GINGUER, ETRE EN GINGUE
expressions barbares pour signifier faire des gambades, en parlant des quadrupèdes, et même des personnes.
GOUTTIERE est un canal pour les eaux de pluie des toits : c'est à tort que Ton emploie comme synonymes de gouttière les termes dalle et dallot, qui signifient, le premier, canal de pompe, ou, tablettes de pierres dures, dont on revêt les trottoirs, les terrasses, etc. : le second, canal pour Pécoidement des eaux d'un navire.
Le mot gouttière est, à son tour, employé improprement pour signifier, petite fente ou trou dans un toit, une voûte, etc., par lequel les eaux suintent.
GRAINS de pluie, faute grossière: dites, gouttes de pluie.
GRE'ER, que le peuple prononce gr^î/er, signifie équipper un vaisseau. Les locutions suivantes prouvent jusqu'à quel point le vulgaire abuse du mot gréer. C^est un homme bien graye' en chevaux : — -je me GRAYE pour aller à la chasse, — vous iHétes pas graye' pour loger tant de monde, etc.
GROCERY. Rejettez ce mot anglais, et dites épicerie. D'ailleurs la prononciation du mot grocery donne lieu à une équivoque, en ce que l'on croit entendre le mot
français grosserie, qui signifie conrimerce en gros, ou gros ouvrages de taillandiers.
GROSEILLE d'après le Dict. deTAcad.
est une espèce de petit fruit,, qui vient par grappes. Il y a groseille rouge et blanche.
Groseille à maquerau ou groseille verte, d'après la même autorité, est un fruit vert ou rougeâtre, plus gros que les groseilles ordinaires, qui vient sur tm arbrisseau épineux.
Ces descriptions de la groseille s'accordent avec celles des naturalistes.
Quant au mot gadelle, par lequel nous désignons d'ordinaire la groseille à grappes, il ne se trouve ni dans le Dict. de l'Acad. ni dans celui de l'Hist. Nat. de Valmont- Bomare. Boiste dit que gadelle est une espèce de groseille : et on lit dans le Dict. d'Hist. Nat. par une société de savans, que gadelle est le nom que portent les groseilles dans la ci-devant province du Perche en France.
De ces observations il résulte, que c'est une erreur de nommer gadelle, le fruit à grappes, dont il est question.
GUELLARD prononcez gheu-lar et non pas, gu-el-lar. Cette dernière prononciation est vicieuse, et elle doit être évitée également dans les mots suivans.
Gueule, prononcez gheule.
Gueulée, — gheu-lé.
Gueuler, — gheu-lé.
Gueules, — gheule.
Gueuletle,
pro9î07ic,
, gheu-lette.
Gueusaille,
gheu-saille.
Gueusailler,
gheu-sail-lé
Gueusant,
gheu-san.
Gueuse,
gheuse.
Gueuser,
gheusé.
Gueuserie,
gheu-se-ri.
Gueux,
gheu.
Dégueuler,
dé-gheu-lé.
HONTEUX. Vh de ce mot est aspiré.
Qu'il est pénible d'entendre dire cè-tonteux, — ilè'tonteux, pour, c^est-honieuXy — il esthonteux !
ICI. Ne dites pas, ces jours-ici, — ces livres-ici : ce sont des fautes : il faut dire, ces jours-ci, — ces livres-ci, etc.
IL N'A Q^U'A pleuvoir ; Paul n^ a qu'à tomber ; solécismes; dites, sHl vient a pleuvoir,— si Paul vient à tomber, ou, sHl pleut, -^si Paul tombe.
ILS employé po«r elles, est un solécisme révoltant. Quel pitoyable langage que celui qui suit ! Oit sont ces Demoiselles ? ont-ihs oublié Vinvilation à dîner chez notre tante ? — non, Monsieur, ils ne Vont pas oublié; ils sont au jardin, et vous y attendent.
Les mêmes remarques s'appliquent à eux et à eux-autres, qu'on emploie fréquemment pour elles.
IMPERTINENCE. Donner des im-
perti?ie7ices à quelqiCun, est une locution barbare.
INFLAMMATION. Gardezvons de prononcer avec le peuple AN-flâ-mâ-fion : dues, in-flamme-mace-i-on^
INGENIEUR. C'est une eiteur de désigner par ce terme ceki qtii dirige les machines d'un moulin à vapeur ; d'un bateau-à-vapeur, etc. : muchiniste est le mot propre.
