XXXII PRÉFACE
reposer et mourir tranquille au couvent de Saint-Bonaventure, le vénérable vieillard lui répondit : S'il plaît à Dieu^ vos désirs seront bientôt accomplis : Je sens que la barque est vieille et qu'elle ne peut plus naviguer.
Ce fut le 23 novembre 1751 que le bienheureux Léonard sentit les premières atteintes de sa maladie. Néanmoins il voulut encore célébrer la sainte messe. Unde ses missionnaires Texhortait à la laisser ce jourlà : Vous ne voulez donc pas que je m'enrichisse ? lui répondit-il; une messe vaut mieux que tous les trésors du monde. 11 monta au saint autel; mais tels étaient son épuisement et sa faiblesse, qu'il eut bien de la peine à se soutenir et à terminer Tauguste sacrifice. Dès le lendemain on se mit en devoir de le transporter à Rome, au couvent de Saint- Bonaventure. A peine y fut-il arrivé, qu'il demanda et reçut avec la plus tendre piété les derniers sacrements.
Le médecin ayant ordonné un remède propre à ranimer ses forces éteintes, le saint missionnaire le prit par obéissance, en disant : Ohl si fon en faisait autant pour fdme que pour le corps ! En effet, son corps ne connaissait d'autres traitements que des macérations et des abstinences. Afin d'être plus recueilli, il pria les religieux de le laisser seul, et on l'entendit, pénétré d'une ferveur extraordinaire, s'entretenir avec Dieu et invoquer sa puissante protectrice, l'auguste Marie. Enfin, vers minuit, conservant toute la connaissance et toute la sérénité de sa belle âme, il s'endormit, sans aucune agonie^ du tranquille sommeil des justes. C'était le 24 novembre 1 751 .
Nous avons oublié de dire que c'est lui qui le premier établit le chemin de la croix dans le Colisée. II