‹ Manuel des confesseursChapitre 55 sur 74 · CHAPITRE m PRÉCAUTioirs OUI DoivBirr acqompagiier i£ GONFBSBBua luas · texte numérisé non relu

CHAPITRE m PRÉCAUTioirs OUI DoivBirr acqompagiier i£ GONFBSBBua luas

l'exercice BB ses rOMCTIONS.

sf^rP'" **^' (Prêtre SAifCTiFiÉ, n**' 120-129.) — Le zèle de votre sQDc I ca lOD. g^i^^fjg^^l^ii^ji j^Q demande pas seulement l'état actuel de grftce

indispensable pour administrer licitement ce sacrement, niais encore l'étal habituel de grâce, en sorte qu'il ne vous arrive jamais de le perdre par un péché mortel. Il doit de plus vous inspHur un soin continuel pour éviter les fautes légères, du moins celles qui sont notables et fréquentes, et pour pratiquer les vertos chrétiennes^ dans le degré de perfection qui convient à un prêtre, mettre et ministre de la sainteté. En effet, comment pov* rez-vons inspirer à vos pénitents une hi>rreur extrême dn vice s'il vous est familier? un amour efficace et pratique de la verto que vous ne pratiquez point, que vous méprisez même (mt vo-

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tre conduite? Comment enseigner Tonbli des injures, si votre orgueil s'irrite de la moindre parole ? Comment prêcher la patience continuelle dans les familles, si vous ne savez pas même réprimer et dissimuler Tennui passager d'entendre le pénitent, et si les marques actuelles de votre impuissance prêchent le contraire de ce que lui recommandent vos paroles ! Comment l'embraser de Tamour divin, si votre cœur en est vide, et tellement plein de Tamour du monde et de ses dissipations que les sentiments que vous devez lui inspirer sont étrangers à votre Ame? N'est-il pas à craindre que vous ne sachiez que lui dire, ou que vous ne le disiez avec tant de froideur que le pénitent y restera à peu près insensible?

Au contraire, si vous êtes un homme fortement établi dans la grâce de Dieu et sérieusement appliqué à faire ce que vous devez recommander aux autres, oh I combien vous serez plus fécond en pensées, en expressions chaleureuses et pénétrantes, propres à vous insinuer dans leur esprit et à toucher leur cœur ! Comptez, d'ailleurs, sur Tassistance spéciale que le Seigneur accorde à ses fidèles ministres. Enfin, votre genre de vie, éloignée des dangers du siècle et consacrée à Texerciee de la vertu, fera que, hors de la confession, vos pénitenis ne verront rien en vous qui contredise ce que vous leur prêchez au sacré tribunal. Que disje? édifiés par vos bons exiemples, ils viendront à vous fiu$ volontiers et mieux disposés, car ils seront remjriis d'estime et de vénération pour vous. Or, cet avantage, vous l'espéreriez en vain û votre manière de vivre pouvait les scandaliser, en décriant le ministre et le ministère.

149. — Cet état de grâce habitua ne vous est pas nécessaire eut de frAe« seulement pour administrer ce sacrement d'une manière plus utile, mais très souvent aussi pour l'administrer licitement ; car, si Yom le perdez fréquemment par des fautes mortelles, combien n'êtes-vous pas exposé à profaner votre ministère en l'exerçant dans ce misérable étati II peut vous arriver, an moment où vousvous y attendez le moins, d'être appelé pour confesser. Vous voilà dans la nécessité ou de refuser le pénitent, peut-être avec un dcfflQmage pour lui bien plus grand que vous ne pensez, ou de vous exciter sur-le-champ à une contrition parfaite. Or, cet acte, comment pourriez-vous le croire si facile poiu* vous, tandis qu'en pareil cas vous le regarderiez comme si diAkile pour le

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pénitent? ou enfin vous voilà dans le danger imminent de vous asseoir au sacré tribunal en état de péché mortel.

Si cela vous arrive, quelle nouvelle faute, quel malheur et peut-être quel abîme pour vous I C'est une faute, puisque, étant ennemi de Dieu, vous dispensez indignement et son sang et sa grâce. C'est un malheur, puisque le coupable, c'est-à-dire le pénitent, s'il est disposé, sortira sanctifié du sacré tribunal, et vous, son juge, vous en sortirez condamné. C'est un abtme, car, si ce ministère ofire des dangers même à un confesseur vertueux, comment en sortirez-vous vainqueur, vous qui êtes dans un état si misérable ? Combien n'est-il pas à craindre que vous vous y chargiez de nouvelles fautes, soit par une condescendance excessive, en passant dans les autres ce que vous ne savez pas corriger en vous-même, soit, ce qui serait le plus grand des crimes, en devenant, par des sollicitations indignes, non un père, mais un loup ravisseur, non un ministre de Dieu, mais un rebelle et un ministre du démon, non un médecin, mais un assassin des âmes!