INVECTIVER quelqu'un, n'est pas français : il faut dire, invectiver contre quelqu'un.
JOLIMENT. On fait quelquefois un étrange abus de ce mot ; comme quand on dit, cet homme est joliment laid : — ilfait JOLIMENT froid,
LARD. Lard salé, lard frais, manger du lard ; expressions barbares ; dites, J9c?rc saléi porc frais, manger du porc.
Lard et^t la graisse ferme qui est entre le cuir et la chair du porc, de la baleine, etc.
Porchet pour jetme porc n'est pas français.
LARGUER. On emploie souvent, mais abusivement, ce terme de marine, pour signifier, lâcher prise, laisser aller, détendre, etc.
LENDEMAIN. Du jour au lendemain est une locution incorrecte : dites d'un jour à l'autre : ou, de la veille au lendemain.
LETTRE MOULE'E est une^ lettre imprimée : c'est aussi une écriture à la main qui imite l'imprimé. Dans ce dernier ser»s on dit, écriture en lettres moule'es ; — écrire un complime?it en lettres moule'es : et non pas écriture imprime'e : — IMPRIMER un compliment,
LOCUTIONS LATINES. Les lo-
cutions latines, exemplï graiiâ, — verbi gratiày — id est, — anno Domini, — ante meridiem, — post meridiemi— junior, senior, etc. n'ayant pas été incorporées à la langue, doivent être rejettées.
LONGUE-VUE employé pour si.o-ni.
fier lunette d^approche, ou lunette à lo7igue vue, est un solécisme.
LORSQUE. Faites sonner 1'^ de ce mot : mais garder-vous de faire entendre trois syllabes en prononçant lor-se-que.
MAÇONNE n'est pas unsubstantif. C'est une erreur très-commune d'employer ce mot pour maçonnage, qui est le travail du maçon : et pour maçonnerie, qui est l'ouvrage achevé.
MAL. J'ai mal à ma jambe, , , ,à mo.v bras : dites, fai mal à la jambe, . ..au bras,
MAL COMPLAISANT. Dites, peu complaisant. Les locutions mal appris, makëduqué sont incorrectes ; il faut dire mal élevé*
MANCHONNIER. Dites, j'oureur,
car manchonnier ne se trouve pas dans les dictionnaires.
MARBRE. Bille est le nom de la petite boule de marbre, qui sert de jouet aux eiifans. Il faut donc dire, jouer aux billes, et non pas, jouer aux marbres.
MARIER (se). On ne se marie pas AVEC quelqu'un, mais A quelqu'un.
La locution, Mons, JV*. a marié Mlle JV*. pour signifier a épousé Mlle JST,, est révoltante.
MEGARD. Le vrai mot, est mé/^arde :
ainsi ne dites pas, f ai fait cela par muGAni), mais par megarde.
MEILLEUR. *^w meilleur de mon jugement, — au meilleur de ma connaissance,— Monsieur vous off? e ses meilleurs complimens, — Madame vous présente ses MEILLEURS rcspccts, sout des anglicismes que la langue française repousse. ^,-
MENOIRES, TRAVAIL, pour désigner les deux pièces de bois d'un traîneau, entre lesquelles le cheval est attelé, sont des barbarismes. Dites iimonlère.
Limon est l'une des branches de la limonière, et ne doit pas être confondu avec timon, qui est la longue pièce d'un chariot ou d'un carrosse, des deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.
MENTHE se prononce m>ante. Gardez-vous de dire avec le vulgaire, une décoction de MiNTHE, — je bois de la minthe, o2
— ZaMiNTHEes^ un fébrifuge^ etc. Cette prononciation est insupportable.
MER n'est pas synonyme de vague. Ne dites pas, il fut emporte par une mer : dites, il fut emporté par une lame, par une vague, ou par un coup de mer.
MIDI, MINUIT n'ont point de pluriel.
Je sors tous les midis ; — je m'éveille tous les MINUITS, sont donc des locutions incorrectes : dites, je sors tous les jours à midi : — je KïCéveille toujours à minuit.
