‹ Manuel des eaux minérales naturelles, contenant l'exposé des précautions qu'on doit prendre avant, pendant et après l'usage des eaux minérales, la description des lieux et des sources, les analyses chimiques les plus récentes, les propriétés médicales, le mode d'administration des eaux minérales de la France, des eaux étrangères les plus célèbres, et des bains de merChapitre 78 sur 103 · EAU DE BARRET · texte numérisé non relu

EAU DE BARRET

Acide carbonique. . . .

q. ind.

Acide carbonique. . . .

q. ind.

Air atmosphérique. . .

q. ind.

Air atmosphérique. . .

q. ind.

gr.

gr.

Carbonate de chaux. . .

Carbonate, de chaux. . .

— de magnésie.

Chlorure de sodium. . .

Chlorure de sodium. . .

— de magnésium.

— de magnésium.

Sulfate de soude .

Sulfate de soude, ....

— de magnésie. . .

de magnésie. . .

Silice et matière organi-

Silice et matière organi-

que azotée bitumineuse

que azotée .

Fer .

traces.

Fer .

traces.

L’analyse ayant été faite sur de l’eau transportée à Paris, M. Robiquet n’a pas pu déterminer d’une manière précise les quantités de gaz que l’eau doit contenir à la source.

Propriétés médicales. Quoique les eaux thermales cl’Aix contiennent peu de principes minéralisateurs, quoique leur température soit peu élevée, cependant l’expérience démontre leur efficacité dans plusieurs maladies. Gomme eaux tièdes, elles assouplissent la peau, relâchent les tissus qui sont dans un état de tension et de rigidité morbide; elles conviennent dans les rétractions musculaires, les ankylosés fausses, les rhumatismes chroniques, les paralysies récentes, les dartres, la gale, la couperose. Dans le traitement des maladies cutanées, très-communes en Provence, le docteur Valentin, pour donner plus d’activité à l’eau thermale , ajoute au bain une forte solution de sulfure de potasse. — En boisson, les eaux d’Aix sont utiles dans les engorgements des viscères abdominaux, la suppression des règles, les fleurs

SALINES THERMALES

blanches, la gravelle. Parmi les autres propriétés qu’on leur accorde , celle de détruire la stérilité des femmes paraît surtout avoir été la plus célébrée et avoir attiré pendant quelque temps une foule de baigneuses, ce qui a donné lieu à une épigramme d’un poète comique, mais trop libre pour que nous puissions nous permettre de la rapporter ici. — En lotions, les eaux d’Aix sont regardées par M. Robert comme propres à rafraîchir le teint des dames et à entretenir longtemps l’éclat de leur beauté.

L’usage intérieur des eaux d’Aix est nuisible aux personnes âgées, bilieuses, faibles, aux jeunes gens maigres et secs, aux hypocondriaques ; elles sont avantageuses aux personnes replètes, d’un tempérament lymphatique.

Mode d’ administration. On prend les eaux d’Aix sous toutes les formes. On en boit depuis cinq verres jusqu’à quinze ; elles sont apéritives, diaphoniques ; on peut en faire usage aux repas.

En bains, la douce chaleur de l’eau est très-agréable. M. Davin a combiné avec succès le traitement électrique aux bains dans les cas de paralysie. Il y a deux douches descendantes et une ascendante.

Les sources appartiennent à la commune ; en 1 820, leur produit a été de 3,050 francs.

Traité des bains de la 'ville d’Aix en Provence , par Castelmont; 1600 , in-8.

Histoire naturelle des eaux chaudes d’Aix , par Honoré-Marie Lautier ; 1605, in-8.

Traité des eaux minérales d’Aix en Provence , par Louis Armand; 1705, in-12. Cet ouvrage contient trente-cinq observations.

Analyse des eaux minérales d’Aix en Provence , par Ant. Aucane Emerich; 1705.

JVotice sur les eaux cl’ Aix , par M. Valentin ( Journal de médecine de Corvisart, etc., tome XXI, page 198).

Analyse des eaux d! Aix , par M. Laurens ( Annales de chimie , novembre 1813, page 214).

Essai historique et médical sur les eaux thermales d’ Aix , par M. Robert j 1812, in-8. Cet ouvrage est un extrait judicieux de la plupart des traités précédents.

Notes sur les eaux thermales cl’ Aix , par MM. Arago et Freycinet ( Comptes rendus hebdomadaires des séances de V Académie des Sciences, 1 836 , numéros 11, 15, 17, 19).

SAINT-LAURENT-LES-BAINS ( département de l’Ardèche).

Village du canton de Saint-Étienne, près d’Arès, arrondissement de Largentière , situé à 882 mètres au-dessus de la Méditerranée, dans une gorge étroite ouverte seulement au midi; on y arrive par une belle route qui va aboutir à la route royale de Montpellier à Clermont II existe en ce lieu trois établissements de bains, qui sont fréquentés depuis le mois de juillet jusqu’au mois de septembre. On y trouve des logements nombreux , plusieurs piscines, quarante baignoires, des douches et des étuves. Il y a un médecin inspecteur.

Source. Placée au centre du village, elle coule au pied d’une haute montagne granitique ; les eaux sont conduites par des canaux souterrains dans les trois établissements; cette source fournit dans les vingt-quatre heures 54,000 litres. Chaque établissement reçoit par jour 13,000 litres, et ne peut en employer au plus que 6,000.

Propriétés physiques. L’eau thermale est claire, insipide, inodore, ne dépose aucun sédiment; sa température est de 53°,50 cent. Les saisons, les variations atmosphériques, les pluies abondantes ou la sécheresse ne changent ni la température, ni l’abondance, ni la limpidité de la source.

Analyse chimique. Elle a été faite par M. Bérard, professeur de chimie à Montpellier ; en voici les résultats :

SALINES THERMALES

Carbonate de soude. .... 0,505 Chlorure de sodium. .... 0,085

Sulfate de soude . 0,040

Silice et alumine . 0,052

M. Fuzet dit qu’un chimiste anglais a trouvé dans ces eaux une petite quantité de fer et d’acide hydrosulfurique.

Propriétés médicales. Les eaux de Saint-Laurent, loin d’être purgatives, constipent le plus ordinairement; elles excitent la sécrétion des urines et plus souvent celle de la peau. Elles sont salutaires dans la débilité de l’estomac, la gastralgie , les dartres, les vieux ulcères, dans les affections rhumatismales, et contre les scrofules, qui sont, dit M. Fuzet, comme endémiques dans le Vivarais. Elles sont nuisibles aux phthisiques.

Mode cl’ administration. On boit les eaux de Saint-Laurent pures ou coupées à la dose de plusieurs verres le matin à jeun ; on les emploie aussi en douches et en étuves. Les bains se prennent dans des baignoires ou dans des piscines. Tous les jours à six heures du soir, les bains et les piscines, bien nettoyés, sont remplis; les hommes y entrent depuis quatre heures du matin jusqu’à sept heures; les femmes les remplacent jusqu’à onze heures. A une heure après midi, les hommes retournent aux piscines jusqu’à quatre heures, et les femmes s’y rendent ensuite jusqu’à six heures ; on se propose d’établir des bains séparés pour les hommes et pour les femmes.

Les eaux de Saint-Laurent forment pour les habitants une boisson douce, légère, et tiennent lieu de savon pour blanchir le linge et nettoyer le corps.

