RUSSIE ET CHINE
Les Relations entre la Russie et la CAin« datent du coflimenretnent du XVII e siècle. Elles s'établirent lorsque la première de ces Puissances, par ses conquêtes rapides en Si" bérie >), subjugua les Pays situés au Sud et à TEst du Lac BcHkal, Les MtMtch<Mx ^) avaient
1) Alm. de Goiha^ 1840. p. 14. 15.
2) Martens^ Cours diplomatique^ T. III.
Liv. VIII. Chap. VllI. Des Relations entre la Russie et VAsie. p. 449. 450. §. 471. Chine; 1. Possessions* §. 472. 2. Commerce. — Scherer, Histoire raisonnée du Com^ merce de la Russie {Paris 1788. T. I, IL in 8°.) T. II. Chap. X. — Jul. Klaproth^ 3Jémoires relatifs à PAsie {Paris 1824.
in 8^.). De la Frontière russe et chinoise» p. 1-80.
3) Fischer^ Histoire de Sihirie^ depuis la découverte de cette Contrée^ jusqu^à son entière Conquèts par les Russes, Sainte Pétersbourg^ 1774.
4) Mantchou, La Mantchourie^ si confusément décrite dans nés Géographies, Test pourtant bien clairement dans celle des Chi' nois. Tout le pays forme le Gouvememtnt de Schengyn ou Schin^Yang^ divisé en deux Fou ou Sous^Gouvememmls ; celui de Fyn-iien on Leao*Tong au Midi, sur la Mer Jaune ^ et celui de Bîantchouy sur VAmour et la Mer de Corée.
Les Mtmtchoux appartîeiiBent à la graïKle race , nommée Toungouse par les Russes et les Tatars, mais qui s'appelle Oven dans «a propre langue. Les Daouriens sont Mantchoux^ mais mêlés de Mongols, Plusieurs Tribus, telles que les Dutcheri^ sur les bonis de VAmour^ vers le milieu d,e son cours, les SolonSy sur VArgoun et autres, ne paraissent se distinguer que par des nuances de civilisation. Les Manichouxy sous le nom de Ali" euiché, ont soumis, avant le XII e^ siècle, les Leao ou Khiian, dont ils étaient auparavant les vassaux, et qui habitaient la Province 4e Mouhden; ils envahirent, en 1115, le Nord de la Chine ^ où leurs Princes fondèrent la Dynastie dite de Kin ou de l*Or. Dépouillés par les Mongols^ ils retournèrent dans leurs monts sauvages d'où ils sortirent de nouveau, sous le nom de Mantchoux^ pour faire la conquête de la Chine entière (1644—1650), 4|ttî leur garde encore une obéissance mêlée de haine et interrompue par des révoltes partielles *).
Les Mantchottx ont connu TAgricuIture, et
•) Du Haldel), T. IV. p. 3-21. 77. 547. note a. — Astatisches Magatin^ verfa/st von einer Gesellschqft GeUhrt », herttusgegeben von Julius Klaproth {Wsimar 1802. T. I. IL in 80.) T. L No. ID. p. 300. Art. IL No. IV. Art. IV. p. 328. T. IL
No. L Art. III. p. 136. Eroberung von China durch die Man-teheu. — Mémoires rsla^ tifs à VAsie^ par M. JuU Klaproth{Pa" ris 1824. in 80.) p. 441 — 454. Aotice sur rOrigine de la Nation des Mandchoux, — Joh, Heinr, Pla th^ Die Vôlker derMand-
t) /. B. Du H al de (de la Compagnie de Jésus)^ Description géographique^ historique^ chronologique^ politique et physique de VEmpire de la Chine et de la Tartarie chinoise {La Haye 1736. T. I— IV. in 40.) Cet Ouvrage a été composé sur les Mémoires manuscrits et imprimés des P, P, Martin
Martini — Ferdinand Verhiesi — Philippe Couplet — Gabriel Magalhaens — Jean de Fontanry — Joachim Bouvet — Jean-François Gerbillon — François Noël — Louis Le Comte — Claude Visddou — Jean Baptiste Régis — Joseph Henry de Premare — François-Xavier DeuirscolUs — Julien Pla^
Liv. ni. CoAP. I.
placé, en 1644, la Race de leurs Princes sur le Trône de la Chine; ils étaient alors trop oc<' cupés de la Soumission entière de cet Empire et de la Conservation de leur Conquête» pour
qu^ils
même ont eu un Code de Lois, avant la conquête qu'ils firent do la Chine, Cette extension de puissance a nui à leur pays, car les meilleures familles du pays ont émigré en Chine.