Ainsi, le soin continuel de vous tenir en état de grâce ne vous est pas seulement nécessaire, comme aux simples fidèles pour éviter la damnation, qui peut être la suite subite d'un péché mortel, mais encore pour être toujours en état d'aider les autres par l'administration du sacrement. Je vais plus loin ; plus que tout autre ce ministère demande une ferveur positive. Il n'y a pas de comparaison entre le langage que vous tiendrez le jour où, par de ferventes prières, vous aurez embrasé votre cœur, et celui que vous tiendrez lorsque vous serez tiède et négligent. Suite. 150. — Tel est donc l'avantage de l'état de grâce habituel,

qu'il rend toujours licite et toujours très utile l'administration de ce sacrement. Mais, telle est pour les fidèles la nécessité de ne pas manquer de confesseurs que, si, par malheur, vous n'étiez pas habituellement pieux,pourvu que cela ne dégénère pas en scandale et que vous ayez soin de vous remettre au moins en état actuel de grâce, je ne vous conseille pas d'abandonner entièrement votre emploi. D'abord, vous êtes encore en état de faire du bien aux autres. Dieu ne fait pas dépendre de la sainteté du ministre la valeur de l'absolution, et il peut rester quelque effet de sa divine parole dans les bons avis qu'on donne aux pénitents. L'exercice de ce ministère peut encore être pour vous

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un moyen excellent de réparer le temps perdu en péchant et d'obtenir la grftce d'une conversion durable. En effet, tout en travaillant avec zèle et charité pour le bien des autres, vous pour vez vous avoir vous-même en vue , et chercher votre profit dans le bien que vous faites au prochain^ en vous appliquant secrètement et principalement les bons avis, les saintes affections, les industries, les moyens que vous suggérez aux pénitents dans cette école de sainteté. Cependant, si vous manquez de cette première précaution Je veux dire Tétat habituel de grâce et de ferveur, vous avez encore un plus grand besoin de celle que je vais vous indiquer.

151 . — Nul motif humain ne doit vous conduire ni vous rete- oroiture din nir au sacré tribunal, mais bien le seul désir de plaire à Dieu ^^^'^^' et d'aider les âmes. Intention bien juste et bien convenable

dans ce ministère où vous tenez la place de Dieu, et dans lequel, aux yeux des Anges et des hommes, vous représentez la personne même de Jésus-Christ. Intention absolument nécessaire pour attirer sur vous cette assistance du Saint-Esprit, dont vous avez si grand besoin pour ne point vous tromper à votre détriment ou au détriment des autres, mais, au contraire, pour vous sauver, vous et vos pénitents. Or, comment pourriez-vous l'espérer, si tout autre motif qu'un motif divin vous conduisait à examiner les causes que les hommes ont avec la cour céleste, pour la grande affaire du salut éternel?

152. — C'est en vain que vous vous flattez d'avoir cette intention droite si de fait vous la contredisez et l'anéantissez. Vous contrediriez de fait vos protestations, si vous n'étiez pas indifférent à toutes sortes de personnes, si vous aimiez mieux confesser des personnes distinguées que de basse condition, des savants que des ignorants, des femmes que des hommes. En effet toutes ces âmes sont égales devant Dieu, rachetées parle même sang, destinées au même bonheur et également capables d'honorer Dieu. Contradiction encore, si avec les uns vous étiez tout empressement, patience et douceur, et avec les au* très dégoût, rigueur et impatience ; si vous aimiez mieux qu'on vit votre confessionnal environné d'un grand nombre de pénitents que d'en avoir un moindre nombre qui soient aux yeux de Dieu bien soignés et véritablement guéris ; si vous cherchiez quelque avantage temporel par le moyen des pénitents ;

Illusion à ce sujet.

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si VOUS étiez jaloux de vos confrères à cause du concours qm les environne ; si vous vous affligiez lorsqu'un de vos pénitents vous quitte pour s*adresser à un autre confesseur; enfin si vous cherchiez par quelques moyens à vous attirer les pénitents des autres. Ainsi, avant de confesser, ayez toujours soin d'avoir cette intention droite, et priez le Seigneur qu*il vous la conserve dans Texercice de votre ministère. Un excellent moyen de vous la procurer, c'est de vous affectionner à ent^dre les pauvres. Avec eux vous n'aurez pas à craindre de manquer par vanité, par respect humain, par des affections trop tendres. Vous travaillerez avec plus de mérite, bien souvent avec plus de fruit et ils seront bien plus portés que les riches à prier pour vous par reconnaissance.

Prières feMen- 153. — Cc u'cst pas seulcmeut pour obtenir la droiture d'mtei. tçntion, mais encore les autres secours, que vous devez recoorii^àDieu. Dites-lui : Da mihi sediumtuarum assisiricem sapientiatê^ Cor mundum créa in me, DeuSy etc. Vous avez besoin d'une douUç grâce, afin de n'être pas nuisible, mais au contraire réelleà^nt utile à vous-même et aux autres, dans une aflaire d'im ordre supiaturel et supérieur à toute votre habileté d'honune, je veux dû*e la justification du pécheur. Invoquez donc le Seigneur, et pour rendre votre prière efficace, adressez-vous par quelque courte prière à la Vierge, mère de grâce, aux Anges gardiens de vps futurs pénitents, et à quelque saint que vous choisiriez pour* votre protecteur spécial dans cet important ministère, d'où dépendent et le salut d'un grand nombre et la belle couronne quivou^ est préparée dans le ciel. Ne vous contentez pas de vous être ainsi fortifié dès le commencement ; renouvelez vos recours à Dieu lorsque vous vous trouverez dans quelque pas difficile, pour décider comme docteur ou pour exciter à la componction et prescrire le remède comme médecin, soit pour établir et porter la sentence ou imposer la pénitence en qualité de juge : vos prières ne seront pas vaines. Il n'est pas rare que Dieu fasse éprouver sensiblement son assistance à ses fidèles ministres dans ce grand ministère de charité.

oarde da cœur. 1 54. — Euvirouné dc toutcs CCS précautious, entrez avec confiance au sacré tribunal, mais veillez habituellement à la garde de votre cœur, afin d'en exclure tout mauvais mouvement et de vous conserver dans une çainte ferveur ; car combien vous

pouvez 7 ressentir de mouvements désordonnés, d'impatience, de vanité, d'inclinations perverses qui, même à votre insu, vous feriont pencher au relâchement ou à une trop grande sévérité, absoudre ou renvoyer mal à propos le pénitent^ négliger l'instruction de sa cause et la gaérison de ses plaies» ou même changer pour vous en moyen subtil et caché de fomenter les passions et te péché, un sacrement établi pour en exciter une horreur efficace dans les antres ! Yeillez donc à la garde de votre cœur.

