‹ Manuel des confesseurs (volume 3)Chapitre 61 sur 78 · Ici, je vous en fais l'aveu ; oh! com- 'i · texte numérisé non relu

Ici, je vous en fais l'aveu ; oh! com- 'i

. racontée

bien de fois je me suis senti pénétré de la plus par un vive douleur en voyant tant de dignes ccclésias- '^^"^''"

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tiques, pleins de zèle et de piété, mais dont l'éducation, ou la lecture exclusive des auteurs fameux par leur rigorisme, ou le peu d'habileté dans la science ascétique, a resserré le cœur, animés d'ailleurs de la plus sainte intention de conduire les âmes à la perfection, en les voyant, dis-je, saisis de frayeur, n'oser confesser, ou, s'ils confessent, jeter, sans le vouloir et sans le savoir, les âmes dans le trouble et la frayeur 1 Hélas 1 sans s'en douter le moins du monde, ils travaillent au même but que les ennemis secrets de l'Eglise catholique. Résolus de l'anéantir, ceuxci mettent en œuvre des artifices plus cachés et plus funestes que ceux de Luther et de Calvin. Ils commencent par ruiner l'usage des sacrements, non pas en niant leur existence comme les hérétiques, mais en exaltant de telle sorte leur sainteté et l'excellence des dispositions nécessaires pourles recevoir, quelesfidèlesépouvantés perdent l'espérance et même la pensée d'y apporter jamais de pareilles préparations, et en abandonnent la pratique. C'est dans ce but diabolique qu'ils ont composé et répandu une foule d'ouvrages sur les dispositions à la confession et à la communion, sur les qualités nécessaires aux confesseurs. Ceux qui ne sont pas-sur leurs gardes, ou qui sont mal instruits de leur arrièrepensée, n'y voient que la sainteté la plus parfaite, et la morale la plus sûre ; mais, dans la pratique, ils font que personne n'ose plus s'ap-

procher des sacrements. Il me souvient, à ce propos, d'avoir entendu, il y a bien des années, raconter le fait suivant au confesseur même à qui il était arrivé. Dans la guerre de 1733, un soldat français, passant par l'Italie, alla se confesser. Interrogé depuis quel temps il ne l'avait pas fait, il répondit en ces termes : « Il y a dix-huit ans; parce qu'étant allé me confesser dans mon pays et n'ayant pas de fautes bien graves, mon confesseur finit par me demander si j'aimais Dieu de tout mon cœur, de manière à n'aimer aucune créature en particulier, ma femme et mes enfants. Je lui répondis, qu'en vérité je me sentais pour eux une grande affection. Allez, me dit-il, priez afin de la perdre et de pouvoir aimer Dieu seul et purement; je vous donne, quinze jours, et vous reviendrez. Je retournai; il me demandas! j'avais renoncé à cette affection pour ma famille. Je lui répondis que j'avais prié ; mais que plus je priais, moins il mi' semblait être obligé à cela. Il me paraissait, au contraire, que j'étais obligé d'aimer ma femme, mes enfants et les affaires de ma famille. Allez, me dit alors ce confesseur, vous n'êtes pas diyne d'absolution. Je fus tellement rebuté de cette conduite (jue, depuis ce temps-là, je ne suis retourne ni à lui ni à d'autres. » Etait-ce parce qu'il était du nombre de ceux qui, sous l'apparence de la sainteté, cachent le projet d'abolir l'usage des sacrements, ou bien éiait-ce sans malice et

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par ignorance que ce confesseur en agissait de la sorte? Je n'en sais rien. Mais ce que je sais bien, c'est que ce pauvre soldat avait sur la conscience au moins dix-huit Pâques omis, c'està-dire des péchés qui, par leur nombre et leurs qualités, étaient beaucoup plus griefs que ceux dont il était coupable lorsqu'il fut se confesser dans son pays. Je sais que ce confesseur n'a que trop bien réussi, si tel était son biU, à éloigner des sacrements; je sais enfin qu'en voulant lui ôter l'amour de sa famille, non-seulement il a échoué, mais encore il lui a fait perdre l'amour de Dieu, et l'obéissance à l'Eglise pendant dixhuit ans.

105. — Un savant écrivain rapporte que, voyageant dans certaine province, il demanda à un homme si on était pieux[dans son pays. Cet homme lui répondit que le vieux curé, sous lequel il se faisait tant de bien, était mort, et que le nouveau ne donnait l'absolution à personne ; que, pourl'obtenir, il fallait savoir rfia6o/iceme«tiri, c'est-à-dire avec hardiesse et obstination : qu'ayant ainsi menti en se confessant, il avait été le premier à obtenir l'absolution du nouveau curé. 0 pénitent trompé par son propre mensonge ! Mais, ô curé imprudent dans sa rigueur, qui pousse ainsi ou à l'abus sacrilège ou à l'abandon fatal des sacrementsl Ne vous laissez donc jamais tromper à l'apparence de sainteté qu'offre au premier coup d'œil la morale rigide; elle

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semble être le moyen le plus sûr de rassurer voire conscience el la conscience des autres, et. de procurer la plus grande gloire de Dieu. Oui, elle le semble ; mais il n'en est pas ainsi dans la pratique. Au contraire, c est le moyen de faire abandonner la religion, de décourager et de pervertir les fidèles. Vous croyez directe et immédiate vous mettre, vous et les autres, à l'abri du péché ; mais indirecte et consequenter vous vous rendez coupable de mille péchés, vous par votre imprudence, et vos pénitents par le désespoir.

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