Les sources ne sont point affermées'; les propriétaires des trois établissements perçoivent 25 cent, de chaque baigneur. Il vient annuellement huit cents malades à Saint-Laurent : on peut évaluer à 20,000 fr. l’argent laissé dans le pays par les malades en 1834.

yîssernblée publique de la Société royale des sciences de Montpellier , tenue le 25 avril 1743 ; parmi les pièces qui composent ce recueil, on trouve un Mémoire très-bien fait, deComballusier, sur les eaux de Saint- Laurent.

Analyse des eaux minérales de Saint-Laurent , V als r etc., par Boniface; 1779, in- 12.

MONESTIER DE BRIANÇON (département des Hautes-Alpes ).

Bourg d’environ 2,600 âmes, chef-lieu de canton, à 2 lieues de Briançon , sur la route de Grenoble à Turin. Les eaux thermales que l’on y trouve jaillissent dans une vallée couverte de riches prairies et entourée à droite et à gauche de montagnes élevées qui offrent au naturaliste d’importantes productions. On a remarqué que les habitants de iMonestier , qui usent gratuitement des eaux thermales en boisson et en bains, n’éprouvent jamais de maladies épidémiques, et sont sujets à moins d’infirmités que ceux des autres cantons du département. Il n’y a point de maison d’habitation destinée aux baigneurs, qui sont obligés de se loger chez les habitants du bourg; un établissement thermal, et surtout un meilleur encaissement des sources , sont indispensables , si le gouvernement continue à y envoyer des soldats malades. Médecin inspecteur, M. Nunnia.

Sources . Il y en a deux : l’une , appelée source clu Nord ou de I a Rotonde , est destinée â la boisson ; l’autre, nommée source du Midi 9 sert aux bains. Les eaux sont reçues dans trois bassins creusés dans le tuf, sans revêtement en pierre , de sorte que l’eau de pluie se mêle sans obstacle avec l’eau thermale , qui par ce mélange est sujette à présenter beaucoup de variations dans sa température et sa composition chimique. Il est urgent de mieux encaisser les bassins et les sources, pour conserver à l’eau minérale toute sa pureté.

Propriétés phijsiques. Les eaux des deux sources sont limpides, inodores; leur saveur est d’abord douceâtre , puis aci-

SALINES THERMALES

dule ; leur surface est couverte de bulles ; leur température , variable suivant l’état de pluie ou de sécheresse , est de 22 h 30° cent.; dans la source de la Rotonde, et de 39 à 45° pour la source des bains. On remarque dans les bassins un enduit terreux, ocracé.

Analyse chimique. Elle a été faite successivement par MM. Chancel, Nunnia, Chevallier, Tripier, qui n’ont point trouvé les mêmes proportions d’éléments minéralisateurs dans le même volume d’eau; ainsi vingt litres de la source des bains ont fourni

A M. Tripier, un résidu pesant. 62,72

A M. Nunnia . 66,50

A M. Chevallier . 43,20

Vingt litres de l’eau de la Rotonde ont donné :

A M. Tripier, un résidu pesant. 23,16

A M. Nunnia . 33,50

A M. Chevallier. . 24,00

Il n’est pas douteux pour nous que ces différences sont dues au mélange plus ou moins considérable des eaux étrangères avec l’eau thermale au moment de l’analyse.

Nous nous bornerons à citer les résultats de l’analyse faite par M. Tripier, pharmacien des hôpitaux militaires, lequel a fait son travail sur les lieux :

Eau ( 1 litre ).

Source du Midi.

I’our bains.

Acide carbonique .

Azote .

Source du Nord ou de la Rotonde.

nt.

Pour boisson.

Acide carbonique .

Azote .

Oxygène . . . .

448 ' EAUX MINERALES

gr.

Chlorure de sodium. . .

— de magnésium.

— de calcium. . .

Sulfate anhydre de chaux

— de soude

— • de ma¬

gnésie. . ......

Carbonate de chaux. . .

— de magnésie. .

— d’ammoniaque.

Phosphate de chaux. . .

Matière organique. . .

La matière ocreuse des bassins «st composée d’oxyde de fer , de manganèse, de silice, de carbonates terreux et d’une substance organique azotée, qui a de l’analogie avec les acides crenique et opocrenique.

gr.

Chlorure de sodium. . . 0,14299

— de magnésium 0,05029

— de calcium. . 0,03148

— de potassium. 0,00316

Sulfate anhydre de chaux 0,46267

— de soude 0,16284

— de ma¬

gnésie. ........ 0,00729

Carbonate de chaux. . . 0,19738

— de magnésie. 0,00178

— de protoxyde

— d’ammoniaque . traces.

Phosphate de chaux. . 0,00710

Oxyde de manganèse. . traces.

Silice . 0,03659

Matière organique. . . . 0,05000

Propriétés médicales. Prise en boisson, l’eau thermale de Monestier détermine chez l’homme en santé comme chez l’homme malade de la pesanteur à l’estomac, du trouble dans les intestins, provoque les évacuations alvines, et augmente la sécrétion urinaire; en bains et en douches, elle excite des sueurs , produit la constipation , une soif très-grande , et parfois un état fébrile , salutaire dans le plus grand nombre des cas.

On l’emploie en boisson dans la gastralgie , la jaunisse, l’engorgement chronique des viscères abdominaux, le catarrhe vésical, la dysménorrhée, etc. Mais c’est principalement à l’extérieur qu’elle est utile dans les rhumatismes chroniques , les maladies cutanées, les ankylosés fausses , les engorgements articulaires, l’atrophie des membres, les plaies tistuleuses et les accidents qui suivent les plaies d’armes à feu. M. Nunnia

SAUNES THERMALES.

rapporte l’histoire d’un capitaine , qui était obligé de marcher avec des béquilles à cause de rhumatismes et de cicatrices , suites de blessures. Ce militaire avait été à Baréges sans succès ; ayant pris les bains de Monestier pendant un mois , il put s’en retourner chez lui avec un bâton seulement.

On boit les eaux de la source de la Rotonde ; on se baigne dans les bassins , qui peuvent contenir sept à huit personnes à la fois.

En 1835 , le produit des bains a été de 700 francs; les baigneurs ont laissé dans le pays environ 5,000 francs.

BAGNOLES (département de l’Orne),

Village situé à une lieue de la grande route d’Alençon à Domfront.à 7 lieues d’Alençon , 3 de Domfront, 7 d’ Argentan et de Falaise, 40 de Rouen, 50 de Paris. M. Lemachois y a formé un bel établissement dont le séjour est aussi agréable que salutaire. Les routes pour y parvenir sont en bon état. Les logements sont propres et élégants, la nourriture saine; on y jouit des plaisirs de la chasse, de la pêche, et la vallée de Bagnoles , qui est une miniature des vallées de la Suisse , offre des promenades fort agréables. — On y trouve un hôpital destiné à recevoir des militaires traités aux frais du ministère de la guerre , et des pauvres jouissant de quelques lits fondés par l’administration du département de l’Orne. On prend les eaux depuis le mois de mai jusqu’au mois d’octobre; elles sont particulièrement fréquentées dans les mois de juillet et d’août. — Il y a un médecin inspecteur.

Sources. Il y en a deux qui sourdent sur la rive gauche de la Vée. La principale source est renfermée dans un édifice carré assez élégant; elle fournit environ soixante à quatrevingts litres d’eau par minute, qui alimentent les baignoires de l’établissement et trois bassins en granit où cinquante militaires peuvent se baigner à la fois.

