‹ Manuel des eaux minérales naturelles, contenant l'exposé des précautions qu'on doit prendre avant, pendant et après l'usage des eaux minérales, la description des lieux et des sources, les analyses chimiques les plus récentes, les propriétés médicales, le mode d'administration des eaux minérales de la France, des eaux étrangères les plus célèbres, et des bains de merChapitre 46 sur 103 · BERTRAND · texte numérisé non relu

BERTRAND

SALNEUVE.

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Outre F acide carbonique, les eaux de Châteauneuf contiennent encore de l’azote et de l’oxygène.

Propriétés médicales. M. Salneuve a expérimenté sur luimême et sur plusieurs personnes que le séjour pendant une heure dans les piscines de Châteauneuf suffit pour rendre les urines alcalines ; que la circulation et la respiration sont accélérées ; que la peau devient rouge , fait éprouver un sentiment de brûlure, particulièrement au cou et aux parties génitales, et qu’il survient ensuite des sueurs abondantes. Les bains de Châteauneuf sont salutaires dans les rhumatismes articulaires et musculaires , les névralgies , les irritations gastro-intestinales, les paralysies partielles récentes, les hydarthroses, les scrofules, la chlorose et la graveile.

Mode d’ administration. Les eaux de Châteauneuf s’administrent le plus souvent en bains et en douches. On se baigne soit dans des baignoires , soit dans des piscines.

Les différents établissements de Châteauneuf étant des propriétés particulières , il n’y a point de régie ; il est venu à Châteauneuf, en 1835, six cents malades qui ont laissé dans le pays environ 46,000 francs. Les indigents se baignent sans rétribution.

Essai sur les eaux minérales de Châteauneuf , par M. Salneuve „ Gannat, 1834, in-8, 9G pages.

SAINT-MART ( département du Puy-de-Dôme).

La source thermale de Saint-Mart est située près de Clermont-Ferrand , entre cette ville et la commune de Royal. Elle est dans un vallon charmant et pittoresque, où l’on a formé en 1822 un établissement qui est très-Tréquenté par les habitants de Clermont pendant la belle saison.

Sources . Il y en a deux. La première , située au milieu de l’établissement et désignée sous le nom de Bains de César , s’é-

ACIDULES THERMALES.

lève en bouillonnant dans une espèce de puits, fournit trentesix litres d’eau par minute, et alimente dix baignoires. En face de l’établissement thermal est une source froide , dont la saveur est légèrement aigrelette. Cette dernière source n’est pas utilisée.

Propriétés physique s. L’eau de la première source a un goût acidulé ; elle laisse dégager beaucoup de bulles ; sa température est de 25 à 26° cent.

Analyse chimique. Analysée par M. Vauquelin, beau Hier-

male de Saint-Mart a donné de l’acide carbonique libre , des carbonates de chaux, de magnésie , de soude , de l’hydrochlorate de soude , de l’oxyde de fer et des traces, de sulfate de soude.

Propriétés médicales. Les médecins de Clermont recommandent l’eau thermale de Saint-Mart dans la chlorose, la leucorrhée , les engorgements des viscères du bas -ventre ; en bains et en douches , on la dit utile dans les rhumatismes chroniques , etc.

JYote sur les eaux minérales thermales de Saint-Mart , par M. Chevallier [Journal de chimie médicale , 1832, page 678).

CLERMONT-FERRAND ( département du Puy-de-Dôme ).

Chef-lieu de préfecture , à 77 lieues de Paris. Cette ville , dit Lemonnier , contient peut-être plus de sources minérales dans ses murs que certaines provinces n’en offrent à l’observateur.

Sources. On en voit plusieurs dans le quartier de Jaude; leur température est de 22°, 5 cent. A Reaurepaire , existe une source acidulé. La fontaine de Sainte- Allyre, qui est située dans un des faubourgs de la ville , et qui n’est d’aucune utilité en médecine, mérite néanmoins une mention spéciale, à cause de

la propriété singulière qu’elle possède , de pétrifier ou migux d’incruster en peu de temps les objets qu’on y dépose.

Propriétés physiques. La fontaine de Sainte- Ail yre fournit environ 1,440 litres d’eau par heure; sa température est de 24° cent., quelle que soit celle de l’atmosphère. Ses eaux, à la sortie de la terre, sont limpides, ont une saveur aigrelette , une très-faible odeur bitumineuse , et laissent dégager , surtout lorsqu’on les agite , une grande quantité de bulles. Le travertin que ces eaux déposent est tellement abondant , qu’il a donné naissance à une muraille d’environ 78 mètres de longueur, haute de 6 mètres, et dont une des extrémités s’avance jusqu’au-delà du ruisseau de Tiretaine, de manière à former un pont qui semble avoir été construit par la main des hommes.

On a établi des chambres d’incrustation qui sont disposées ainsi qu’il suit : l’eau de la source est dirigée par une rigole dans une espèce de cuve assez profonde d’où elle se répand sous forme de pluie sur tous les corps environnants ; par suite de la grande surface qu’elle présente à l’air, elle se dépouille promptement de son excès d’acide carbonique , et dès lors les carbonates, insolubles par eux-mêmes, se déposent sur les objets mouillés par l’eau. Ces objets sont des grappes de raisins, des fruits , des chardons, des nids d’oiseaux, des artichauts, des corbeilles de fleurs, de petits animaux, etc. Plus les corps sont volumineux, plus il faut de temps pour les incruster convenablement : un chien de moyenne taille exige au moins trois mois. Les sources de Carlsbad présentent le même phénomène que la fontaine Sainte- Allyre. ( Voyez Carlsbad. )

Analyse chimique. L’eau de Sainte-Allyre a été analysée en 1799 par M. Yauquelin , et en 1835 par M. Girardin, professeur distingué de chimie à Rouen. Voici ces deux analyses.

ACIDULES THERMALES.

Eau ( 1

litre ).

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