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LA MONNAIE D'EMPIRE

la première pe'riode du principat, nous voyons la frappe essentiellement centralisée à Rome, où la monnaie impériale se trouvait dans la troisième re'gion, non loin de l'amphithéâtre, près de l'église actuelle de Saint-Clément {{). Les hôtels de monnaie impériaux n'ont pas fait défaut dans les provinces; mais ils ont frappé peu de pièces au pied de l'empire (2) : ils servaient principalement à la frappe des gouverneurs qui, surtout en Orient, a longtemps subsisté à côté de celle d'empire. Ce fut seulement lorsque la monnaie d'empire arriva, sous Aurélien, à une prédominance exclusive que Rome cessa, sous ce rapport, d'être le centre de l'administration, et que la frappe faite par les hôtels des monnaies provinciaux reçut la forme (3) arrivée ensuite à un

Hirschfeld, p. 93 et ss. Sur le soulèvement des ouvriers monétaires sous Aurélien, voir fi. .V. W. p. 799 = tr. fr. 3, 96.

(1) Rossi, Bull, di arch. anstiana, 1863, p. 28; Jordan, Topographie, 2, llo.

(2) Selon Strabon 4, 3, 2. p. 192, les empereurs romains frappaient en Gaule à Lugudunmn des monnaies d'or et d'argent et on y a trouvé l'inscription d'un esclave de Tibère œquator monetae (Orelli , 3228), comme on a trouvé ailleurs celle d'un mil. coh. XVII Luguduniensis ad monetam (Allmer, Revue épigraphique, 1, p. 93}. Mais cet hôtel monétaire auxiliaire a sans doute bientôt disparu .fi. .V. W. p. 683 = tr. fr. 2, p. 211 ; p. "Î47 = tr, fr. 3, p. 13). La preuve que la frappe n'était pas du tout liée par elle-même à la capitale résulte des nombreuses monnaies des empereurs non reconnus à Rome ; mais la frappe régulière avait encore exclusivement lieu à Rome sous Philippe (P. Brock. dans la Num. Zeitschnft de Sallet, 2, 229).

(3) On peut aujourd'hui considérer comme démontré que l'établissement dhôtels de monnaie d'empire hors de Rome remonte à Gallien et coïncide avec la dégradation disproportionnée de la qualité et l'augmentation corrélative de la quantité des monnaies d'empire qui se présentent sous lui. La frappe de monnaies d'empire à Antioche sous Decius et Gallus, qui se révèle notamment aux monnaies hellénisantes d'Hostilien de l'an 231 (pas plus tard) indubitablement frappées à Antioche, en a été l'introduction (Eckhel, 7, 333 ; Brock, dans la .Vj/m. Zeilschrifl de Sallet, 3, 62 et ss.;; mais c'est seulement sous le règne exclusif de Gallien en 260 et ss. que commencent les émissions générales et systématiques faites dans toutes les parties de l'empire 'Brock, loc. cit. ; Markl, dans la Sum. Zeitschrift de Vienne. 1884, 373 et ss.). On ne trouve de mention certaine des hôtels de monnaies que sous Aurélien ; les deux inscriptions C. I. L. VI, 1641 : [Proc] monelse Triverice et C. /. L. VIII, 822 : [Proc. sa]cvae monetœ pi... paraissent se placer peu avant Dioclétien. Dioclétien a, comme je montrerai ailleurs, organisé un système de frappe monétaire adapté à la division en diocèses. Cf. Hirschfeld, p. 97.

plus large développement sous la constitution de Dioclétien

et de Constantin.

ia^fr7°'!*sénat? ^^ contrôlc de la frappe sénatoriale du cuivre, de laquelle "aie. nous avons déjà traité (IV, p. 160, note 2, p. 311), rentre

également dans les fonctions du directeur de la monnaie

impériale (1).

