ASPECT, PERSPECTIVE, VUE
•aspect désigne des points de vue particuliers. Les Vîtes de la Suisse offrent les aspect ^^ les plus agréables. Perspective est l'^^pect des objets vus de loin. L'idée de vue est plus étendue que celle ô^ aspect.
ASSAILLIR. J^ assaille, tu assailles y il assaille, nous assaillons, f assaillais, f assaillis, f assaillirai, f assaillirais, assaille, assaillons, assaillez, que f assaille, que j^ assaillisse, assaillant, assailli, assaillie.
Tressaillir se conjug-ue de même.
ASSEOIR. J^ assieds, tu assieds, il assied, nous asseyons, vous asseyez, ils
assoient, f asseyais, nous asseyions, vous asseyiez, ils asseyaient, f assis, f assiérai ou fasseierai, f assiérais ou fasseierais, assieds, asseyo7is, asseyez, que fasseie, que 210US asseyions, que vous asseyiez^ qu'ils asseienti que f assisse, asseyant, assis, assise,.
Rasseoir se conjugue de même.
ASSURER veut un régime direct de personnne quand il signifie témoigner :
assurez le de mon estime : et un régime indirect lorsqu'il veut dire donner pour sûr : assurez lui que nous sommes réconciliés,
ATOCA. {Oxycoccum), Suivant Sarrasin, cité par Charlevoix, atoca est un mot indien, qui désigne la baie de la canneberge. Cette baie, que les anglais appellent cranherry, ne porte point de nom en français.
A TRAVERS veut un régime direct ; h travers les champs: au travers est toujours suivi de la proposition de : au travers DU corps,
AUCUN se met toujours au singulier:
aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire : excepté quand il accompagne un substantif qui n'a pas de singulier, comme pleurs, ancêtres : ou qui, au pluriel, est pris dans un autre sens qu'au singulier, comme troupes, gages. On n^a fait aucunes fé- 7iér ailles, — aucunes troupes ne sont mieux disciplinées.
AUSSI, AUTANT, sont deux adverbes de comparaison qui doivent être suivis de la conjonction que^ et non de comme^ autre tidverbe de conparaison. Ne dites pas : il est aussi grand comme vous,— f en ai autant COMME vous, — dites il est aussi grand QUE vousy—fen ai autant que vous^ On dit : il est grand comme vous :'^fen 'ai COMME vous.
AUSSI, SI. Toutes les fois que l'on veut simplement marquer l'extension d'une qualité, il faut prendre si : il n'est pas SI fin, qu'on ne le puisse tromper. Mais quand on veut faire comparaison entre deux adjectifs, ou deux adverbes, il faut se servir d'aussi dans les phrases affirmatives : il est AUSSI poli qu'il est brave : mais si la phrase est négative il faut employer si: personne ne vous a servi si utilement que lui, Cej)endant il est bien des personnes qui emploient alors presque indifféremment ^i ou aussi, et disent, z7 ne serrt jt?^^ aussi constant qu'il le dit, — ou, — il ne sera pas SI constant quil le dit,
AUSSI BIEN QUE. Lorsque deux s\ijefssont unis par aussi bien que, le verbe î^'accorde avec le premier sujet : le roi, aussi bien que ses ministres, veut la paix,
AUTOMNE, d'après l'usage le plus commun, est masculin quand l'adjectif précède : ux bel automne : et féminin quand l'a' !jectif suit : une automne froide, b2
AUTOUR, ALENTOUR. Suivant les écrivains modernes cnitour est une proposition, qui a par conséquent un régime, et alentour un adverbe qui n'en a point. Il faut donc dire, la reÎ7ie avait toutes ses filles AUTOUR d'elle ; et non pas, alentour d^elle : — le roi était là, et ses gardes étaient ALENTOUR, et non pas, autour.
