SUR LES DOUCHES
circonscrites et rebelles, etc. On dirige les douches sur le rachis dans la paralysie des membres , dans quelques névroses des parties génitales, et principalement dans la faiblesse générale, répuisement, qui sont la suite de la masturbation ou de l’excès des plaisirs vénériens; dans ce dernier cas, la douche restitue souvent une vigueur dissipée avant l’âge. Dirigée sur les lombes , l’hypogastre , les cuisses , le périnée , elle est un des moyens les plus puissants pour rétablir les flux menstruel ou hémorroïdal. Appliquée avec ménagement sur les parois du ventre , elle est utile dans les engorgements chroniques des viscères contenus dans cette cavité. C’est avec beaucoup de réserve qu’on doit l’administrer sur la tête, dans la crainte de donner un ébranlement dangereux au cerveau : il faut alors se servir d’une eau tempérée, 32 à 33“ cent. On emploie la douche par un jet très-mince dans les dartres de la face et dans les inflammations chroniques des paupières.
Après la douche , il est avantageux de se coucher dans un lit un peu chaud pour maintenir la transpiration qui a été excitée ; on peut prendre un consommé, une tasse de chocolat ou un peu de vin. Les douches doivent être interrompues durant l’époque menstruelle et le flux hémorroïdal. Elles sont contre-indiquées toutes les fois qu’apparaissent des indices de pléthore, d’éréthisme nerveux, de tendance à une phlegmasie , ou de congestions sanguines. Ce n’est qu’avec prudence qu’on doit les employer dans les engorgements articulaires déterminés par la goutte ou le rhumatisme goutteux ; une seule douche suffit quelquefois pour rendre à un impotent la faculté de marcher, mais cette guérison est souvent suivie d’une métastase du principe morbide sur un organe important.
Douche ascendante. Les détails précédents concernent les douches descendantes et latérales, qui sont en usage pour toutes les parties du corps; la douche ascendante s’applique spécialement au rectum , au vagin ou au périnée. Le tuyau
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
conducteur de cette espèce de douche est terminé par un ajutage dont l’extrémité présente une ou plusieurs ouvertures. On se sert fréquemment de ces douches pour vaincre des constipations opiniâtres ; dans ce cas , le malade étant assis sur un siège convenablement disposé, on ouvre l’ajutage à une très-petite distance de l’orifice du rectum ; la colonne du liquide surmonte la résistance que lui offre le sphincter de l’anus ; cet orifice cède et s’ouvre , la colonne admise est soutenue par le jet continu qui s’oppose à sa sortie ; l’eau ainsi projetée pénètre très-avant ; les contractions des intestins, provoquées plus fortement, chassent les matières fécales. Il est à désirer que tous les établissements thermaux soient pourvus de douches ascendantes, qui peuvent remplacer avec avantage les purgatifs dans l’état de constipation. Elles ne sont pas moins utiles comme toniques et détersives dans les fleurs blanches, le relâchement de l’utérus ou du vagin, dans l’inflammation chronique du col de la matrice. L’extrémité de la canule en gomme élastique dont on se sert dans ces circonstances doit être terminée par un trou d’une ou deux lignes au plus de diamètre , pour obtenir une véritable douche , tandis que les canules à olive ordinaire ne produisent presque qu’un arrosement du vagin. L’eau qui sert à la douche doit être tempérée ou froide , suivant l’indication ; on peut prendre la douche ascendante plusieurs fois par jour pendant dix à quinze minutes.
Injectioîis. Les injections, qui sont de petites douches, sont souvent mises en usage dans les localités thermales, particulièrement pour les plaies fistuleuses, la carie des os, les écoulements chroniques de l’urètre , les hémorragies passives de la matrice, les fleurs blanches ; dans ces derniers cas, on peut rendre l’eau thermale astringente en y ajoutant un peu de « sulfate d’alumine.
