‹ Manuel des antiquités romaines (volume 3)Chapitre 34 sur 54 · LA MONNAIE D'EMPIRE · texte numérisé non relu

LA MONNAIE D'EMPIRE

Ledroitdei'em- Lors dc l'établissemcnt de la constitution d'Auguste,

pcreur de battre mc«w t i • i i • i r

monnaie et celui en 727, dcs droits pleinement égaux ont été donnés aux

du sénat. , .

deux pouvoirs supérieurs, au prince et au sénat, en matière monétaire (2) comme dans toutes les matières non-militaires : le prince était, comme l'avaient été tous les généraux sous la République, libre de frapper des monnaies d'or et d'argent avec les ressources de sa propre caisse, et le sénat pouvait aussi émettre des monnaies des deux métaux nobles pour le compte de l'yErarium. La frappe du cuivre fut alors suspendue peut-être en droit et certainement en fait. Lorsqu'elle recommença vers l'an 739, le sénat se chargea de la frappe des espèces de cuivre et le prince de celles des espèces d'or et d'argent, et le premier s'abstint désormais d'émettre des monnaies des deux métaux supé-

connaître alors qu'un extrait sommaire. Rien ne montre peut-être mieux le caractère de notre tradition historique, que le silence de toutes nos autorités, même de celles qui s'occupent des arcana imperii, sur ces comptes rendus publics.

(1) Pline, Paneg. 20 : Edicto subjecisti, quid in utrumque vestriim esset impensiim. L'itinéraire de Cappadoce et de Cilicie, dont un fragment nous a été conservé, peut avoir fait partie d'une publication semblable (C. I. L. VI, 5076).

(2) Sur le droit d'avoir son efQgie sur les monnaies, entièrement différent de celui de battre monnaie, cf. plus haut, p. 99 et as.

LA MONNAIE D'EMPIRE. m

rieurs, comme le second d'émettre des monnaies de cuivre (1). Gomme toute la politique d'Auguste, cet arrangement aboutit à réduire le sénat à un rôle secondaire ; mais pourtant il ne faut pas omettre de remarquer, que, d'une part, c'était seulement pour le cuivre que le droit de battre monnaie entraînait un profit appréciable, et que, d'autre part, le droit d'émettre des monnaies de cuivre entraînait la possibilité démettre de la monnaie fiduciaire en quantité illimitée, la monnaie de cuivre ayant une valeur nominale supérieure à sa valeur réelle et devant être acceptée même pour les gros paiements ; en sorte que sinon le transfert du droit au sénat, au moins la renonciation du prince à son usage impliquait une restriction très sérieuse des pouvoirs du prince (2). En fait, c'est par suite de cette sage mesure d'Auguste que le droit d'émettre de la monnaie fiduciaire a constamment été exercé sous le principat, et que, cependant, les conséquences fâcheuses qui s'y lient d'ordinaire ne se sont jamais produites dans l'empire romain, tant que le système a subsisté- D'un autre côté, à vrai dire, le système, en admettant deux métaux supérieurs avec un rapport légal fixe, mettait le principat sur la voie de transformer par voie de réduction la monnaie d'argent de monnaie sincère en monnaie fiduciaire; et, depuis que Néron eut fait le premier pas dans cette voie néfaste, l'altération des monnaies d'argent a suivi une progression constante pour finir, dans le cours du III* siècle, par une dépréciation totale. L'instrument qu'Auguste avait volontairement abandonné sous la forme du cuivre fut alors fourni par l'argent ; la diff'érence de cours de monnaies légalement équivalentes et la chute croissante de la valeur de la monnaie, qui en est la suite, fondirent alors sur l'Etat avec tous les désastres qu'entraîne inévitable-

(1) Cf. sur ce point et sur ce qui suit les détails plus étendus donnés par moi R. M. W. p. 742 et ss. = tr. fr. 3, p. 4 et ss.

(2) On remarquera à ce point de vue l'usurpation temporaire de la frappe du cuivre par Néron {R. M. W. p. 743 ^ tr. fr. 3, p. H), qui a certainement la même tendance que sa réduction du pied de l'argent.

ment une monnaie nominale émise par un Etat sans crédit. C'est une des œuvres les plus grandioses du gouvernement de Dioclétien et de Constantin d'avoir rétabli une valeur monétaire fixe et commune à tout l'empire; mais, par une opposition directe à celui d'Auguste, il conserva le droit d'émettre des monnaies de valeur purement nominale et, par suite, la divergence des cours de la monnaie d'or et de la monnaie fiduciaire subsista comme un mal héréditaire dans l'État régénéré.

Magistrats mo- Lc di'oit de battre des monnaies d'or et d'argent étant l'un

nélaires. , , . . ,,

des droits qui sont personnellement réservés à 1 empereur, il ne l'exerce pas par l'intermédiaire des gouverneurs, ni plus largement par celui de représentants de rang sénatorial. C'est une des fonctions de l'administration des finances placée sous les ordres directs de l'empereur. Le chef de cette administration, qui est, au i" siècle, un affranchi impérial et, depuis le second, un fonctionnaire de rang équestre, a la haute surveillance de la frappe des monnaies (1). Quant à la direction immédiate, la frappe a aussi été, d'abord dirigée, sinon par des esclaves (2), au moins pareillement par des affranchis de l'empereur (3). Plus tard, elle a pour chef un procurator monetse de rang équestre (4). Le personnel est pris dans la domesticité privée de l'empereur (5). Dans

(1) La frappe de la monnaie n'est pas omise par Stacc dans son énumération des pouvoirs de ces trésoriers (p. 297, note 1). Cf. Ilirschfeld, Untersuch. p. 92.

(2) Le renseignement selon lequel César employait là des esclaves (Suétone, 76) porte plutôt à conclure qu'Auguste ne le fit pas.

(3) La supposition deHirschfeld, p. 94, selon laquelle les maîtres monétaires magistrats auraient surveillé la frappe des monnaies impériales, est en contradiction avec le caractère des finances impériales. Le maintien du titre sans modification ne prouve naturellement rien quant au maintien des attributions.

(4) Orelli, 3570 = C. I. L. VIII, 9990, du temps de Trajan. 2133 = C./. L. VI, 1607. Henzen, 6642. Hirschfeld, p. 93.

(5) C. /. L. VI, 42. 43. 44. 791, dédications collectives des offlcinatoves monetse aurariœ arffentariœ Cœsaris n(oslri) de l'an 115 ap. J.-C. Les officinatores isolés qui nous sont connus sont réunis R. M. W. p. 747, note 24 = tr. fr. p. 41, note 1, et dans la Zeitschrift de Sallet, 14, 36, ainsi que chez

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