AUTRE QUE, TOUT AUTRE QUE, AUTREMENT QUE, marquant
la comparaison, veulent ne devant le verbe suivant : il est tout autre que je ne pensais : — il parle autrement qiCil ^^agit : excepté quand le premier verbe est négatif : il NE parle pas autrement quHl agit,
AUXILIAIRES- Il y a deux auxiliaires avoir et être : avoir marque l'action, et être l'état. Dans les verbes neutres qui prennent les deux auxiliaires, comme, accourir, disparaître, déchoir, passer, décider, périr, croître, éclore, demetirer, rester, cesser, échapper, monter, descendre, entrer etc, on emploie avoir, si c'est l'action que le verbe énonce que l'on a en vue : et être si c'est l'état que l'on veut exprimer. Ce sont les circonstances dont le verbe est accompagné qui indiquent lequel de ces deux points de vue on envisage : ainsi pour exprimer l'action, l'on dira avec avoir : elle a disparu subitement ; — la fièvre a cessé hier ; — la rivière a monté rapidement ; — le baromètre a descendu en peu d^heures : et pour exprimer l'état qui suit l'action, l'on
dira avec être ; elle est disparue depuis un an : — la fièvre est passée depuis quelque temps ; — il est monté— il est descendu depuis une heure. Il faut excepter de celle rè^le lés verbes neutres aller^ arriver^ choir, décéder, mourir, naître, tomber, venir, et les composés de ce dernier, comme devenir, intervenir, parvenir, revenir, survenir, lesquels prennent le seul auxiliaire être, quoique chacun d'eux exprime une action : c'est l'usag-e qui en a décidé ainsi ; elles sont allées, — nous ETIONS arrivés, — il sera venu.
Remarque. Convenir, contrevenir, subvenir, quoique formés du verbe venir, donnent lieu aux observations suivantes.
Convenir demande tantôt l'auxiliaire avoir, et tantôt l'auxiliaire être. Dans le sens d'être convenable, il prend avoir : et être dans le sens de demeurer d'accord. Cette maison wî'a convenu, et je suis convenu du prix.
Contrevenir est employé par le plus grand nombre des écrivains avec avoir.
Subvenir prend toujours l'auxiliaire avoir.
AVANT veut un régime, auparavant n'en veut aucun. Ne dites pas, auparavant départir, mais, avant de partir,
AVANT, DEVANT, dvant est pour l'ordre des temps ; devant pour l'ordre des places. Le premier est opposé à après, le second à derrière*
Plusieurs auteurs font aussi usage (ïavant pour l'ordre des places.
AVANT QUE rejette le ne. Dites, avant quHl parte, et non, avant quHl ne parte,
AVANT QUE DE, AVANT DE, sont employés indifféremment par les écrivains modernes : les prosateurs préfèrent même avant de,
AVOIR affaire h quelqu'un, suppose infériorité, dépendance de celui qui a affaire. Un plaideur a affaire a ses juges, et non AVEC sesju^es.
^voir affaire avec quelqiCun, c'est avoir à traiter avec lui: il faut éviter (ïavoir affaire avec les fripons.
Jtvoir affaire de signifie avoir besoin de : il a affaire 'D^argent,—-fai affaire de vous, ne sortez pas,
BARBARISME, (le) est l'emploi de mots inusités, ou pris dans un mauvais sens, ou mal associés : c'est aussi l'emploi de locutions insolites. Le solécisme est une faute grossière contre la syntaxe.
BATISSE, BATIMENT. Bâtiment
est l'édifice entier : bâtisse n'en est que la partie comprenant la maçonnerie. Dites : la bâtisse de cette construction a coûté fort cher : mais ne dites pas : je veux assurer cette bâtisse; je veux vendre cette bâtisse, pour signifier, je veux assurer cette maison, je veux vendre cette maison.
BEAUCOUP. // s'en faut beaucoup marque différence de qualité : il s'en faut de beaucoup la différence de quantité : il s'en faut beaucoup qu'il soit aussi prudent que vous :^—il s'en faut de beaucoup qu'il ait autant de connaissances que son cousin,
BEARN, ancienne province de France ; prononcez, Béar,
BENIT, TE, signifie consacré par l'éo^lise : paiîi bénit, eau bénite. Béni — e, a les autres significations de son verbe ; — bénis S07it les rois qui chérissent leurs peuples.
BIFTECK ou BIFSTECK de l'anglais, beef-sleak, signifie tranche de bœuf saisie dans le beurre.
BLEU. L'adjectif bleu est invariable quand il est modifié par un autre adjectif, étant alors substantif. Des étoffes bleu fonce', c.-à-d. d'u3i bleu foncé. Il en est ainsi de plusieurs autres adjectifs qui désignent les couleurs : des cheveux blond fonce' ; — des robes rose tendre ; — des draps vert fonce' : — des cheveux châtain CLAIR, etc.
