‹ Manuel des eaux minérales naturelles, contenant l'exposé des précautions qu'on doit prendre avant, pendant et après l'usage des eaux minérales, la description des lieux et des sources, les analyses chimiques les plus récentes, les propriétés médicales, le mode d'administration des eaux minérales de la France, des eaux étrangères les plus célèbres, et des bains de merChapitre 29 sur 103 · MALADIES · texte numérisé non relu

MALADIES

Nombre

de

chaque espèce de maladie.

Nombre

des malades

guéris.

Nombre

des malades

soulagés.

Nombre des malades qui n'ont été ni guéris ni soulagés.

Nombre des malades

dont i'état a été exaspéré.

Engorgemens de divers organes du bas-ventre.

Gastrites , gastro-entérites. .

Maladies de la

matrice et du vagin .

Tumeurs scrofuleuses .

Contractions musculaires. . .

Mode ci’ administration. On administre les eaux de Greoulx sous toutes les formes. En commençant le traitement, M. Doux prescrit la boisson des eaux en très-petite quantité , afin que l’estomac ne répugne pas à l’impression qu’elle détermine , et graduellement les malades en prennent le nombre de verres qu’ils peuvent boire sans éprouver trop d’excitation, ce qui amènerait le vomissement ou une diarrhée trop forte. Lorsqu’une irritation se manifeste dans les organes digestifs, il a le soin de faire mitiger l’eau thermale avec du lait ou une tisane adoucissante, ou d’en suspendre entièrement l’usage. Les malades prennent rarement deux bains par jour ; un seul suffit ordinairement. La température de l’eau thermale qui est celle du corps humain rend le bain plus efficace et plus agréable ; l’abondance de la source permet de renouveler sans cesse l’eau delà baignoire : peu d’établissements thermaux présentent cet avantage, ainsi que celui de pouvoir passer du bain dans son appartement , sans être frappé par l’air extérieur.

On trouve à Greoulx des douches descendantes, ascen-

dantes et latérales dont on varie la force à volonté ; une douche en pluie pour les maladies de la peau , et des appareils pour diriger la colonne d’eau vers la matrice , le rectum et les oreilles. Quant aux bains de vapeur, ils sont établis dans une pièce voûtée; les vapeurs minérales se dégagent au travers d’un plancher percé à jour ; le malade , assis sur un fauteuil , y demeure exposé le temps prescrit et passe de là dans un lit chaud où s’achève la transpiration excitée par les vapeurs minérales.

On se sert des boues comme cataplasmes sur les tumeurs indolentes.

La source principale appartient à M. Gravier ; cet établissement est fréquenté annuellement par deux à trois cents étrangers qui laissent dans le pays environ 50 à 60,000 francs.

Traité des eaux minérales de Greoulx en Provence , etc. , par M. Esparrou; Aix , 1753, in- 8.

JVouveau traité des eaux minérales de Greoulx , etc., par M. Darluc ; Aix , 1777.

JYotice sur les eaux de Greoulx , par M. Valentin ( Journal de médecine de MM. Corvisart, Boyer, etc., tome XXI, page 195.)

DIGNE ( département des Basses-Alpes ).

Petite ville très- ancienne , située dans une vallée, à 32 lieues de Marseille, 7 de Sisteron, 174 de Paris. Les eaux minérales , qui sont à une demi-lieue de la ville , sont connues depuis très-longtemps : elles sont placées dans un établissement thermal où peuvent se loger cinquante à soixante baigneurs. Le climat est délicieux; les montagnes voisines et la route servent de promenades. Cette partie des Basses-Alpes présente quelques attraits au naturaliste. Les eaux se prennent depuis le 1er mai jusqu’au 1er septembre. Il y a un médecin inspecteur.