Propriétés physiques. Les eaux des deux sources présentent à leur surface beaucoup de bulles qui semblent les faire bouillonner; elles sont limpides, incolores, onctueuses, presque sans saveur, et d’une odeur comparable à celle de l’hydrogène sulfuré. Cette odeur est très-faible dans un verre , elle est forte dans les salles des bains particuliers et très-désagréable aux approches de la pluie et des orages. Exposée à l’air libre, cette eau perd promptement son odeur. Sa pesanteur spécifique diffère peu de celle de l’eau commune. La température de la grande source est de 27°, 5 cent; dans le bassin commun, elle est de 25° cent

Analyse chimique. Il résulte de l’analyse chimique faite en octobre 1813 par MM. Vauquelin et Thierry, que l’eau de Bagnoles exhale une odeur hépatique, sans qu’on ait pu, h l’aide des réactifs ordinaires, y démontrer l’hydrogène sulfuré; que lorsqu’on élève sa température, il s’en dégage beaucoup de bulles composées en partie d’acide carbonique ; que cette eau contient en outre du muriate de soude et des quantités presque insensibles de sulfate de chaux, de muriate de chaux et de muriate de magnésie ; qu’elle dissout parfaitement le savon et adoucit sensiblement la peau ; qu’on remarque dans la fontaine une effervescence continuelle occasionnée par le dégagement rapide d’un fluide élastique dans lequel on a reconnu l’acide carbonique , et ou prédomine en grande quantité un gaz qui a présenté le caractère du gaz azote, mais qui mérite un examen ultérieur. Le limon de la fontaine, qui est très-abondant, contient du soufre et du fer, et tout porte à croire qu’il recèle aussi une matière organique, dont on soupçonne l’existence dans l’eau ellemême.

Propriétés médicales. Les médecins qui jugent des propriétés médicales des eaux minérales d’après leurs éléments minéralisateurs croiront difficilement aux vertus des eaux de Bagnoles. Cependant l’observation clinique apprend que ces eaux

SALINES THERMALES

prises en boisson excitent les sueurs , produisent plus souvent la constipation que la diarrhée , qu’elles n’augmentent pas la sécrétion urinaire ; qu’en bains elles provoquent une éruption à la peau de petits boutons rouges et souvent accompagnés d’un prurit incommode, et qu’elles sont utiles dans les rhumatismes, les douleurs ostéocopes, les sciatiques, les engorgements articulaires, les ankylosés incomplètes, les plaies, les ulcères atoniques, quelques maladies de la peau, les engorgements scrofuleux des glandes du cou, les gastralgies, l’aménorrhée , etc. Elles sont nuisibles aux personnes atteintes d’hémoptysie.

Mode d’ administration. Les eaux de Bagnoles sont prescrites en boisson, bains, douches et étuves. On les boit depuis deux ou trois verres jusqu’à un litre. On ne doit pas dépasser cette dose. — Quant aux bains, il est des salles séparées pour les deux sexes. La température de l’eau thermale étant peu élevée, on est obligé de chauffer dans une chaudière autoclave de quinze cents litres de capacité le liquide minéral, qui est ensuite distribué au moyen de tuyaux en plomb et en cuivre étamé dans les baignoires et le bassin commun. La chaleur des bains est réglée à 35° cent. Ces bains tempérés plaisent généralement aux malades, qui éprouvent une impression agréable et douce. On emploie aussi les douches ascendantes, descendantes et les bains de vapeur. On a fixé à trois jours la boisson de l’eau thermale, et à vingt et un jours l’usage des bains et des douches.

On associe souvent aux bains la boisson de l’eau ferrugineuse de Gourtomer. On s’en sert aux repas.

L’eau de Bagnoles s’altère beaucoup par le transport.

Les sources sont une propriété particulière. On estime à 60,000 francs l’argent laissé annuellement dans le pays par les baigneurs.

Traité des eaux minérales de Bagnoles ; 1740, in-8. Cet ouvrage ne contient rien d’intéressant.

Lettre sur les eaux minérales de Bagnoles , par M. Geoffroy ( Journal de Verdun; juin 1750, page 442).

Nouvelle hydrologie , par Monnet; 1772. L’auteur parle , page 128, des eaux de Bagnoles.

Analyse de Peau de Bagnoles , par MM. Vauquelin et Thierry ( Annales de chimie , avril 1814).

Notice topographique et médicale sur Bagnoles (Orne), par Étienne [Recueil de mémoires de méd. milit., tome XIII).

SAINT-AMAND ( département du Nord ).

Ville sur la Scarpe, à 3 lieues de Valenciennes , 6 de Lille , et 50 de Paris. Cette ville est célèbre par ses eaux, et principalement par ses boues minérales, qui n’ont été bien fréquentées que depuis la conquête de la Flandre sous le règne de Louis XIV. La saison des eaux dure depuis le 1er juin jusqu’au 1er septembre. On a l’habitude de les prendre pendant quinze à vingt jours. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. Elles sont situées à une demi-lieue de la ville, dans le hameau de la Croisette; il y en a trois: l°la fontaine du Bouillon , 2° le Pavillon Ruiné , 3° la fontaine de Vérité. L’établissement thermal se compose d’un vaste bâtiment en mauvais état, divisé en soixante-quinze chambres disposées pour les malades; il y a douze salles de bains, soixante-douze cases de boues. Les cases ont la profondeur d’un à deux mètres; les boues qu’elles renferment sont alimentées par un nombre considérable de petites sources thermales qui sourdent à leur surface, dont la nature est la même que les précédentes , et qui proviennent probablement du même réservoir. Les boues sont contenues dans un bassin recouvert d’un grand bâtiment en forme de hangar, et disposé de manière à laisser échapper l’eau surabondante. Elles se composent de trois couches; la plus extérieure est une tourbe argileuse, la deuxième est argileuse, et la troisième est un mélange de quartz très-fin, uni à du carbonate calcaire.

SALINES THERMALES. 453

On trouve dans l’établissement six salles de douches qui sont descendantes 9 ascendantes et latérales.

Propriétés physiques. L’eau des sources est limpide 9 répand une légère odeur d’hydrogène sulfuré,, qu’elle perd bientôt si on l’expose à l’air libre; sa saveur est celle d’œufs pourris. — Les boues exhalent une odeur sulfureuse et marécageuse à laquelle on s’accoutume aisément. La température de la fontaine du Bouillon est de 28° cent. ? celle des boues de 25% la température atmosphérique étant de 21°.

Analyse chimique. L’eau de la fontaine Bouillon a été analysée en 1805 par M. Drapiez et en 1822 par M. E. P allas ; voici le résultat comparatif de leur examen :

Eau ( 1 litre).

Drapiez.

Pallas.

litre.

litre.

Acide carbonique libre. . . .

gr.

gr.

Sulfate de magnésie. .....

— de chaux .

Chlorure de calcium . .

pas.

— de sodium. ....

— de magnésium. . . .

Carbonate de chaux .

— de magnésie. . . .

pas.

Silice .

Fer .

pas.

Matière résineuse .

pas.

pas.

Eau ( 1 litre).

Analyse de la fontaine moyenne par M. Pallas.

ut.

Acide carbonique . 0,166

gïN

Sulfate de chaux . 0,5380

de magnésie. . . . 0,217 5

*— de soude . 0,1220

Chlorure de magnésium. 0,0410

— de sodium. . . 0,2015

Carbonate de chaux. . . 0,1085

Silice. . . . „ . 0,0200

Fer . 0,0200

Matière résineuse . 0,0000

Perte . 0,1800

Boues ( 100 grammes ).

Analyse des boues

par M. Pallas.

gr.

