‹ Manuel des difficultés les plus communes de la langue francaise adapté au jeune age, et suivi d'un recueil de locutions vicieuses (volume 2)Chapitre 18 sur 24 · RECUEIL · texte numérisé non relu

RECUEIL

DE

LOOTJTIONS VIOISrSES.

A. C'est une faute grossière que de dire, la fille A Madame une telle ^ — le cheval a Mons. un tel. Dites, la fille de Madame une telle, — le cheval de Mons. tin tel. Venez a bonne heure, est aussi une expression vicieuse : dites, venez de bonne heure,

ABAT de neige, abat de pluie sont des barbarismes, de même que, chute de neige, — chute de pluie,

ABIMER. J^ai abîmé mon chapeau, — ma robe : dites, fai gâté mon chapeau, — ma robe.

ADONNER (s') est un des mots de la langue dont on fait le plus fréquent abus, et par fois le plus ridicule emploi. Ainsi l'on dit, il s'est adonne' à entrer chez moi, au moment où le feu a éclaté ; pour, il est entré par hasard chez moi au moment etc. : — il s'est adonne' que votre frère et moi nous sommes arrivés le même jour à Trois- Rivières; pour, votre frère et moi nous sommes arrivés par hasard le même jour à Trois- Rivières ; — ce Monsieur s'est adonne' à Kingston à l'ouverture du Parlement, m2

pour, ce Monsieur s'est trouvé par hasard à Kingston, à Couverture etc.

Mais on dit, en parlant de chemin, passez chez moi quand votre chemin ^'adonnera : et en ternaes de marine, que le vent adonne, pour signifier qu'il est favorable.

AMBRE, pour désigner l'allure d'un cheval, est une faute : dites amble, — aller l'amble.

AMONT, terme de batellier, qui signifie, en remontant la rivière : pays d' amont, — ce bateau arrive ^'amont.

On voit par là combien sont répréhensibles les expressions, amont le coteau, — AMONT le Cap aux Diamans, etc.

Amont est opposé à aval. On dit, vent c^'aval, — navire venant en aval, — bateau amarré en aval du pont, — en amont du pont, — en amont et en aval de la ville de Québec,

ANIMAUX. Souvent on désigne par ce mot les bestiaux et autres quadrupèdes domestiques : et l'on dit» mener les animaux au pâturage, — soigner les animaux, — ces AT^iMAVx sont fort gras, etc. Ce langage est incorrect, parce que le terme animal est générique, et comprend par conséquent tous les êtres animés et sensibles de la nature.

Bestiaux ou bétail ne se dit guère que pour désigner les bœufs, les vaches, les moutons, les chèvres. Quant aux chevaux, aux ânes, aux cochons, aux chiens etc., il faut les spécialiser par leurs noms.

On dit miimaiix domestiques par opposition aux animaux sauvages,

ANVALER pour signifier avaler, n'est pas fiançais.

APRES. La clef est après la serrure:

dites, A la serrure,

APPROPRIER. C'est une faute grossière de dire, approprier nne chambre, un meuble, pour signifier, nettoyer une chambre, un meuble,

A RAISON DE signifie à proportion ; et ne peut être par conséquent^mployé pour à cause de, qui a une toute autre acceptation. Au lieu donc de, il a abandonné cette entreprise a raison des obstacles quHl y a rencontres, il faut... a cause des obstacles,,,

ARGENT n'a point de pluriel : c'est donc une faute de dire, envoyer des ar- GENs h quelqu'un ; — placer des argens à intérêt : dites, envoyer de ^argent, ou mieux des fonds h quelquhm, — placer de Vargent, ou des fonds à intérêt.

De la BONNE argent, — de Vargent BLANCHE, sont dcs solécismes révoltans.

ATTELER un cheval sur une voiture, — mettre les chevaux sur le carosse, sont des locutions qui blessant le sens commun : dites, atteler un cheval a une voiture, — atteler les chevaux au carosse,

ATTENDRE. Le peuple dit attendre pour entendre : de là les expressions chom3

quantes, fai attendu la messe, — cet homme ^'attend pas raison, etc.