Origine. La poste impériale (2) est une création d'Auguste. Il créa,

d'abord sur les grandes voies, des relais de messagers pour le transport des dépêches ; mais il les remplaça bientôt par des voitures de poste pourvues de relais oii elles changeaient de chevaux (3), et c'est le système qui a subsisté. La fonction de ce service des postes est, en premier lieu, de transporter de station en station, non seulement le prince et les magistrats et les courriers voyageant par son ordre, mais tous ceux à qui le prince ou les autorités à qui il en avait donné le droit accordaient un permis de circulation ; et, en second lieu, de fournir dans chaque station à ces personnes tout ce qui leur était nécessaire (4), seconde charge qui, en

(1) Car à la tête des officinalores monetse aurariœ argentariae Caesaris (p. 324, note 3) se trouve Yexactor auri argenti aeris.

(2) Cf. sur cette institution dont nous ne donnons ici qu'un aperçu, Marquardt, Handb. 4, 558 et ss. =r tr. fr. 9, p. 587 et ss., et les ouvrages cités, en particulier Ilirschfeld, Untersuch. p. 98 et ss.

(3) On est surpris que la République n'en soit pas arrivée à cette institution si facile à trouver et bien connue des Grecs ; mais nous ne voyons à cette époque que de simples courriers (I, 381 [377], note 2), et Suétone dit, Aug. 42 : Quo celerius ac sub manum adnuntiari cognoscique possel, quod in provincia qiiaque gererelur, juvenes primo modicis intervallis per militares vias, dehinc véhicula disposuit : commodius id visum est, ut qui a loco perferunt litteras, interrogari quoque si quid res exigat possint.

(4) La nécessité que les voyageurs soient logés et nourris se comprend, pour ainsi dire d'elle-même, dans une institution de cette nature et la chose est suffisamment attestée pour le cursus publicus récent, soit en ce qui concerne le logement dans les mansiones, soit en ce qui concerne la nourriture. Mais ce à quoi avait droit le voyageur officiel variait naturellement beaucoup selon les lieux et aussi selon le rang du voyageur. Les services qu'il reçoit

particulier pour les voyages impériaux, a une portée très étendue (p. 329, note 1). L'usage de la poste est donc exclusivement restreint à ceux à qui l'empereur l'accorde directement ou par intermédiaire et qui reçoivent, à titre de pièce justificative, une lettre de poste (diploma) (1). Les véhicules et les attelages nécessaires et les autres choses dont on avait besoin ont été obtenus des cités par voie de réquisition (2), jusqu'à ce qu'à la suite de l'abus criant fait de cette institution par des gouvernants antérieurs à Domitien (3) et, par dessus tout, par Domitien lui-même dans ses voyages (4), ce service fut mis par les empereurs subséquents à la charge du fisc (o). Cependant, même dans la

ressortent surtout lorsqu'il ne trouverait pas sans cela au dehors l'abri nécessaire pour voyager et, lorsque la poste est utilisée par l'empereur ou des personnages haut placés.

(1) V. les détails dans Hirschfeld, Untersuch. p. 104 et ss. Nous pouvons seulement remarquer ici que la délisrance d'un diplôme en son propre nom était regardée comme une usurpation du principat (Tacite, Hist. 2, 65) et que pendant l'intervalle qui sépara la mort de Néron de l'arrivée de Galba à Rome, on discuta le point de savoir si la délivrance des lettres de poste appartenait aux consuls ou au prœfectus praetorio (Plutarque, Galb. 8) ; ce qui revenait à se demander si Galba était ou non déjà reconnu comme souverain légitime.

(2) Plutarque, Galb. 8.

(3) Un édit de l'an 48 de l'empereur Claude duquel un exemplaire s'est conservé à Tégée en Arcadie [Eph. ep. V, n. 187 = C. 1. L. III, suppl. 7251) commence en exprimant le regret que l'empereur ait à plusieurs reprises vainement essayé et colonias et municipia non solum Italiae, verum etiam provinciarum, item cwitat{es] cujusque provinciae lebare oneribus ver[sedo]rum prsebendorum.

(4) Pline, Paneg . 20 : Sullits in exigendis vehiculis tumultus, nullum cirea hospitia fastidium. . . quam dissimilis nuper alterius principis transitus, si tamen transitus ille, non populatio fuit, cum abactus (peut-être abactu ou abactibus) hospitium exei'ceret (le texte qui nous a été transmis porte, peutêtre avec raison, exereret) omniaque dextra lœvaque perusta et attrita. Cf. p. 322, note l, et Suétone, Tib. 38.

