PRÉFACE. XIX
Les considérations suivantes peuvent faire sentir toute l'importance de cette approbation et de celles qui sont données par les censeurs romains aux ouvrages du même genre.
« Il y a une grande différence entre les » censeurs romains et ceux des autres » lieux. S'il arrivait qu'un censeur dio- » césain approuvât et laissât imprimer » un mauvais ouvrage, ce serait un grand » malheur sans doute, mais ce mal ne » serait en quelque sorte que particulier. » Les censeurs romains, il ne faut pas » l'oublier, sont les agents du souverain y pontife, nommés par lui-môme ou «par son représentant immédiat; et l'on » peut dire que le pape est caution de » leurs censures. Si donc un censeur ro- » main approuvait et surtout s'il louait » un ouvrage qui contînt un mot contraire » à ce que Rome enseigne ou permet d'en- » seigner, ce serait un grand mal pour » toute la catholicité, et le pape serait » obligé, en condamnant le censeur, de » publier sa fi\utc pour en arrêter les sui- » tes. il faut en conclure qu'on serait au » moins bien imprudent de blâmer un ou-