D'après les Relations ies Mitsionnaire» Jé-
suites^ les Mantchoux n*ont ni Temples, ni Idoles; ils rêvèrent un Être suprême qu'ils nomment l'Empereur du Ciel, Cependant la religion des Mantchoux établis en Chine^ se rapproche du Cliamanisme *). Des trois grandes Nations de VAsie centrale^ les Man-
schurex (Goettingue 1830.xT. I. II. inS^.) T. 1. p, 227. sqq. T. IL tout entier. — Hîstoire générale de la Chine ^ T. X. p. 406. T. XL p. 1. sqq. — Recherches sur les Langues Tartares^ oU Mémoires sur différents points de la Grammaire et de la littérature des M an dschou «, des Mo ng o Is^ des Ouigours et des Tibetains^par Mr.
Jbel-Bémusat(ParU iS20, in 4°.) T. L p. 2. sqq.
*) Chamamsme^ une des plus anciennes et en même tems la plus répandue de toutes les Religions idolâtres^ professée aujourd'hui par les Finnois et les Tatars idolâtres, les Samolèdes, les Ostiakes, les Habitants de la Sibérie orientale, les Insulaires de F Océan Pat^que, les Bonrètes, et plusieurs autres Peuplades sauvages, tributaires de la Russie, Les Chamanisies adorent VÈtre suprême, Créateur du Monde, Ce Dieu tout-puissant, que les différentes Peuplades désignent par diverses dénominations, voit tout et connaît tout, mais il ne s'intéresse nullement aux actions de rhomme. Impassible de sa nature, les prières ne peuvent le fléchir, les crimes l'irriter; il ne punit ni ne récompense. D'après l'opinion générale', il est invisible et habite ordinairement le Ciel ou le Soleil; quelquesuns même adorent le Soleil comme son image* Les Chamanistes croient qu'après la Création, VEtre suprême confia le Gouvernement du Monde- et le Sort du Genre humain aux sftins d'une foule de'' Dieux qui lui sont subordonnés, mais qui souvent agissent de leur propre gré et sans attendre son impulsion. Ces Dieu» du second ordre se partagent en bons et mauvais; il en existe des deux Sexes, mais ils ne ^contractent pas de mariage entre eux. Les Dieux de la première Série ou les Dieux favorables, président chacun à une
branche spéciale dans l'administration du Monde: quoiqu'ils soient, en général, portés à faire du bien, ils sont très vindicatifs, lorsqu'ils se trouvent offensés, et punissent sévèrement le coupable. Le Soleil, la Lune, les Etoiles, les Nuages, l'Arr-en-Ciel, le Tonnerre, rOrage, le Feu, l'Eau, la Terre, les principales Rivières et Montagnes, sont com-pris au nombre des Divinités; il y en a aussi pour la Santé, la Chasse, le Voyage, les Enfants^ les BeftiiauXf etc. La liste des mauvais Dieux est au moins aussi longue. Le plus grand d'entre eux qu'on nomme ordinairement Chaîtan (Satan), est presque aussi puissant que VÈtre suprême lui-même; sft méchanceté est excessive, et il ne peut être que très rarement appaisé par les Prêtres" ou Chamans, qu'il honore de sa faveur»
Les autres Dieux malfaisants, qui sont souft ses ordres, habitent au sein de la Terre, des Eaux, des Yolcans ou des Forêts, et ils sont les principaux auteurs de tous les malheurs qui arrivent dans ce monde. Les ChamU" nistes qui vivent plus près de la Russie, adorent Saint-Nicolas, auquel ils attribuent toute la Puissance dont jouit cet Empire. — Les Chamanistes pensent que le Monde une fois créé ne finira jamais. Selon eux le sert des hommes et des animabx ne change point après leur mort, et reste tel qu'il était pendant leur vie. L'homme se compose du corps et de l'âme ; il jouit du libre arbitre, cependant sa bonne ou mauvaise fortune dépend des Dieux et des Démons, qui punissent sévèrement l'Impiété, l'Irrévérence envers les Idoles, la Fourberie et la Cruauté. Dans toute autre circonstance, il ne peut s'attirer leur courroux, parce qu'ils ne s'en soucient guères s'il est fainéant ou laborieux, fidèle ou infidèle à son épouse, gourmand ou sobre, mangeant du gi-
làde Hervieu •— Cyr Conttmcin — Pierre de Goville — Jean-Jrma»d JPiysl '— Dominique Parrenm — Pierre Jartoux — Vincent de Tartre — Joseph -Anne- Marie de Mailla — Jean • Alexis GoUet — Claude Jacqusnàn — JAuis Parquet — Emeric de
Chavagnac •» Antoine Gtmbil~- Jean-Baptiste Jacques, — "U Avertissement dans le T. L p. LXXIV — UULX contient le Catalogue des Ouvrages sur VEmpire chinois, publiés depuis 1631 jusqu'en 1729.
