COMPRISE
CONCORDANCE des temps de l'indicatif entre eux dans certains cas.
Lorsque deux verbes sont unis par la conjonction que^ l'on met le second vefbe au présent de l'indicatif, si ce second verbe exprime une vérité constante, ou une action qui se fait ou peut se faire dans tous les temps. J'ai toujours cru qu'il existait tin Dieu rénumérateur et vengeur. Il faut dire, .qu'il EXISTE. J'ai toujours cru que quatre et ci?iq fesaient neiif'. Il faut dire, FONT neuf. Je vous ai dit qu'il iiH y avait rien de stable dans ce monde. Dites, qiCit\. n'y A rien de stable,
f On se servira également du présent, s'il s'agit de quelque chose qui existe au moment que l'on parle, et l'on dira : je savais bien que vous êtes marié ;—^nous avons su que vous avez acheté une métairie : — 07i m'a rapporté que notre mère a e't'e quelque temps malade : et non pas : je savais bien que tous étiez marié ;—nous avons
su que vous aviez acheté une métairie : — on m'a rapporté que votre mère avait e'te' quelque temps malade. Au lieu du futur on èe sert abusivement du conditionel présent : on nous a dit que vous consentiriez à cette démarche : — votre frère rrûa assure que vous iriez à la campagne au printemps prochain ; — le bruit a couru que je quitterais ce pays incessamment : il faut dire que vous consentirez ; que vous irez : que je quitterai, attendu qu'il s'agit ici seulement d'exprimer que les actions de consentir, â* aller de quitter, s'exécuteront dans un temps où l'on n'est pas encore.
Le conditionnel passé ne doit pas s'employer pour le conditionnel simple ou présent : f aurais parié que vous tw'auriez re'pon- DU : dites, que vous me re'pondriez.
CONCORDANCE des temps du subjonctif avec ceux de l'indicatif et du conditionnel.
Quand le verbe de la proposition principale est à l'imparfait, aux prétérits, au plusque-parfait, ou à l'un des conditionnels^ l'on met le second verbe à l'imparfait du subjonctif. Par conséquent au lieu des phrases sottement ridicules ; il désirait que je chante ;—je voudrais quHl sorte ; — le médecin a ordonné que vous preniez un bain ; il faut dire : il désirait que je chantasse : — je voudrais qiCil sortit : — le médecin a ordonné que vous prissiez un bain.
Cependant avec le prétérit indéfini Von peut mettre le second verbe au présent du subjonctif, quand il exprime une action qui se fait dans tous les temps. Dieu nous a créés pour que nous /'aimions.
CONFIRE. Je confis, tu confis, il confit, nous confisons, vous confisez, ils confisent ; je confisais, je confis, je confirai, jp confirais, confis, confisons^ confisez, que je cojfisse, point d'imparf. du subj. confisant, conût, confite,
CONNEXITE' dénote un simple rapport qui est dans la nature des choses : connexion énonce une liaison établie entre les choses.
CONSOMMER, CONSUMER. Consommer se dit de tout ce qui est susceptible d'être accompli ou perfectionné : un homme consomme' dans les sciences : et consumer de tout ce qui est susceptible d'être dévoré ou anéanti: il a consume' son temps et son argent,
CONSONNES. D'après l'ancienne appellation les consonnes, b, c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, /, v, x, z, se prononcent, hé, ce, dé, effe, gé, ache, ji, ka, elle, emme, enne, pé, qu, erre, esse, té, vé, ixe, zède.
D'après la nouvelle appellation, elles se prononcent, be, ce, de, fe, ghe, he, je, ke, le, me, ne, pe, que, re, se, te, ve, xe, ze,.
Cette nouvelle méthode fut proposée, par MM. du Port-Royal, et quoiqu'elle ait de grands avantages sur l'ancienne, elle resta long" temps dans^ l'oubli, par cela seul quelle était contraire à la pratique générale. Mais enfin, dit Du vivier, V empire du préjugé commence à s^ affaibli i\ et dans peu elle sera selon taule probabilité,, la seule en usage.
