C. Vous vous repentez de tout votre cœur, n'est-ce pas
P. Oui, mon père.
Que le Seigneur vous bénisse, etc.
Avecles personnes qu'on suppose déjà instruites de ces mystères, l'interrogation ci-dessus n'est pas nécessaire ; elle les offenserait même. Néanmoins, pour mettre en sûreté un point si important, si elles ont vécu dans la négligence de leur salut, et si par l'ensemble de leur confession on peut conjecturer que par le passé elles ont manqué de faire les actes précédents, il sera très à propos de leur insinuer doucement que, pour rendre leur confession plus utile, il est bon de commencer d'abord par les actes de foi, etc. Et s'il leur convient do les faire avec le confesseur pour s'exciter davantage à la dévotion, on peut se servir de ceux que nous venons d'indiquer. Ces actes finis, le confesseur pourra leur faire une courte exhortation pour les engager plus efficacement à détester leur vie passée, et à commencer une vie nouvelle en tout; puis il terminera de la manière suivante :
C. Vous vous accusez donc de tous les péchés mortels commis pendant toute votre vie, tant de ceux que vous avez confessés que de ceux que vous ne connaissez pas, ou que vous ne vous rappelez pas, ou que vous ne savez pas bien expliquer;
comme aussi de tous les péchés véniels, mensonges, impatiences, curiosités, vanités, gourmandises et autres semblables. Vous me promettez de quitter toutes les occasions dont nous avons parlé, et de faire toutes les restitutions de la manière dont nous sommes convenus, avec la trèsferme résolution de changer tout à fait de vie, et vous le promettez de tout votre cœur, n'est-ce pas ?
P. Oui, mon père, je le promets de tout mon cœur; oui, de tout mon cœur : je veux changer de vie et vivre désormais en bon chrétien.
C. Si vous avez quelque autre chose, dites-le, ne craignez pas, ayez pleine confiance.
P. Par la grâce de Dieu, il me semble que j'ai tout dit et que je n'ai rien oublié.
C. La pénitence que je vous impose doit être proportionnée en partie à tant de mauvaises habitudes que vous avez entretenues durant un si grand nombre d'années, à tant de pénitences omises, et, ce qui est bien plus grave, à tant d'iniquités et de sacrilèges dont vous vous êtes rendu coupable. Ainsi, pendant un an, vous vous confesserez au moins une fois le mois ; et si vous vous approchez plus souvent encore du sacrement de pénitence, ce sera encore mieux pour vous. Pendant deux mois, vous réciterez chaque jour la troisième partie du rosaire, et si en le récitant vous pensez un peu aux mystères, oh! quel fruit vous^ en retirerez pour votre âme !
Pendant ces deux mois, vous réciterez, matin et soir, trois Ave Maria à l'honneur de l'immaculée Conception de la très-sainte Vierge Marie, formant dans votre cœur un acte de contrition, et, le matin, une ferme résolution de ne pas pécher durant le jour, et le soir, de no pas pécher durant la nuit. Oh! quelle admirable pratique 1 oh! quel puissant préservatif pour ne jamais pécher! Si dans votre pays est établi le salutaire exercice du chemin de la Croix, visitez-en cinq fois les stations pour gagner les indulgences ; s'il n'y est pas érigé, visitez cinq fois l'église la plus fréquentée du lieu, récitant chaque fois cinq Pater et Ave à l'honneur des cinq plaies de Notre- Seigneur.Voilà votre pénitence. J'y mets cependant cette condition : c'est que, s'il vous arrive quelquefois de l'oublier, ou d'être empêché par quelque grave occupation, vous puissiez la remettre à un autre temps plus opportun, sans vous en faire un cas de conscience. Vous mériteriez des jeûnes, des disciplines et autres austérités : je les ferai pour vous ; je suis content que vous fassiez cette pénitence si douce et si légère. Je vous la donne pour quelque temps, parce que je désirerais qu'après ces deux mois vous la fissiez par dévotion le reste de votre vie. Renouvelez maintenant votre acte de contrition et dites de c(L'ur: Mon Seigneur Jésus-Christ, je me repens, etc. Heureux si ces paroles partent du fond de votre cœur. Dominui Nosler Jcsus Christ us, etc.