Sect. IX. RtrssiE. §. 5.
f'is eussent pensé à «^opposer aux agrandissements de la Ruaeîe lur leurs Frontières tep» imtrioniaJeSm Bientôt le nouvel Empire manichou fut menacé d'un autre côté par Calcûtn
idoux peuvent être considérés comme les plus rapprochés de l'état de civilisation, surtnit depuis qu'ils ont fait la conquête de la Ckiue; et leurs progrès à cet égard doivent encore avoir été plus grands, puisqu'un des derniers Empereurs a ordonné que les meil-
leurs Uvres de la Chine fussent traduits dans la langue des Mantchoux.
Les trois laiigages des Mantchoux^ des Mongols et des Taiars diffèrent radicalement l'un de l'autre. Mr. Langlès^ qui a publié un Dictionnaire mantchou*)^ affirme que
lier ^^îi a tué lui-même, ou bien le dérobant aar ntres. Quoiqu'ils aient une croyance ^nne dans l'autre vie, ils se la figurent cepeodant pauvre et remplie d'amertume; ce ^ri fait qu'ils ont une grande peur de mourir: les Prêtres seuls quittent la vie avec ré. sigoation, soutenus par l'espérance qu'ils jouinat dans l'éternité du bonheur des Saints. — Chez les Chamanistes^ la femme est inférieure en tout à l'homme. Créée seulement p«or les besoins de ce dernier, pour procréer des enfants et vaquer aux travaux domestiques, elle est méprisée et considérée comme une marchandise, qu'on peut échanger ou vendre, et traitée avec la dernière sévérité. Être immonde, en horreur aux Dieux^ elle est, surtout au moment des règles et pendant les couches, un objet de dégoût pour les hommes et même pour les animaux; son contact est réputé l'mpar: aussi a-t-elle des chevaux, des selles, des banj:s et même des vases et autres ustensiles de ménage qui sont particulièrement aiTeetés à son usage, et dont les hommes ne peuvent se servir avant de les avoir purifiés. 11 lui est défendu enfin d'assister aux cérémonies religieuses et de s'asseoir auprès du foyer commun. Cependant, malgré cette répugnance que les Chamanistes montrent généralement pour les Femmes^ ils ont des Prè" tresses qui possèdent le même pouvoir, et jouissent de h même vénération que les autres J^rêtres, Ces Prêtres^ qu'on nomme ordinairement Chamans^ c. à. d. Ermites soupirants et Maîtres des Passions^ s^ont toujours choisis par les Dieux eux-mêmes, qui manifestent leur choix par des convulsions et autres signes d'irritation nerveuse, auxquels sont sujets les Élus dès leur enfance. Ils sont en eénéral très versés dans les mystères de leur Keligion, mais du reste absolument ignorants, et ne se distinguaut de la populace ni par leurs richesses, ni par aucune règle particulière dans leur vie. Les Chamans se vantent d'avoir des relations fréquentes avec les Etres supérieurs, de connaître les motifs de leur courroux et les moyens de les appaiser; ils prédisent l'avenir, rendent des oracles, ex-
UL
pliquent les songes, etc. Les Chamanistes n'ont point de Temples ni d'autres Édifices destinés au '^ culte religieux; les cérémonies se font dans un champ ouvert, sur une colline, ou sur les bords d'une rivière, le plus souvent pendant la* nuit, et toujours auprès d'un grand feu. Leurs Idoles sont grossières et pour la plupart difformes ; ainsi le Tschip' tschiphan est tout simplement une porte de pin, à laquelle on accroche les -oiseaux apportés en offrabde.; le Tis est une longue perche fourchue, entre les dents de laquelle est suspendue une tête de renard ou deux têtes d'oiseaux. Leurs Fêtes solennelles sont au nombre de trois: celle du Printems^ qui commence leur année, et oiî l'on apporte en offrande les prémices de toutes productions, surtout le lait, priant les Dieux de leur accorder, une bonne année; celle de VÉté et celle de V Automne^ qui a lieu au mois d'Octobre, et pendant laquelle on ofire en sacrifice une pouliche (petite jument). Lorsqu'ils prient, ils tournent leur visage vers le Soleil ou vers les Idoles, et quelquefois vers les Victimes offertes en sacrifice. Leurs prières sont ordinairement brèves, et servent à exprimer leurs voeux. — Le Chef du Chamanisme est le Dala'i Lama^ Prêtre qui, en quelque sorte, est censé ne jamais mourir. {Dict* de la Conversation, T. 2UL p. 359. Col. 2. — Malte Brun, T. II. Liv. XLI?. p. 587.1'. III. Liv. LXI. p. 445. Liv. LXVL p. 577—579. — Asiatisches Magazin, T. I. Cah. U. Art. VI. Veber die F o -Religion in China, p. 149—169.