Sources et bains . On y arrive par une assez belle route le long

SULFUREUSES THERMALES

d'une vallée très-riche en verdure. Il y a six sources * qu’on nomme : 1° Saint-Henri , 2° Saint-Martin 3 3° Sainte- Sophie * 4° Saint- Jean 3 5° Saint- Gilles , 6° des Vertus . Elles alimentent sept baignoires * dont quatre en marbre * trois grandes piscines pouvant contenir chacune vingt malades * neuf douches * dont une ascendante* et une étuve qui a besoin de réparation.

Propriétés physiques* L’eau de toutes ces sources est limpide * répand au loin une odeur d’hydrogène sulfuré; elle imprime à la bouche un goût d’œuf couvi* et procure quelquefois des éructations de même nature ; elle dépose dans les bassins une matière grasse* douce* onctueuse au toucher* et des concrétions calcaires qui s’attachent aux murs. Les pluies, la sécheresse* la chaleur et le froid n’ont aucune influence sur la quantité de l’eau thermale * ni sur la nature de ses principes constituants. Voici la température des sources : Saint-Henri * 36° cent. ; Saint-Martin * 42° ; Sainte-Sophie* 40° ; Saint-Jean* 42e; Saint-Gilles* 41°; des Vertus* 33°.

Analyse chimique . M. Laurens a fait en 1812 l’analyse des eaux de Digne ; voici les résultats qu’elles lui ont fournis :

Eau ( 1 litre).

Acide hydrosulfurîque.

Acide carbonique. . . .

| quantité indéterminée.

gr.

Chlorure de sodium, .... 1,785

— de magnésium . , . 0,990

Sulfate de magnésie . 0,250

— de soude. ........ 0,925

— de chaux. ........ 0,320

Propriétés médicales. Les eaux de Digne sont recommandées dans les affections cutanées* les rhumatismes chroniques* les

paralysies , les tremblements, les gonflements et rigidités articulaires , les anciennes blessures suivies de rétractions des muscles. M. Valentin fait mention de trois officiers qui ont été guéris à Digne de plaies considérables produites par des armes à feu. On a beaucoup vanté ces eaux pour les affections des reins et de la vessie, pour les dépôts laiteux, la phthisie pituiteuse, l’asthme , les fleurs blanches, les engorgements des viscères de l’abdomen; mais leur efficacité dans ces maladies est douteuse.

Elles ne conviennent pas aux individus nerveux et pléthoriques , aux hémorroïdaires et à tous ceux qui ont la poitrine irritable ou qui sont sujets au crachement de sang.

Mode d’ administration. On boit les eaux de Digne à la dose de trois ou quatre verres chaque matin ; elles sont laxatives pour quelques malades: pour favoriser cet effet, on a l’habitude d’ajouter à l’eau thermale du sel d’Epsom, de Glauber ou de la manne. On se baigne dans des baignoires ou dans les piscines. Le bain des Vertus étant plus grand, plus commode et moins chaud que les autres , est le plus fréquenté ; la hauteur des douches et le volume d’eau varient de manière qu’on peut remplir à volonté toutes les indications. Le lieu qui sert aux étuves est taillé dans le roc.

Ces sources appartiennent à un particulier. En 1836 , le produit de la ferme a été de 3,500 fr. ; les malades, au nombre de 83 , ont laissé dans le pays 7 à 8,000 francs.

Les bains de Digne en Provence , par Sébastien Richard; 1617, in-8.

Les merveilles des bains naturels et des étuves naturelles de la ville de Digne , par de Laularet ; 1620 , in-8. Cet ouvrage ne contient rien d’utile.

Topographie médicale de la Provence, par M. Buret [Journal de médecine militaire , tome II, page 13). M. Buret présente les eaux de Digne comme ayant de l’analogie avec celles de Bourbonne.

JVotice sur les eaux de Digne , par M. Valentin ( Journal de médecine de MM. Corvisartet Boyer, tome XXI, page 186).

Mémoire sur la topographie de Digne , par Jacques Bardol ( Mémoires de médecine militaire, tome IV).

