Xviri litibus judicandis
6. IlIIprœfecti Capuam Cumas, — supprimés sous Auguste. Ils sont à la vérité absolument indépendants les uns des
autres sous le rapport de Torigine comme sous celui des attributions. Cicéron réunit ceux d'entre eux qu'il nomme aux questeurs sous le nom de magistratus minores (2). Mais ils ont été considérés comme formant au point de vue de la carrière des magistratures une catégorie commune ; car r usage s'est probablement établi dans le cours du vu* siècle
(1) Ils constituaient sûrement des magistrats élus dans les comices et pour un an. Cf. Festus, p. 299, note 3 : Populi su/fragio ; Cicéron^ p. 304, note 5 : Suffragii» populi et Tinscription citée tome II, p. 357, d'un Ulvir cap, et insequenli anno pro IJIviro.
(2) Cicéron, De leg. (écrit vers 702), 3, 3, 6 : Minores magistratus partiti juris plures in plura sunto, Militiœ (les tribuns militaires) . Domi pecuniam publicam custodiunto, vincula sontium servanto, capitalia vindicantOy ass argeiitum aurumve publiée signanto, lites contractas judicanto, quodcumque senatus creveril agunto. Cf. sur la définition des magistratus minores 1, 21 [id.].
et la loi a vraisemblablement prescrit sous Auguste d'occuper une de ces magistratures avant de revêtir la questure (II, p. 200). Jls ne sont d'ailleurs pas plus étroitement liés que ne furent le tribunat du peuple et Tédilité après qu'Auguste les eut également rassemblés pour en faire un des échelons de Féchelle des magistratures (1), et, quoiqu'ils portent en conséquence dans les commencements à côté de leurs noms propres un nom collectif, dans les premiers temps d'Auguste, probablement jusqu'en l'an 734 (2), celui de viginti sex viri (3), et ensuite celui de viginti viri (4), ils ne peuvent pas pour cela être regardés comme formant un collège unique (5). — Nous ne savons pas quel a été le rapport hiérarchique de ces diverses magistratures entre elles, si tant est qu'il en ait existé un. L'ordre adopté plus
(1) Ces magistratures n'étaient sans doute pas réunies pour le vote, et les comices nommaient distinctement à chacune. Mais Télection peut fort bien avoir eu lieu pour toutes le même jour et sous la même présidence.
(2) La suppression des Ilviri viis extra urbem purgandis se place probablement en Tan 734 (p. 313) et celle des IlIIviri prœfecti Capuam Cumas vraisemblablement à la même époque; toutes deux sont certainement antérieures à ran 742.
(3) Parmi les écrivains, les seuls qui citent les XXVÏ viiH sont Festus, p. 233 : Prœfecli quatluor [qui m] vigintisexvirum numéro populo suffragio creati erant et Dion, 54, 26 (II, 122] où il parle de la nomination des vigintiviri de 741 et continue en disant : 01 5è 6^, tîxoffiv outoi db^Speç ix tûv l\ xal sTxoaiv ttaiv, puis énumère les diverses magistratures. En outre, ils sont nommés sans autre addition dans quatre inscriptions (C. /. L. VI, 1317. XI V, 2103. 3945. Marini, Axv. p. 806; rassemblées C. /. L. I, p. 186), qui semblent toutes appartenir au temps d'Auguste. La dénomination ne convient pas au temps de César, où tout au moins les deux premiers de ces collèges avaient été rendus plus nombreux. Nous ne savons si elle eût été exacte antérieurement ni d'une manière générale si elle remonte aux temps antérieurs à Auguste.
(4) Dion, lac. cit. et 60, 5 : Toùç yajxppoiç èv toïç eixoviv dtvSpdtaiv apÇâci... £xi>ksuff6. Tacite, Ann. 3, 29 : Ut munere capessendi vigintiviratus solvereiur. Vita Didii Jiiliani, 1 : Inter vigintiviros lectus est suffragio matris Marci. Les inscriptions de Tépoque du vigintivirat ne le nomment jamais et mentionnent toujours la magistrature spéciale. La combinaison des deux dénominations (XXvir monetalis) dans Tinscription de Q. Sosius Priscus le consul de 169 (C. /. L. XIV, 3609) est incorrecte.
(o) C'est ainsi qu'on réunit dans les municipes les deux magistrats chargés de la juridiction et les deux magistrats chargés de l'édilité tout à fait habituellement sous le nom de quattuorvin, et que même, semble-t-il, à Trebula Mutuesca, on les réunit tous quatre à deux directeurs fanorumei à deux directeurs seraj'ii sous celui d'acte viri (C. ï. L. IX, p. 785).
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haut est essentiellement celui dans lequel les énumèrent Dion et Cicéron (1).
Ces magistratures du rang le moins élevé étaient, nous rapporte Cicéron (p. 299, note 2), en dehors de leurs attributions spéciales, employées au gré du sénat à des fonctions supplétoires extraordinaires. Nous n'en possédons pas d'exemple concret.
Nous ne savons pas davantage combien de temps ont subsisté ces magistratures. On peut en établir l'existence jusqu'au début du ni* siècle (2) ; on n'en trouve pas trace dans les institutions de Dioctétien et de Constantin., Il est présentement impossible de décider si elles ont disparu dans le coui*s du m® siècle ou seulement sous Dioclétien.
TRES Vim CAPITALES.
Les ires vtri capitales (3), ou, comme on les appelle éga- tvm oiw ca-
pitalea.