Bien plus, afin d'entretenir en vous le feu d'une sainte ferveur que vous puissiez alhimer dans les autres, ayez un bien vif souvenir de la présence de Dieu. Comme vous dispensez le gang divin pour laver les âmes, il vous sera très utile d'ofTrir chaq\ie confession à l'une des cinq plaies du Rédempteur, for^ mant souvent de tendres affecticms, et priant, au nom de cette plaie sacrée, tantôt le Sauveur, tantôt son divin Père, afin qu'ils rendent vos travaux glorieux pour lui, méritoires pour voas et profitables au pénitent. Vous pourrez encore offrir chaque confession à la très sainte Vierge, ou au bon Ange, oa à quelque autre saint, en invoquant leur protection. Avec cela si vous avez soin d'accompagner de cœur les actes de contrition, et de vous appliquer principalement les saintes prières que vous sug* gérez aux pénitents, vous avez trouvé le secret de faire de la confession une espèce de méditation et de prière continuelle, qui vous préservera de bien des fautes et vous entretiendra dans a ferveur et l'attention à la présence de Dieu. Par là, vous attirerez de grandes bénédictions sur vous et sur vos pénitents*

155. — C'est en vain que vous espérez garder votre cœur au Garde det sens. sacré tribunal si vous ne savez pas garder vos sens. D'abord vos yeux : non seulement vous ne devez point les fixer sur les personnes de l'autre sexe que vous confessez actuellement, ni même sur celles qui attendent ; vous ne devez point non plus regarder curieusement par l'église. Sans cette modestie vous courez trois dangers : de perdre Tattention nécessaire à ce que vous entendez ; de mal édifier les personnes qui, même de loin, vous observent au confessionnal bien plus que vous ne pensez. Un pénitent ne voulut jamais choisir pour son confesseur le prébre à <pii il avait vu jeter du confessionnal des regards curieux par réglise. Surtout vous vous exposez aux plus dangereuses tentations ; car, dans ce ministère si fatal pour lui, l'en-

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nemi du salut est attentif à vous surprendre par suggestions criminelles.

A la garde des yeux vous devez ajouter celle de la langue. Ce n'est pas que la crainte des tentations doive vous empèdierde satisfaire à votre devoir pour connaître la qualité, le nombre A les circonstances des fautes graves, surtout celles qui placent le cas sous la réserve ou qui changent Tespèce. Pour cette recherche, que Dieu lui-même exige, sa protection spéciale est assurée, soit au pénitent qui est obligé de déclarer, soit à vous qui devez juger les choses les plus impures. Mais dans ce cas vous avez besoin d*une double réserve, et pour choisir les expressions dont vous devez vous servir en traitant de pareilles matières, et pour vous en tenir à une recherche modérée. Ainsi n'allez pas au delà de ce que la triste nécessité et le besoin évident ou l'utilité notable et manifeste du pénitent exigent de vous, surtout dans le cas où, pour mieux assurer l'intégrité matérielle de la confession, vous risqueriez des biens plus importants; je vous en parlerai plus en détail aux n~ 167 et 168.

Si vous devez être si réservé lorsqu'il est question de l'intégrité matérielle, combien plus ne devez-vous pas l'être lorsqu'il ne s'agit que de reprendre et d'instruire sur ces matières les personnes de différent sexe ? C'est ici surtout qu'il faut^ermo brevis et austerus. En général, sur toute espèce de sujet, avec les femmes et les filles soyez brevis et ausierus. Ne retranchez rien toutefois de ce qui est nécessaire pour leur bien, mais aussi évitez avec le plus grand soin les longs discours, même de spiritualité. Il n'est que trop facile que, dans ces longs entretiens, dont la nécessité ne fait pas un devoir, il n'entre quelque affection moins pure, et qu'on ne perde beaucoup 'plus qu'on ne gagne.

rrécautioQ 156. — Il convient encore que vous demandiez de temps en ^^80DD^ d^' temps à Dieu ses lumières, afin de n'être pas surpris par les ar^ différent sexe, tifices secrcts dc la passion ; elle fait regarder comme courts, réservés et nécessaires, des discours trop longs et superflus. C'est ainsi qu'en jugent, à votre place, les personnes qui attendent et qui murmurent intérieurement. J'en conviens, d'ordinaire elles ont tous les torts, puisqu'elles condamnent sans connaissance de cause. En effet il arrive très souvent que, malgré son désir, le confesseur ne peut être court ni retrancher

toutes les longueurs inutiles. Certaines personnes, même habituées à la fréquentation des sacrements, sont quelquefois tentées de tant de manières, d'autres fois si minutieuses, si embrouillées, si affligées, si faciles à se troubler lorsqu'elles ne disent pas tout, et elles ne peuvent pas tout dire d'un seul trait, qu'il faut beaucoup de temps pour apporter remède à leurs véritables besoins. Dans ce cas, vous né devez point, par la crainte de ce qu'on pourra dire, manquer à ce qu'exige devant Dieu votre devoir de juge, de père et de médecin* : .