AVEC. Venez AVEQjJB moi: mauvaise prononciation : dites, venez ave' moi. Le c dans ce mot ne sonne que devant une voyelle.

BALANCE, BALANCINE pour signifier balançoire, ne sont pas français.

Une planche appuyée par le milieu, et sur les extrémités de laquelle des enfans placés en contre-poids, s'élèvent et s'cbaissent alternativement, s'appelle également bascule et balançoire.

Escarpolette est une balançoire, dont le siège est suspendue par des cordes ou par des brins de bois.

Si. la machine sur laquelle on se balance est construite de manière que le mouvement soit circulaire et horisontal, elle se nomme aussi balançoire.

Brandilloire est synonyme de balançoire,

BALANCER quelqv^un, c'est imprimerie mouvement à la balançoire, où est la personne, sans y être placé soi-même.

8e balancer, c'est aller soi-même sur la balançoire : ainsi quand deux ou plusieurs personnes veulent aller se balancer, elles doivent dire, allons nous balancer, et non pas, allons balancer,

BAND. On a francisé à tort ce mot anglais, et l'on dit, la bande de musique de

tel régiment : dites, le corps de musique, . . ou simplement, la musique de tel régiment.

BARBOT. C'est ainsi que le peuple appelle Vescarbot, insecte de la famille des coléoptères.

BARRER une porte, c'est la fermer avec une barre. Si la porte est munie d'une serrure*senlement, il serait ridicule de dire, Barrez la porte*

BATTURES, BORDAGES, employés pour signifier les glaces qui s'accumulent pendant l'hiver sur le bord des rivières, sont des barbarismes. On ne doit donc pas dire, les bordages tiennent encore,— les BATTURES sont parties.

Embarquement et débarquement sont encore des termes impropres, lorsqu'on leur fait signifier l'endroit où, en hiver, l'on passe de la rive sur la glace d'une rivière, et vice versa.

BELLE, EN BELLE. Ces mots sont employés par le peuple pour signifier facilité, occasion favorable^ et il en résulte des locutions tout-à-fait ridicules ; comme, vous avez en belle, pour, vous avez la facilite' : — si vous trouvez votre belle, pour, si vous trouvez une occasion favorable, etc.

BERDAS, BERDASSERIE, de

même que, berdasser, berdasseur, berdasseuse^ sont des mots bas et révoltans.

BEURRE'E est une tranche de pain recouverte de beurre. L'expression beukre'e de confitures choque le bon sens : dites, TARTINE de confitures.

On dit aussi, tartine de beurre, — de miel, etc.

BOITE pour signifier le son, Tavoine, les légunfies, etc., qu'on délaie avec de l'eau ou du lait pour les bestiaux, n'est pas français.

BOMBARDE. Le peuple nomme ainsi, mais improprement, le petit instrument en métal, dont on tire du son, en le plaçant entre les dents, et en en frappant la languette avec le doigt. Cet instrument s'appelle trompe, et plus ordinairement guim^ larde,

BOTTE. Tomber en botte, en parlant d'un tonneau, d'une cuve, etc., dont les douves et les cercles se séparent, est un solécisme.

Les tonneliers, suivant Trévoux, disent, tomber en javelle.

Le peuple dit aussi, mais improprement, cet homme tombe en botte, pour désigner le dépérissement rapide de sa santé, ou de sa fortune.

BOUCANE, terme impropre qu'on emploie comme synonyme ùe fumée.

BOUCANER signifie sécher des comestibles à la fumée, et aller à la chasse des bœufs sauvages : ne dites pas, la che-

minée boucane, — le pnële boucane : dites, la cheminée fume, etc.

BOUILLIR. Le vulg-aire dit abusivement bouillir pour fermenter, comme dans cette phrase, la bierre n'a pas encore bouilli, pour, n'a pas encore fermente'.

BOUQUET. Le peuple confond les termes, bouquet et fleur : il dit, semei^ des BOUQUETS ; et à l'aspect des fleurs d'un parterre, voilà de beaux bouquets.

Bouquet n'est pas une fleur : il est un assemblage de fleurs liées ensemble.

