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CHAPITRE PREMIER

DES PIÈCES d’appareil.

On appelle appareil l’assemblage de toutes les choses nécessaires pour faire un pansement : ainsi la charpie, les plumasseaux, les boulettes, les bourdonnets, les tampons, les mèches, les tentes, le séton , les bandelettes découpées , les compresses carrées ,

longuettes, graduées, en croix de Malthe, fendues, fenêtrées ou criblées, les emplâtres agglutinatifs , la pelote, les coussinets, les attelles , les liens , la palette , la semelle et l’archet font partie des appareils de pansement.

La charpie est un assemblage de filamens enlevés à des morceaux de linge de trois ou quatre pouces environ de longueur et de largeur, à demi usés , d’un tissu peu serré, et blancs de lessive. On distingue deux espèces de charpie, la charpie hruie et la charpie râpée,

La charpie brute, c’est-à-dire telle qu’elle sort des mains de celui qui la fait , est ou fine ou grossière , selon la qualité du linge que l’on emploie à sa composition. La première , destinée pour les pansemens , et comme l’on dit pour le dessous de l’appareil , est éminemment propre à abriter les plaies et à se charger des humidités qu’elles fournissent. L’autre, composée de filamens plus gros , durs au toucher, roides , ne doit tout au plus être admise que pour

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îes couches extérieures des pansemens.

, La charpie râpée se fait en raclant du linge fin ou de la charpie longue avec la lame d’un instrument tranchant. Elle absorbe plus promptement le pus et paraît plus irritante que la charpie ordinaire.

Les plumasseaux sont des gâteaux de charpie dont les brins arrangés les uns à côté des autres sont repliés à leurs extrémités et aplatis entre la paume des mains ( P. I , F. I ). Il est des chirurgiens qui coupent les deux extrémités du plumasseau avec les ciseaux au lieu de les replier. Ce procédé, plus expéditif, est vicieux , pa^ce que à la levée des appareils on ne peut enlever en une fois la charpie.

On fait des plumasseaux ronds , ovales, grands , moyens , petits ; ils ne doivent être ni trop épais , parce qu’ils chargeraient la partie, ni trop minces , parce que le pus les transpercerait promptement , ou qu’on ne pourrait les recouvrir d’une dose suffisante de matières médicamenteuses.

Les houlettes sont de petites masses de

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charpie , sphé ri formes , grosses comme des noisettes ou de petites noix (P. I, F. 2). On les emploie pour absorber le pus qui se trouve au fond d’une cavité , pour comprimer une plaie saignante, ou y porter quelque substance médicamenteuse à l’état liquide ou pulvérulent.

Les hourdonnets sont de petits rouleaux de charpie de forme olivaire , liés ou non par le milieu de leur longueur (P. I, F. S). Ils servent à tamponner une plaie non réunie, à y porter des poudres médicamenteuses dans le cas d’hémorrhagie, à entretenir ou dilater les ouvertures des parties molles. Veut-on les placer dans une plaie profonde ou dans l’intérieur d’une cavité ? 11 faut auparavant les lier par le milieu avec un fil , afin de pouvoir les retirer commodément , ou de les empêcher de se porter trop loin.

Les tampons sont des boules ou de gros hourdonnets de charpie dont on se sert souvent pour arrêter une hémorrhagie.

On appelle mèche , plusieurs filamens de

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charpie, réunis à peu près parallèlement en une sorte de petit cordon que l’on replie sur lui-mème (P. I, F. 4). On l’emploie pour entretenir une plaie béante , ou pour l’obliger à ne se réunir que du fond vers la surface, comme cela doit avoir lieu après l’opération de la fistule à l’anus.

Les tentes ne diffèrent des mèches qu’en ce qu’elles sont plus grosses et formées d’un plus grand nombre de fils toujours liés par le milieu.

Le séton est une bandelette de linge fin , effilée sur ses bords (P. I, F. S) , ou une mèche cylindrique de coton à broder, qu’on passe à travers certaines parties dans lesquelles on veut exciter l’inflammation et la suppuration.

La bandelette découpée est un petit morceau de linge, large tout au plus d’un travers de doigt , dont l’un des bords est découpé de fentes obliques ( P. I, F. 6 ) , et qui , enduite de cérat , sert à entourer les bords d’une plaie ou d’un ulcère, pour empêcher que la charpie ou les autres pièces d’appa-

reil dont on les couvre ne s’y attachent.

Les compresses sont des pièces de linge destinées dans les pansemens à contenir la charpie, préserver les plaies du contact de l’air, égaliser la surface des membres, comprimer quelques parties molles. Elles doivent être faites de linge blanc de lessive , d’une finesse médiocre, à demi usé et coupé à droit fil. Il faut qu’elles n’aient ni ourlets, ni lisières, ni plis irréguliers.

Le linge qui sert à former les compresses est ordinairement plié en deux , plus rarement en trois. En général on lui donne la forme d’un quadrilatère dont les grands côtés ont deux fois la longueur des petits ; ce qui permet, en les ployant en travers, d’obtenir un carré parfait ( P. I , F. 7 ) , et , en appliquant un des angles de ce carré à l’angle opposé, d’avoir des triangles.

Les compresses longuettes ont trois à quatre fois plus de longueur que de largeur, et servent à entourer et à affermir les appareils et les parties (P. I, F. 8).

