‹ Manuel des antiquités romaines (volume 3)Chapitre 21 sur 54 · LA COUR ET LA MAISON DE LEMPEREUR. ID · texte numérisé non relu

LA COUR ET LA MAISON DE LEMPEREUR. ID

Le travail nécessité par la correspondance du prince et, en général, le soin de répondre à toutes les demandes qui lui étaient adressées, ont été constamment traitées par Auguste et par les empereurs de la dynastie Julio-Claudienne qui l'ont suivi comme une affaire d'ordre privé : et il en avait été ainsi de tout temps de la correspondance des magistrats (1). Mais, les derniers de ces gouvernants ne sachant plus commander ceux qu'ils avaient à leur service et étant, au contraire, gouvernés par eux, les postes de cet ordre ont été depuis Néron retirés à la domesticité impériale et traités sinon exclusivement au moins principalement comme des fonctions de l'Etat, c'est-à-dire ont été confiés à des personnes appartenant à l'ordre équestre (2). Il peut y avoir eu une démarcation matérielle entre la correspondance purement privée et la correspondance officielle; mais on ne rencontre pas de dispositions formelles dans ce sens.

Il en a été différemment de l'administration (procuratio) des biens de l'empereur : Auguste a déjà exigé la possession du cheval équestre chez les receveurs des impôts provinciaux, les procuratores Aiigusti et sans doute encore chez d'autres procurateurs. Mais ce ne fut pas étendu au début aux postes

(1) Les lettres qui arrivent au consul, que ce soient des dépêches ou des lettres privées, sont ouvertes par lui-même ou par celui quil charge de les ouvrir. Ainsi le père de l'historien Pompeius Trogus avait, pendant quil servait sous le dictateur César, epislularwn et legationum, simul et anitli curam (Justin, 43, 5, 11}. Ces secrétaires particuliers (ab epistulis) des magistrats ne doivent pas être confondus avec les scribae, les comptables (I, 397 [393]).

(2) Galba a été, comme ses prédécesseurs immédiats, sous la domination de ses serviteurs (p. 107, note 4). Le commencement de la réforme a été fait parOthon (probablement : Plutarque, Oth. 9; Hermès, 4, 322. note 1) et par Vitellius (Tacite, Ilist. 1, 38 : Minisleria principatus per libertos agi solita in équités Bomanos disponit). Sous Domitien la pratique fut vacillante (Suétone, 7 : Quaedam ex maximis officiis inter libertinos equitesque Romanos communicavil). Hadrien remplaça les affranchis par des chevaliers {Vita, 22 : Ab epistulis et a libellis primas — cest inexact — équités Romanos habtcil) et c'est le système qui a subsisté dans les termes essentiels. Cependant on a trouvé récemment un ab epistulis Grsecis impérial qui est même de rang prétorien (C. /. L.\l, 3836;. Cf. le relevé général fait avec soin des divers cas, par Friedlœnder et 0. Hirschfeld, Sittengesch. 1,5' éd. 160 et ss. et Hirschfeld, Untersuch. i,32.

financiers en sous-ordre des procuratores tout court et des subalternes des procuratores Augusti, pas plus qu'à l'ensemble des emplois du trésor impérial occupés à Rome même (1). Cependant les plus importants de ces postes sont eux-mêmes de plus en plus devenus des fonctions équestres dans le cours des temps (2).

La tenue des caisses est, dans les usages romains, séparée légalement de l'administration des biens et de la comptabilité. Tant les chefs de caisse et les rédacteurs du livre de caisse, les dispensatores , que les garçons de caisse, les arcarii, sont, d'après la coutume générale romaine, exclusivement pris parmi les esclaves : et ce principe a été maintenu même dans l'administration des biens de l'empereur. A la vérité, le système da pécule donnait, en fait, beaucoup de liberté d'action à l'esclave romain et quant au fond les esclaves dispensatores , en particulier ceux des caisses centrales impériales, ont été souvent au-dessus des hommes libres pour l'influence et la richesse (3). Il n'est pas sorti de

(1) Il en est ainsi en particulier du directeur du trésor impérial à Rome, qui appartient anciennement en qualité d'afl'ranchi a rationibus, à la domesticité de l'empereur et plus tard, comme procurator Augusti a rationibus, à la classe des fonctionnaires de rang équestre. Le plus ancien exemple certain d'un tel directeur de rang équestre est M. Bassaeus Rufus sous Marc-Aurèle (C. /. L. VI, 1599). Il faut désormais consulter à ce sujet le travail définitif d'Hirschfeld, Untersuchungen, 1, 30 etss.

(2) Le Mécène de Dion, 52, 25, exige le rang équestre chez les comptables les plus élevés de chaque province et, à Rome, chez tous les chefs de bureaux, tandis que les autres postes des finances pourraient être occupés soit par des chevaliers, soit par des aii'ranchis impériaux : 'Atïôxpti 6è èv ixèv t?; r.ô'Kz: xaô' è'xaaTOv ypT.jAaTtuewî eïoo;, l^w ôè xaô' ëxauTov 29voî eIî tiç è-a twv tTïiîéwv, tjxo- [xeîova; 6uou; âv ^ XP^'* à-airr; 1% xs tûv tTi'Tréuv xal Ix tûv i^eXsuôépojv ffou s/.wv. V. de plus amples détails dans le chapitre des Chevaliers, VI, 2, p. 161 et ss.

(3) Il suffit de rappeler le dispensator de la guerre d'Arménie de Néron, qui paie pour être aflranchi 13 millions de sesterces (Pline, //. n. 7, 39, 129), et en outre le tableau frappant, donné par l'inscription du temps de Tibère, C. I. L. VI, 5197, des esclaves en sous-ordre du dispensator ad fiscum Gallicum provincise Lugdunensis. Un terme parallèle municipal est fourni par l'inscription C. I. L. IX, 5177, du dispensator arcae summarum de la ville d'Asculum. La dénomination à'ordinarius (Suétone, Vesp. 22) et par suite aussi la désignation opposée extra ordinem sont appliquées au dispensator. Il doit y avoir eu pour ce poste une espèce d'avancement régulier; car il est souvent question de l'élévation d'un esclave aux fonctions de dispensator (Suétone,

Page 1