‹ Manuel des confesseursChapitre 29 sur 74 · PRÉFACE. XXXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXI

les Minenrs réformés, dans le couvent de Sainte-Marie^ au territoire de Sabine. Dévoré du zèle du salut des âmes, lé jeune religieux se présenta à l'abbé, depuis cardinal de Tournon, gui partait pour la Chine et qui désirait emmener avec lui un certain nombre de missionnaires. Des obstacles insurmontables s'opposèrent à l'exécution de son projet; une maladie se déclara, qui le conduisit aux portes du tombeau. Tous les secours de Tart furent vainement employés ; alors Léonard, désespéré des médecins, s'adressa à la Reine du ciel, et fît vœu, s'il recouvrait la santé, de se dévouer à l'œuvre des missions. Sa prière fut exaucée. En peu de temps il se trouva si parfaitement guéri et si robuste, qu'il put continuer, jusqu'à l'âge de soixante-quinze ans, et les pénibles travaux de l'apostolat et les prodigieuses macérations qu'il offrait à Dieu pour le succès de son ministère. Il était tellement infatigable, qu'à l'âge de cinquante-trois ans il avait déjà donné cent trois missions.

Tous les malheureux, tous les pauvres abandonnés dans les hospices ou dans le fond des campagnes, semblaient avoir un droit particulier à ses soins et à sa prédilection. Il pouvait dire, comme le divin Maître : L Esprit de Dieu m'a envoyé pour évangéliser les pauvres. Ses travaux ne furent pas inutiles : il faudrait des volumes entiers pour rapporter toutes les conversions qu'il opéra. Benoît XIV, pénétré d'estime et de vénération pour ce grand serviteur de Dieu, le chargea de faire des missions dans les montagnes du territoire de Bologne. Le Saint obéit avec empressement; mais il dit à ses compagnons, de la manière la plus précise, que ces missions seraient pour lui les dernières. Un religieux de sa congrégation lui ayant écrit de venir à Rome pour se

Page 1