‹ Manuel des confesseursChapitre 26 sur 74 · PRÉFACE. XXVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXVII

paroles : Nihil censura dignum^ prononcées par la congrégation des Rites dans le décret de la béatification du bienheureux Alphonse, il faut se rappeler deux choses essentielles : 1* lorsqu'il s'agit de procédera la béatification de quelque serviteur de Dieu, on examine scrupuleusement ses écrits, jusqu'aux moindres opuscules qui peuvent intéresser la règle des mœurs ou les vérités de la religion; 2*^ on prend toujours le parti le plus rigide. « Ainsi une opinion peu conforme à la pureté des « préceptes évangéliques, et capable de porter atteinte « aux bonnes mœurs, un système suspect par sa noua veauté, principalement sur des questions frivoles; un « sentiment qui choque celui des Saints Pères et du « commun des chrétiens, ce sont des taches ineflaça- <c blés, pour lesquelles on impose un silence éternel à « la cause proposée. »

Voici comment Benoît XIV lui-même explique ces paroles : NikU censura dignum :

a Inquirendum est quis sit finis judicii revisionis opemm. Finis itaque, seu scopus hujus judicii est, ut videatur an doctrina servi Dei, quam scriptis exprimit. Bit immunis a quacumque theologica censura... Posito igitur quod judicium revisionis operum sit solius doctrinal judicium, décréta ipsa generalia Urbani VIII praBscribunt ea quae a jRevisoribus sunt advertenda, videlicet : an in operibus error contineatur contra fidem, vel contra bonos mores, aut doctrina aliqua nova et peregrina, atque a communi sensu Ecclesiae et consuetudine aliéna; uti totidem verbis in iisdem decretis legitur.

tt Quœ porro Urbani décréta, quamvis non recenseant singulas censuras theologicas propositionum (nam juxta theologos ex propositionibus censura theologica

XXVIH PRÉFACE.

notandis nonnnllffî sunt hœreticaa, nonnull» erroneœ, nonnullae errori proximee, nonnullae sapientes haeresim, nonnullœ sapientes errorem vel de errore suspectée, alidB temerariffî, aliae scandalam praebentes, aliae pias aures offendentes, aliae maie sonantes, alise simplicium séductrices, nonnullae schismaticae, aliae injuriosae, nonnullae impiae seu blasphemae, uti coUigitur ex concilio Constantiensi, sess. 8 etsess. il, nec non ex bullis sancti Pii V et Gregorii XII, in quibus propositiones Michaelis Baii condemnantur, et sicuti prosequunlur late Annatus ifi Apparaiu ad positivam theologiam^ lib. 1, art. 5, et flrmissime de more suo cardinalis Gottus in sua Theologia, t. I, quœst. 1, dub, L 5, § 1 et seq.)? onus tamen est Revisorum unamquamque propositionem, quae cum sana doctrina non cohaereat, singillatim perpendere, nec non in suo suffragio, quod Cardinali relatori causœ exhibere tenentur, sua censura theologica designare, seu, ut vulgo aiunt, qualificare ^ . »

On examina donc, suivant toute la rigueur de ces règles, les ouvrages d'Alphonse de Liguori, avant de procéder à sa béatification, et Ton apporta à cet examen d'autant plus de soin, d'autant plus de diligence, que sa doctrine éprouvait, sur plusieurs points, de grandes contradictions.

Quel fut le résultat de cet examen ? Le décret de la sacrée congrégation des Rites, confirmé par le pape Pie VII, vous l'apprendra; il porte qu'on n'a rien découvert, dans les différents ouvrages du Serviteur de Dieu, qui soit digne de censure : Nihil cemura dignum. Ils ne renferment donc aucune proposition qui soit, je ne dis

* Traité de la béatification et de la canonisation des Saints, par Benoît XIV^ liv. U, c, XXVIII, n. 2 et 5, édit. de Bologne, 1734.

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