SUR LES ÉTUVES
ment sur les gros intestins malades. Ce mode d’ administration des eaux est trop négligé.
Des Étuves ou Bains de vapeurs.
Les étuves ont été distinguées en sèches et en humides : les premières doivent exclusivement leurs effets au calorique; les étuves humides agissent par le calorique combiné avec l’eau en vapeur. Les unes et les autres excitent vivement la surface de la peau et déterminent une transpiration abondante.
Dans la plupart des établissements thermaux , l’étuve est formée par des vapeurs qui, se dégageant de sources trèschaudes , sont coercées et retenues dans un cabinet construit en maçonnerie et bien voûté. Cette vapeur qui s’élève de la source pénètre à travers les ouvertures laissées à dessein dans le plancher du cabinet , et le remplit d’une espèce de fumée chaude et aqueuse. C’est dans ce cabinet que le malade reste nu, le corps entier étant exposé à l’action de cette vapeur chaude; il peut se tenir debout, s’asseoir sur une chaise, etc. En entrant, il éprouve d’abord une impression pénible, un resserrement vers la poitrine; mais bientôt il s’habitue à la vapeur, il sent une douce chaleur, ses veines se gonflent, la face devient rouge, vultueuse. Une température de 37 à 42° cent, suffit pour provoquer promptement une sueur pniverselle. On ne doit pas séjourner plus de dix à quinze minutes dans l’étuve ; un séjour plus prolongé cause de la céphalalgie , des vertiges et même la syncope. Le malade sort de là bien essuyé , habillé chaudement, et va lui-même ou se fait transporter dans un lit chaud , où il boit un bouillon ou quelques tasses d’une infusion de tilleul , afin de favoriser et d’entretenir la transpiration , que l’on doit continuer pendant une demi-heure ou une heure. C’est dans le lit seulement que la sueur est abondante, car dans l’étuve l’eau qui ruisselle de tout le corps provient en grande partie de la condensation
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
de la vapeur sur la peau. Il est à désirer que les étuves soient disposées de telle sorte que la tête soit soustraite h la vapeur; ce serait le moyen de prolonger plus longtemps le séjour dans l’étuve et d’éviter la céphalalgie ; on obtiendrait ce résultat en fermant la paroi supérieure de l’étuve avec des planches parfaitement jointes où l’on pratiquerait des ouvertures pour le passage de la tête des malades; on pourrait entourer le cou avec une serviette pour intercepter la sortie de la vapeur.
Les étuves sont préférables dans plusieurs circonstances aux bains d’immersion, parce qu’il est démontré par l’expérience que l’eau vaporisée pénètre le système cutané d’une manière bien plus active que lorsque la force de cohésion la maintient dans l’état liquide. Elles sont en général très-utiles pour rétablir les fonctions de la peau, pour combattre les douleurs rhumatismales , les sciatiques , les maladies cutanées, les douleurs vagues qu’éprouvent souvent les femmes à la suite des couches, et qu’on attribue à la déviation du lait ; on en a obtenu de bons effets dans les rhumes de cerveau, de poitrine, et on a vu des personnes enrouées recouvrer le timbre de leur voix après être restées quelques minutes dans une étuve. Cette médication est nuisible aux femmes enceintes, aux individus sujets aux crachements de sang, et à ceux qui ont une constitution trop faible , une fibre trop délicate.
Les étuves seraient encore bien plus efficaces si elles étaient construites à l’instar des bains de vapeur russes, et si on pouvait y administrer des douches à divers degrés de température , des douches froides et chaudes alternativement ou simultanément. Cette dernière combinaison, qui constitue la douche écossaise , est très-salutaire dans les névralgies de la tête, le tic douloureux et le rhumatisme fixé sur le cuir chevelu. Si on ajoutait à ces moyens le massage, qui consiste à presser, pétrir les membres, h faire craquer les articulations ; les onctions de tout le corps avec du savon et les abusions