BOUT» Un BOUT de temps, — un long BOUT de temps, — tin petit bout de temps, sont des locutions basses et vulgaires.

BRASSE CORPS. Prendre à brasse corps : populaire : dites à-bras-le-corps.

BRETON. Ce nom appartenait jadis aux habitans de la Grande Bretagne : ils ont cessé de le porter depuis l'invasion de l'Angleterre par les Saxons : et par conséquent il ne peut plus être employé comme synonymo d^anglais.

Les seuls habitants de la Bretagne, cidevant province de la France, portent aujourd'hui le nom de Bretons.

BRIN est une faute dans les expressions suivantes, un petit brin de pain, — un petit brin de lait, — il rCa mangé qu'un petit brin, — il tombe quelques brins de pluie, etc.

On dit cependant, un brin d'estime.^ — un BRIN d'amitié, — un petit brin d'espérance.

C'EST-IL employé pour est-ce? est un solécisme. Evitez donc les expressions populaires, c'est-il moi qui ai fait cela ? — c'est-il lui qui a 'parlé ? — c'est-il hon^ cela ?

CHAMPLURE pour signifier rohinety est un barbarisme. Dites, chantepleure.

Dans quelques déparlemens de la France on appelle chantepleure le robinet d'un tonneau de vin ou de cidre.

CHANDELLE. Ne dites pas, tuez la chandelle^ — tuez le feu : dites, éteignez la chandelle, — éteignez le feu.

Enterrer le feu est aussi une faute ; dites, couvrir le feu.

CHANGER. C'est une faute grossière que de dire, changez-vous, — allez vous changer: dites, changez votre linge, — allez changer vos habits.

CHARGE. La charge d'un vaisseau n'est pas français. Dites, le chargement ou la cargaison d'un vaisseau.

CHIFFON de pain, pour signifier un gros morceau de pain, est une expression vicieuse : il faut dire guignon, ou bribe de pain.

CIRE, ou CIRAGE, est la composition luisante que l'on étend sur les chaussures en cuir. L'emploi du mot anglais blackbail est insupportable : également on doit repousser le terme noir à souliers.

Frottez mes sotiliers^ — mes bottes : expressions ridicules ; on doit dire, cirez mes souliers, — mes bottes, quand on veut les faire enduire de cire ; et, décrottez mes souliers, — mes bottes, lorsqu'on en veut faire ôter la boue.

CLAIRER (du verbe anglais io clear) n'est pas français. Ainsi ne dites pas, fai claire' £500 daîis mon awiéé; — // a claire' à la douane : dites, fai fait un gaifi net de £500 dans mon année : — il a eu sa décharge de la douane,

CLENCHE, suivant Boiste, signifie loquet de porte : mais clencher n'est pas français : conséquemment l'on ne doit pas dire, on clenche à la porte, etc.

CŒUR, CHŒUR se prononcent kettr.

Gardez-vous de dire avec le peuple, qu-eur.

COFFEE. Il est du dernier ridicule d'aller chercher le mot anglais coffee, que l'on prononce comme les anglais, kàu-fé tandis que nous avons le terme français caféy dont l'a est aigu, et que l'on doit par conséquent pronocer caf-é,

COUETTE pour signifier, cheveux de la nuque noués, n'est pas français.

COLLEREUX-EUSE, dites, colère.

COLLATION est féminin. J'ai mangé du fruit à mon collation, — il a fait un bon collation, sont des sollécismes insupportables.

COLLECTER (du verbe anglais to

C'EST-IL employé pour C5^ce ? est un solécisme. Evitez donc les expressions populaires, c'est-il moi qui ai fait cela ? — c'est-il lui qui a parlé ? — c'est-il bon, cela ?

CHAMPLURE pour signifier robinet, est un barbarisme. Dites, chantepleure.

Dans quelques déparlemens de la France on appelle chantepleure le robinet d'un tonneau de vin ou de cidre.

CHANDELLE. Ne dites pas, tuez la chandelle, — tuez le feu : dites, éteignez la chandelle, — éteignez le feu.

Enterrer le feu est aussi une faute ; dites, couvrir le feu.