— ConversationS'Lexihon^ T. IX. p. 706 )
*) Dictionnaire tartare-mantchoufrançais^ composé d'après un Dictionnaire mantchou-chinois, par Mr, Amyoi, Missionnaire à Pékin; rédigé et publié avec des Additions et F Alphabet de cette langue, par L» L angle s. Officier de NN, S$. les Maréchaux de France (Paris 1789-1790. T. I— UL in 4°. ) — Du Même, Alphabet tartare-mantchou, dédié à V Académie royale des Inscriptions et BeUes- Lettres, avec des détails sur les lettres et récriture des Mantchoux (Paris 1787.
Liv. III. Cbap. L
ou Kaldan"^)^ le Chef des Elentes ou Socn^gar (Dzoun-gars)^ qui noD seulemeiit soutenait son Indépendance, mais qui s^efforgait aussi de détacher les Tribus mongoles^) de l'Alliance des BJantchoux, Kang-hi '), un des plus grands Empereurs qui aient régné en Chine, fit aux Eleuies des guerres sanglantes qui ne se terminèrent qu'à la mort de Galdan^ arrivée en 1697. C'est alors seulement que cessèrent les troubles en Mongolie^ troubles assez connus en Europe ^).
c'est le plus parfait et le plus savant des Idiomes tatars, sans en excepter celui du Thibetf quoiqu'il n'ait été écrit *)u'au roromencement du XVII e siècle. A cette époque, le Monarque des Manichoux chargea des savants de dessiner des lettres d'après celles des Mongols, L'Alphabet des Manichoux présente quinze cents groupes de syllabes, que Mr Langlès a essayé de réduire à vingtneuf lettres, dont la plus grande partie a trois formes différentes, suivant qu'elles doivent se trouver au commencement, au milieu et à la jfin d'un mot. Cette langue est remarquable par la fréquence des onomatopées *) ou mots imitâtifs, par son extrême douceur qui n'ad. met jamais que deux consonnes se suivent sans l'intervention d'une vbyelle, par sa richesse en particules, qu'on annexe aux mots et qui en modifient le sens, par le grand nombre d'inflexions données au verbe, comme dans Vhébreu et Varabe, et particulièrement par un fait qui semble toucher à la migration des Peuples. La langue mantchoue, qui règne à l'extrémité orientale de notre Occident, renferme beaucoup de racines qui ressemblent à celles des langues européennes- Ce ne sont , point des mois relatifs aux Arts qui auraient pu être apportés par les prisonniers de guerre allemands que les Mongols eutrainèrent en Jlsie; ce ne sont pas des mots imitatifs dont la ressemblance est (presque toujours fortuite. La ressemblance d'ailleurs ne s'étend qu'aux langues gothico- germaniques et latino-greC' ques, qui ont elles-mêmes des rapports avec le sanscrit **). Kien dans le mantchou ne
paraît celtique ni esclavon ; un seul trait rappelle le sarmate ou lithuanien***); mais ce trait est encore commun aux langues indom germaniques. Ces racines, communes à des langues séparées par toute l'étendue d'une moitié du monde, indiqueraient que les Matu tdioux seraient originaires des environs de la Perse et de XInde, (Malte Brun, 1. c. T. IlL Liv. LXL p. 440 - 447. — Plath, L c.)
1) Les Russes lui donnent le nom de BouchtoU'Khan. (Plath, 1. c. T. L p. 328.)
2) Du Halde, T. IV. p. 21. 39. 71.
Z) Kang'hi (Tranquillité imperturbable) n'est proprement pas le nom de cet Empereur; c'est celui des Années de son Kègne; en mantchou Elkhe i ai fin, et en mongol JEnhe-amo golong, (J, Kl aproth. Mémoires, p. 5. note 1.)