Cependant cette observation, jointeaux précédentes, doit vous engager de plus en plus à être court et sévère dans vos entretiens avec les personnes de différent sexe, tout en disant ce qui est nécessaire. Je dis sévère, non pas en ce sens que vous deviez les intimider par des paroles dures et comprimer cette pleipe confiance qu'elles doivent avoir en vous, mais en ce s^s qu'elle ne dégénère jamais en familiarité et qu'elle soit toiiy ours tempérée pai* le respect dû à leur père spirituel ; père qui, en donnant à ses enfants un lEacile accès par le désir sincère de leur salut, leur inspire d'autant plus de vénération pour son autorité de juge, de représentant de Dieu et de médecin. Par là, vous éloignerez toute affection vile et humaine que vous pourriez ressentir pour elles ou qu'elles pourraient ressentir pour vous* Cette circoDspection- est encore plus nécessaire^ lorsque la jeunesse et les parures des personnes^ ou les matières à traiter, ou leur grande piété, ou leur malice, peuvent occasionner plus faci-^ iement de fâcheuses impressions sur leur cœur ou sur le vôtre. Ne vous étonnez pas si, parmi les dangers, je otomoie la piété* Elle a été plus d'une fois l'écueil de. confesseurs imprudents qui, ayant commencé par une estime toute spirituelle, sont Tenus insensiblement à un amour sepsiblo et char* nel.

C'est pour vous préserver d'uû si grand malheUj: que. vous devez voijs abstenir de toute parole qui montre de la tendresse» Ainsi, tandis que vous pouvez dire mon cher fiis h m jeune homme, la prudence veut que vous vous absteniez de dire ma chère /{//e à une personne del'autrei^xe.Ënfin, vous serezd'au^ tant |»ius eoncis dans vos entretiens avec elles, qu'elles vous feront l'aveu de grandes faiblesses et de grandes fautes en ma-^ tière d'impureté. Votre brièveté en parlant de ces péchés vous

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servira à leur en inspirer plus d'horreur, et vous préservera vous-même de la pensée que le démon suggère d'abuser de leur facilité pour ces sortes de crimes. Sans que j'en dise davantage, vous comprenez combien cet abus serait sacrilège et digne des censures que l'Église a portées contre les solliciteurs, et des châtiments dont Dieu menace les profanateurs d'un sacrement, établi pourchasser des âmes le péché et le démon et en faire le temple vivant du Saint-Esprit.

Suite. 157. — Si cette brièveté et cette austérité de langage vous

sont nécessaires au confessionnal, combien plus ne devez-vous pas vous en faire une loi si vous avez à leur parler hors de là pour leur conduite spirituelle ! C'est ici surtout que vous devez être sur vos gardes et bien faire attention à vous. Le vénérable Âvila n'admettait jamais aucune femme à conférer avec lui dans sa maison ; c'était toujours et seulement à l'église ou au confessionnal, et assis sur une planche. Ainsi^ première précaution: un endroit non point isolé et solitaire, mais exposé aux r^ards de tout le monde ; cela témoignera de la droiture de vos intentions. Seconde précaution : à la garde du cœurjoipiex celle de la langue et celle des yeux modestement baissés. Allez plus loin encore : pour prévenir toute espèce de murmure étranger et tout danger pour votre âme, soyez sobre pour accorder et laconique pour expédier ces conférences spirituelles. Que la douceur et l'utilité de les entendre quelquefois soient tempérées par la salutaire amertume de fréquents refus, de telle sorte que rien ne manque à leur direction spirituelle, et qu'il n'y ait rien de superflu qui puisse donner lieu à un danger commun, au scandale ou à la critique.

Suite. 158. (Saint Alphonse, n'' 113.) — Vous voyez combien

vous devez être réservé en traitant avec des personnes de l'autre j sexe. 1"" Au confessionnal, avec celles qui sont jeunes, vous devez en général être plutôt sévère qu'affable. Vous ne devez pas leur permettre de venir vous parler en face, beaucoup moins de vous baiser la main. Lorsque vous les confessez, vous ne devez pas avoir l'air de les connaître. Il en est qui font les pieuses, et qui quelquefois, s'aperce vaut que le confesseur les connaît, ne s'accusent pas sincèrement. La prudence défend de regarder les pénitentes, et de les accompagner de la vue lorsqu'elles s'en vont du confessionnal. Hors du confessionnal, le

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coufesseur ne doit point s'arrêter pour leur parler dans l'église. Il doit éviter toute espèce de EaoïiUarité, ne point en recevoir de petits présents, surtout ne pas aller chez elles, si ce n'est dans le cas de graves maladies. Alors il doit user de toute la prudence possible en les confessant, laissant la porte entr'ouverte, en sorte qu'il puisse être aperçu du dehors, et ne pas avoir le visage tourné du côté de la malade, surtout si c'est une per* sonne pieuse, pour laquelle il est plus facile d'avoir de l'attachement.