CHANGER. C'est une faute grossière que de dire, changez-vous, — allez vous changer: dites, changez votre linge, — allez changer vos habits.

CHARGE. La charge d'un vaisseau n'est pas français. Dites, le chargement ou la cargaison d'un vaisseau.

CHIFFON de pain, pour signifier un gros morceau de pain, est une expression vicieuse : il faut dire guignon, ou brïbe de pain.

CIRE, ou CIRAGE, est la composition luisante que l'on étend sur les chaussures en cuir. L'emploi du mot anglais blackhall est insupportable : également on doit repousser le terme noir à souliers.

Frottez mes souliers, — mes bottes : expressions ridicules ; on doit dire, cirez mes souliers^ — mes bottes^ quand on veut les faire enduire de cire ; et, décrottez mes souliers, — mes bottes, lorsqu'on en veut faire ôter la boue.

CLAIRER (du verbe anglais io clear) n'est pas français. Ainsi ne dites pas, fai claire' jCôOO dans mon année; — // a claire' à la douane : dites, fat fait un gain net de £500 dans mon année : — il a eu sa décharge de la douane.

CLENCHE, suivant Boiste, signifie loquet de porte : mais clencher n'est pas français : conséquemnnent l'on ne doit pas dire, on clenche à la porte, etc.

CŒUR, CHŒUR se prononcent A;5^*r.

Gardez-vous de dire avec le peuple, qu-eur,

COFFEE. Il est du dernier ridicule d'aller chercher le mot anglais coffee, que l'on prononce comme les anglais, kâu-fé tandis que nous avons le terme français café, dont l'a est aigu, et que l'on doit par conséquent pronocer café.

COUETTE pour signifier, cheveux de la nuque noués, n'est pas français.

COLLEREUX-EUSE, dites, colère.

COLLx\TTON est féminin. J^ai mangé du fruit à mon collation, — il a fait un bon collation, sont des soUécîsmes insupportables.

COLLECTER (du verbe anglais to

collect) est un barbarisme. Il ne faut donc pas dire, collecter des dettes, — des souscriptions ; mais, recueillir des dettes, des souscriptions,

COLLECTEUR. Ce mot se dit seulement de celui qui est chargé de percevoir les taxes, les impositions ; mais non de celui qui recueille des souscriptions, des dettes, etc.

CONDUITE n'est pas synonyme ^^ économie : et c'est une faute grossière que de dire, cet homme a beaucoup de conduite, pour signifier qu'il est fort entendu en économie.

CORDEAU est une petite corde pour aligner : et c'est à tort qu'on l'emploie au pluriel comme synonyme des rênes ou guides, que l'on attache à la bride d'un cheval attelé à une voiture.

CORDON, employé pour signifier une mesure de bois de chauffage, n'est pas français.

Cordon d^aube est une faute : dites, ceintnre d^aube.

COTON employé pour désigner une tige sans feuilles ; un épi de blé d'Inde dépouillé de ses grains ; la souche d'un choux ; etc., est une faute grossière.

COUTE QUI COUTE. Dxies, coûte QUE coûte.

CRACKER. Rejettez ce mot vulgaire

anglais, par lequel on désigne une sorte de petit biscuit dur et cassant ; et dites en français biscoiin.

CRAQUE'. Le mur est craque', — le verre est craque', sont des expressions incorrectes : dites, le mur est fendu^ ou crevassé; — le verre est fêlé.

CRI-CRI est le grillon domestique : il ne doit pas être confondu avec le criquet, habitant des champs, qui est une autre espèce de grillon.

CROCHET et TAQUET sont des instrumens recourbés pour tenir quelque chose. On ne doit pas confondre ces mots avec verrou^ qui est une fermeture de porte d'une autre forme.

CROUSTILLANT-TE, ne se trouve dans aucun dictionnaire. Conséquemment l'on ne doit pas dire : pâtisserie croustillante : — comptes croustillans : mais, pâtisserie croquante ; — comptes croustilleiix,

CUSTODE. Au lieu de taberfiacle, le peuple dit custode, pour désigner l'ouvrage fait en forme de petit temple pour renfermer le saint ciboire. Custode n'est qu'une couverture du ciboire.