On retire quelquefois de très-bons effets des eaux minérales en lavement, soit pour exciter les selles, soit pour agir locale-
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ment sur les gros intestins malades. Ce mode d’administration des eaux est trop négligé.
Des Étuves ou Bains de vapeurs.
Les étuves ont été distinguées en sèches et en humides : les premières doivent exclusivement, leurs effets au calorique; les étuves humides agissent par le calorique combiné avec l’eau en vapeur. Les unes et les autres excitent vivement la surface de la peau et déterminent une transpiration abondante.
Dans la plupart des établissements thermaux, l’étuve est formée par des vapeurs qui, se dégageant de sources trèschaudes , sont coercées et retenues dans un cabinet construit en maçonnerie et bien voûté. Cette vapeur qui s’élève de la source pénètre à travers les ouvertures laissées à dessein dans le plancher du cabinet , et le remplit d’une espèce de fumée chaude et aqueuse. C’est dans ce cabinet que le malade reste nu , le corps entier étant exposé à l’action de cette vapeur chaude; il peut se tenir debout, s’asseoir sur une chaise, etc. En entrant, il éprouve d’abord une impression pénible, un resserrement vers la poitrine; mais bientôt il s’habitue à la vapeur, il sent une douce chaleur, ses veines se gonflent , la face devient rouge , vultueuse. Une température de 37 à 42° cent, suffit pour provoquer promptement une sueur universelle. On ne doit pas séjourner plus de dix à quinze minutes dans l’étuve ; un séjour plus prolongé cause de la céphalalgie , des vertiges et même la syncope. Le malade sort de là bien essuyé , habillé chaudement, et va lui-même ou se fait transporter dans un lit chaud , où il boit un bouillon ou quelques tasses d’une infusion de tilleul , afin de favoriser et d’entretenir la transpiration , que l’on doit continuer pendant une demi-heure ou une heure. C’est dans le lit seulement que la sueur est abondante , car dans l’étuve l’eau qui ruisselle de tout le corps provient en grande partie de la condensation
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
de la vapeur sur la peau. Il est à désirer que les étuves soient disposées de telle sorte que la tête soit soustraite à la vapeur ; ce serait le moyen de prolonger plus longtemps le séjour dans l’étuve et d’éviter la céphalalgie ; on obtiendrait ce résultat en fermant la paroi supérieure de l’étuve avec des planches parfaitement Jointes où l’on pratiquerait des ouvertures pour le passage de la tête des malades; on pourrait entourer le cou avec une serviette pour intercepter la sortie de la vapeur.
Les étuves sont préférables dans plusieurs circonstances aux bains d’immersion, parce qu’il est démontré par l’expérience que l’eau vaporisée pénètre le système cutané d’une manière bien plus active que lorsque la force de cohésion la maintient dans l’état liquide. Elles sont en général très-utiles pour rétablir les fonctions de la peau, pour combattre les douleurs rhumatismales , les sciatiques , les maladies cutanées, les douleurs vagues qu’éprouvent souvent les femmes à la suite des couches, et qu’on attribue à la déviation du lait ; on en a obtenu de bons effets dans les rhumes de cerveau , de poitrine, et on a vu des personnes enrouées recouvrer le timbre de leur voix après être restées quelques minutes dans une étuve. Cette médication est nuisible aux femmes enceintes, aux individus sujets aux crachements de sang, et à ceux qui ont une constitution trop faible , une fibre trop délicate.
Les étuves seraient encore bien plus efficaces si elles étaient construites à l’instar des bains de vapeur russes, et si on pouvait y administrer des douches à divers degrés de température , des douches froides et chaudes alternativement ou simultanément. Cette dernière combinaison, qui constitue la douche écossaise, est très-salutaire dans les névralgies de la tête , le tic douloureux et le rhumatisme fixé sur le cuir chevelu. Si on ajoutait à ces moyens le massage, qui consiste à presser, pétrir les membres, à faire craquer les articulations ; les onctions de tout le corps avec du savon et les affusions