4) Jo. Unhorvshy^ Neueste Historié der ôstlichen Kalmûhey , etc. dans Mû lier, Sammlung rufsischer Geschichte (St. Péiersbourg 1732 — 1764. T. I-IX. in 80.) T. 1. p. 123. sqq. — Histoire généiale de la Chine (du Père de Mailla) (Paris mi -1778. T. 1-XIL in 40.) T. XI. p. 78- 299. — JJu Halde, T. IV. Les Voyages du Père Gerbillon en Tar tarie, 1691 — 1698. — De Guignes, Histoire générale des Huns (Pcri«1765. T.I-IV. enôVol. in 4°.) * T. IV. p. 102. sqq. — P allas, Sammlung historischer Nachrichten ûber die mongolischen Voïkerschaften (St, Pétersbourg et Leipzig 111^- 1802. T. L IL gr. in 4°.) T. L p. 36. sqq. — Plath, 1. c. T. L p. 326 —356.)
in '40.) — Rémusat, Recherches sur les langues tar tares, T. L Chap. IV. De VOr-, ihogruphe, de la Grammaire et de VÉtymo» logie des Mandchous/^, 89—150. — /.
Klaproth, Chresiomathie Mandchou, ou Recueil des Textes Mandchou, destiné aux personnes qui veulent s* occuper de cette langue (Paris 1828. in 8°.)— Plath, 1. c. T. IL p. 998-1037.-itfa//e-firi«», />r^cis de la Géographie universelle, T. IlL p. 445-447.
•) Onomatopée , du grec A'ovopLCt,, nom, et de flrot€C9, faire, former: formation d'un nom. Figure de roots formés siir la ressem-
blance de la chose qu'ils signifient. Cliquetis (des armes), Trictrac, sont des mots formés par onomatopée, (Lunier, 1. c. T. 111. p. 15. Col. 2. — Dict, de la Conversation, T. XLI. p. 43. Col. 1. — Penny Cyclopaedia, T. XVI. p. 438. Col. 2. — Conversations-Lexihon, T. VIIL p. 72.)* **) Sanskrit, la langue sacrée des Hindoux,
***) La syllabe bu, servant d'auxiliaire dans le Passif mantchou; c'est le batvi (je fus) des Sarmates-Lithuaniens, le be des Jnglais, le bin (je suis) des Allemands, le fui des Latins. (Malte Brun, 1. c. T. IIL Liv. LXL p. 447. note 1.)
SÉCT. IX. RlfflSIE. $. 5.
CepeoAaDt le* Waidchoux aralent déjà commencé à résister aux Susses ^) fUr le Flenv« inoar^)) et ces hestilités conliouèreot lengtems avant qu'une Convention fixAt les Frontières entre les deux Empires,
Eh 1688, le Khan hlane '), Roi des Oros ^), avait envoj-é en Chine une Âmbassade% dai|;ée (le demamier qo'un Lieu fut marqué pour eonrérer sur 1» rétaUissemest d« la Paix. VEn^reur aceueillit cette proposition, désigna un Territoire près de la Ktvièro Sdenga '), povr la Réunion des Plênipotentiuires réciproques^ confia cette Négociation à deux grands SeigMvr& de sa Cour, les fit accompagner par plusieurs Mandarins de divers Ordres ^), et
1) MulUr^ K c. T. II. p. 320. sqq. — Hisioin générale de la Chine^ T. XII. Notice borique sur les Entreprise^ des Russes^ p. 61-Ï08, — Plath<i L c. T. L p. 54. sqq.
2) L'amour, Fleuve de VAsie orientale^ oaU dans la Tatarie chinoise (Mongolie)^ MBS le a»ra de Kerlon (en russe jirgoun)y Jeseesd des Monts Kinhan par 40 ^ 30' de Latitude N., court au 8. £., puis au N. £., VTMe le pied des Monts où il prend sa source, traverse le La« Koulon^ sépare la Russie iMt de la Mantchourie , depuis son confloent avec le Gan jusqu'à sa jonction avec lai$cAi/j:a, près du Fort de Balaklatva; à ce peiat il arrose au S. £. la Mantchourie^ décrit lin grand arc le long des Monts de Sfoifti, s« grossit da Songari^ et tournant au M. £., débouche par 52» 40' de Latitude N. et 137° 30' de Longitude Ë. dans une Baie d« b Mer à'Okkoisk *). Les Mongols lui avaient denné le nom de Karamouran^ Flemtnoir;lt8 Toungouses lui donnent celui d'ilmoBr, depuis le Fort Balaklatva; les ^MtckoaxVapfelUatSanghalian'Oulay ^ Fleuve noir, et les Chinois Hé-loung- Kiang^ le Fïeuve du Dragon noir, ou Ré" chouy, V£au noire, — L'Amour, navigable depuis sa réunion avec le Gan, se couvre an* uelleoieat de places, malgré son extrême rapidité. 11 donne son nom de Sanghalin à k tter, à Vile et au Détroit voisin de son Eabeaehure. Son Cours a plus de 800 lieues. (û« Balde, 1. c. T. IIl. p. 121. T. IV. p. 230. - MûUer, l c. T. H. p. 253. 293. 294. 296. 311. 337. T. III. p. 96. 108. 185. 286. 288u T- VI. p. 131. 132. — Histoire généraU de la Chine, T. XIL Notice historique, p. 73. et p. 98. note 2. — Die neuen Entdeckunge»
der Ruêsen zrvischen Asien und America (Aus dem Englischen des Herren Coxe ûbersetzt) (Francfort et Leipzig 1783 '*). T. I. II. en un Volume.) T. II. Chap. II. p. 334. note *.