DALLE. L'emploi de ce mot, pour désigner le petit canal qui conduit l'eau à la roue d'un moulin, est une faute : auge est le vrai terme.

DECESSER n'est pas français. // ne DECESSE de parler ; dites, il ne cesse de parler,

DEFONCER une porte, est un solécisme : dites, enfoncer une porte.

DEGRADER, terme de marine, signifie dégréer et abandonner un vaisseau, J^amre dégrade' signifie aussi un navire arrêté, ou éloigné de sa route par la violence des vents.

C'est contrairement aux règles de la langue que l'on emploie le mot dégrader en pariant des voyages par terre. Ainsi l'on dit, nous avons été dégrades par le mauvais temps : pour, 7Î0US avons été arrêtés en chemin par le mauvais temps ;—f ai dégrade' mon compagnon de voyage : pour, fai devancé mon compagnon de voyage, etc.

DEGRAS. Etre au degras, qui se dit de quelqu'un devenu infirme et incapable d'agir ; ou de quelque chose qui est usé et hors de service, n'est pas français.

DEMANCHER, qui veut dire, oler la manche à un instrument, est employé abusivement pour signifier démonter un instrument composé de plusieurs pièces, défaire un ouviage, détruire, démettre, disloquer, etc., comme dans ces phrases : cet ouvrage est mal fait, il faut le démancher ; — il faut DEMANCHER cettc lunettc d'approche, pour en nettoyer les verres : — il s'est demanche' une épaule.

Mais on dit, cette affaire se démanche, pour signifier qu'elle va mal.

DEMI-ARD ou DEMIARD, dans le langag-e vulgaire, signifie une mesure de liquide, de la demi-contenance d'une chopine.

Demiard ne se trouve pas dans les dictionnaires ; et par quel terme le remplacer? — Par celui de de mi- chopine ou de demi'Setier sans doute, puisque la chopine et le setter sont une même mesure.

DEPUIS. Ne dites pas, depuis Québec jusqu'à Montréal il y a 60 lieues ; — DEPUIS ici jusque-là : dites, de Québec à Montréal etc. — oHci jusque-là,

DETEINDRE. Ne dites pas, ce drap DETEINT, mais SE déteint,

DIFFICILE. C'est une faute de dire, ces livres sont difficiles à se procurer : il faut, il est difficile à se procurer ces livres.

DINDON est un substantif masculin qui signifie coq- d'Inde, Dinde est la pouledinde^ et féminin par conséquent : voilà un BEAU dinde, — -j'ai mangé du dinde, sont donc des solécismes : dites, voilà une BELLE dinde : — -/ai mangé de la dinde.

On dit au moral, voilà un grand dindon (niais) et non pas, voilà un grand dinde,

EBAROUI. Terme de marine, qui se dit d'un navire dont le bordage est desséché par le soleil. Ce mot n'a point d'autre ac-

ception, et par conséquent les expressions, ce seau est ebaroui, — cette cuve est eba- ROuiE, ne valent rien.

ECCLESIASTIQUE. Terme qui désigne tout membre du clergé, qu'il soit ou non prêtre. C'est donc à tort que l'on applique ce mot aux seuls aspirans, qui n'ont pas reçu l'ordre de la prêtrise.

ELEVEZ les yeux au ciel; phrase vicieuse : dites, levez les yeux au ciel,

EMBARQUEMENT. DEBARQUE- MENT. ABORDAGE. Le peuple emploie ces mots pour signifier un lieu propre pour embarquer et débarquer. Il faut dire,

EMBARCADERE.

EMBARQUER, S'EMBARQUER, DEBARQUER, pour signifier, monter en voiture, descendre de voiture, en parlant de voitures de terre, ne seraient que des expressions ridicules, si elles fussent restées dans les derniers rangs de la société : mais que ces locutions ignobles aient gagné nos salons respectables, c'est un vrai scandale. Monsieur est débarque' du carosse, — Madame est embarque'e dans la calèche, — je m'EMBARQUERAi daus moYi traîneau. Quel pitoyable langage !

EMIGRATION est l'action d'émigrer.

