‹ Manuel des confesseurs (volume 2)Chapitre 23 sur 45 · PS. CXLII · texte numérisé non relu

PS. CXLII

l'amour de Jésus, ayez pitié de moi. Jamais plus, Seigneur; désormais que j'aie encore beaucoup ou peu à vivre, mon Dieu, je veux vous aimer. En expiation de mes péchés, je vous offre ma mort et les souffrances que j'endurerai jusqu'à ma mort. Seigneur, vous avez raison de me punir, je vous ai trop offensé; mais je vous supplie, punissez-moi ici, et point là. 0 Marie! oblenezmoi une véritable contrition de mes péchés, le pardon et la persévérance.

Senti- 386. — D'amour. Mon Dieu, parce que vous d'aiKour, êtes la bonté infinie, digne d'un amour infini, je vous aime par-dessus toute chose, je vous aime plus que moi-même, je vous aime de tout mon cœur. Mon Dieu, je ne suis pas digne de vous aimer, puisque je vous ai offensé; mais, pour l'amour de Jésus, faites que je vous aime. Oh ! que je voudrais que tous les hommes vous aimassent! Je me réjouis de penser que vous êtes infiniment heureux. Mon Jésus, je veux souffrir et mourir pour vous, qui avez tant souffert et qui êtes mort pour moi. Traitez-moi, Seigneur, comme il vous plaira, mais ne me privez pas du bonheur de vous aimer. Mon Dieu, sauvez-moi ; vous aimer est mon salut. Je désire le paradis pour vous aimer éternellement et de toutes mes forces. Mon Dieu, ne m'envoyez pas en enfer, comme je le m.érile; là je vous haïrais, mais je ne veux pas vous haïr : quel mal m'avezvous fait. Seigneur, pour que je vous haïsse?

Faites que je vous aime, et envoyez - moi où il vous plaira. Je veux souffrir autant qu'il vous plaira, je veux mourir pour vous plaire. Mon Jésus, atiachez-moi à vous ; ne permette/, pas que jamais je me sépare de vous. Rendez-moi tout vôtre, ô mon Dieu, avant que je meure. Quand sera-ce que je pourrai dire : Mon Dieu! je ne peux plus vous perdre ? 0 Dieu ! je voudrais vous aimer autant que vous le méritez. 0 Marie! attirez-moi tout entier à Dieu. !Ma bonne mère, je vous aime beaucoup, beaucoup ; je veux aller vous aimer pour toujours dans le paradis.

387.— De résignation. Toute notre perfection, Seniitout notre bonheur, l'unique fin de notre vie, c'est ^^j"!^,^^ de nous conformer à la volonté de Dieu. Vila in lion. voluntaîe ejus\ Dieu veut tout es qu'il y a de meilleur pour nous. Le Sauveur apparut à sainte Gertrude, lui offrant la mort ou la vie. Je veux, Seigneur, répondit la sainte, ce que vous voulez. De môme, il apparut à sainte Catherine de Sienne, lui présentant une couronne de joie et une autre d'épines, afin qu'elle choisît : Je choisis, répondit la sainte, celle qui vous plaira.

Affections. Et maintenant, N., si Dieu vous appelle à lui, n'étes-vous pas content? — Oui, mon père. — Dites donc toujours : Seigneur, me voici ; faites de moi tout ce qu'il vous plaira. Que votre volonté soit toujours faite, je veux tout ce que vous voulez. Je veux souffrir autant que, vous

' Fi. XXIX, ô.

le voudrez, je veux mourir quand vous voudrez. Je remets entre vos mains mon ème et mon corps, ma vie et ma mort. Benedicam Dominum in omni tempore. Que vous me consoliez ou que vous m'affligiez, ô mon Dieu ! je vous aime et veux toujours vous aimer. Père éternel, j'unis ma mort à celle de mon Sauveur, et, ainsi unie, je vous l'offre. 0 volonté de Dieu 1 vous êtes mon amour. 0 bon plaisir de mon Dieu ! je me sacrifie tout à vous.

Senti- 388. — De désir du paradis. Blosius * rapporte dés!/ du plusieurs révélations qui montrent que dans le paradis, purgatoirc il y a des âmes qui souffrent une peine particulière, appelée peine de désir ou de langueur, à cause de leur tiédeur à désirer le paradis. Cette vie est une prison où nous ne pouvons voir Dieu. De là cette prière du roi David : Educ de custodia animam meam ^, et de saint Augustin : Eia, Domine, moriar ut te videam. Saint Jérôme appelait la mort sa sœur, et lui disait : Aperi mihi, soror mea, et avec raison, car c'est la mort qui nous ouvre le paradis. C'est pourquoi saint Charles Borromée, voyant un tableau où la mort était peinte avec une faux à la main, ordonna au peintre d'effacer la faux et de la remplacer par une clef d'or, comme étant la clef du ciel. Il est donc bien de parler souvent aux malades du bonheur du paradis, en leur rap-

' Mors spir., JC.-13.