— Bûsching, Magaxin, T. II. No. V|L p, 483 — 518. Nachrichten von dem Amur- Flusse. — Histoire du Fleuve Amur (Amsterdam 1766. in 12°.) — Plath, 1. c. T. I. p. 5. 6.- •— ' Rit ter. Die Erdkunde im Verhiiltni/s air Natur und zur Geschichte des Menschen, oder eine allgemeine vergleichende Géographie, T. II. Liv. II. ^«i«. Vol. I. (2 de Édition. Berlin 1832. in 8°.) Part. I. Sect. I, Chap. I. p. 103. — Malte Brun, 1. c. T. IIL Liv. LX. p. 434. — Adr. Balbi, 1. o p. 748.
— Langlois, I. c. T. I. p. 123. Col. 2. — Follstândiges Handbuch, Sect. IV.. T. IV. p. 236. — Penny fyclopaedia^ T. I. p. 477. Col. 1. — Ersch und Gruber, 1. c. T. UL p. 434. Col. 2. — Me, Cullochy Dictionary geograpicaly etc. p. 98. CeL 1.)
3) Khan blanc, en mmntchou Tsakhan Khan, (Klaproih, Mémoires sur VAsie, p. 79. note 1. p. 97. — Voyez plus haut p. 1148* Col. 1. contin. de la nota ***. de la p. 1147. Col. 2.)
4) Oros est le nom que presque toutes les Nations asiatiques donnent aux Russes; en turc OuTous et Oros; en chinois O lo szu, {Klaproth, I. c. p. 29. Col. 1.)
5) Du Ualde, 1. c. T. IV. p. 164. 175. 522.
— Ritter, L c. p. 527. ^ Malte Brun, 1. c. T. III. Liv. LVIII. p. 345. — Adr, Balbi, 1. c. p. 783. — Langlois, 1. c. T. IV. p. 1087. Col. i. — Follstândiges Handbuch^ Seet. IV. T. L p. 144.
6) Comparez plus haut p. 621. Col. 1. la noto *. — Les Mandarins dut pour marque
*)Uaier d^ Okhotsk, vaste Golfe du grand Océan oriental ou boréal, renfermé entr« le Kamtchatka, la Province russe d'Okhotsk (Sibérie), me partie de la Tatarie chinoise, ^ ni» de Sangholin. Les Iles KourUies et f^itie de «'ettes à'Yéso ferment en parti* <tt ouverture dans VOcéan, (Adr, Balbi, l'C. p. 782. 785. 787. 792. — Langlois, I. c. ï-in. p. 583. Col.l. — FoUstûndigesHand- *«**, Sect. IV. T. IV. p. 237 )
**) William Coxe, Account of the Russian Discoveries between Asia and America; to nhich are added'the Conqttssi of Siberia and the History of the Transaction ' and Commerce between Russio and China (Londres 1780. in 4°. seconde édition.) — Comp. fF, Th, Lomndes^ BihUographer, Manual of english littérature (Londres 1834. T. I-r IV. in 8°.) T. L p. 500. Col, 1.
Liv. m. Châp. I.
leur adjoignit les deux Missionnaires^ le Père Thomas Pereira (^suîU pùriugais)^) et te Père Jean François Gerhillon {JésuUe françflh) ^), afin que si les Russes (au Moscovites) voulaient s'expliquer en latin ^ ou en quelque autre Langue de VËurope^ ils pussent leur servir è^ Interprètes»
Cependant les hostilités entre les Eleutes et les MongoU'Kalkas^)^ ayant interrompu les communications entre les deux Empires^ les Plénipotentiaires chinois retournèrent sur leurs pas, après avoir exposé dans une Lettre^ adressée aux Plénipotentiaires russes ^)^ le motif de leur départ, et les points sur lesquels ils avaient à se plaindre. Le Plénipotentiaire en Chef des Busses répondit que, puisqu^on ne pouvait se réunir cette année pour traiter de ' la Paî3E dans des Conférences réglées^ il attendrait encore tout l'hiver sur les Frontières des Terres appartenantes â son Maître: que cependant il priait les Ambassadeurs chinois de lui faire savoir incessamment, en quel Lieu et à quelle Époque ils pourraient s'assembler pour tenir ces Conférences^ et que, pour savoir plus précisément leurs intentions et faire connaître les siennes, il leur enverrait au plus tôt des Députés avec des Lettres pour eux, et qu'il les priait de recevoir et de traiter ces Députés avec honneur, comme des Gens faisant partie de son Ambassade, «t de les dépêcher incessamment, leur faisant donner de bons Guides jusque suï les Frontières des Terres sufètes à leur Empereur^ comme aussi de leur fournir des "Vivres et les Voitures nécessaires *).