S U LFUREI SES TÏIER MALES.

BAGNOLS ( département de la Lozère ).

Village sur le penchant cl’une montagne , à 2 lieues de Mende et 141 de Paris. On y trouve deux établissements , l’un public, l’autre particulier : le premier se compose de six piscines, trois pour les hommes et trois pour les femmes, d’une étuve, de plusieurs douches et d’une buvette. L’établissement particulier présente neuf baignoires en plomb , une douche descendante, une ascendante et une latérale. A Bagnols* l’air est en général froid et les changements de température sont fréquents ; deux hôtels assez bien tenus peuvent recevoir près de deux cents baigneurs. Chaque année, le nombre des hommes est plus considérable que celui des femmes. La saison la plus favorable pour se rendre aux eaux est depuis le 1er juillet jusqu’au 1er septembre. Il y a un médecin inspecteur.

Source . Elle jaillit au bas du village ; ses eaux traversent des voûtes qui paraissent être un ouvrage des Romains, et sont reçues dans un bassin assez vaste pour se rendre ensuite dans les deux établissements; la source fournit cent treize litres par minute. Elle présente un phénomène singulier : on entend toutes les minutes un bruit souterrain prolongé, et de grosses bulles de gaz viennent crever à la surface de l’eau pendant douze à vingt secondes.

Propriétés physiques. Les eaux de Bagnols sont dans toutes les saisons également abondantes, chaudes, claires et limpides; elles sont grasses et onctueuses au toucher; leur odeur est celle d’œufs pourris : elles laissent un goût semblable à la bouche; leur chaleur à la source est de 45° cent, et de 43° dans les réservoirs. Ces eaux charrient par intervalle des flocons de matière albumineuse , insipide et inodore , qui ressemble tantôt à une éponge à larges trous, tantôt à du frai de grenouille ou à du mucus intestinal.

Analyse chimique. L’eau de Bagnols a été analysée par deux chimistes , M. Plagnol et M. O. Henry ; voici le résultat de leurs expériences :

Eau ( 1 litre).

ANALYSÉ CE M. PLAGNOL*

Acide hydrosulfurique. .

Azote. . .

Acide carbonique. . .

Carbonate de soude.

Sulfate de soude. . .

Chlorure de sodium.

Silice .

Carbonate de chaux. , Silice et glairine. .

GNOL.

ANALYSE DE M. HENRY fils.

quant.

Acide hydrosulfurique. . ) Azote . >

quant.

indét.

indét.

Acide carbonique. ... J

gr.

gr.

Bi-carbonale de chaux. .

de magnésie. . . .

traces.

— de soude anhydre.

Sulfate de chaux .

— de soude anhydre.

Chlorure de sodium. . .

— de potassium. .

Silice, alumine et oxide

de fer .

Manière organique azotée, \

soluble et insoluble '

( glairine ? ) . )

Propriétés médicales. Prises en boisson , les eaux de Bagnols accélèrent le pouls, augmentent la transpiration, l’appétit, et excitent en quelque sorte un mouvement fébrile. Elles provoquent le flux menstruel et facilitent l’expectoration. En bains et en douches , elles produisent une éruption psoriforme accompagnée de démangeaisons, laquelle est toujours salutaire. M. Blanquet a obtenu des effets avantageux des eaux de Bagnols dans les affections rhumatismales, les maladies scrofuleuses, les dartres, la teigne, la gale, les paralysies par relâchement, les accidents qui suivent la mauvaise administration du mercure , la raideur des articulations , les con-

SULFUREUSES THERMALES. 175

tractures des membres qui succèdent aux entorses , aux fractures, et dans les plaies d’armes à feu. \

Les individus atteints d’hémoptysie, d’asthme sec, ne doivent faire usage des eaux de Bagnols qu’à petite dose ; il est même utile dans ces circonstances de les couper avec un tiers , un quart, un cinquième de lait de vache. Ce mélange est d’autant plus précieux que le lait des montagnes de Bagnols est excellent.

