foncé, réfractant peu la lumière ; ces concrétions, généralement granuleuses, s’écrasent facilement sur le

1 Voy. pour l'analyse chimique : Méliu; Arch. gén. de médecine, novembre 1869.

doigt. Elles ont été désignées par Robin sous le nom de sympexions (voy. p. 502), et se rencontrent dans le liquide de presque tous les kystes ovariques.

Le liquide visqueux que l’on extrait de certains kystes (kystes végétants, kystes composés de Cruveilhier) est parfois incolore, d’autres fois coloré en rouge ou en brun plus ou moins foncé. Ce liquide doit sa coloration à la présence de globules rouges qui, par le repos, tombent au fond du vase. Le liquide de tous ces kystes est très-riche en matières grasses existant sous forme de granulations isolées, ou sous forme de cristaux de cholestérine. Il contient, en outre, des cellules épithéliales régulières ou déformées en voie de dégénération granulo-graisseuse et des globules de pus granuleux, hypertrophiés, creusés de vacuoles.

Dans les kystes prolifères anciens , aux éléments que nous venons d’indiquer s’ajoutent des granules sphéroïdaux, irréguliers d’hématosine réunie en amas, donnant à la masse une coloration brune.

Enfin, certains kystes composés renferment un liquide colloïde, grisâtre, très-tenace, difficile à évacuer par la ponction, présentant au microscope du mucus, des cellules épithéliales polygonales, prismatiques ou pavimenteuses, remplies de gouttelettes de graisse, creusées d’excavations ; quelques noyaux libres d’épithélium et un grand nombre de leucocytes (Robin).

EXPLICATION DES FIGURES

Fig. Page.

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