Acide carbonique . 0,010

Hydrogène sulfuré. . . . 0,033

Eau . 55,000

Matière extractive. . . . 1,220

— végéto-animale. . 6,805

Carbonate de chaux. . . 1,569

— de magnésie. 0,568

Fer. . . 1,450

Soufre . 0,200

Silice . 30,400

Propriétés médicales. Les eaux thermales de Saint-Armand ne jouissent pas d’une grande efficacité; cependant les médecins du pays les conseillent dans la chlorose , les scrofules , la gravelle * etc. Il n’en est pas de même des boues, qui exercent une action très-marquée sur l’économie , excitent l’activité de la peau , laquelle devient rouge et se couvre fréquemment d’une éruption miliaire; l’immersion dans les boues produit un sentiment de froid, un frisson qui, chez les personnes assez robustes, est bientôt suivi d’une réaction qui rappelle le sang et la chaleur à la périphérie du corps. Il est facile de pressentir que ce refoulement du sang de la circonférence au centre est nuisible aux malades qui sont atteints de lésions à la poitrine , à l’abdomen , ou qui sont disposés aux congestions cérébrales ; en effet, plusieurs baigneurs qui ont pris ces bains sans consulter le médecin ont succombé à une attaque d’apoplexie.

SALINES THERMALES

Néanmoins, prescrits avec précaution, les bains de boues produisent d’excellents effets dans l’atrophie des membres, la gêne occasionnée par des cicatrices vicieuses, la raideur des articulations, les ankylosés incomplètes, les rétractions musculaires, et surtout dans les rhumatismes contractés au bivouac. Après la conquête de la Hollande , qui eut lieu en 1794 au milieu d’un hiver très -rigoureux, on envoya à Saint]- Amand' un grand nombre de militaires atteints de rhumatismes si violents que chez plusieurs la paralysie et l’atrophie des membres en furent la suite. D’après le rapport deM. Armet, la'plupart de ces militaires ont été guéris ou soulagés , et ceux qui , parmi ces derniers, sont revenus l’année suivante, ont été complètement guéris. Ce médecin ajoute qu’il a vu des soldats dont les rhumatismes avaient été aggravés par l’usage des eaux thermales d’Aix-la-Chapelle, de Bourbonne, de Baréges, être guéris par les boues de Saint- Amand.

On emploie les boues tantôt en les appliquant sur la partie malade , sous la forme d’un cataplasme chauffé par l’addition d’eau thermale; tantôt on les emploie sous la forme d’un bain général dans lequel on plonge le corps tout entier. Ces bains généraux de boues agissent par la pression qu’ils exercent sur les membres, et par leur douce et permanente température ; celle-ci étant peu élevée , ce n’est que lorsque les boues sont échauffées par la chaleur atmosphérique qu’on peut se plonger dans les bassins. Nous pensons qu’en leur communiquant artificiellement un excès de chaleur on déterminerait la constriction des parties, comme on le voit à Aix-la-Chapelle.

Mode d’ administration. Prise en boisson , l’eau thermale de Saint- Amand excite l’appétit, cause pendant les premiers jours une légère diarrhée. Les malades doivent la boire à la source même, car son contact avec l’air lui enlève promptement ses principes volatils et la rend semblable à l’eau commune; aussi les personnes de l’établissement thermal et les

habitants du hameau en font usage pour la boisson ordinaire, parce qu’il n’y a point d’autre eau dans le pays ; on s’en trouve bien, et personne ne la trouve désagréable à boire. — Pour les bains, on est obligé de la chauffer.

Les animaux boivent l’eau des sources; le trop-plein de celles-ci alimente un réservoir dans lequel on les baigne quand ils sont malades ou atteints d’engorgements aux jambes.

L’établissement thermal a été cédé en 1836 par le gouvernement au département du Nord, à la condition que celui-ci ne réclamerait jamais de subsides, et qu’il pourvoirait gratuitement à l’entretien des baigneurs pauvres, quel que soit le département qui les envoie.

L’argent laissé dans le pays par les malades en 1835 est évalué à 45,000 fr.

Traité clés eaux minérales de Saint-Amand , parMigniot; 1699. L'auteur cite trente observations pratiques.

Mémoire sur les eaux minérales de Saint- Amand , par M. Morand ( Mémoires de l’ Académie royale des Sciences , 1743).

Essai historique et analytique des eaux et boues de Saint- Arnaud , par Desrailleville ; 1767, in-12.

Mémoire sur les eaux et boues de Saint- Amand, par Armet [Journal compl. du dict. des sc. rnéd ,, t. VI, p. 215).

Analyse des eaux et boues de Saint- Amand , par E. Pallas [Journal de pharmacie , mars 1823).

BARB'OTAN (département du Gers).

Village à un quart, de lieue de Casaubon , 2 de Cause et 4 de Mésin. L’établissement thermal jouit d’une assez grande réputation dans le département ; il est fréquenté depuis le mois de juin jusqu’au mois de septembre par quatre à cinq cents malades , dont la plupart sont peu fortunés. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. Elles sont nombreuses et éparses dans la vallée ; parmi celles qui sont exploitées, on remarque : 1° la fontaine destinée à la boisson ; 2° la Piscine ou bain des Pauvres , où

SALINES THERMALES

huit à dix personnes peuvent se baigner à la fois ; 3üles Bains chauds , dont un grand bassin alimente douze baignoires; 4° les Bains frais , au nombre de trois, ayant clia*cun un bassin; 5° la source qui alimente trois douches; 6° le bassin des boues, qui peut recevoir vingt personnes; il est situé à trois mètres des douches , de sorte que les malades , à la sortie du bourbier, sont nettoyés promptement par la douche.

Propriétés physiques. Les eaux de toutes les sources sont claires, limpides, exhalent une légère odeur d’hydrogène sulfuré qui se dissipe promptement par le contact de F air ; leur saveur n’est pas hépatique. Toutes les sources présentent à leur surface un dégagement presque constant de gaz acide carbonique. Voici leur température : 1° Buvette, 32°, 5 cent. ; Piscine, 33°, 7 ; Bains chauds, 35°; Bains frais, 31°, 2 ; Source des douches, 38°, 7 ; Boues, 36° dans le fond , 26° à la surface.

Analyse chimique. Elle a été faite récemment par M, Mermet, professeur de chimie à Pau, et par M. Alexandre 9 pharmacien de Mont-de-Marsan. Voici ces deux analyses , qui offrent dans leurs résultats la plus grande analogie.

Eau ( 1 litre).

Mermet. Alexandre.

Acide hydro-sulfurique. . .

quantité indét.

quantité indét

Acide carbonique. .....

lit.

ut.

Carbonate de chaux ....

fer.

gr, .

— de fer .

Sulfate de soude. ......

— de chaux. .....

Chlorure de sodium. . . .

— de magnésium. .

Silice .

Earégine. ........ .

EAUX MINERALES

Projmétès médicales . M. Dufau recommande l’usage intérieur des eaux de Barbotan dans les irritations chroniques de l’estomac et des intestins, la suppression des flux menstruel et hémorroïdal , les fleurs blanches, les engorgements des viscères, les maladies des voies urinaires. Ces eaux sont nuisibles aux personnes dont la poitrine est irritable , aux individus bilieux, sanguins.

Les boues, qui font la célébrité de l’établissement de Barbotan, sont employées avec avantage dans les rhumatismes chroniques, les dartres, la gale , l’œdème, les ulcères atoniques , l’atrophie des membres et la gêne des mouvements qui résulte de fractures ou de luxations. Elles sont pernicieuses dans la goutte , les migraines , les obstructions des viscères, et aux malades disposés à l’apoplexie. On ne les fréquente que pendant les chaleurs de l’été. [Voyez Saint- Amand. )

Les sources appartiennent à un particulier; on peut évaluer à 4 ou 5,000 francs le produit des eaux, et h 25,000 francs l’argent laissé dans le pays.