<c Pour former une liaison entre les personnes pieuses, disait le vénérable P. Sertorio Caputo, le démon commence par se servir du prétexte de la vertu ; puis, la liaison formée, il fait passer de Vamour de la vertu à celui de la personne. » De là cet avertissement de saint Augustin ^, rapporté par saint Tho* mas : Sermo brevis et rigidus ctim his mtUieribus habendus est ; nec tamen quia sanc tiares sunt ideo minus cavencUs; quo enim sanctiores fuerint, eo magis alliciunt. Le Docteur angélique ajoute : Licetcarnalisaffectiositornnibuspericulosaj ipsis tamen tnaffispemiciosay quando conversanturcumpersona quœ spiritualis videtur; nam^ quamvis principium videatur purum^ tamen frequens familiaritas domesticum est periculum ; qua quidem^ familiaritas quanto plus crescity in/irmatur principale motivum^ etpuritas maculatur. Les personnes de piété, continue le saint docteur, ne s'aperçoivent pas d'abord de tout cela ; car le démon ne commence point par lancer des traits évidemment empoisonnés, mais bien des flèches qui blessent légère- Dient le cœur. Bientôt on en vient à ne plus traiter ensemble comme les anges, mais comme des êtres revêtus de chair. On échange des regards, on s'adresse des paroles flatteuses qui pénètrent jusqu'à l'àme et qui semblent encore venir de la premièredévotion;ondésiremutuellementdeseretrouverensemble. C'est ainsi, conclut l'Ange de l'école^ que spiritualis devotio convertitur in camalem. Combien de prêtres vertueux, victimes de ces affections commencées par la piété, ont perdu et la piété et Dieu mêmel

2* Le confesseur ne doit pas tellement s'adonner à confesser les femmes qu'il refuse d'entendre les hommes lorsqu'ils se présentent. Quelle pitié de voir tant de confesseurs employer

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toute une matinée à entendre de petites dévotes et renvoyer de pauvres hommes ou des femmes mariées pressées d'occupations, et qui ont à grand'peine laissé leur ménage et leur travail, en leur disant : Tai affaire ^ adressez-vous à a autres! Et, faute de confesseur, ces infortunés vivent des mois et des années éloignés de Dieu et des sacrements. €e n'est pas là confesser pour Dieu, mais pour soi. Aussi je ne sais quelle récompense peuvent attendre les confesseurs qui exercent ainsi leur ministère. Je ne dis pas, comme quelques-uns, que c'est un temps perdu ; je dis, au contraire, que c'est une œuvre très agréable à Dieu que de conduire les Âmes à la perfection : j'en parlerai plus tard très au long ; mais les bons confesseurs, à Texemple d'un saint Philippe de Néri, d'un saint Jean de la Croix et d'un saint Pierre d'Alcantara, confessent uniquement en vue de Diea. Lorsqu'il se présente une âme qui est dans le besoin, ils la préfèrent aux âmes pieuses, parce qu'on retrouve toujours le temps de les entendre et de les aider à loisir. Sainteté de vie. *^9. (B. LÉONARD, n"* 1 , 5 ot 8, P* part.) — Aiusî vous deveï être saint au tribunal de la réconciliation. La bonté ou la sainteté de vie : voilà le premier fondement de votre conduite. Eo effet, le meilleur moyen de persuader, c'est le bon exemple : vous devez le donner. Les hommes croient bien plus facilement ce qu'ils voient de leurs yeux que ce qu'ils entendent de leurs oreilles. Ils regardent comme praticable ce quHls voient faire par celui qui les recommande et les dirige. C'est la pensée de saint Grégoire : Illa namque vos magis cor pénétrât quant aicentis vita eommendat * . Cette bonté ne consiste pas seulement à vivre en état de grâce, mais encore à pratiquer la vertu, et à Consacrer sa vie aux œuvres de piété par un zèle ardait pour le salut des âmes.

Lorsque je trouve un confesseur qui non seulement vit dans l'état habituel de grflce, mais qui est encore tout de feu pour chercher les moyens de conduire les âmes à Dieu, je trouve un trésor. Mais, hélas ! qu'il est triste d'en voir aujourd'hui un si grand nombre qui, par leur vie déréglée, déshonorent devant le peuple le sacré ministère I Ce qu'il y a de plus déplorable, c'est qu'ils ne craignent pas d'entendre quelquefois les confes'^ sions en état de péché mortel ou dans le doute pratique s'ils y

1 Past. corse, p. IIi c. iii.

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sont. Or, qui ne sait que, suivant l'opinion la plus commune, ils commettent autant de sacrilèges qu'ils donnent d'absolutions, ouvrant ainsi pour eux les portes de l'enfer dans le lieu même où ils ouvrent si heureusement aux autres les portes du ciel ?

C'est une maxime irréfragable de l'Ange de l'école ^ que le confesseur, en administrant le sacrement de pénitence, est un insfriifflent animé qui coopère avec la cause principale, qui est Dieu. C'est pourquoi il ne suffit pas qu'il vive en état de grâce pour être un ministre utile au salut des pécheurs, il faut encore qu^il s'exerce à la pratique de toutes les vertus. Un confesseur tiède et dissipé, sans l'habitude de l'oraison et de la mortification, ne peut exercer qu'avec nonchalance ce divin ministàre. La charité n'enflammera pas ses paroles, le zèle n'animera pas ses corrections, la confiance n'autorisera pas ses conseils. Peut-être en viendra-t-il jusqu'à altérer le jugement sai^iimentel, soit en absolvant les indignes, soit en n'avertissant point les coupables ou en cédant aux opiniâtres. En un mot, il sera muet au divin tribunal, n'ayant pas le courage de reprendre des fautes dont il craint d'être coupable.