(1} Cicéron cite les collèges n<>' 1, 2 et 5 en omettant les trois autres, Dion Indique comme existants les n^" 1, 2, 3, 5, comme supprimés les n^* 4 et 6. Dans Finscription d'Ârezzo, Gori, 2, 296 = C. /. X. XI, 1837, les trois magistratures n^ 5, 2 et 3 sont énumérées dans cet ordre; dans celles de Rome, C. /. L, VI, 1455. 1456, d'un tHumvir kapit. a. a. a. f. f, f. les magistratures 1 et 2 sont cumulées en mettant la première au premier rang ; dans deux autres inscriptions, C. /. L. V, 36. IX, 2845, le vigintivirat est occupé deux fois, et la magistrature n^ 5 dans la première avant la magistrature n» 3, dans la seconde avant la magistrature n» 1. Le .decem virât semble donc avoir été regardé comme la moindre de ces magistratures.
(2) L. Cœsonius Lucillus Macer Rufinianus, un des vigintiviri reip, curandae de Tan 238 (Orelli, 3042 = C. /. L, XIV, 3902), Q. Petronius Melior sod. Aug. en Tan 230 (Henzen, 6048 = C. /. L. XI, 3367) et l'Annianus en fonctions comme légat de légion en Tan 242 (inscription de Mayence, Westdeutsch. Korr. Blatty 1887, p. 148) ont commencée leur carrière comme decemviri sU. jiid,; Ser. Calpurnius Dexter, consul en 225, Ta commencée comme Illvir mone- /a/û (Henzen, 6503 =» C. /. L. VI, 4368); Balbinus Maximus, consul en 232 ou 253, Ta commencée comme IlIvir capitalis (C. /. L. VI, 1532). Je n'ai pu trouver d'exemple postérieur du vigintivirat et l'étude spéciale faite avec soin de Jul. Centerwall, Qum puhlica officia ante quœsturam geri solita sint temporibus imper atorum^ in-8*, Upsal, 1874, aboutit à la même conclusion. Cependant il ne faut construire aucune théorie sur le silence des inscriptions du m^ siècle, parce qu'autant les cursus honorum complets constituent la règle dans les deux premiers siècles de l'Empire et au commencement du mc, autant ils deviennent rares par la suite.
(3) C'est la seule dénomination que connaissent soit les lois, ainsi la loi
lement dans la langue courante, les très- viri noctumi (1), nommés aussi fréquemment très viri tout court, ont été introduits comme institution permanente (2) vers Tan 465 (3). Mais ils ont à partir de là longtemps existé sans être élus par les comices, en étant probablement nommés par le préteur urbain (4). C'est seulement entre Tan 512 et Tan 630 que l'élection populaire a été étendue à ces triumvirs par une loi du tribun du peuple, L. Papirius (5), et qu'ils sont ainsi
Papiria (note 5) et celles citées p. 303^ note 1, soit les inscriptions (Henzen, Ind. p. 106) et c'est aussi la dénomination habituelle chez les auteurs.
(1) Cette dénomination est employée par Tite-Live, 9, 46, 3 ; Val. Max. 8» 1, Damn. 6; Paul, Dig. i, 15, 1 : Apud vetusliores incendiis arcendis triumviri prœerant^ qui ab eo quod excubias agebant noctumi dicti sunt. La similitude absolue des attributions que nous allons avoir à décrire ne laisse aucun doute sur ridentité de ces magistrats et des Jllviri capitales.
(2) Tite-Live, 9, 46, 3, dit de Cn. Flavius, édile curule en 450 : Quem aliquanlo ante desisse scriptum facere arguit Macer Licinius tribunatu ante gesto triumviratibusque nocturno altero^ altero colonies deducendœ. Cette allégation est sujette à objection sous deux rapports : d'abord Tite-Live ne relate la création de ce triumvirat qu'en 465 ; ensuite il n'a pris place qu'au vi» siècle parmi les magistratures, parmi lesquelles Macer le compte là évidemment. On .pourrait lever la première difficulté par la supposition admissible d'une création extraordinaire de pareils triumvirs faite avant 465; mais on ne peut écarter la seconde. L'autorité de Macer est si faible en général, et particulièrement quand il fait la préhistoire d'un champion de la démocratie du v« siècle, que cette allégation ne doit pas (comme le fait Seeck , KaUndertafel, p. 24) être à moitié écartée et à moitié prise pour point de départ de combinaisons problématiques, mais pleinement mise de cûté par la critique.
(3) Tite-Live, Ep, 11 (entre 464 et probablement 467) : Triumviri capitales tune primum creati sunt. Il a fallu une loi pour cela ; car d'une part, le droit de délégation des magistrats supérieurs était délimité, spécialement dans l'administration urbaine (I, 255 [253]) et, d'autre part^ l'obligation était imposée aux magistrats supérieurs de nommer annuellement ces auxiliaires ; si, en outre, crearê ne se dit pas d'une nomination facultative, crealio désigne toute nomination légalement prescrite et obligatoire pour les magistrats compétents, aussi bien celle des magistrats cré^s per populum que celle du dictateur par le consul et que les nominations analogues. Le nombre trois (I, 36 [id.]) et la relation de la compétence de ces très viri avec la compétence la plus ancienne des questeurs impliquent pour le collège une origine relativement récente.
(4) Cela est vraisemblable, parce qu'il a plus tard la présidence de l'élection.
(5) FestuB, v. Sacramento, p. 341 : Qua de re (sur le sacramentum de 50 ou 500 as) lege L. Papiri tr. pi. sanctum est his verbiê : « Quicumque prmlor poslhac « factus erit qui inter civis jus dicet^ très viros capitales populum rogato, hique a très viri [capitales] quicumque [posthac fa]cti ei'unt sacramenta exi[gunto] u judicantoque eodemque jure sunto, utt ex Ugibua pUbeique scitis exigere