‹ Manuel des âmes intérieuresChapitre 2 sur 15 · NOTICE SDR L'ABBÉ GROU. VII · texte numérisé non relu

NOTICE SDR L'ABBÉ GROU. VII

L'auteur se proposait d'opposer la morale chrétienne aux systèmes des incrédules, et d'en puiser les principes dans les écrits de saint Augustin. A cet ouvrage succédèrent les Caractères delà vraie dévotion. Paris, 1788, in-18. L'auteur y définit la dévotion, et en assigne les motifs, l'objet et les moyens. Ce volume fut suivi de près des Maximes spirituelles^ avec des explications. VSiVis, 1789,in-12.

Vers le même temps il composa les petits traités de piété que nous donnons au public, et les fit copier pour l'usage d'une dame de qualité qu'il dirigeait. Ces manuscrits qui forment neuf petits volumes in-12, ont été ainsi conservés. Il avait aussi entrepris un grand travail qui lui a coûté quatorze ans de recherches et de peines. Avant de quitter la France, il confia les manuscrits à une dame qu'on arrêta pendant la Terreur, et dont les domestiques les livrèrent aux flammes, dans la crainte qu'ils ne compromissent leur maîtresse.

L'existence du P. Grou semblait honnête et paisible; il était estimé, jouissait d'une pension du roi, et faisait du bien par ses conseils et ses écrits. Lorsque la révolution arriva, il avait d'à-

TllI IVOTICE SUR l'abbé GROU.

bord formé le projet de demeurer caché à Paris et d'y exercer le ministère en secret ; mais cette religieuse dont nous avons parlé l'engagea à se retirer eu Angleterre. Il suivit cet avis, et fut invité par un de ses anciens confrères, chapelain d'un riche catholique anglais, M. Thomas Weld, à venir le joindre. Logé dans le château même, il fut le directeur de toute la famille. Sa douceur, sa sagesse, sa connaissance des voies intérieures, furent très-utiles aux personnes qui lui avaient donné leur confiance. C'est alors qu'il apprit que son grand ouvrage, le fruit de tant d'années de îravail, avait été hrùlé à Paris; il soutint cette perte avec beaucoup de calme, et dit simplement : Si Dieu avait voulu tirer sa gloire de cet ouvrage^ il l'aurait conservé. Il observait, autant qu'il le pouvait, la règle des Jésuites; se levait tous les jours à quatre heures du matin, sans lumière et sans feu, faisait une heure d'oraison, récitait son bréviaire, et se préparait pour la messe, qu'il n'a jamais manqué de dire jusqu'à sa dernière maladie. Il pratiquait la pauvreté, n'ayant rien à lui, et demandant avec simplicité des livres ou des vêtements quand il en avait besoin. Ce iju'on remanjuait le plus eu lui était

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une foi vive et une âme toujours iranquiiie, beaucoup d'iiumilité, de candeur et de zèle. En 1796 il fit imprimer, à Londres, des Bïéditatiom en forme de retraite^ sur F amour de Dini^ avec un petit écrit sur le Don de soi-même à Dieu. Quelques théologiens crurent y voir des idées favorables au quiétisme ; mais unévêque français eu jugea la doctrine saine et hors d'atteinte. On publia encore à Londres un autre ouvrage de lui, intitulé School of Christ (l'École de Jésus- Christ) ; mais il n'a pas encore paru en français.

Le Supplèmeiit à la Bibliothèque des écrivains jésuites, publié à Rome en 1816, cite encore du P. Grou la Science du Crucifix, Paris, chez Onfroy ; et la Science pratique du Crucifix dans f usage des sacrements de Pénitence et d' Eucharistie, pour servir de suite au précédent.

Deux ans avant sa mort, il fut attaqué d'un asthme très-pénible. Frappé quelque temps après d'apoplexie, l'hydropisie se déclara ; ses jambes devinrent monstrueuses, il ne pouvait rester au lit, et il a passé les dix derniers mois de sa vie dans un fauteuil. Il continua jusqu'à la fin d'entendre les confessions de la pieuse famille chez laquelle il demeurait. On lui portait la commu-

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iiion deux fois par semaine. Sentant sa fin approcher, il demanda et reçut les sacrements avec une pleine connaissance. Peu avant de rendre le dernier soupir, tenant son crucifix à la main, il s'écriait : 0 mon Dieu l qu'il est doux de mourir entre vos bras! Sa mort arriva le 13 décembre ï 803 : il avait soixante-douze ans révolus.

Ses manuscrits, qui étaient en grand nombre, ont été remis à ses anciens confrères. Ils firent imprimer, en 1815, V Intérieur de Jésus et de Marie, 2 vol. in-12. Cet ouvrage fort estimé a été depuis lors réimprimé plusieurs fois.

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