Discours et abrégé des 'vertus et propriétés des eaux de Barbotan , par Nicolas Chesneau ; 1 G29 , in-8.

Recherches théoriques et pratiques sur les eaux minérales de Barbotan , par A. -J. Dufau ; 1784.

ÉVAXJX (département de la Creuse ).

Petite ville à 9 lieues de Guéret, 80 de Paris. L’établissement thermal, assez élégant , contient au rez-de-chaussée vingt-quatre baignoires, quatorze douches, une étuve, et dans les étages supérieurs quarante appartements fort propres. Deux autres petits établissements en mauvais état possèdent chacun huit baignoires et une douche. La saison commence le 15 mai et finit le 1er octobre. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. Elles sont au nord et à un quart de lieue de la ville , dans un vallon peu spacieux ; il y en a trois connues sous les noms de Puits de César, Fontaine du Jardin et Petit Cornet ; leurs eaux sont réunies dans deux vastes bassins , pour être ensuite distribuées dans les baignoires des édifices thermaux.

Propriétés physiques . L’eau minérale est limpide , a un goût fade, nauséabond quand elle est chaude, et un peu salé quand on la boit froide. Elle a une odeur d’œufs couvis très-marquée quand elle est chaude , et insensible quand elle est refroidie. La température du Puits de César est de 58°, 75 cent. ; celle du Petit Cornet , de 45°; celle de laFontaine du Jardin varie de 3.0 à 45°. Cette variation doit être attribuée à l’infiltration des eaux pluviales. Ainsi , le lendemain d’une pluie abondante , la température de l’eau minérale baisse, en hiver surtout, de 10 à 12°.

Analyse chimique . M. Baraillon, dans une notice qu’il a publiée sur les eaux thermales d’Évaux, les dit chargées de sulfate de soude. Il résulte de l’analyse citée par M. Gougnon et faite sur l’eau transportée à Paris qu’un litre d’eau miné¬

rale contient :

Acide hydro-sulfurique. . , quantité indét.

lit.

Acide carbonique libre. . . . 0,090

gf.

Carbonate de soude . 0,678

— de chaux . 0,035

Chlorure de sodium . 2,100

Silice . 0,053

Propriétés médicales. Les eaux d’Ëvaux sont employées dans les gastralgies, les engorgements des viscères abdominaux, la gravelle , les scrofules , les affections nerveuses , les dartres ,

les rhumatismes chroniques, les fausses ankylosés, et les vieux ulcères. Cependant nous lisons dans un rapport (1835) de M. Tripier, médecin inspecteur, que les eaux thermales d’Évaux ont été sans succès dans neuf paralysies, dans huit affections nerveuses ; que les gastrites , les catarrhes , les affections utérines ont été également réfractaires, tandis que les rhumatismes chroniques, les maladies cutanées ont été sensiblement améliorés par l’usage des bains et des douches.

Mode d’administration. On boit les eaux d’abord à la dose de deux ou trois verres jusqu’à deux litres. On a recours avec succès aux bains et aux douches dans les rhumatismes chroniques, qui sont, dit M. Tripier, comme endémiques dans le département de la Creuse, à cause des variations brusques de la température atmosphérique. Les habitants d’Évaux emploient fréquemment les bains d’eau thermale comme moyen hygiénique ; ils en sont rarement indisposés , pourvu qu’ils les prennent à 33°, 7 ou 35° cent.

Les sources d’Évaux appartiennent à des particuliers réunis en société ; le produit net de la ferme est de 6,745 francs : on évalue à 20,524 fr. l’argent laissé dans le pays par les malades en 1835.

Dissertation sur les eaux minérales d’Évaux , par M.Gougnon. (Thèse, Paris, 1810.)

Dissertation sur les eaux minérales d’Évaux , par François Tripier. (Thèse, Montpellier, 1830.)

LOUESCHE ou LE UK ( Suisse ).

Village du canton du Valais, situé dans un vallon à 4,600 pieds au-dessus du niveau de la mer, à 2 lieues et demie du bourg de Louesche, 4 de Sierre, 7 de Sion, 40 de Genève, 20 de Berne. Deux chemins y conduisent, l’un par cette dernière ville, l’autre par le chemin du Valais; mais ils ne sont pas praticables pour les voitures, et Ton ne peut se rendre aux bains qu’à cheval, à mulet ou dans une chaise à porteurs. A

SALINES THERMALES

Louesche, l’air est vif et pur,, la température variable comme l’est eu général celle des montagnes; aussi doit-on se pourvoir d’habillements chauds. Les environs du village offrent plusieurs promenades agréables et variées. Les hôtels ne présentent que des logements petits , mal distribués ; la nourriture est saine et abondante. La saison des bains commence au mois de juin et dure jusque vers le mois de septembre. Pendant ce temps , et principalement aux mois de juillet et d’août, on trouve à Louesche une nombreuse société. Plusieurs médecins des villes voisines viennent à Louesche donner leurs soins aux malades.

Sources. Elles sont nombreuses ; celles qu’on utilise sont : 1° La source de Saint-Laurent , la plus importante de toutes; elle surgit sur la place du village. 2° La source d’ Or, laquelle coule à quelques pas de la précédente. 3° Les trois sources du bain des Lépreux, situées au milieu d’une prairie. 4° Au dehors du village, une source moins considérable alimente un fort petit bassin.

Il y a quatre établissements de bains : 1° le bain Neuf, construit en 1818, est divisé en quatre bassins qui peuvent contenir chacun 30 à 40 personnes; il est alimenté par la source Saint-Laurent. 2° Le bain des Messieurs est une vieille baraque obscure , malpropre , divisée aussi en quatre bassins. 3° Le bain des Zurichois n’est fréquenté aujourd’hui que par des malades dont les infirmités sont repoussantes. 4° Le bain des Pauvres , composé de deux bassins qui reçoivent chacun 20 à 30 personnes, est réservé à la classe indigente.

Propriétés physiques. L’eau de toutes les sources est parfaitement limpide, inodore et sans saveur; elle communique une couleur dorée aux pièces d’argent qu’on y laisse séjourner pendant deux ou trois jours; cet enduit, qui est formé par de l’oxyde de fer, se conserve longtemps et disparaît par le frottement. La source Saint-Laurent fournit environ deux millions de livres d’eau par jour ; cette source et celle d’Or se

troublent quelquefois à la suite des longues pluies et par les temps d’orage, mais surtout au printemps; elles déposent alors un sédiment grisâtre et ne reprennent leur limpidité qu’ après 24 ou 36 heures. La température des différentes sources est invariable ; elle est de 51% 2 cent, à la source Saint- Laurent; elle est de 33 à 37° cent, pour les autres sources.

Analyse chimique. Les eaux de Louesclie ont été examinées par Rouelle , Razoumowski , qui n’y ont trouvé ni sulfures ni gaz hydrogène sulfuré. Plus tard, MM. Payen et Dublanc firent l’analyse de l’eau de la source Saint-Laurent, qui avait été transportée à Paris dans des bouteilles bouchées avec soin , et y signalèrent la présence d’une petite quantité de gaz hydrogène sulfuré, qui probablement n’était qu’accidentelle et provenait sans doute de la décomposition d’une matière organique, ou de Faction de cette dernière sur les sulfates contenus dans l’eau. En 1827 , sur la demande de la société helvétique des Sciences Naturelles, M. Brunner, professeur de chimie à Berne , et M. Pagenstecher, pharmacien de la même ville , se rendirent à Louesche et procédèrent sur les lieux à l’analyse de l’eau de Saint-Laurent. Voici les résultats des deux analyses :

Analyse de MM. Payen et J. -B. Dublanc, faite à Paris en 1828.