En 1689, les Plénipotentiaires russes ayant député un Envoyé pour renouveler la demande qu^on nommât un Lieu sur les Frontières des deux Empires, afin d'y tenir les Conm férences de la Paix, l'Empereur désigna â vet effet la Ville de Nertchinsk ^) ou Nîptchou ^)i.
divers animaux; Tes uns mtegtue^ les autres un lion, d'autres un aigle, d'autres un paon, etc. etc. selon la classe à laquelle ils appartiennent. Tous passent par plusieurs examens avant d'être admis au Mandarinat. •— Depuis que les Taiars se sont rendus mattres de la Chine, la pltipart des Tribunaux sont mipartis, c. à. d. qu'au lieu d'im Président, on en a établi deux, Tun tatar, l'autre chinois» (Art de vérifier, T. VIIL dep. J. Chr. p. 394. note 1. — Du Halde, 1. c. T. IV. Table des Matières» — Histoire générale de la Chine, T. XL p. 444. 445. 479. 480.)
1) En chinois SoU'gé'chin. {Histoire générale de la Chine, T. XL p. 128.)
2)'E,ïkchinoisTchang'tching, {Ibidem^ p. 128.)
3) Du Balde, 1. c. T. IV. Table des Ma>» tières, <— Histoire générale de la Chine, T. Xll. Table des Matières. •— Plath, 1. c* p. 325—334. — Malte Brun, L c. T. UL Liv. LX. p. 434.
4) La Souscription de la Lettre, traduite en latin par les Jésuites, était en ces termes: „Les Envoyés du tr^s sage Empereur, Grands -,, de son Palais, Songolou, son Capitaine des
*) Cong est une des premières Dignités de l'Empire, qui revient à celle des Ducs et Pairs.
**) Les Troupes tatares, qui composent la Garde impériale, sont divisées en huit Corps, dont chacun a sa Bannière (Étaidard, Drapeau), distinguée ou par la Couleur jaune, blanche, rouge, bleue, ou par la Bordure, savoir, jaune à Bordure rouge, blanche à Bor-
,^ Gardes du Corps, et Conseiller d'État: Tong „ que Kong, Cong du premier ordre *), Chef „d'un Étendard impérial **), oncle de Sa Ma- ,,|esté impériale: Amhi, Président du Tribuy,nal des Affaires étrangères: Ma laoyé, „ Grand Enseigne d'un Étendard impérial, et „Ies autres, envoyent cette Lettre aux Ant» ,,bassadeurs et Grands Plénipotentiaires de „4eurs Majestés les Tzars de Moscovie ***), „Okolnitch^ Théodore-Alexiéwitck „Golon>in et ses Compagnons." {Gerbillon, Premier Voyage, en Tatarie, en Pannée 1688, dans Du Halde, 1. c. T. IV. p. 146.) N
5) Gerbillon, I. c. p. 162.
6) Nertchinsk, Ville de la Russie d?Asie (Irkoutsk), Chef, lieu du District du même nooK C'est un des plus affreux lieux d'exil qu'il y ait en Russie, {Second Voyage fait par ordre de V Empereur de la Chine, en Tatarie, par les Pères G er billon et Pereira, en Vannée 1689, dans Du Halde, 1. c. T. IV. p. 221. — Histoire générale de la Chine, T. XIL Notifie historique, etc. p. 104. note 2. — M aller, Sammlung, T. IL p. 365. 372. 414. 423. T. IlL p. 143. 464. 465. 608.
dure rouge, rouge à Bordure blanche, et bleue à Bordure rouge. La Couleur verte est celle des Troupes purement chinoises, qu'en appelle pour cela Lou ki, les Soldats de la Bannière verte, {Du Halde, 1. c. T. I. pt 143. — Plath, I. c. p. 984.)
***) /«van Alexiétvitch et Pierre (I) Aie.xiémitch.
Sect. IX. Russie. $. 5.
