SUR LES DOUCHES
de sa direction, de la charge qu’on donne au réservoir, du degré de chaleur ou de froid de l’eau , et de l’énergie des substances qui: la minéralisent. On conçoit dès lors qu’une douche indiquée pour un malade pourra ne pas convenir pour un autre. Il se trouve beaucoup de cas où cette remarque ne doit pas être négligée , si l’on veut prévenir de fâcheux accidents que l’on impute aux eaux, tandis qu’ils ne sont dus. qu’à leur administration inconsidérée. Il est donc nécessaire que dans chaque établissement thermal il y ait des douches dont on puisse varier le calibre des tuyaux, la hauteur de la chute, et la chaleur du liquide. Pour graduer l’épaisseur de la colonne du liquide , il faut avoir des tubes d’ajutage , dont la lumière varie depuis une jusqu’à quatre et six lignes de diamètre ; on se sert souvent d’ajutages en pomme d’arrosoir, lorsqu’on veut éparpiller, sous forme de pluie , le liquide minéral. Les tuyaux doivent être flexibles et convenablement disposés, pour qu’on puisse à volonté diriger la douche avec la main. Les douches devraient être disposées de telle sorte, qu’elles aillent en augmentant de force , comme à Luxeuil ; ainsi la première a neuf pieds d’élévation, la seconde douze, etc. , jusqu’à la dernière, dont la hauteur est d’environ trente pieds. On conçoit l’avantage que les malades peuvent retirer d’un moyen dont l’énergie peut être augmentée ou diminuée à volonté.
On fait un fréquent usage de cette médication dans les établissements d’eaux minérales; on n’y a recours ordinairement qu’après avoir pris des bains pendant quelques jours. On peut recevoir la douche avant , pendant ou après le bain ; ces trois manières sont également bonnes; néanmoins nous la préférons avant le bain, parce que l’immersion dans l’eau thermale après la douche calme l’excitation cutanée. En général , il faut que la partie que l’on douche soit solidement affermie, qu’elle ne vacille point , qu’elle soit à nu ; on la frictionne légèrement ; pour préserver les parties voisines de l’impulsion du liquide ,
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
on peut se servir de ces diaphragmes en bois qui ne laissent d’accessible à la douche que la partie malade. Lorsqu’on fait jouer la douche, il faut que le tuyau ne soit pas éloigné de plus de deux pieds de l’organe qu’on veut frapper, afin que la percussion soit moins pénible. L’impression des douches doit être graduée ; on commencera par un Jet d’eau modéré, qu’on rendra de jour en jour plus fort.
La douche augmente l’action vitale de la partie sur laquelle elle frappe ; elle rougit la peau , la couvre de petits boutons qui formeraient de véritables ampoules, si son action était de longue durée. On ne doit pas la prolonger au delà d’un quart d’heure , si on la reçoit sur un seul point. Les douches prolongées, au lieu de produire une excitation modérée, salutaire, peuvent déterminer des inflammations graves ; on a vu des douches violentes dirigées sur la tête , la colonne vertébrale , l’abdomen , produire des arachnitis , des myélites, des coliques, des vomissements, etc. Administrées avec précaution , les douches sont un des moyens les plus énergiques que l’art possède contre une foule d’affections locales ; prises sur toute la surface du corps , elles sont un sudorifique plus puissant que les bains. La percussion et l’ébranlement qu’elles occasionnent se propagent dans la profondeur des tissus, en changent le mode de vitalité , y réveillent une activité nouvelle qui se transmet aux organes internes et suscite en eux des réactions favorables. Toutes les fois que dans un point quelconque on veut stimuler l’action vitale, ou faire passer une inflammation chronique à l’état aigu , on est certain d’obtenir cet effet en faisant frapper la douche sur cette partie. On y a recours avec succès dans les cas d’atonie et de relâchement partiel, dans les ankylosés incomplètes, les contractures des membres , la gêne , la raideur des articulations , les rhumatismes chroniques, la sciatique, le lumbago, la faiblesse et les paralysies locales , les engorgements indolents, les tumeurs blanches sans complication inflammatoire , les dartres