BOSSER, BOSSUER. Bosser est un terme de marine. Bossuer signifie faire des bosses : àxiesfai bossue' mon goblei^ et non pas, j'ai bosse' mon goblet.
BOUILLIR. Je bous, tu bous, il bout, nous bouillons, vous bouillez, ils bouillent, je bouillais, je bouillis, je bouillirai, je
so
bouillirais y bous, bouillons, bouillez, que je bouillisse, bouillant, bouilli, bouillie,
BRAIRE n'est usité qu'aux temps et aux personnes qui suivent : braire, il brait, ils braient, il braira, ils brairont, il brairait, ils brairaient»
BRUIRE, n'est guère usité qu'à l'infinitif, aux troisièmes personnes de l'imparfait de l'indicatif, il bruyait, ils bruyaient, et au participe présent, bruyant. On entend BRUIRE les vagues : — le vent bruyait dans le forêt,
BUREAU. Lieu où l'on expédie des affiaires, ou l'on travaille, où l'on délibère» Mais en parlant d'avocat, de notaire, il faut employer le terme étude, et dire, I'etude de tel avocat, /'étude de tel notaire.
Office pour signifier bureau est un barbarisme.
C ne se prononce pas à la fin des mots, estomac, broc, croc, accroc, marc, échecs, (jeu), tabac, jonc, lacs, (filets >, arsenic, escroc, tronc, clerc, cric, porc, etc.
CALECHE est un carosse léger et découvert, dont le train porte sur quatre roaes. Cabriolet est une voilure légère et suspendue, montée sur deux roues.
Calèche n'est donc pas synonyme de cabriolet ; et c'est par conséquent une faute de l'employer comme tel.
D'un autre côté, l'on se sert souvent du mot cabriolet, pour désigner la petite char-
rette sans soupentes, dont rusao^e est sicomnnun : c'est encore, comme l'on voit, une faute à éviter.
CAMPAGNE. Jl la campagne ex
prime le séjour que Ton fait hors de la ville. Vivre à la campagne pour sa santé- En campagne signifie que l'on est en mouvement pour ces affaires, les troupes so?it en campagîie ; — il s'est mis en campagne pour découvrir ce qu'il cherche,
CARRIOLE est une voiture à roues, et c'est abusivement que l'on applique ce terme à une de nos voitures d'hiver à patins. Traîneau est le mot propre. Traîneau signifie voilure sans roues pour faire des courses suites neiges, sur les glaces.
Traîneau désigne aussi la voiture sans roues destinée au transport également sur les neiges, de faix, de charges, etc. Le mot traîne^ pris dans ce dernier sens, est un barbarisme.
Traîneau est encore un assemblage de pièces de bois, pour traîner sur la terre des fardeaux lourds, des marchandises, etc.
Au mot traîneau quelques personnes substituent le terme anglo-américain sleigh. C'est une absurdité.
CARTOUCHE est féminin quand il signifie charge en rouleau d'une arme à feu : mais il est masculin lorsqu'il signifie ornement de sculpture, de peinture ou de gravure autour des inscriptions, des chiffres,
des armoiries, le cartouche d'une carie géogj aphiqiie,
CENT au pluriel prend une s^ deux cents chevaux : excepté lorsqu'il est suivi d'un autre adjectif de nombre : deux cent cinquante chevaux.
Quand il s'agit de la date, cent est toujours invariable ; Van mille huit cent,
CHARLES V, Empereur d'Allemagne, se prononce, et même s'écrit quelquefois, Charles-Quint.
CUEILLIR. Je cueille^ tu cueilles, il cueille^ nous cueillons, vous cueillez, ils cueillent : je cueillais, je cueillis, je cueil- 1er ai, je cueillerais, cueille, cueillons, que je cueille, que je cueillisse, cueillant, cueilli, cueillie.
Conjugez de même recueillir, accueillir.
CH. Le ch dans plusieurs mots qui viennent du grec, ou de quelque langue orientale, se prononce comme k ; tels sont : archéologie, archéologue, catéchumène, Chersonèse, Chalcédoine, chaldéen, chaos, chirographaire, chiragre, chirologie, chiromancie, Melchior, Melchiséilech, Ochosias, Jéchonias, Achaïas, Archimélech, Ezéchias, Ezéchiel, exarchat, archiépiscopal, Michel- Ange, Achéloùs, archétype, etc.