Lh PUmipoi€miiMr4t rMaoJt, aoconpagiiés èe$ Pèrtt Jéêuitet G^rhillon et Pertlra^ se mireat en route le 13 Juin; ils armèrent à Nertchinsk le 31 Juillet. L'opiaiàtreté qu'on asit de part et d'autre occasionna, dès les premières Confèr^ncet^ de grands débats 4]ui durèrent plusieurs fours, et avec tant de ^vivacité qu\»n fut plusieurs fois sur te point de rompre et d*en venir à une guerre euverte; enfin, les difficultés ayant été aplaniea par la Médialion du Pèrs Gerhillon^ la Paix fut signée^ le 7 Septembre 1689, et Jurée dans une Église des Russes à Nerichinsk, après quoi les Plénipotentiaires se séparèrent, pour retourner chacun auprès de leurs Souverains *).
Le Traité ^) , composé de YI Articles , établit que les Basset démoliraient I« Fort de
— Beym^ 1. c. p. 528. — Jdr. Batbi^ I. o. p. 791. ~ Langlois, 1. c. T. III. p. 487. Col. 2.
— roOet. Handbuch^ Sect. 111. T. U p. 75.)
7) Hiptchou» C*est le nom que les Man" ichoa» donnent à la Ville de Nerichinsk. {JuL Klaproih^ Mémoires, p. 29.)
8) Le Cortège de cette Ambassade était composé de huit à neuf mille Hommes, dont trois mille pour servir d'escorte; il y avait cent cinquante Mandarins, douze mille Chevaux, trois mille Chameaux, et cinquante Canons. Quoique les Moscovites eussent moins de monde, cependant ils vinrent avec autant d'appareil, et ne le cédèrent point en magnificence aux Chinois, {Histoire générale de la Ckime, T. XI. p. 126. continuation de la note 1. de la p. 125 )
9) L'interprète moscovite et le Père Gerh m on furent chargés de rédiger le Traité en latin, et ils en firent deux Copies: dans celle destinée pour les Chinois, l'Empereur était nommé avant les Tzars, et dans Vautre pour les Russes, on donna le premier Rang
aux Grands -Dmcs de Moscavie et à leurs Ministres, Le Préambule était congu dans les termes suivants:
„Par ordre du très grand Empereur:
,,Song»HoutoM, Capitaine des Officiers de ,,la Garde du Corps., Conseiller d'État et „ Grand du Pakis;
^Tong-Koué'Kang, Grand du Palais, „ Cong du premier ordre, Seigneur d'un des „ Étendards de l'Empire, et Oncle de l'Em- „pereur5
,,Lang'tan, Seigneur d'un ^es Étendards ,,de l'Empire;
,,Sapso, Général des Camps et Années de „l*£mpereur sur le Fleuve So^AoZîaii-OifAv, „et GouEvemeur général des Pays circon- „ voisins;
„Lang'iart4^ay Seigneur dhu des Éten* „ dards de l'Empire^
„ Ouenta, second Président du Tribunal des „Affiiires étrangères *) etc.
,,Nous étant assemblés proche le Bourg de „Niptchou, l'an XXYIII de Kangrhi **), du-
*) VeyeÈ pour les différentes espèces de Tribunaux ou Cours souveraines, leur Organisation, leurs Attributions, etc. Du Ualde, L c. T. II. p. 26. De la Forme du Gouvernement de la Chine, des différents Tribunaux, des Honneurs qu*on leur rend, de leur Pouvoir et de leurs Fonctions»
**) Chronologie chinoise, La tradition ancienne et constante des Chinois nous apprend que dès le te'ms de Yao t) , c'est à dire plus de 2000 ans avant J. Chr. , il y a eu à la Chine deux années différentes \ une année civile tt) qui était lunaire, et une année astronomique ttt), qui était solaire, et
qui servait à régler Vannée civile. Cette née civile était composée de dou:^ Ijunes, auxquelles on ajoutait de teins en teins une treizième, Dèsletems mémo ^Yao, l'année solaire était supposée de 365 joi^^ et 6.heures, égales à notre année Julienne^)., et chaque quatrième année était de 366 |ours, comme l'année bissextile^.
Les jours, ches les Chinoli, étaient divisés en cent Kéi chaque Ké avait cent minutes, 9t chaque minute cent secondes. Cet usage a subsisté jusqu'au dernier siècle, où les Chinois, de l'avis du Père Schall, Président du Tribunal des Mathématiques ^^°°), ont
t) Tout ce qu'on raconte ont précédé Yao, n'est, au les bons eritiques, qu'un traditions obscures qui ne créance.
tt) YoycE plus haut T. II.
Liv. II. Chap. I. Secf. III.