De là qu'arrivera-t-il ? C'est que les pénitents, faisant courir le bruit que tel confesseur ne dit rien sur tel péché, sur l'amour, par exemple, oula volupté ou la passion du jeu, tous viendront se confessera lui et accumuleront les confessions sacrilèges ; car il n'est que trop évident qu'ils n'ont point la volonté de se corriger ceux qui de gaieté de cœur cherchent un confesseur qui ne prend aucun soin de les rendre meilleurs. Dans le livre de la divine jastiee les sacrilèges des pénitents seront inscrits au compte du confesseur. Oh I qu'il vaudrait mieux pour lui de n'avoir jamais eu le pouvoir d'absoudre, puisque ses absolutions n'auront servi qu'à lier lui et les autres I Le Sauveur disait à Judas : Fâ? homini Ùli per quem Filins hominis tradeitar ; bonum erat ei si natus non fuissetkamo ille^. On pourrait dire la même chose d'un semblable confesseur, coupable de la perte de tant d'âmes : Bonum erat ei si confessarius non ftdsset. L'oracle du Saint-Esprit est vrai : Celui qui n'est pas bon pour lui-même, comment serait-il bon pour les autres? Qui sibi nequam est cuialii bonus erit^? Permettez donc que je vous rappelle cette grande pensée que

< 3 p., q. 64, art. 8, ad 1. — > Matth., xxvi, 24. ~ > Eccli., xnr, 5.

j'ai si souvent insinuée aux séculiers dans les missions, savoir : que tous doivent faire une confession générale pour se renouveler dans la piété et mettre leur conscience en règle. Rien n'est plus important pour jouir de la paix durant la vie, et surtout pour être tranquille au moment de la mort. Or, ce renouvellement de ferveur je le juge bien plus nécessaire aux prêtres. Ce n'est pas que je veuille par là les engager à faire leur confession générale, que je suppose déjà faite. Dans le cas où quelques-uns ne l'auraient pas faite Je leur dirai en toute liberté : Faites-la, de grâce, faites-la I II vous importe trop d'avoir la paix de la conscience, dont le principal fondement est la bonne vie, car c'est là le premier pain dont doit se nourrir le prêtre. Que si vous avez fait votre confession générale, faites une confession extraordinaire en repassant en gros les obligations de votre état. Je vous propose ici une méthode courte et facile.

Fuite du mal. 160. — La voici divisée en deux points : Déclina a malo et fac bonum^. Examinez d'abord si vous vérifiez ce declinaamalo, en évitant tout ce qui pourrait donner le plus léger scandale. Quel malheur si vous étiez de ceux auxquels on peut appliquer cette humiliante parole : Sicutpopultes, sicsacerdos! Ils paraissent en public avec tant de recherche et de vanité, qu'on les prendrait plutôt pour des prêtres de Venus et de Diane^ que pour des ministres de Jésus-Christ^ et ils ne rougissent pas d'être plus dissolus et moins réservés dans leurs paroles et leur manière que les séculiers eux-mêmes. Hélas! hélas ! on ne peut ni on ne doit tout dire. Je me contenterai de répéter, les larmes aux yeux, ces paroles de saint Grégoire : Nulium magù praBJudicium quam asacerdoHbus suis tolérât Deus^. Vous me direz que cette conscience ne vous reproche rien de semblable ; je le crois bien sincèrement. Toutefois, parcourez avec soin tous les devoirs de votre état, et d*abord examinez comment vous récitez l'office divin.

Si vous récitez en commun, voyez si vous faites la pause indiquée par l'astérisque, ou bien si vous le récitez avec précipitation, uniquement attentif à commencer et à finir. Examinez si vous célébrez la sainte messe avec le respect, la modestie et le recueillement convenables : si vous observez exactement les rubriques ; si vous faites les signes de croix, les génuflexions et

t Ps. XXXVI, 27. — « Lib. IV,^epist. 3t.

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les cérémonies de manière à témoigner de votre vénération pour un si grand sacrifice^ Oh ! quel pénible contraste de voir, le soir, assis à une table de jeu, manier les cartes et les dés, les mêmes prêtres qu'on a vus le matin à Tautel, avec une chevelure scandaleusement soignée, manier les calices et les patè* nés, et faire voltiger la sainte hostie comme un vil jouet I

Jean d'Avila eut bien raison de s'approcher d'un de ces prêtres qui célébrait ainsi et de lui dire à l'oreille : « Traitez -le un peu mieux, c'est le fils d'un père respectable. » Hélas I j'ai honte de rapporter de semblables désordres. Cependant combien de fois, pendant que ce prêtre est à l'autel, n'entend-on pas dire de lui : « Voyez ce prêtre qui célèbre, c'est un chasseur fini; il n'y a pas de joueur qui lui tienne tête ; c'est un homme de joie et de plaisir! » Or, sachez quelle sentence est prononcée contre lui. Heu! heul Domine y dit saint Bernard en gémissant, quia ipsi nmt in persecutàoneprimi^ qui in Ecclesia Deividentur gerere prtncipatuni^ . Je le sais, de pareils désordres n*existent pas parmi vous ; mais je sais aussi qu'un seul prêtre de ce caractère suffit pour faire perdre le respect du sacerdoce tout entier. Permettez^moi donc de redire à ce prêtre infidèle : Déclina a malo, mon cher frère en Jésus-Christ, déclina a malo,

161 . — Etfac bonum. Il ne suffit pas que le prêtre soit ver- '""wen* taeux pour lui-même, il doit se rendre utile au prochain par son exemple, par sa doctrine, par ses œuvres, par ses conseils. Les matériaui d'une église ne doivent être employés qu'à en rebâtir une autre, nullement une maison ordinaire ; à plus forte raison le prêtre consacré à Dieu par l'ordination ne doit s'em« ployer qu'à des choses saintes et utiles à la gloire de Dieu. Sa maison, c'est Téglise; ses livres, les divines Écritures; ses affaires, soulager les pauvres, instruire les ignorants, administrer les sacrements. Pour faire tout cela, il doit partager son temps entre l'étude, surtout de la théologie morale, la lecture de quelque livre de piété, l'examen, l'oraison ; en un mot, il doit régler sa vie et ne pas vivre en quelque sorte au hasard. Mais les deux pivots principaux sur lesquels doit se tourner toute la vie d'un prêtre, c'est la prière et la mortification.