Suivant cette nouvelle appellation, toutes les lettres de l'alphabet sont masculines ; suivant l'ancienne, il y en a qui sont féminines et d'autres qui sont masculines, fjes Jéminines, sont /, h, /, rw, n, r, s : les masculines, a, b, c, d, e, g, i, j, k, o, /?, q, /, u, V, X, tj, z,
CONSTABLE. On sait que les devoirs de V Officier de Faix en France, sont analogues à ceux du constable en Angleterre. Il est donc évident que l'on doit rejetter le mot anglais constable, puisque nous avons en français son équivalent.
Quant au mot français connétable, c'est une grave faute que de l'employer dans le sens (.{^Officier de Faix,
CONTINUATION est pour la durée :
continuité pour l'étendue.
CONTINUER A se dit d'une chose que l'on fait sans interruption : continuez a bien vivre : continuer de d'une chose où il y à interruption : continuez de vous former le style,
CONTRAINDRE prend à ou dfe devant l'infinitif : c'est l'oreille et le goût qui en décident : contraindre quelqu'un a travailler, ou DE travailler.
Il en est ainsi des verbes demander, s^empresser, et forcer,
COPIE n'est Jpas synonynne û^exemplaire, et c'est une faute de dire, fai acheté quelques copies de tel ouvrage : dites, quelques exemplaires.
COUDRE. Je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils cousent, je cousais, je cousis, je coudrai, je coudrais, couds, cousons, cousez, que je couse, que je cousisse, cousant, cousu, cousue.
COULEUR et COLORIS, en parlant d'un tableau, ont des significations bien différentes. Couleur est l'impression que fait sur l'œil la lumière réfléchie par chaque partie du tableau. Coloris est l'effet qui résulte de l'ensemble, et de l'assortiment des couleurs.
COULEUR est toujours féminin, excepté dans les mots composés, couleur de feu, couleur de rose, etc. Ainsi l'on dit ; LE couleur de feu est ma couleur favorite : cette étoffe est d^vN couleur de rose charmant. On dit adjectivement, un ruban couleur de feu.
Un habit de couleur, une robe de couleur, sont un habit et une robe de toute autre couleur que le blanc et le noir.
COUPLE est féminin quand il désigne deux choses qui ne vont pas ensemble nécessairement : une couple de serviteurs^ — de poulets^ — d'œufs. Il est masculin quand il désigne deux personnes unies par le mariage, ou qu'il se dit d'un mâle ou d'une femelle qu'on a appareillés ensemble : un couple d^ époux, — un couple de pigeons.
COURIR prend deux r au futur simple, je couKKai et au présent du conditionnel je counnais.
Il en est ainsi des verbes concourir, discourir, encourir, parcourir, secourir, mourir, accourir.
COUVERCLE est ce qui ferme en couvrant : ainsi on dit, couvercle d^un chaudron, — d'un pot, — d^une écuelle, — dhme soupière, etc. On doit se gardei* d'employer dans ce sens le mot couvert qui a une toute autre signification.
CRAINTE, PLAINTE. Autrefois l'on rejetait les participes féminins crainte et plainte; aujourd'hui on les emploie, et l'on dit : la chose que fai crainte, — la personne que j" ai plainte.
CRAINTE DE précède toujours un substantif: dites, crainte de pis, et non pas DE crainte de pis. De crainte de se met devant un infinitif: dites, de crainte de TOMBER, et non pas, crainte de tomber.
CROIRE quelque chose, c'est l'estimer véritable ; je crois la religion. Croire à
quelque chose, c'est s'y fier, y avoir confiance : je crois a son i?i?iocence. Croire quelqtùm, c'est ajouter foi à ce qu'il dit : c'est un menteur, on ne le croit plus. Croire à quelqu^un, c'est croire à son existence : il croit aux revenans. On dit aussi dans ce sens, croire à la magie.