On doit interdire ces eaux toutes les fois qu’il existe de la fièvre ou quelque phlegmasie; elles sont nuisibles aux scorbutiques , aux phthisiques, aux femmes enceintes et aux personnes affectées de vice vénérien. Elles sont également pernicieuses dans les paralysies cérébrales et toutes les fois qu’il existe une tendance aux congestions vers la tête.

Mode d’ administration. On boit les eaux depuis deux à trois verres jusqu’à un litre. Les bains, les douches, et surtout les étuves, produisent d’excellents résultats dans les affections du foie, de l’estomac, des intestins, de la poitrine, lorsqu’elles dépendent de la rétrocession d’un principe rhumatismal. M. Blanquet cite l’histoire d’un curé qui, après la disparition d’un rhumatisme de la tête, fut atteint d’une hypertrophie du foie avec ictère ; ce malade était sur le point de se rendre à Vichy, lorsque, réfléchissant aux antécédents, M. Blanquet conseilla à ce curé l’usage des bains , des douches et des étuves de Bagnols , qui triomphèrent complètement de cette maladie.

La source appartient au Gouvernement, qui l’a achetée , en 1826, 11,889 fr. Elle a produit en 1835 8,059 fr. : le nombre des malades a été de 1,497, qui ont laissé dans le pays environ 80,000 francs.

L’hydro-thermopotie de Bagnols en Gévaudan , ou les Merveilles des eaux et bains de Bagnols , par Michel Baldit, 1G51 , in— 8 .

Examen de la nature et des vertus des eaux minérales qui se trouvent dans le Gévaudan, par Samuel Blanquet, 1718, in- 8.

Dissertation sur la nature, l’usage et P abus des eaux thermales de

Baguais , par M. Bonnel de la Brageresse, 1774 , in-8. L’auteur rapporte onze observations.

Traité analytique des eaux minérales , par M. Raulin , 1774, in— 1 2 . Le chapitre ix, du second volume , concerne les eaux de Bagnols.

CÀMBO ( département des Basses-Pyrénées).

Village sur la Nive , à 3 lieues de Bayonne , dans un paysage riant et champêtre ; les chemins qui y aboutissent ne sont pas faciles , et les habitants réclament depuis longtemps une route sur Bayonne. A Cambo l’air est pur, le climat doux; on y trouve des logements commodes , une nourriture saine et

des promenades agréables. On prend les eaux depuis le mois df mai jusqu’au 15 octobre ; mais au 1er septembre, le concours d’étrangers est immense : on y vient des différents cantons du département, et même de quelques provinces d’Espagne. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. Il y en a deux, l’une sulfureuse, l’autre ferrugineuse. La première jaillit sur la rive gauche de la Nive dans un petit vallon au sud-est de Cambo ; elle est entourée d’une grande galerie qui peut mettre agréablement à couvert une société nombreuse ; les pluies et les débordements de la rivière lui font éprouver quelques altérations.

La source ferrugineuse , située près de la précédente , a le même inconvénient. Une allée fort agréable, plantée d’arbres, unit les deux sources.

Propriétés physiques. La source sulfureuse répand une odeur d’hydrogène sulfuré ; elle est claire , transparente ; on trouve dans le bassin un dépôt composé d’un mélange de soufre et de carbonate calcaire. Sa température est de 22 à 23 degrés centig. , celle de l’atmosphère étant de 10 à 20 degrés.

L’eau ferrugineuse est claire, a une saveur sensiblement astringente et nullement acidulé; sa température est de 15 à 16 degrés centig. Exposée à l’air libre et à la lumière,

SULFUREUSES THERMALES. 177

cette eau se décompose , se trouble et dépose un précipité ocreux.

Analyse chimique. Elle a été faite en 1827 par M. Salaignac.

Eau (1 litre).

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