Les compresses graduées régulières sont

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repliées plusieurs fois alternalivement sur elles-mêmes, et leurs plis se recouvrent tous entièrement (P. I , F. 9 ). Quelques autres sont repliées de la même manière; leurs plis, de plus en plus étroits , se recouvrent de moins en moins ; ce sont des compresses graduées pyramidales ( P. I, F. 10 ). Ces compresses sont destinées à expulser , à écarter ou à comprimer quelques parties. Pour les préparer, on prend une pièce de linge d’un pied de longueur environ et d’une largeur subordonnée à l’étendue des parties qui doivent être soumises à leur action ; on la plie et replie en travers, alternativement dans un sens et dans l’autre, depuis un bout jusqu’au bout opposé. Ces plis, d’une largeur de deux travers de doigt environ, se recouvrent régulièrement dans toute leur largeur , si l’on veut une compresse graduée régulière. Si l’on veut au contraire une compresse graduée pyramidale , les plis se rétrécissent graduellement jusqu’au dernier, qui doit être le plus étroit et figurer en quelque sorte le sommet de la pyramide.

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La croix de Malthe est un morceau de linge carré , plié en quatre , dont on divise les quatre angles à la fois avec des ciseaux jusqu’auprès du centre (P. I , F. 11 ). Elle sert principalement dans le pansement des parties saillantes , comme le moignon d’un membre, d’un doigt, de la verge , qui ont subi une amputation.

Les compresses fendues sont principalement en usage dans les amputations pour relever les chairs lorsqu’elles sont coupées , et les écarter du trajet que doit parcourir la scie dans la section de l’os. On ne leur donne que deux chefs dans l’amputation de la cuisse et du bras( P. I, F. 12l ) ; elles doivent avoir trois chefs pour celle de la jambe et de l’a^ vant-bras (P. I, F. IS).

Les compresses criblées ou fenêtrées^ c’està-dire percées d’un plus ou moins grand nombre de trous (P. 1, F. 14), conviennent spécialement pour les premiers panseraens tant que la suppuration n’est pas abondante ; elles tapissent tout le fond de la plaie , et procurent l’avantage d’enlever promptement

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et sans douleur toutes les pièces profondes de l’appareil qui se décollent , pour ainsidire, en un temps.

Les etnplâtres agglutinatifs sont des morceaux de taffetas gommé , de linge ou de peau couverts d’une substance emplastique , que l’on emploie sous la forme de bandelettes soit pour réunir les lèvres d’une plaie ou d’un ulcère , soit pour maintenir un topique sur la peau.

Lsl pelote est un tampon de charpie enveloppé dans un morceau de linge dont les angles et les bords rapprochés sont liés ensemble et qui est spécialement destiné à servir de moyen compressif dans les hémorrhagies.

Les coussinets , connus encore sous les noms de sachets, de remplissages , sont des sacs allongés remplis aux trois quarts de balles d’avoine, que l’on place entre les attelles et les bandages dans le pansement des fractures (P. I, F. 15). Ils remplacent avantageusement les remplissages de linge, et doivent être un peu plus longs et un peu plus lar-

ges que les attelles. On donne encore le même nom aux petits oreillers en crin, en balle d’avoine, destinés à soutenir les membres blessés ou fracturés. '

Les attelles ou éclisses sont de longues et minces pièces de bois ou de carton, que l’on emploie dans le traitement des fractures pour maintenir les fragmens en contact et prévenir leur déplacement (P. I, F. 10). Elles varient en grandeur et en épaisseur, et doivent être proportionnées aux parties auxquelles on les applique.

Les attelles de bois conviennent aux fractures qui arrivent chez les jeunes gens , les adultes et les vieillards ; les attelles de carton à celles qui arrivent chez les enfans. On fait ces dernières avec du carton épais ; on les mouille avant de les appliquer , ce qui les ramollit, et leur permet de se mouler exactement sur le membre. Une fois sèches, ces attelles ont repris beaucoup de solidité , et maintiennent les parties dans la plus parfaite immobilité.

Les liens sont des bandelettes de rubans

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OU de toile destinées à assujettir et lier quelques pièces d’appareils de fractures. Leur nombre est relatif à l’étendue de la partie ; il faut toujours les nouer en dehors. Les liens dont on fait usage pour opérer l’extension ou la contre-extension des membres , sont ordinairement formés de serviettes ou de draps pliés suivant leur longueur , et connus sous le nom de lacs.

La palette est une petite planche de bois , mince et légère , découpée grossièrement suivant la forme de la main , et dont on se sert pour soutenir la main et les doigts dans les maladies qui peuvent affecter ces parties.

La semelle est une plaque de bois taillée en forme de semelle de soulier , percée de deux mortaises près de ses bords, et destinée à soutenir le pied, à l’empècher de s’étendre ou de se renverser en dedans ou en dehors dans les fractures des membres inférieurs. Aujourd’hui on a généralement remplacé cette pièce par une simple bande que l’on fixe au pied par son milieu au moyen d’un

tour circulaire , et dont les chefs croisés viennent ensuite s’attacher de chaque côté de l’appareil.

V archet ou arceau est une planche de bois très-mince et recourbée en demi-cercle qu’on place sur les membres ou sur les parties malades pour les préserver du contact des couvertures.

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