Il est l'opposé d'iMMiGRATioN, qul signifie l'établissement d'étrangers dans un pays.

EMMANCHER, (prononcez an-manchcy et non pas a-manché) signifie mettre

un manche. On voit par là combien ce mot est employé abusivement dans ces phrases, cet artiste a mal emmanche' ma lunette d'approche, — Vouvrier a emmanche' le tuyau du poêle, etc.

Cependant le verbe réfléchi, s' emmancher, s'emploie figurément pour signifier s'arranger, s^ ajuster ;-'Cela ne s'emmanche ^û5 ainsi.

EN QUELQUE PART, locution ridicule : il est allé en quelque part : retranchez EN.

EiVCANTER, ou, mettre sur le can, sont des expressions barbares que l'on doit remplacer par l'adverbe de champ, qui signifie posé horisontalement sur le côté le plus étroit. Ainsi placer une brique de champ f c'est la placer sur la face la plus étroite : mettre des solives de champ, c'est les poser sur la partie la moins large.

ENGRENER. Laisser engrener le mal, pour signifier laisser augmenter la maladie, est un solécisme.

ESCOUSSE veut dire course pour mieux sauter. On confond souvent ce mot avec fois, et l'on dit, essayez encore une escoussE, pour, essayez encore une fois:— à une autre escousse je serai plus heureux, pour, une autre fois je serai plus heureux.

ETANCHE pour signifier qui ne coule pas, n'est pas français. Un baril etanche, — un navire etanche, sont donc des locutions vicieuses.

Ce qui suit se lit dans le Dict. de Trévoux.

" On dit d'un vaisseau qui ne prend point " eau, qu'il est étanché : on dit aussi que «* les soufflets d'un orgue sont bien étanchés, " lorsque le vent ne se perd pas."

EXAMEN. On prononce examène et examin. Cette dernière prononciation est préférable.

FARD. On désigne souvent par le mot fard les viandes et herbes hachées mince pour mettre dans la volaille, etc. C'est une faute ; il faut dire farce,

FER. C'est abusivement qu'on nomme marchands de fer ^ ceux qui exercent la profession de taillandier et de ferronnier,

FIEREMENT. C'est peu connaître la valeur de ce mot qne de l'employer comme suit ; cet homme est fièrement laid (très-laid) ; cet enfant est fièrement gauche (très-gauche), etc.

FIXEMENT. Prononcez fixce-ment, et non pas fix-é-ment,

FLE'AU, instrument pour battre les grains, se prononce fié-ô, et non pas/d.

FORT est souvent, mais abusivement, employé pour village, bourg, bourgade :

allons au fort de Varennes,

L'existence jadis de forts bâtis par les premiers colons du pays, pour se mettre à l'abri des incursions des indigènes, a donné lieu à cette locution vicieuse.

FOURRIERE est le lieu où l'on enferme les chevaux, le bétail saisis : on dit, mettre en fourrière^ être en fourrière,

Eîiclos pub tic pour signifier fourrière, est une faute grossière.

FRAICHE. Prendre la fraîche est un barbarisme ; dites, prendre le frais.

FRICASSER des coups à qiielquhm, — fricasser so?i camp,— je nienfricasse, sont des expressions si basses que la plume refuse presque de les tracer.

FRICOT, terme bas et populaire, que ne profèrent jamais les personnes d'éducation.

FRINGALE, mot vulgaire employé pour signifier faim pressante, n'est pas dans les dictionnaires.

GAUSSER, pour signifier couper menu du bois, ou autre chose, comme font les enfans pour s'amuser, n'est pas français.

GENRE de certains substantifs. Les erreurs populaires relativement au genre de certains substantifs, doivent être évitées avec une attention toute particulière. Quoi de plus révoltant que les expressions, Vangelus e^Z-ELLE sonne'e ? — UNE appétit DEVORANTE : — CETTE ouvragc cst très- BELLE : on donne de fortes gages à ce domestique, etc.

GERMAGE : barbarisme, dont nos piysans se servent pour exprimer l'état des

crains qui, après avoir été sciés et mis en javelle, ont germé sur le sillon.

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