‹ Manuel des Congrégations des Saints Anges à l'usage des jeunes élèves des collèges et des couventsChapitre 122 sur 135 · LE CHEMIN DE LA CROIX · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DE LA CROIX

Qu'est-ce que le cliemin de la Croix ? Le cliemin de la Croix, pris à la lettre, est l'espace que parcourut, sous le fardeau de la Croix, notre aimable Rédempteur, c'est>à-dire, depuis le palais de Pilate, où il fut condamné, jusqu'au lieu du Calvaire, où il fut crucifié. On y compte 1361 pas. Aiiisi, faire le cliemin de la Croix, c'est parcourir le même espace. Le faire en esprit et en vérité, le faire en chrétien, c'est y marcher, pénétré des sentiments que doit inspirer une voie sanctifiée par les pas de Jésus-Christ, et toute baignée de son sang. C'est ce qu'avait coutume de faire la très-sainte Vierge, après la mort de son cher Fils ; mais surtout après l'Ascension, comme le rapporte Adricome, et selon une constante tradition confirmée par la révélation que cette Mère de pitié en fit à sainte Brigitte. La bienheureuse Vierge Marie, dit Léon X, (1) se fit un devoir de visiter souvent les lieux de la Passion de son cher Fils. Ainsi ce fut la très-sainte Vierge qui enseigna la première à

(1) BuU« donnée en 1517.

faire le chemin de la Croix, et qui donna principe à cette belle déTotion. A l'exemple de Marie, les saintes femmes et les filles de Jérusalem s'attaclièrent à cette pieuse pratique, que l'on facilita dans la suite, par des monuments érigés pour perpétuer le souvenir de ce que l'on savait, par tradition, être arrivé à Notre-Seigneur dans les dififérents endroits où il s'était arrêté en montant au Calvaire.

Cette dévotion devint bientôt générale.

Des pèlerins en grand nombre, que la sainteté des lieux attirait de toutes les parties du monde, lorsque la religion chrétienne se fut répandue, se faisaient un devoir de vénérer les traces de Jésus-Christ montant au Calvaire. Ils racontaient aux autres les grâces particulières qu'ils avaient reçues, et les grandes consolations qu'ils y avaient goûtées. Les Souverains Pontifes sentirent tout le mérite d'un exercice qui a pour objet d'honorer le mystère le plus respectable de notre sainte religion, celui que Jésus-Christ nous recommande de ne perdre jamais de vue, et dont il nous a laissé la mémoire dans l'auguste Sacrifice, qui pour cela est appelé par les prêtres, Sacramentum memoriœ. Ils l'approuvèrent; et animèrent les fidèles, en ouvrant en leur faveur les trésors de l'Eglise. Mais l'impossi-

bilité OÙ sont la plupart des chrétiens de se transporter dans cette heureuse terre, les eût privés des consolations et des indulgences attachées au chemin réel de la Croix, si l'Eglise, toujours attentive aux besoins de ses enfants, et riche de tous les mérites de Jésus- Christ, n'y eût suppléé par une pieuse pratique à la portée de tous les fidèles, qu'elle a voulu favoriser des mêmes grâces. Cette pratique qu'on nomme YiA Crucis, ou chemin de la Croix, n'est autre chose que le chemin figuratif de celui que fit Xotre-Seigneur chargé de sa Croix. Aujourd'hui donc, par le chemin de la Croix, on entend ordinairement ce chemin figuratif. Pour faire cette représentation, auautant qu'il est possible, on place de distance en distance des croix ordinairement accompagnées de tableaux ou d'images (1) ; ou bien on met, dans les églises, des sculptures qui nous montrent le Sauveur montant au Calvaire, selon les différentes stations que son épuisement lui fit faire dans ce long et pénible voyage. Ces stations sont au nombre de douze, auxquelles on a ajouté la descente de la Croix, et ^transport au sépulcre. Le nombre des croix se monte à quatorze, que Ion ap-

(1) Il faut bien remarquer que les indulg-ences ne sont pas attachées aux images, mais aux croix. (Décret de la S. Congrégation des Indulgences, 30 janvier 1839).

pelle les quatorze stations du cliemm de la Croix. Telle est l'idée que Ton doit se former de la dévotion appelée YiA Crucis, ou chemin de la Croix.

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