Quant à l'oraison mentale, qui n'est, en dernière analyse, qu'une méditation sérieuse de la grande affaire du salut, je vous

* Lib. m, ad Fiig

en demande une demi-heure chaque jour. Il est certain que, sî un pauvre voyait jeter à la rivière un grand nombre de pièces d*or, il ne serait pas indiscret d'en demander la moitié d'une, pour Tamour de Dieu. Ainsi, lorsque je vois tant de prêtres ifà perdent, à dormir, à jouer, à s'amuser^ des heures entières, je ne crois pas qu'il y ait témérité de ma part à leur demander une demie, non pas pour moi, mais pour leur âme. Si vous aviez un procès de grande conséquence, regretteriez-vous d'y employer une demi-heure par jour? Or, quelle est la plus grande affaire que nous ayons en ce monde ? N'est-ce pas de sauver notre âme?

Que chacun donc prenne la résolution de consacrer chaque jour une demi-heure à cette (grande affaire. Mais vous ne réussirei; pas dans l'oraison, si vous n'êtes véritablement mortifiés. Heureux celui qui est innocent, qui n'a jamais péché! Mes paroles ne s'adressent point à lui; je parle à celui qui a péché. Il n'y a pas de milieu, ou faire pénitence en ce monde ou en l'autre. Où vaut-il mieux la faire? N'est-ce pas notre corps qui, en cherchant ses plaisirs, nous a précipités dans le mal ? C'est donc lui qui doit en porter la peine. Le joueur qui perd s'en prend follement aux cartes, mais nous, avec plus de sagesse, prenonsnous-en à notre corps. Saint François d'Assise avait coutume de dire que celui qui accorde à son corps tout ce qui est permis finira par lui accorder ce qui n'est pas permis ; l'expérience ne le prouve que trop. Courage donc I livrons-nous à une généreuse mortification, affaiblissons notre corps, mortifions et nos yeux, et notre langue, et notre bouche, et tous nos sens : une grande paix sera notre récompense. CasHgo corpus meum et in servùutemredigo^y disait l'apôtre saint Paul, cet admirable modèle de vertus ; et nous n'aurions rien à faire ! Prudence au 1 gg . — A la salu tcté jolgncz la prudence . La prudence de juge doit être grande dans le confesseur, mais bien plus grande encore doit être celle du médecin. Cette qualité lui est nécessaire pour examiner attentivement non seulement les péchés^ mais encore les racines, les causes, les occasions, afin d'y apporter les remèdes convenables. Il doit être réservé dans ses paroles. Un confesseur inconsidéré peut, par une seule parole, faire beaucoup de mal à lui-même et aux pénitents: In faeie prudentis buet

1 1 Cor., )X, 27.

coofessionnal.

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sapteritia ^, ce que Lirano explique par ntaturitatem et honesta" tem. Il doit donc être circonspect dans ses paroles, avoir un maintien modeste et honnête, qui inspire la gravité et la dévotion, et se revêtir, suivant le temj^â et te Heu, de soA surplis- et de son étole, comme il est prescrit dans le Rituel romain. Il évitera toute action moins grave, capable de blesser la modestie, comme de prendre' du tabac immodérément^ tenir sa tabatière en évidence, ou d'avoir à la main des fleurs, un éventail ou autres choses seoiblables t[tri ne conviennent pas à la dignité sacerdotale. Il aura le plus grand soin de ne pa^ confesser de femmes hors de la grille sans Une nécessité qtri n'est jamais forte si elle n'est extrême; ni avant le jour, du moins si l'endroit où il confesse n'est bien éclairé ; ni même celles qiii sont malades, si la porte de leur chambre n^est pas ouverte.

En Un mot, il doit se comporter en tout comme un vrai ministre de Dieu, avoir un air aimable et modeste, que ne doivent ja^ mais changer ni gestes ni signés e^tétieurs capables d'indiquer de Tennui et de la tristesse, afin de ne pas donner occasion à ceux qui sont à portée de le voir de soupçonner que le pénitent lui dit quelque chose de fastidieux ou de bien grave. De plus, il doit avoir soin que le pénitent soit à ses pieds, lé visage détourné du sien, de manière qu'il ne lui parle pas directement à l'oreille et ne s'approche pas trop de M. Ces précautions paraîtront peut-être minutieuses; elles sont cependant toutes nécessaires pour environner de vénération un ministère si saint, et ôter jusqu'à l'ombre de ce qui pourrait nuire au respect du sacrement, ou à Tàme ou à la réputation du confesseur. Nos maîtres et nos modèles nous en font tous un devoir sacré ; ils ne séparent pas les précautions extérieures dés intérieures : écoutons leurs avis.