Cette règle souffre quelques exceptions, comme, archevêque, archidiacre, archiprétre, architecte, etc., dont le ch prend la prononciation française.
CHACUN, précédé d'un pluriel, prend après lui soriy sa, ses, quand le régime direct est avant, ou que le verbe n'a pas de régime de cette nature : ils 07ii apporté leurs offrandes^ chacim selon ses moyens: — ils se sont retirés^ chacun dans sa chambre : — ils ont opiné, chacim à son tour,
11 prend leur, leurs lorsqu'il est suivi du régime direct : ils ont dit chacun, leur avis: ils ont apporté chacun leurs offrandes.
Un chacun dit, un quelqu^ufi a pensé sont des locutions vicieuses : dites, chacun dit, quelqiCun a pe?isé.
CHAIR. Considéré comme aliment le mot chair se dit plus ordinairement des animaux terrestres et des oiseaux : chair de bœuf : — chair de mouton : — chair de perdrix : et c'est en ce sens que l'on dit, on ne mange point de chair en carême.
Chair se dit aussi quelquefois des poissons et des fruits : la chair du brochet :— la chair du melon, V. viande.
CHANTRE se dit pour le chant de l'église, et chanteur et chanteuse pour le chant profane. Cantatrice est une chanteuse de profession.
CHAQUE veut toujours un substantif après lui. Ainsi ne dites pas, ces livres me coûtent quatre francs chaque : dites, quatre francs chacun.
CHOIR est usité seulement à Pinfinitif.
Un astrologue un jour se laissa choir.
CHOISIR. Ce verbe ne régit pas les >substantifs quand ils sont sans article, ou sans préposition : on ne dit pas, il a été choisi président du comité, mais, il a été choisi POUR président du comité*
CLORRE ou CLORE est usité à tous les temps composés, et de plus aux temps simples suivans ; je clos, tu clos, il clôt, sans pluriel: je clorai, eic,,je clorais, etc. : clos sans pluriel, clos, close,
Enclorre se conjugue de même.
CLUB, mot anglais, adopté depuis la révolution française, que l'on prononce klobe.
COLLECTIF. Il y a deux sortes de noms collectifs, le général qui représente une collection entière, et \e partitif qui représente une collection partielle.
Tout verbe qui a pour sujet un collectif, s'accorde avec ce collectif, s'il est général : Vinjinité des perfections de Dieu m^accable : — la totalité des enfans sacrifie Vavenir au présent ■: et avec le substantif qui suit le collectif, si celui-ci est partitif : une multitude d^ hommes V environnaient ; — une troupe de barbares désoler e7it le pays.
On distingue le collectif partitif au mot, un, une, dont il est presque toujours précédé, UNE quantité, une foule.
Remarque. Avec la plupart, employé absolument, le verbe se met toujours au
pluriel. Le sénat fut partage ; la plupart VOULAIENT que^ etc.
COLORER une estampe est une faute.
Dites COLORIER %me estampe. Colorer c'est donner la couleur ; ainsi le saffran colore l'eau. Colorier c'est appliquer les couleurs : ime estampe colorie'e.
COMMANDER. On emploie souvent, mais improprement, le mot recommander au lieu de commander^ pour signifier la charge que l'on donne de faire quelque chose. Ainsi l'on dit, fai recommande' vn habita — une paire de souUiers, au lieu de, fai commande' un habit, — téne paire de soûltiers,
COMME. Lorsque deux sujets sont unis par comme, ainsi que, le verbe s'accorde avec le premier sujet : V enfer comme le ciel PROUVE un Dieu juste et bon : — la vertu ainsi que le savoir a son prix.
Comme ne doit pas remplacer que pour unir les deux termes d'une comparaison.
Ne dites pas : César était aussi éloquent COMME brave : dites, aussi éloquent que brave : — il est aussi grand comme moi : dites, que moi,
COMMENCER. Commencera, désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement : cet enfant commence a parler. Commencer de, exprime une action coniiplète, qui aura de la durée : il commejîça
DE parler à deux heuresy et ne finit qv^k siœ.
COMPLU est toujours invariable, n'ayant pas de régime direct. Elle s'est compju(j dans ses enfans.
COMPRIS. Le participe compris^ employé sans auxiliaire, est invariable, quand il précède le mot auquel il se rapporte : 7j COMPRIS cette somme : mais lorsqu'il le suit, il doit s'accorder avec lui : cette somme y