Analyse de MM. Brunner et Pagenstecher, faite sur les lieux en 1827.

Acide carbonique. . .

Azote .

Oxygène .

Hydrogène sulfuré. . .

. t indét.

Acide carbonique. . . .

Oxygène .

Azote .

lit.

Sulfate de chaux. . . .

Sulfate de chaux. ....

gr.

A reporter. .

A reporter. . .

SALINES THERMALES. 463

Report. . . 1,4020

Sulfate de magnésie. . . 0,2508

— de soude . 0,0930

Chlorure de sodium. . . 0,0000

— de potassium. 0,0100

— de magnésium. 0,0057

Carbonate de chaux . . . 0,0307

— de magnésie. 0,0040

— de fer . 0,0090

Perte . 0,0128

Report. . .

Sulfate de magnésie. . .

— de soude. ....

— de strontiane. . .

Chlorure de sodium. . .

— de potassium. .

— de magnésium. .

— de calcium. . . .

traces.

Carbonate de chaux. . . .

— de magnésie.

Carbonate de protoxyde

de fer .

Silice .

Nitrate .

traces.

Propriétés médicales. Les trois quarts des personnes qui se rendent à Louesche sont atteintes de maladies de la peau, telles que dartres, couperose, boutons, rougeurs du front, de la face, ainsi que toutes les affections de nature psorique. Ces eaux sont aussi fort utiles dans les scrofules , les engorgements glanduleux du cou , des aisselles, surtout du mésentère ; dans les tumeurs blanches des articulations, les fistules, les ulcères atoniques et strumeux; dans l’ozène et le coryza chronique; dans les engorgements du foie , de la rate ; dans plusieurs cas d’irritation chronique de l’estomac, des intestins; dans les maladies qui surviennent aux époques de la première menstruation, du temps critique, et enfin dans les rhumatismes anciens.

Ces eaux doivent être interdites aux individus pléthoriques, disposés à l’apoplexie; elles sont très-nuisibles aux phthisiques, aux névralgiques, aux goutteux, et à tous ceux qui sont doués d’une excessive sensibilité.

Mode d’ administration. On prend les eaux de Louesche en boisson , bains et douches. On les boit à la dose d’un verre

jusqu’à six ou huit, pures ou coupées avec du lait, pendant le bain.

L’eau nécessaire aux bains est conduite le soir dans les bassins et y reste pendant la nuit , pour se refroidir jusqu’à 36 à 37°,5 cent., parce que, à une température plus élevée, elle produit des maux de tête. Les baigneurs sont tous ensemble dans le bain Neuf, le bain des Messieurs et le bain des Pauvres. Quoique les deux sexes ne soient pas séparés dans les quatre bassins des deux premiers, il y règne cependant beaucoup de bienséance et de retenue. Chaque baigneur est enveloppé d’un manteau de flanelle qui est attaché au-dessus des épaules et qui descend jusqu’aux talons. Dans les quatre bassins, qui sont séparés les uns des autres par des ponts munis de balustrades, il y a des bancs, et le baigneur assis se trouve dans l’eau jusqu’au menton ; sur la surface de Peau, on voit surnager de petites tables couvertes de vases de fleurs ou de truits, de mouchoirs, de livres, de cartes, de verres, etc., et sur lesquelles on peut déjeuner, jouer ou lire. Dans le bain Neuf, on peut aussi se baigner seul ; il y a plusieurs chambres destinées à cet usage. Le bain Neuf et le bain des Messieurs sont les plus fréquentés; la conversation y est ordinairement gaie et amusante. On y voit des individus de tous les pays.

La cure est communément de trois semaines. On débute ordinairement par un bain d’une heure ; on augmente tous les jours d’une heure jusqu’à ce qu’on soit parvenu à cinq ou six heures de bain; ce maximum des heures de bain s’appelle haute baignée ; on la continue, si rien ne s’y oppose, pendant douze à quatorze jours. On commence alors la débaignée , c’est-àdire qu’on diminue graduellement la durée des bains. Au bout de huit à dix jours, il survient ce qu’on nomme la poussée , qui consiste en une éruption de plaques rouges à la peau , semblables à la rougeole , à la scarlatine ou à l’urticaire. Si cette éruption est abondante et très-douloureuse , on suspend les

saunes Thermales.

bains pendant quelques jours ; mais le plus ordinairement elle se dissipe d’elle-même en continuant les bains. Si elle laisse après elle des démangeaisons, on a coutume de les combattre par des ventouses scarifiées qu’on applique dans un bain appelé pour cette raison bain des Ventouses »

Il se rend annuellement à Louescbe quatre cents malades.

Essai sur les eaux minérales et thermales de Louesche, en Suisse , par M. Payen. Thèse, Paris, 1828.

IVotice sur les eaux minérales de Louesche , par Bonvin. Genève, 1834 ; brochure in-8, 104 pages.

JVotice sur les propriétés médicales de Louesche, par M. FoissaC; Paris, 1830, in-8. Cette notice est rédigée avec soin.

BADE ou BADEN (Suisse,).

Petite ville du canton d’Argovie, située à 1,090 pieds audessus du niveau de la mer, à 4 lieues de Zurich , 11 de Lucerne, 5 d’Arau et 11 de Bâle. Chaque jour des voitures particulières vont de Zurich à Bade. On trouve sur les deux rives delaLimmat, à six cents pas de la ville, des bains célèbres dont parie Tacite et qui ont été très -florissants au quinzième siècle, surtout pendant le concile de Constance. — Le climat, est doux et sain, surtout en été; sur les deux côtés de la Limmat, on voit de belles promenades et des hôtels où les voyageurs trouvent des logements pour toutes les fortunes. La saison des bains commence vers le milieu du mois de mai et se prolonge jusqu’à la fin de septembre. Les bains sont extrêmement fréquentés pendant les mois de juin, juillet et août; durant ce temps, on y trouve souvent jusqu’à mille personnes; les amusements n’y manquent pas alors : il y a des bals , un théâtre , etc.

Sources. Elles jaillissent sur les deux rives de la Limmat , et en partie même du lit de cette rivière. On en compte dixhuit, savoir : treize sur la rive gauche et cinq sur la rive droite; elles sont peu éloignées les unes des autres. Ces sources ali-

mentent les Grands Bains , qui sont sur la rive gauche de la Limmat, et les Petits Bains 9 qui sont en face sur la rive droite. On y remarque une vaste piscine , appelée bain de Sainte-Vérène , laquelle a 30 pieds de long, 20 pieds de large, et peut contenir à peu près cent personnes. Sur la rive droite de la Limmat, il y a trois bains publics destinés aux indigents. Dans les hôtels, on trouve des bains particuliers fort propres et assez grands pour contenir une famille de six à douze personnes.

Propriétés physiques. L’eau thermale est claire, transparente; son goût est salé , désagréable ; son odeur est légèrement sulfureuse. Elle rougit le linge ; l’eau du bain de Sainte-Vérène prend ordinairement une couleur laiteuse à l’approche de la pluie ou des orages. La température du bain de Sainte-Vérène est de 52°,50 cent.; celle des Petits Bains est de 41°,2.

Analyse chimique. Elle a été faite par M. Pfugger.