163. (SAiirr Chaîilïs, p. 6 et 7, H et 12.) — Étant certain que '^^ \ >• p*^'celai qui administre quelque sacrement en état de péché mortel pèche mortellement, les confesseurs doivent par conséquent avoir grand soin de n'entendre la confession de personne, quand ik se sentiront être en ce malheureux état, et beaucoup moins encore quand ils sô sentiront liés par quelque cei^ure ecclésias^ tique. C'est pourquoi celui qui a le véritable zèle des âmes, et qui désire ardemment de les aider à se condun*e dans les vertus

* Prov., xvn, 24.

166 MANUEL DBS GONfBSSRURS.

chrétiennes, de leur donner des remèdes salutaires pour se retirer du péché, de leur enseigner à découvrir les ruses de Fen* nemi de notre salut, et ^nfin de dépouiller le pénitent du vieil homme pour le revêtir du nouveau et former en lui un parfait chrétien, ne se doit pas contenter d'administrer ce sacrement hors l'état de péché mortel; mais, connaissant qu'il importe beaucoup, pour produire les effets que nous venons de dire, qu'il pratique premièrement en soi-même ce qu'il désire en autrui, parce que les exemples touchent bien plus que les paroles, et que nous ne pouvons que difficilement enseigner aux autres la vertu que nous n'avons pas, il doit avoir un très ardent désir de sa propre perfection, et s'exciter à la pratique des vertus nécessaires pour l'acquérir.

Précautions ei- 164. — AJusi, OU uc doit point entendre dans les maisons des térieures. i.||qQQg l^g confossions des personnes, soit d'hommes, soit de femmes, de quelque qualité qu'ils soient, si ce n'est en cas de maladie, et en ce cas-là même celui qui confesse des feorunes doit tenir ouverte la porte du lieu où il est, de telle sorte qu'il puisse être vu de ceux qui sont dans la chambre prochaine. Hors ce cas de maladie, on ne doit point entendre les confessions des femmes dans les maisons des laïques, quoiqu'elles ne voulussent que se réconcilier, mais seulement dans les églises et dans les confessionnaux. Et on doit même éviter de le faire avant le soleil levé, ni après qu'il sera couché, et entendre ordinairement dans les confessionnaux tous ceux qu'on confessera dans l'église. C'est pourquoi il y aura dans toutes les églises uo nombre de confessionnaux correspondant à celui des confesseurs.

Il faut que les confessionnaux soient placés en un lieu de l'église si découvert qu'ils puissent être vus de toutes parts, et il serait aussi très bon qu'ils fussent en un heu où ils pussent avoir quelque défense, qui empêchât que, durant que quelqu'un se confesse, les autres ne s'en approchent de trop près. Si cela ne se peut rencontrer, le confesseur doit avoir soin de remédier à cet abus, faisant écarter ceux qui seront près du confessionnal avant qu'il se mette dedans, et, s'il est nécessaire, durant même qu'il entendra les confessions. suiu. 165. (Saint François de Sales, p. 624.) — S'il y a aucun sa-

crement en l'administration duquel il faille paraître en gravité

et majesté, c'est celui de la pénitence, puisqu'en icelui nous sommes juges députés de la part de Dieu. Vous y serez donc en robe et surplis, Tétole au cou et le bonnet en tète, assis en lieu apparent de Téglise, avec une face aimable et grave, laquelle vous ne devez jamais changer par aucuns gestes ou signes extérieurs qui puissent témoigner de Tennui ni du chagrin, de peur de donner occasion à ceux qui vous verront de soupçonner que le pénitent vous dit quelque chose de fôcheux et d'exécrable. Vous ferez que votre pénitent tourne son visage à côté du vôtre, en sorte qu'il ne vous voie^ ni ne vous parle pas droit dans l'oreille, ains à côté d'icelle.

166. (YiE DE SAINT Philippe de Néri, livre II, c. xiii.) — conseiidc Saint Philippe de Néri recommandait aux confesseurs de ne ja- **'" d^ériT mais entendre les femmes à moins qu'il n'y eût une grille entre la pénitente et le confesseur, de prendre garde aux longs discours, de ne jamais les regarder en face, et de se servir avec elles de paroles plutôt sévères qu'autrement. Le Père Juvénal Ancina, se trouvant à Naples pour exercer le ministère du saint tribunal, en écrivit au saint. Il lui demanda des avis pour s'acquitter avec toute la circonspection nécessaire de ces augustes fonctions^ surtout en confessant les femmes. Le saint lui répondit en ces termes : c< Ne vous inquiétez pas de ce qui vous arrive, car la môme chose arrive aux autres. Seulement ayez soin de ne pas écouter ces sortes de péchés plus volontiers que les autres, de n'être pas curieux de savoir au delà de ce qui est rigoureusement nécessaire pour appliquer le remède. N'entrez dans aucun détail, si ce n'est dans ceux qui sont nécessaires pour connaître la qualité ou l'espèce du péché. Du reste, recommandez-vous à Notre- Seigneur, qui ne manque jamais de venir à notre secours, par des gr&ces spéciales, dans un semblable ministère, toutes les fois que nous nous en acquittons avec amour et précaution. »

Il avertissait également les confesseurs de ne jamais se fier à eux-mêmes, quels que fussent d ailleurs leur expérience, leur âge, leur vieillesse ou leurs infirmités. Il faut fuir l'occasion, leur disait-il, tant que nous pouvons ouvrir la paupière. Il leur recommandait encore de confesser même les jeunes gens au con- I

fessionnal, afin que la honte qui leur est naturelle ne leur fit ;

cacher aucun péché.

i68 MANUEL DBS GONFBSSBURS.

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