Dieu vous bénisse, allez en paix ; songez que vous avez reçu un nouveau baptême et que vous venezde naître à unevie nouvelle ; ne commeiiez plus de péché mortel, ayez une entière confiance en la miséricorde de Dieu que vous vous sauverez. 11 est inutile que vous fassiez désormais une confession générale. Croyez-moi, vous avez bien fait celle-ci, ne pensez plus au passé; je vous conseille, néanmoins, de faire chaque année la confession annuelle, afin que tenant votre conscience pure et nette aux yeux de Dieu, vous obteniez la vie éternelle ; que Dieu vous l'accorde.
Voilà, mon cher lecteur, un modèle de la confession générale. Lisez-le, relisez-le bien d'un bout à l'autre, et s'il n'est pas de votre goût parce qu'il ne vous paraît pas adapté à vos besoins, sachez qu'il est libre au confesseur de le diminuer, de l'augmenter et de l'accommoder en tout et pour tout à votre état. Que si, malgré tout cela, votre délicatesse n'en est pas contento, du moins ne trouvez pas mauvais que les autres en profitent, et quand parmi tous ceux qui le liront il n'y en aurait qu'un seul qui s'en servît au profit de son âme, en faisant avec ponctualité et intégrité sa confession générale, je croirais avoir bien employé mon temps et ma peine, car je n'ai d'autre but que de donner quelques lumières aux jeunes confesseurs pour bien diriger les pauvres âmes, et leur apprendre à faire comme il faut la confes-
sion générale, et en même temps d'être utile aux pénitents, afin qu'ils se remettent entièrement à la direction des confesseurs, surtout des missionnaires, qui passent leur vie à travailler dans un ministère si saint, si glorieux à Dieu et si avantageux au prochain. Si je me suis trompé, qu'on corrige mon erreur. Je recevrai la correction comme une grâce dont je vous serai humblement obligé, et priez pour moi, afin que, voulant être utile aux autres, je ne vienne pas à perdre mon âme, car je crains avec l'apôtre : Ne forte cum alits prœdicaverim, ipse reprobus effxciar.
429. (Saint François de Sales, p. 629.) Sur u — Nous voici arrivés à la fin de la confession, de il ne s'agit plus que de donner l'absolution. Or, .,^°jj""i" avant que de donner la sainte absolution, vous tion. demanderez au pénitent s'il ne requiert pas humblement que ses péchés lui soient remis , s'il n'attend pas cette grâce du mérite de la mort et Passion de ISotre-Scigneur, s'il n'a pas volonté de vivre désormais en la crainte et obéissance de Dieu. Après cela, vous lui pouvez faire savoir que la sentence de son absolution, que vous prononcerez en terre, sera avouée et ratifiée au ciel; que les anges et saints du paradis se réjouiront de le voir revenu en la grûce de Dieu, et que parlant il vive désormais en sorte qu'à l'heure delà mort il puisse jouir du fruit de cette confession ; et puisqu'il a lavé sa conscience au sang Js
l'agneau immaculé, Jésus-Christ, il prenne gard e de ne la plus souiller. Telles ou semblables paroles de consolation étant dites, vous ôtez le bonnet pour dire les prières qui précèdent l'absolution. Et ayant proféré ces paroles : Dominus noster Jesus-Christua, vous vous couvrirez et étendrez la main droite vers la tète du pénitent, poursuivant l'absolution ainsi qu'elle est mise au Rituel. Il est vrai, comme dit le docteur Emmanuel Sa, es confessions de ceux qui se confessent souvent, on peut retrancher toutes les prières qu'on fait devant et après l'absolution, disant simplement : Ego te absolvo ah omnibus peccatis tuis, in nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. On en doit dire de même quand il y a une multitude de pénitents et que le temps est court; car on peut prudemment abréger l'absolution, ne disant sinon : Dominus noster Jésus Christus te absolvat, et ego auctoritate ipsius te ahsolvo ab omnibus peccatis tuis, in nomine Patris, etc. Comme aussi, quand il y a presse de pénitents qui se confessent souvent, on peut les avertir qu'ils disent le Confiteor à part eux, avant que de se présenter au confesseur, afin qu'immédiatement étant arrivés devant lui, et fait le signe de la croix, ils commencent à s'accuser, car ainsi il ne se fait nulle omission et l'on gagne beaucoup de temps. Le père Yalère Regnauld, de la Compagnie de Jésus, lecteur en théologie à
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Dôle, a nouvellement mis en liiniière un livre de la Prudence des Confesseurs, qui sera grandement utile à ceux qui le liront.
eïIAPITBE VI.