2 Ps. CXLI, 8.

pelant ce que dit saint Paul : Oculus non vidit, nec auris audivit, nec in cor hominis ascendit quœ preparavit Deus diligentibus se '.

Affections. Quando veniam et apparebo ante faciem Dei ^ ? Quand sera-ce, mon Dieu, que je vous verrai ; beauté infinie, quand sera-ce que je vous aimerai? Je vous aimerai toujours dans le paradis, et toujours vous m'aimerez ; ainsi nous nous aimerons éternellement, ô mon Dieu! mon amour, mon tout. Mon Jésus, quand baiserai-je ces plaies reçues pour moi? O Marie ! quand sera-ce que je serai aux pieds de cette mère qui m'a tant aimé et tant protégé? Eia advocata nostra, illos tuos miséricordes ocuîos ad nos converte, et Jesum benedictiim fructum ventris tui nobis post hoc eœilium ostende.

389. — Affections à svgge'rer en donnant à bai- Semiser le crucifix. Mon Jésus, ne regardez pas mes Tv^^'^^er péchés, mais ce que vous avez souffert pour moi. •"" Souvenez-vous que je suis une de vos brebis à baiser pour laquelle vous êtes mort ; j'accepte de mou- ^^^^ 'f^ rir pour vous, ô mon Jésus 1 qui avez voulu mourir pour moi. Vous vous êtes donné tout à moi, je me donne tout à vous. Seigneur, vous avez souffert plus que je ne souffre : vous innocent, et moi pécheur. Mon frère, baisez ces pieds qui ont tant fatigué pour vous chercher, pour vous sauver. Dites : Mon aimable Rédempteur,

' 1 Cor., II.

* Ps. XLÏ.

j'embrasse vos pieds comme la Madeleine ; faitesmoi entendre que vous m'avez pardonné. Mon Dieu, pour l'amour de mon Sauveur, pardonnezmoi et accordez-moi la grâce d'une bonne mort. Père éternel, vous m'avez donné votre Fils, je me donne moi-même à vous. Mon Jésus, je vous ai payé d'ingratitude, ayez pitié de moi ! J'ai mérité tant de fois i'enfer, punissez-moi en cette vie et non pas en l'autre. Vous ne m'avez pas abandonné lorsque je vous fuyais, îie m'abandonnez pas maintenant que je vous cherche. Jesu dtilcissime, ne permittas me separari a te. Quis me separahit a charitate Christi? Domine Jesu Christe, per illam amaritudinem quam sustinuit nobilissima anima tua, quando egressa est de benedicto corpore tuo, miserere animœ meœ peccatrici in egressu de corpore meo. Amen. Mon Jésus, vous êtes mort pour l'amour de moi, je veux mourir pour l'amour de vous.

Senti- 390. — Sentiments à suggérer aux religieux suge^'rer ^^ '^^^ pvètres mourauts. In pace dormiam et aux requiescam. Que je suis heureux si je perds tout et'^aux'' pour VOUS possédcr, ô mon souverain bien ! In pièaes fyidfins tuas commendo spiritum meum. Ne pro-

mourants. * ^ . ■*

jicias me a facie tua. Jesu dulcissime, ne permittas me separari a te. Avec saint François : Amore amoris tui moriar qui amore amoris mei dignatus es mori. Cor contritum et humiliatum Deus non despicies. In te, Domine, speravi; non confundar in œternum. Diligam te, Domine,

forlitudo mea.Eiamoriar, Domine, ut te videam. Quid mihi est in cœlo? Et a te quid volui super terrain ? Deus cordis mei et pars mea Dcus in œternum. Dominus illuminalio mea et salus mea quem timebo? Pater, peccavi, non surn dignus vocari filius tuus. Averte facieni tuam a peccatis meis. Tuus sum ego, sahum me fac. Quis nos separabit a charitale Christi? Amorem tui soîum cum gratia tua înihi doues, et dives sum satis. Dilectus meus mihi, et ego illi. Misericordias Domini in œternum cantabo. Sancta Maria mater Dei, ora pro nobis peccaloribus. Vita, dulcedo, spes nostra, salve. Refugium peccatorum, ora pro nobis. Maria, mater gratiœ, mater mi^ericordiœ, tu nos ab hoste protège, et hora mortis suscipe. 0 salus te invocantium '.

391. — Je vous ai déjà dit, au n° 373, que ^*'' lorsqu il y a danger prochain de mort, ou que les le prêtre est arrivé avec le saint viatique, il '^«^""^» n'est pas nécessaire, si la confession est longue, ''«-nis et de la faire entière ^. Souvenez-vous de plus, ,nanlère 1" qu'à l'article de la mort tout prêtre peut ab- ■'' '•* • soudre de tous les cas et censures réservés, recevoir suivant la déclaration du concile de Trente ', et cela non -seulement à l'article, mais dans le seul danger de mort, ainsi que nous l'avons prouvé ^ Seulement, quant aux censures réser-

* Saint Bonav.

« Lib. C, n, 89.

' Scss. 14, c. 7. ■• Lil), C, n. oCI.

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