CULOTTE, vêtement d'homme de la ceinture aux genoux. On ne doit pas confondre culotte avec pantalon qui est un vêtement de la ceinture aux pieds.
D final sonne dans les noms propres David, Obedy Joad, etc. : et dans JSud (le midi).
En général le d final se fait sentir devant une voyelle, ou une h non aspirée. Cette règle néanmoins souffre beaucoup d'exceptions, surtout dans la conversation : ainsi dans ces phrases, chaud accablant, — bord escarpé,—froid épouvantable, le d est nul en prononciation.
On doit à cet égard consulter l'oreille, interroger l'usage.
DAME est un titre d'honneur qui s'étend aujourd'hui à toutes les femmes d'une condition un peu honnête. Mais c'est une erreur grossière de l'employer comme synonyme de femme mariée. Ainsi ne dites pas, la DAME de Monsieur un tel ; ni, voire DAME ; dites ; la femme de Monsieur un tel: votre femme. Cette dernière locution, quoique correcte, doit être évitée néanmoins dans la bonne société : au lieu
donc de dire, voù'e femme, dites Madamey^ en y ajoutant le nom du mari.
Une dame ne dit, mon mari, que dans rintimité ; en toute autre circonstance elle le nomme par son nom en l'appelant Monsieur, jNliiis il n'en est pas ainsi du mari ;^ il serait ridicule qu'il dit en société, mo7i épouse ou Madame n : il doit dire tout simplement, ma femme.
Madame votre femme, Madame votre épouse sont d^s expressions de mauvais ton ; moins ridicules néanmoins que» Monsieur mon père : Madame ma mère.
Une dame ne doit pas dire, quand fêtais fille, mais, quand fêtais demoiselle,
Dx\NS, EN". Dans a un sens précis et déterminé : il est dans la ville : en a un sens vague et indéterminé : il est en ville. Dans marque le temps où l'on exécute les choses ; il viendra dans un mois : et en, celui qu'on emploie à les exécuter : il a fait le voyage en un mois.
DE entre deux noms. Si le second nom ne sert qu'à spécifier la nature du premier nom, et par conséquent s'il n'est employé que dans un sens indéfini, dans un sens général, qui ne présente à l'esprit qu'une idée vague et confuse, l'idée de pluralité disparaît, et le second nom se met au singulier : des queues de cheval ; — de Vhuile d'olive ; — des gens de plume.
Mais le second nom se place au pluriel, s'il désigne une chose qui se compte : une
mesure de haricots; — un bouquet de roses, — un marchand de plumes ( à écrire),
DE'CHOIR. Je déchois, tu déchois, il déchoit^ nous déchoyons, vous déchoyez, ils déchoient, point d'imparfait, je déchus, je décherrai, je décherrais, déchois, déchoyons, déchoyez, que je déchoie, que tu déchoies, qiCil déchoie, que nous déchoyions, que vous déchoyiez, qu'ils déchoient, que je déchusse, point de participe présent, déchu, déchue,
DEDANS ne veut point de régime :
dites, dans la ville, et non, dedans la ville ; à moins que deda?is ne soit précédé d'une p.iéposition ; par dedans la ville ; ou employé en opposition avec un des adverbes dehors^ dessus, dissous: il y à des animaux DEDANS et DESSUS la terre.
DE FAÇON QUE. De façon que, de manière que, de sorte que, demandent le subjonctif, quand l'idée tient du doute, de l'avenir : conduisez-vous de manière que vous me'ritiez P estime des gens de bien : et l'indicatif lorsqu'elle est positive, et qu'elle a rapport au présent, ou passé : il s'est conduit de façon quHl a me'rite' r estime des gens de bien,
DEHORS ne veut point de régime :
dites, hors de la ville : à moins que dehors ne soit précédé d'une préposition : passer PAR dehors la ville; ou employé en opposition avec un des adverbes dedans, dessus,
dessous : fen voyais et dedans et dkhors /OS murailles,