Eau ( 1 litre).

ut.

Acide carbonique . 0,094

gr.

Chlorure de sodium . 1,053

— de manganèse. . . 0,288

Sulfate de soude . 0,612

— de chaux . 1,019

— de magnésie . 0,462

Carbonate de chaux . 0,176

— de magnésie. . . . 0,027

— de fer . 0,003

Propriétés médicales. Les eaux de Bade sont recommandées dans les irritations chroniques des voies digestives, les rhumatismes, les paralysies , les maladies des voies urinaires, les

SALINES THERMALES, 467

engorgements scrofuleux , les maladies cutanées , la stérilité , les affections nerveuses , etc.

Mode d’ administration. Ce n’est que depuis le commencement de ce siècle qu’on boit l’eau de Bade ; on commence par deux verres , et on arrive graduellement jusqu’à huit ïl faut la boire à la température de la source, parce qu’elh? produit alors un effet plus salutaire, surtout dans le cas d’obstruction. — Ordinairement on se baigne une ou deux heures par jour ; vers la fin de la cure, on reste pendant plusieurs heures de la matinée et de l’après-midi dans l’eau. La poussée survient après dix ou quinze jours. On prend des bains de gaz à la température de 28°,7 cent.; ils réussissent dans les rhumatismes et la goutte.

TJ excursion aux bains de Bade , par M. Hess.

Tes eaux minérales et les bains de Baden, par M. Wetzler.

Tes cures des bains de Baden , par M. Rusch.

PFEFFERS (Suisse)..

Les bains de Pfeffers se trouvent dans l’arrondissement de Ragatz , district de Sargans , canton de Saint-Gall , à 2 lieues du bourg de Ragatz, d’où l’on ne parvient aux bains qu’en suivant un chemin étroit, praticable à cheval, en passant par le village de Valens. Ces bains sont situés dans un ravin étroit et sauvage , au fond duquel mugit un torrent furieux , la Tamina ; ils sont comme séparés du monde. Il y a 4 bâtiments de bains qui contiennent soixante-dix à quatre-vingt chambres, munies à peine des meubles les plus nécessaires, ce qui n’empêche pas qu’on rencontre souvent à ces bains jusqu’à trois cents personnes, surtout pendant les mois de juillet et d’août. Il y a un médecin.

Sources. L’eau jaillit d’un rocher par différentes veines et se rassemble dans deux réservoirs; elle est assez abondante pour faire tourner un moulin.

Propriétés physiques . L’eau est claire, transparente, onctueuse au toucher ; sa saveur est douce ; sa température à la source est de 37°,5 cent, et de 35° dans le réservoir. Cette eau dépose un limon tenace , d’une couleur jaune clair.

Analyse chimique. En 1819, M. Capeller, pharmacien à Coire, a fait l’analyse de l’eau de Pfeffers.

Eau ( 1 litre ).

gr.

Sulfate de soude . 0,066

— de magnésie. . . . 0,039

Carbonate de chaux. . . . 0,03G

— de magnésie. , 0,092

Chlorure de sodium. . . . 0,022

— de magnésium et

matière extractive. . . 0,018

Matière résineuse . 0,006

Propriétés médicales . Les eaux de Pfeffers excitent la transpiration, produisent quelquefois des vertiges et rarement la diarrhée; les personnes bien portantes après en avoir bu éprouvent un bien-être et une plus grande facilité à digérer. Ces eaux semblent être une panacée : on les vante dans les maux d’estomac, les vomissements nerveux, les maladies du foie, les affections nerveuses, les rhumatismes, les éruptions à la peau , les lésions du système lymphatique et des voies urinaires, etc.

Mode d’ administration. On boit l’eau de Pfeffers depuis quatre à six verres, jusqu’à quinze ou vingt; quant aux bains , on en augmente graduellement la durée jusqu’à ce qu’on y passe huit à douze heures par jour. On diminue de la même manière le temps qu’on y passe , quand la poussée commence à disparaître. Le traitement dure ordinairement trois à quatre se-

SALINES THERMALES. 469

maines. — 11 faut prendre avec précaution les douches et les bains de vapeur.

On peut consulter sur ces bains l’ouvrage suivant : Conseils sur le juste emploi des bains, parle docteur Rusch (en allemand).

SAINT-GERYAIS ( Savoie ).

Village dans la province de Faucigny, à 1 lieue de Sallenches, 4 de Chamouny, Il de Genève; pendant la saison des eaux, il part trois fois par semaine une diligence de Genève pour Saint-Gervais. Le climat de ce dernier lieu est doux , sain , mais un peu humide ; les environs offrent des promenades agréables , et des sites pittoresques. L’établissement thermal se compose de nombreuses constructions ; il offre des logements bien meublés , plusieurs salons de compagnie , une bibliothèque, une salle de billard, etc. Les eaux minérales sont très-fréquentées depuis le mois de mai jusqu’au mois d’octobre. Il y a un médecin inspecteur.

Sources. On en distingue sept : 1° la source du Bonnant ; 2° la source du Bonhomme ; 3° la source Gontard ; 4° la source du Mont-Blanc ; 5Ü la source du Mont-Joli ; 6° la source de la Bonneville ; 7° la source de Bonne foi.

Propriétés physiques. La source Gontard est très-abondante et suffit presque seule au besoin de l’établissement; sa saveur est saline , accompagnée d’une légère amertume ; son odeur est un peu sulfureuse ; des bulles de gaz sortent par bouffées et à intervalles presque égaux du fond du bassin ; la pesanteur spécifique de l’eau comparée à celle de l’eau distillée est comme 10,043 cent, est à 10,000. La température est de 41° 2 cent.

Analyse chimique. Elle a été faite à la source même paç M. Pictet; en voici les résultats:

Eau (1 litre).

Àeide carbonique. . . quantité indét.

pr.

Sulfate de chaux mêlé de carbonate. 1,21

— ■ de soude . . . . . 2,15

Chlorure de sodium . 1,04

— de magnésium . 0,35

Pétrole. . . . . des traces.

Propriétés médicales. Il résulte des observations cliniques rapportées par MM. Jurine, Odier, Mathey, médecins distingués de Genève , que les eaux thermales de Saint-Gervais , prises en boisson et en bains , sont très-efficaces contre les maladies de la peau, les dartres particulièrement , et contre les affections rhumatismales , les paralysies , les engorgements des organes du bas-ventre, les catarrhes pulmonaires chroniques , et contre les affections variées du système nerveux , lorsqu’elles dépendent d’un trouble des fonctions digestives , de la suppression de la transpiration ou de quelque éruption cutanée.

Mode dr administration. En boisson , la dose des eaux minérales de Saint-Gervais est depuis trois verres jusqu’à deux litres. Elles sont purgatives à la dose de cinq à six verres; certaines personnes, pour aider cette action, y ajoutent quelques gros de sulfate de soude. Outre les bains d’eau thermale , on trouve à Saint-Gervais des bains de vapeur, des bains d’air, des bains de lait, des douches écossaises, etc.

Analyse de la source thermale de Saint-Gervais . ( Bibliothèque britannique , tome XXXIY.)

Les bains de Saint -G errais , près du mont Blanc , par le docteur Mathey, 1818.

SALINES THERMALES

WISBADE ou WÏESBADEN ( duché de Nassau).

Ville à 2 lieues de Mayence , 7 de Francfort. On y trouve un établissement thermal, une riche bibliothèque et des promenades fort agréables. Les eaux sont très-fréquentées depuis le mois de juin jusqu’à la fin de septembre.