^5) Il y a des monnaies de Nerva avec la légende Vehiculatione Italiae remissa (Eckhel. 6. 408 , d'après laquelle la remise se restreignait à l'Italie. Trajan modifia aussi le régime des postes (Victor, Cœs. 13, 6). Mais les véritables créateurs du cursus fiscalis furent Hadrien [Vita, 7) et, après que la poste fut redevenue une charge communale, Sévère {Vita, 14). — Les mancipes et junctm-es jumentarii viarum Appise, etc., qui offrent des présents aux praefecti vehiculorum en 214 et 226 sont nécessairement les premiers les redemptores de ce service des voitures et les seconds (cf. Dig. 50, 16, 203) les voituriers. Si les premiers sont, comme il semble, Xt^mancipes viarum cités chez Tacite,

période postérieure on ne s'est pas seulement déciiargé abusivement d'une partie de ces frais, probablement très considérables, sur les cités et les particuliers; l'État ne s'est, en outre, probablement jamais chargé que des prestations courantes et ordinaires fixées à une certaine moyenne, tandis que, dans les cas extraordinaires, en particulier lors des voyages impériaux, on a certainement toujours recouru en même temps à de larges réquisitions faites sans grande indemnité.

Districts postaux. Eu vuc de cc scrvice de voitures de poste, l'ensemble de l'empire a été divisé, dans la période récente, en districts postaux (1) à la tête de chacun desquels était placé un prsefectus vehiculorum, le plus souvent de rang équestre. Ces directeurs des postes sont classés entre eux d'après leurs appointements et ont à peu près le même rang que les procurateurs provinciaux (2), Le plus haut placé et le mieux appointé est celui de la voie Flaminia de Rome à Ariminum, qui était la grande artère, par laquelle s'effectuaient principalement à cette époque les relations entre la capitale et

Ann. 3, 31, et dans les inscriptions C. /. L. VI, 8468. 8469 (oî èpvoXapT.aavxéî •Cl Tap' aÙTwv — les curatores viarum — chez Dion, 59, 15), l'entretien des routes italiques et le service des postes leur étaient affermés simultanément et ils étaient à la fois en rapports avec les curatores viarum et les prefecti vehiculorum.

(1) Via Flaminia dans les deux inscriptions citées p. 329, note 1, et dans une troisième, C. /. L. X, 7583. — VisE Appia, Trajana, item Annia cum ramulis (probablement trois districts soumis à trois prsef, vehiculorum : inscription de Rome de Tan 214, Bull, delta comm. mun. 12, année 1884, p. 8. 9. — Vise... ciœ Veneti[œ Tra]nspadanse, A[emiliœ] (également sans doute plusieurs districts postaux : inscription de Rome de l'an 226, toc. cit. p. 9). — Gallia : C. I. L. VI, 1641. — Lugdunensis, Nai'bonensis, Aquitanica : C. I. L. VI, 1624 = XIV, 170. — Pannonia utraque, Mœsia superior, Noricum : C. I. L. III, 6075. — Le procurator pugillationis et ad naves vagas récemment découvert dans le territoire de Laurentum, un affranchi impérial évidemment employé au service de l'empereur dans les ports du Latium (C. /• L. XIV, 2043) a été rapporté par Henzen à une poste maritime ; on pourrait plus vraisemblablement y voir un employé chargé d'enregistrer (pugillatio) les navires venant à titre isolé dans les ports latins (par opposition aux flottes permanentes du service des grains).

(2) Les praefecti vehiculorum sont, selon leur traitement ou ducenarii (C. I. Gr. 5893, rapproché de p. 329, note 1 ; C. /. L. X, 6662. 7580) ou centenarii {C. I. L. X, 5780) ou sexagenarii (C. /. L. VI, 1624).

les pays transalpins et par laquelle l'empereur se rendait ordinairement à l'armée en cas de guerre. Ce directeur ajoute en conséquence parfois à son titre officiel le complément a copiis Augusti (1).

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