‹ Manuel des amputations du piedChapitre 4 sur 99 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Un traité des amputations qui se pratiquent sur le pied, pourrait paraître superflu à ceux qui ont pu apprécier la valeur des ouvrages classiques; celle surtout du traité si remarquable de M. le professeur Farabeuf. Mais, il faut bien le dire, la connaissance approfondie du rôle réparateur joué par le périoste et de la supériorité incontestable des moignons dans lesquels on a pu le conserver, doit donner à la technique opératoire une orientation nouvelle. Essayer de rendre pratique la médecine opératoire d’une région aussi importante en adaptant aux procédés un peu surannés que l’on décrit ordinairement la véritable méthode d’exérèse qui leur convient, tel a été notre principal but.

Nous avons voulu aussi répondre à un besoin, souvent constaté chez nos élèves.

L’étudiant à l’amphithéâtre, le chirurgien se disposant à opérer, demandent, non des ouvrages de fond leur permettant d’étudier complètement et scientifiquement l’opération qu’ils vont pratiquermais au contraire une synthèse, un schéma, leur rappelant d’un coup d’œil la disposition anatomique de la région, et les connaissances chirurgicales précédemment acquises. Les Allemands ont parfaitement compris cela, et l’ouvrage de Lôbker (traduction de Hanquet) tente de réaliser ce désidcratum, mais il ne montre pour

chaque opération, qu’un seul procédé dont le choix ne saurait toujours être approuvé; de plus, les figures consacrées aux opérations se pratiquant sur le pied, ne permettent pas de se rendre un compte suffisant des repères si importants de cette région.

Au membre supérieur et à la jambe, l'anatomie du squelette étant plus simple, les méthodes opératoires moins nombreuses, nous avons cru devoir nous limker à l’étude du pied; ici au contraire la multiplicité des interlignes, les difficultés opératoires que rencontraient les chirurgiens, ont donné naissance à des procédés fort variés. Certains n’ont plus pour nous qu’un intérêt historique, d’autres au contraire ont une incontestable valeur, mais leur nombre fatigue l’attention et cause peu à peu leur oubli.

Les rappeler, exposer d’une façon schématique les principaux d’entre eux pour en faciliter l’étude, tel est le but de cet ouvrage. Notre intention étant de remettre en mémoire des connaissances déjà acquises, on ne trouvera pas ici des descriptions anatomiques détaillées, mais des planches moins complètes, à la vérité, que celles des atlas classiques, simplifiées au contraire, schématisées pour rappeler à la simple inspection les souvenirs du chirurgien. C’est sur des dissections minutieuses que M. le professeur Caillol de Poney, grâce à son incontestable habileté, a pu obtenir des clichés très complets et d’une netteté absolue. Nous en avons conservé les parties essentielles, et les figures ainsi obtenues montrent à l’opéteur les éléments importants de la région.

Autre part se trouvent réunis les repères osseux, tendineux, artériels, etc., qui, présentés ainsi dépouillés de tout accessoire, guident plus sûrement les recherches. Là, comme dans toutes les figures de notre ouvrage. M. Brun, chirurgien des Hôpitaux et M. xVndré, interne des Hôpitaux, nous ont prêté le précieux concours de leur habileté de dessinateur et de leur science chirurgicale, préparant ainsi la tâche de M. Daleine dont la plume délicate et si sûre a su donner à ses planches un aspect véritablement artistique tout en leur conservant une rigoureuse exactitude.

Pour chaque opération en particulier, nous avons essayé de rendre fidèlement compte du tracé de l'incision, en photographiant le squelette dans la position la plus favorable ; nous espérons avoir ainsi obtenu Inexactitude absolue des repères, tout en facilitant la tâche de l’opérateur. Enfin, nous avons pour le texte recherché toute la clarté et la concision possibles, en essayant de ne rien omettre d’important. Nous avons souvent dû faire abstraction du côté artistique du dessin, voulant tout sacrifier à l’exactitude.

Qu’il nous soit permis, en terminant, de remercier profondément M. le professeur Ollier, de sa bonté à notre égard; il nous a montré encore une fois combien la cause des travailleurs lui était chère et quel intérêt il porte toujours à ce qui touche au grand art chirurgical.

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