I. Huit de r épaule
Le huit de l’épaule sé fait avec une bande de sept aunes de long sur trois travers de ' doigt de large, roulée à un globe. On commence par faire deux circulaires autour du
bras du côté malade, en tournant, par exemple, de dehors en dedans et d’avant en arrière ; on remonte ensuite derrière et sur l’épaule ; on descend obliquement au-devant de la poitrine , sous l’aisselle du côté sain ; on passe obliquement derrière le dos, devant l’épaule, sous l’aisselle du côté malade, puis derrière et sur l’épaule du même côté, pour recommencer un nouveau huit de chiffre , et continuer ainsi jusqu’à l’entier épuisement de la bande, que l’on arrête par quelques circulaires autour de la partie supérieure du bras. I
On peut se servir de ce bandage pour contenir des pièces d’appareil autour de l’épaule et sous l’aisselle.
IL Bandage de Desault pour la fracture de la clavicule.
Pour faire ce bandage , il faut un coussin de crin ou de laine piqué , fait en forme de coin , un peu moins long que l’humérus ,
BANDAGES DE l’ÉPAULE ET DU BRAS. 89
large de quatre a cinq pouces, épais de trois pouces vers sa base, à laquelle tiennentdeux rubans de fil ; deux bandes de sept à huit aunes de long, sur trois travers de doigt de large , et des compresses longuettes , pliées en plusieurs doubles.
Le malade étant assis, le chirurgien place le coussin sous l’aisselle ( P. V, F. 1, a a ) , et ramène les deux rubans devant et derrière la poitrine (P. V, F. 1 , b b) , pour les nouer sur l’épaule opposée. Cela fait, il saisit le coude du côté malade dont l’avant-bras est demi-fléchi ; il le ramène en devant , en haut et en dedans , le pousse et l’applique avec force contre la poitrine , et réduit par cette manœuvre les fragmens dans leur situation naturelle. Un aide est chargé de fixer d’une main le bras dans cette situation, tandis que de l’autre , il soutient l’avant-bras fléchi dans sa position horizontale.
Alors on prend une bande longue de sept à huit aunes sur trois travers de doigt de large; on commence par en placer le chef sous Faisselle du côté sain ; on la ramène de-
vant la poitrine , sur la partie supérieure du bras (P. V, F. 2 , a), on revient derrière la poitrine à l’aisselle, on assujettit le premier tour par deux autres circulaires (P. V, F. 2, b b), puis on descend par des doloires ouverts par en haut, jusqu’au coude (P. V, F. 2, c c c). Ces circulaires descendans doivent se recouvrir dans le tiers au moins de leur largeur , et doivent être de plus en plus serrés, à mesure qu’on appro* che de la partie inférieure du bras; le reste de la bande est employé en circulaires sur le coude et la partie voisine de l’avant-bras (P. V, F. d d d) , et on attache son extrémité par une épingle.
Cette première bande appliquée , on place des compresses longuettes , imbibées d’eau végéto-minérale , le long de la clavicule fracturée. On prend ensuite une seconde bande , au moins aussi longue que la précédente , on en place le chef sous l’aisselle du côté sain, on la conduit obliquement par devant la poitrine, sur les compresses qui recouvrent les parties fracturées (P. V, F. â ,
BANDAGES DE l’éPADLE ET Dü BRAS. 91
a a), on passe derrière l’épaule et le bras , sous le coude (P. V, F. g, b), d’où on la fait remonter obliquement par==devant la poitrine (P. V , F. S , c c ) , jusqu’à l’aisselle saine ; ensuite on remonte derrière la poitrine, sur les compresses qui couvrent la clavicule, on descend devant l’épaule et le bras(P. V, F. S, d d d), jusque sousle coude, on remonte obliquement derrière la poitrine jusque sous l’aisselle du côté sain , où on couvre le chef de la bande ; ensuite on la porte obliquement par-devant la poitrine (P. V, F. S, e e), sur les pièces fracturées , derrière l’épaule , le bras , sous le coude ; de là on remonte obliquement devant la poitrine, sous l’aisselle saine (P. V, F, S, f f), derrière la poitrine , sur les parties fracturées; on descend devant l’épaule, le bras , jusque sous le coude (P. V, F. 3 , g g g); ensuite on remonte derrière la poitrine, sous l’aisselle du côté sain, et le reste de la bande est employé en circulaires et doloires conduits en devant de la poitrine sur le bras , derrière la poitrine ( P. V, F. 4 , a a a a a).
Enfin, on assujettit les tours de bande avec des épingles , on soutient la main par Je moyen d’une petite écharpe , et on couvre le tout d’un bandage de corps.
Le bandage de Desault remplit parfaitement les indications proposées; il n’a d’autre inconvénient que de se déranger facilement, ce qui oblige le chirurgien de le réappliquer fréquemment.
IlL Bandage de Boyer pour la fracture de la clavicule.
Ce bandage consiste , 1° dans une ceinture de toile piquée, large d’environ cinq pouces, et assez longuepour entourer le tronc à la hauteur du coude (P. V, F. 5, a a a). Sur sa face externe sont cousues quatre boucles , deux antérieurement et deux postérieurement (P. V , F. 5 , b b b b ) , et à ses extrémités sont fixées d’un côté trois boucles (P. V, F. 5, c c c), et de l’autre trois courroies ( P. Y 5 F, S , d d d) ; 2“ un bracelet
BANDAGES DE 1,’éPAÏILE ET DU BRAS. 9S
de toile neuve et piquée , moins large que la ceinture , et assez long pour entourer la partie inférieure du bras (P. V, F. 6 , a a); il porte à sa face externe deux courroies de chaque côté (P. Y, F. 6 , b b b b ), et sur les bords des œillets pour recevoir un lacet (P. V, F , 6 , c c c c ); S® un coussin cunéiforme , pareil à celui du bandage de Desault.
On place le plein de la ceinture (P. V, F. 7, aa ) sur les parties latérales de la poitrine , du côté malade ; on fixe ses extrémités par trois courroies qui passent dans trois boucles, et on maintient cette ceinture avec un scapulaire (P. V, F. 7, dd); on place le coussin entre le bras et la poitrine (P. V, F. 7, e e) , et on l’assujettit au moyen de deux liens adaptés à ses angles supérieurs, qui passent devant et derrière la poitrine pour être noués sur l’épaule du côté sain (P. V, F. 7, ff ); on place le bracelet à la partie inférieure du bras, et on le fixe avec un lacet (P. Y, F. 7 , g g ) ; on prend les deux courroies antérieures et on les passe dans les
boucles qui sont sur la partie antérieure de la ceinture (P. V,F.7, hhhh); les deux autres courroies sont portées dans les boucles qui sont fixées sur sa partie postérieure ( P . V, F.7,iii i). On serre d’abord les deux courroies antérieures pour ramener et retenir le coude sur les côtés du tronc , et les deux autres étant fixées , le coude reste immobile dans la position où on l’a placé ; enfin , on soutient le poids de l’extrémité supérieure au moyen d’une écharpe qui embrasse l’avantbras , la main et le coude , et qui est fixée sur l’épaule du côté sain.
Ce bandage, plus simple et plus facile à appliquer que celui de Desault, doit lui être préféré dans les fractures transversales de la clavicule.