Sources. Près de l’édifice thermal, jaillissent seize sources, dont deux sont froides.

Propriétés physiques. Les eaux laissent dégager au contact de l’air des bulles nombreuses d’acide carbonique ; elles se recouvrent au bout de quelques heures d’une pellicule jaunâtre, ocracée ; leur saveur, légèrement saline, est assez semblable à celle d’un mauvais bouillon de viande; leur température est de 68° cent. Elles sont si abondantes, qu’elles fournissent en vingt -quatre heures 84,092 pieds cubes. Elles forment un dépôt limoneux avec lequel le docteur Peez, médecin du duc de Nassau, a formé un savon vanté contre les affections rhumatismales, cutanées et lymphatiques.

Analyse chimique. Elle a été faite par M. Kastner, qui a trouvé qu’il se dégage à la source un gaz composé d’acide carbonique et d’azote dans le rapport de 54 à 46; il résulte de son analyse que l’eau thermale de Kochbrunnen , principale source de Wisbade , contient :

Eau ( 1 litre).

Sulfate de soude . 0,080

— de chaux . 0,041

Chlorure de calcium . 0,540

— de magnésium. . . . 0,075

A reporter. . . . 0,916

Report. . . . 0,916'

Chlorure de potassium. . . . 0,012

— - de sodium . 4,690

Silicate de magnésie . 0,060

Suivant M. Caventou, il faudrait ajouter à ces principes 0,090 gr. de substance organique qui paraît de même nature que celle contenue dans les eaux de Bade. Plus tard M. Kastner a découvert dans ces eaux une certaine quantité de bromure , et M. Léopold Gmelin a trouvé dans le dépôt spontané qu’elles forment un fluate et un sel de manganèse.

Propriétés médicales. Prises en boisson et en bains, les eaux de Wisbade ont une action si énergique, elles excitent tellement toute l’économie, qu’on doit les prescrire avec une extrême circonspection ; les cas où elles sont réellement utiles ne sont pas encore bien déterminés. Les médecins allemands recommandent ces eaux dans la goutte par atonie, dans les complications de goutte et de scrofule, de goutte et de syphilis, dans les métastases goutteuses sur des organes internes, dans les anciennes cicatrices, les exanthèmes chroniques , surtout ceux qui dépendent du vice strumeux , dans les tumeurs blanches du genou, la gravelle et la cachexie mercurielle, etc. — Les eaux de Wisbade sont nuisibles dans l’état de pléthore, d’éréthisme nerveux, dans les affections du cœur et du poumon, aux individus prédisposés aux congestions sanguines ou aux hémorragies.

M. Kastner assure que l’eau de Wisbade , renfermée dans des cruches bouchées et goudronnées, peut se conserver longtemps sans se corrompre et se troubler. Après dix-huit mois, il a encore remarqué une petite explosion de gaz acide carbonique , en ouvrant un cruchon. Cette eau pourrait être exportée au loin sans inconvénient.

Ces eaux sont administrées plutôt en bains et en douches qu’en boisson.

SALINES THERMALES. 47 3

2\rote sur quelques eaux minérales des bords du Rhin , par M. Ca- \entou. [Bulletin général de Thérapeutique , tome IX, page 284.)

En 1799, M. F. Lehr a publié, à Darmstadt, une monographie sur la nature et les vertus des eaux thermales de Wisbade.

On trouve un article sur ces eaux dans le Journal de Chimie médicale, t. III , p, 137.

yipercu sur les bains et eaux minérales d>u mont Tonnerre , par le d'OO leur Hejfelder; Stuttgard, 1834, brochure in-8. <

BADE ou BADEN (grand-duché de Bade ).

Ville à 8 lieues de Strasbourg. On trouve à un quart de lieue de la ville, dans un endroit pittoresque , des eaux minérales qui attirent chaque année un grand concours d’étrangers.

Sources. Il existe à Bade deux espèces d’eaux bien distinctes , des eaux salines et des eaux ferrugineuses ; nous ne parlerons que des premières, qui sont les plus abondantes, et presque les seules usitées , soit en boisson , soit en bains et en douches.

Propriétés physiques. Ces eaux sont limpides, incolores, et répandent à la source principale une odeur qui a quelque analogie avec celle de la décoction bouillante de fibrine animale. On trouve sur les bords de la source quelques concrétions salines blanches, d’une grande sapidité , et représentant à un haut degré la saveur de l’eau minérale elle-même. Cette saveur est tout-à-fait celle du chlorure de sodium , qui paraît être le principal minéralisateur de ces eaux. Lorsqu’elles ont éprouvé le contact prolongé de l’air atmosphérique, elles laissent déposer une matière organique verdâtre , que l’on aperçoit sur les bords des ruisseaux par où elles s’écoulent; mais dans le bassin de la grande source , on trouve un dépôt floconneux très-abondant, de couleur ocracée et de nature muqueuse, qui passe dans le pays pour jouir de propriétés émollientes. Cette eau ne laisse dégager aucun gaz d’une manière sensible ( M. Caventou). La température des différentes sources s’élève de 45 à 65° cent.

EAUX MINERALES

Analyse chimique. L’analyse des eaux de Bade a été faite par MM. Otto et "Wolf, Selzer , Kastner et Kolreuter ; voici les résultats qu’ils ont obtenus :

Eau ( 1 litre).

Acide carbonique . quantité indéterminée*

OTTO et WOLF. SELZER.

KASTA’ER. KOLREUTER.

gr.

gi’-

Chlorure de sodium. . . .

— de magnésium. .

— de calcium. . .

Sulfate de chaux .

Carbonate de chaux. . . .

Silice. . . ........

Fer . .

Propriétés médicales.

Les eaux de

Bade

sont recomman-

dées dans les rhumatismes chroniques

, les paralysies ,

les con-

tractures des membres , les maladies cutanées , les engorgements des viscères abdominaux, les dérangements des règles, les fleurs blanches , etc. On doit les prescrire avec beaucoup de précaution dans les paralysies cérébrales. M. Fodéré a remarqué que les eaux de Bade, pour lesquelles on a une sorte de fureur à Strasbourg , sont tous les ans funestes à quelques hémiplégiques.

Mode d’ administration. On boit les eaux de Bade à la dose de cinq à six verres le matin à jeun ; pour augmenter leur effet laxatif, on y ajoute parfois quelques gros d’un sel neutre. Mais c’est particulièrement en bains et en douches qu’on en fait usage.

JVole sur quelques eaux minérales des bords du Rhin , par M. Caventou .{Bulletin général de Thérapeutique , t. IX, p. 284.)

SALINES THERMALES

BÀTH (Angleterre).

Ville du comté de Somerset , située au milieu d’une gorge étroite, à 3 lieues de Bristol, 36 de Londres. Ses eaux minérales, qui paraissent avoir été connues des Romains, sont fréquentées annuellement par un grand nombre de malades, qui y trouvent des bains salutaires et beaucoup d’agréments. On prend les eaux dans toutes les saisons, mais surtout en été. — On y remarque trois sources, qu’on nomme : 1° bain du Roi ,. T bain de la Croix ■, 3° bain Chaud. — L’eau est transparente, sans odeur ; sa saveur est ferrugineuse ; exposée à l’air, elle se trouble et laisse déposer un sédiment d’un jaune pâle. La température des sources est de 44°, 4 cent.

Analyse chimique. L’analyse de l’eau de Bath a été faite par M. Philips et corrigée par M. Murray ; voici le résultat de leur travail :

SUBSTANCES

contenues

DANS LES EAUX

Page 1