MITOUCHE (sainte). Dites, sainte NiTOUCHE,— ^azVe la sainte Nitouche.
MOINDREMENT ne se trouve dans aucun dictionnaire.
MOUILLER. Il mouille, — il va MOUILLER, pour, il pleut, — il va pleuvoir , sont des fautes grossières.
MOYENNANT QUE n'est pas français : dites, pourvu que.
NAVIRE. C'est une erreur de désigner par ce mot les seuls vaisseaux à trois mâts. Navire signifie en général, bâtiment de mer : et l'on dit, un navire à trois mâts, — à deux mâts.
NEIGE. Chute de neige, — abat de neige, ''-^bordée de neige, sont des solécismes ; aussi bien que ces autres expressions, en parlant de neige : il poudre,--^il fait une grosse poudrerie^ etq.
ORDRE. Tai ordre de vous notifier ; dites, y ai reçu ordre^
ORGE est féminin, excepté dans ces mots, orge mondes — orge perlé.
Orge mondaine est une faute grossière.
OUBLIE est une sorte de pâtisserie, et c'est une faute d'employer ce mot pour signifier pain à cacheter,
OUSSE qu'il est? expression barbare:
dites, où est-il ?
OUVREZ. Quand on frappe à votre porte, dites, entrez, et non pas ouvrez,
PAGAIE est le terme propre pour désigner la rame dont les Indiens se servent pour faire aller leurs pirogues et canots d'écorce. Aviron pris dans ce sens est une faute, parce que aviron est une sorte de rame de batelier.
PAGAYEUR, celui qui tire à la pagaie.
PAGE'E de clôture. Le mot pagée n'est pas français.
PAIRE de vache, faute grossière : dites, Pis de vache, pis de brebis, pis de truie.
Considéré comme bon à manger, pis prend le nom de tétine. Manger d'une tétine,
PARAPET. On désigne souvent par
ce mot le chemin élevé, pratiqué le long des
rues, des ponts, etc., pour les gens à pied.
C'est une faute : trottoir est le terme propre.
PARCE QUE, conjonction, se prononce en deux syllabes, et non en trois.
PARFAIT. // chante au parfait, — cela va au parfait. — Dites, il chante parf alternent, — cela va parfaitement,
PAR RAPPORT QUE, employé pour parce que, o\jl par la raison que, est une locution vicieuse. Il ne faut donc pas dire : je ne puis encore répondre à votre question PAR RAPPORT QUE je u^aipas eu le temps de V examiner h fond: — ùxies.. parce que, ou, par la raison que je n^ ai pas eu le temps, etc.
PAS MAL est une expression incorrecte, lorsqu'elle est eniployée pour sig-nifier une certaine abondance, une quantité ou un nombre passable, comme dans ces locutions : il pleut PAS MAL, — il y avait pas mal de monde à rassemblée : — il reste pas mal de vin dans cette caraffe, — son discours a été PAS MAL long.
Pas guère est un barbarisme.
PASSE', contraction ridicule des mots pas et assez. Je rHai passe, (pas assez) émargent pour faire cette emplette,
PELLETER, qu'on emploie pour signifier, jetter quelque chose avec une pelle, n'est pas français. On doit donc éviter les expressions : pelleter la neige, — pelle- RER la terre, etc. Mais on dit, pellée, pellerée ou pelletée de neige, — de terre, etc.
PELOTE. Jeu de pelote ;— jouer à la PELOTE, sont des expressions vicieuses : dites : jeu de faumh,— jouer à la paume.
C'est avee une balles et non avec une pelote, qu'on joue à la paume.
Mais on dit, se battre à Cêups de pelotes de neifre . . .de boides de neige.
Le verbe neutre peloter, signifie, jouer à la paume, sans faire de partie réglée.
PICOTE, PICOTE-VOLANTE,sont
des barbarismes. Il faut, variole, varicelle : ou PETITE-VEROLE, PETITE-VE- ROLE VOLANTE.
Mais on dit, picoté pour signifier marqué de petite vérole,
PIEDS. Il a ses soidiers dans ses pieds ; — il a ses bas dans ses jambes : dites, il a ses souliers aux pieds .. .ses bas AMX jambes,
PLANCHE. La table peinte en noir pour écrire, tracer des figures, etc., dans les écoles, se nomme tableau et non pas